‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 276 sur 556 · CANTONNEMENT — CANTU · texte numérisé non relu

CANTONNEMENT — CANTU

telle est, sur les routes nationales, départementales et vicinales, la consigne du cantonnier, fonctionnaire public inventé, au commencement du siècle dernier, par le marquis Carrion de Nisas, lieutenant du roi en Languedoc. I] travaille douze heures par jour, et gagne 30 à 40 francs par mois. Quand il n’a ni habits ni outils, sauf retenue, l'État lui en fournit. Chapeau de cuir verni , avec plaque de cuivre, gilet-veste de drap bleu, pantalon de même étoffe ou de toile blanche , large et descendant jusque sur le cou-de-pied, tablier de cuir, brouette, pelle, pioche, rabot, râteau, masse, cordeau, le gouvernement français ne lui refuse rien, sauf retenue. En Prusse, le cantonnier est traité plus paternellement : on le loge et on l’habille gratis. Il reçoit ous Les ans une paire de souliers, une veste bleue à revers et collet rouge cramoisi ; fous les deux ans, une capote à manches avec revers et collet rouges, et {ous Les dix ans, une plaque de chapeau en cuivre avec l’aigle noir et le numéro de la station, Quand il a régulièrement changé d’aigle trois on quatre fois dans sa vie, il est mis en retraite avec une pension. En France, on le laisse vieillir et mourir au service.

Les grandes villes de France, Paris en tête, ont aujourd’hui leurs cantonniers, dont le service , pour s'exercer sur une échelle plus restreinte que celui des précédents, n’en est certainement ni moins pénible ni moins assidu. Il y a dans la capitale des cantonniers balayeurs, des cantonniers paveurs, etc. Quelques-uns passent leur vie à combler les trous du macadam et à réunir en tas la boue ou la poussière qui s’y forme perpétuellement; d’autres grattent les ruisseaux, et maintiennent la propreté de la voie publique et des urinoirs. Dans les petites communes, ils joignent à tout cela l’avantage d’être les commissionnaires de la mairie.

Les chemins de fer ont aussi leurs cantonniers , aux costumes variés selon les caprices des administrateurs. Durant quatre-vingt-dix-neuf jours sur cent, la surveillance de ces cantonniers est inutile à la sécurité des nouvelles voies de communication; mais de leur vigilance , de leur exactitude, de leur intelligence, peut dépendre, à un moment donné, le salut d’un convoi. Leur disque, leurs drapeaux, leur lanterne sont autant de signaux sur lesquels se règlent la la marche, le ralentissement, les temps d’arrêt des mécaniciens. Tout cantonnier est tenu de visiter la section après le passage d’un train. Si un rail s’est rompu, il en prévient les poseurs. Il porte avec lui des chevilles, des clous et un marteau pour resserrer les coins des coussinets. Il ramasse le coke tombé des machines, nettoie la voie. Son service dure souvent quinze ou seize heures. Il peut se retirer pour prendre ses repas dans sa guérite. Ses appointements varient de 800 à 1,000 francs. Le métier est rude, abrutissant et périlleux. 11 s’agit de passer sa vie enterré dans une tranchée ou bien exposé à toutes les tempêtes sur un remblai; l’isolement est complet. Quant au danger, il suffira de dire qu'entre Paris et Asnières, sur le chemin de fer de Saint-Germain, il a Circulé dans un seul jour jusqu’à cent trente-deux convois. Sur les petits chemins, aux portes des capitales, les cantonniers sont beaucoup plus multipliés que sur les grandes lignes , où se confondent la plupart du temps les fonctions de poseur et de garde-voie. Il y a plus de cantonniers en France qu’en Belgique, en Belgique qu’en Angleterre, en Angleterre qu’en Amérique. Là le cantonnier est réduit à sa plus simple expression : c’est un grand poteau planté sur le bord de la voie, dont aucune barrière ne défend les approches, et sur lequel on lit : Look out for the locomotive. (Prenez garde aux locomotives! ) Jules PATON. ,

CANTORBÉR Y. Voyez CANTERBURY:

CANTU (Cesare), l’un des écrivains les plus féconds de l'Italie moderne, né le 5 septembre 1805, de parents pauvres et appartenant à la classe bourgeoise, à Brisio, dans le Milanais, fut élevé à Sondrio dans la Valteline, où dès sa première jeunesse il se livra aux études les plus sérieuses, et où à l'âge de dix-huit ans il occupait déjà une chaire

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