‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 274 sur 556 · CANTIQUE DES CANTIQUES — CANTONADE · texte numérisé non relu

CANTIQUE DES CANTIQUES — CANTONADE

nicipale qui devaient faire la loi du canton. Malgré les avantages nombreux qui étaient déjà résultés de cette organisation, le gouvernement consulaire s’en effraya, et en isolant l'administration de chaque commune il s’attribua bientôt la nomination du maire. Les chefs-lieux de canton n’ont conservé depuis lors que leur importance locale et le tribunal du juge de paix. Sous le gouvernement de Juillet on sentit la nécessité de recourir à des assemblées cantonales, et dans l’organisation des conseils généraux et desconseils d'arrondissement, on préféra la réunion des électeurs par canton à leur réunion par arrondissement. La Constitution de 1848 voulut réorganiser des conseils cantonaux, et ne parla pas des conseils d'arrondissement; mais l’Assemblée législative ne trouva pas le temps de voter la loi municipale et départementale, et les conseils cantonaux étaient encore à l’état de projet lorsque la Constitution de 1852, corroborée par une loi votée le 26 juin de la même année par le Corps législatif, rétablit l’ancien système de

nseils généraux, d’arrondissement et municipaux, en donnant seulement l'élection au suffrage universel.

Le mot canton se prend aussi, dans un sens plus général, pour une portion de terre, un district, une certaine étendue de pays, régie quelquefois par des lois particulières : tels sont les cantons de la Suisse.

Quant à l’étymologie de canton, les uns le font venir de canthus, bande de fer qu’on met autour des roues de voiture; d’autres étymologistes le dérivent du mot centum. « Les cités, dit l'abbé de La Bletterie à propos d’un passage de la Germanie de Tacite, étaient divisées en cantons (pugi), et les cantons en villages (vici). Comme Tacite vient de dire que chaque canton fournissait cent soldats pour son contingent, et qu’il dit ici que l’on donnait au prince ou chef de chaque canton cent assesseurs choisis parmi le peuple, et pris apparemment de chaque village, n’en pourrait-on pas conclure que dans les cités de la Germanie les cantons étaient ou avaient été formés originairement de cent villages ? »

CANTON (Blason), portion carrée de l’écu. Régulièrement, cette partie, qui n’a guère de proportion fixée, doit être moindre cependant que le quartier. Le canton est pris souvent pour marque de bâtardise, et se met tantôt à l'angle droit et tantôt à l’angle gauche. Les espaces que laissent les croix et les sautoirs entre leurs branches sont aussi appelés cantons.

CANTON (Province et Ville de). Voyez KanTon.

CANTONADE, terme usité au théâtre. C’est le coin d’une coulisse ou du fond de la scène. Parler à la cantonade se dit d'un acteur ayant l'air d'adresser la parole à quelqu'un qui serait placé dans la coulisse, ou de parler, en se tournant, du côté par lequel il vient d’entrer. C’est aux entrées en effet qu’on parle presque toujours à la cantonade. Cependant on emploie aussi ce moyen quoique l'acteur soit depuis longtemps en scène. Molière y a souvent recours, mais c’est toujours avec un naturel, une bonhomie qui produit une illusion complète, tandis que quelques-uns de ses successeurs, entre autres Regnard, Dancourt, Destouches et surtout Lesage, Marivaux, Sedaine et Boursault en ont tellement abusé, qu'avec eux il en résulte fatigue et satiété. Le public, comme on dit en style de coulisses, aperçoit beaucoup trop les ficelles dans leurs pièces. Au théâtre moderne, et particulièrement dans le vaudeville, on se fait beaucoup moins de scrupule d'employer ce vieux ressort. Il est indispensable surtout dans ces bouffonneries à travestissements que Henri Monnier avait mis pendant quelque temps en vogue, où un seul acteur, jouant plusieurs rôles, changeant à chaque scène de costume, imitant les divers organes des personnages qu’il était censé représenter, parlait presque autant à la cantonade et dans la coulisse que sur la scène. En général, cependant, comme tous les moyens matériels, l'allocution à la cantonade doit être sagement

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