‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 280 sur 556 · CAOUTCHOUC — CAP · texte numérisé non relu

CAOUTCHOUC — CAP

dailles inaltérables; on le substitue aux plaques métalliques pour le doublage des vaisseaux. :

CAOUTCHOUC FOSSILE. Voyez ELaTénITE.

CAP (du latin caput, tête, chef). En termes de géographie, il exprime une pointe de terre qui s’avance dans la mer, au-delà des terres contiguës : tels sont les caps Nord, Finistère et Matapan, en Europe; Comorin, en Asie; de Bonne-Espérance, en Afrique; Horn, en Amérique. On désigne spécialement par le nom de promontoires les caps qui se terminent par une montagne. Presque tous les caps de l'Hindoustan et de l'Amérique sont dans ce cas, attendu le peu d’éloignement des grandes chaines de montagnes qui les avoisinent,.

La géographie donne aussi le nom de cap à plusieursiles et villes, telles que les îles du Cap-Vert, l'ile du Cap- Breton, la ville du Cap, celle du Cap-Français ou Cap-Haïtien, etc.

En termes de marine, cap signifie l’éperon ou l'avant du vaisseau ; l'emploi de ce mot est fréquent dans les manœuvres. Par exemple, porter ou avoir le cap à terre ou au large, signifie faire prendre au bâtiment la direction de la côte ou de la pleine mer. Doubler un cap, c'est en passer plus ou moins près en longeant la côte, Ce mot signifiait, dans les bagnes, l’homme libre chargé de faire travailler les forçats; dans les arsenaux maritimes on appelle encore ainsi une escouade d'ouvriers ou celui qui les conduit.

Le mot cap a encore une autre acception, qui se rapproche de son étymologie dans la locution de pied en cap, c’est-à-dire des pieds à la tête : armé de pied en cap.

CAP (Colonie du). Voyez Bonne-ESsPÉRANCE.

CAP (Ville du), en anglais Capetown, chef-lieu de la colonie du Cap de Bonne-Espérance, ainsi que d’un arrondissement de cette même colonie, siége du gouverneur et des autorités supérieures. Fondée en 1650, par les Hollandaïs, immédiatement au pied de la montagne de la Table, sur le rivage de la baie du même nom, qui va toujours en s'élevant insensiblement, elle compte aujourd’hui plus de 35,000 habitants, pour la plupart Hollandais d’origine. Les maisons, solidement et quelquefois élégamment construites et enduites en général d’un badigeonnage à la chaux qui leur donne l’aspect le plus riant, avec des toits plats et de larges croisées, forment des rues droites, régulières, se coupant à angle droit, mais qui ne sont pas pavées. Il en résulte une poussière intolérable pendant les mois d'été, saison qui sous cette latitude commence en septembre, surtout quand Je vent souffle avec force dans la direction du sud-est. Un canal traverse la rue principale, qui, de même que la plupart des autres rues de la ville, est bordée le long de chaque rangée de maisons par une allée de beaux chênes. Un système de tuyaux hydrauliques, création du gouverneur comte Caledon, fournit chaque maison d'excellente eau à boire. Le château fort (éhe Castle ) situé à l'entrée de la baie, ouvrage pentagonal d’une force remarquable, la domine tout entière. C’est là que se trouvent la plupart des bureaux administrafifs, de même que les casernes. Divers forts d’importance moindre et quelques batteries défendent en outre l'entrée du port. Indépendamment d’un grand nombre d’églises, la ville possède plusieurs édifices publics remarquables, entre autres une Bourse aux proportions grandioses et une bibliothèque publique considérable, Un observatoire a été construit à environ 6 kilomètres au nord de la ville.

Le commerce, qui, grâce à la position si favorable de la ville du Cap, y est toujours extrêmement florissant, constitue la grande occupation des habitants. Les principaux articles d'exportation sont la laine, le vin, le froment, la viande salée, les cuirs et peaux, les cornes, l’ivoire, les plumes d’autruche, l'aloès et la gomme. Quoique les légumes, la viande et le poisson se vendent à bon compte dans les marchés du Cap, la vie y est tout aussi chère pour un étranger qu’en Angleterre, Un service régulier de mayigation à vapeur étoli

CAP — CAPACITE

dans ces derniers temps a singalièrement diminué la distance qui sépare le Cap de Londres. Depuis 1863, un chemin de fer unit cette ville à Wellington. r

La plus grande partie du sol de l'arrondissement de la ville du Cap, lequel comprend une superficie d'environ 3,500 kilomètres carrés, est sablonneuse et inféconde. Ce n’est que çà et là, mais surtout aux approches de la ville, que d'élégantes maisons de campagne et de vastes jardins, où réussissent la plupart des fruits de l'Europe et des tropiques, en interrompent et animent la morne uniformité.

CAP ( Vins du ). On désigne sous ce nom les produits à bon droit célèbres des différents vins du Cap de Bonne- Espérance, à l’extrémité sud du continent africain. Ils proviennent de vignes dont les plants primitifs furent tirés par les colons Hollandais des vignobles du Rhin et de la Bourgogne. Les espèces de vins du Cap qu’on trouve généralement dans le commerce sont au nombre de trois. La première est le Constance, produit d’un crû situé à environ deux myriamètres du Cap. C’est un vin sucré, fin, spiritueux, agréable au goût, très-aromatique, et, après le Tokay, le meilleur de tous les vins de liqueur. Il y en a du rouge et du blanc, mais c’est ce dernier qui est le plus sucré. Le vin de Constance, au Cap même, est d’un prix fort élevé. En Europe on donne et on boit souvent pour vin de Constance la seconde espèce de vin du Cap, le vin de la Baie de la Table, bien qu’il soit de beaucoup inférieur au véritable Constance. La troisième espèce de vin du Cap porte le nom de Vin de pierre. On le récolte surtout dans les districts de Stellenbosch, Perlhem et Drachenstein. Le rouge, et c’est celui dont la production est la moindre, a une couleur foncée, beaucoup de bouquet, et est très-spiritueux.

Le vin du Cap s’expédie en barils jaugeant quatre-vingts litres. Il est indubitable, en raison des circonstances climatériques si favorables où se trouve placée la colonie du Cap de Bonne-Espérance et de la nature particulière de son sol, que ses vignerons récolteraient des produits et bien meilleurs et bien plus abondants s'ils voulaient se donner autant de peine que les vignerons français ou allemands.

CAPACITE vient de capere, prendre, ce qui suppose aussi la possibilité de recevoir et de contenir ; c’est pour cela qu’on dit la capacité d’un vase, d'une mesure de contenance , pour exprimer ce qu’elle peut contenir. Les termes caput , capitalis, ete., nous semblent dériver aussi de la même étymologie.

En effet, la capacité se prend surtout pour la mesure intellectuelle propre à chaque individu, soit d’après son esprit naturel , soit par suite du travail et des acquisitions qui en ont développé les forces. L'état de la civilisation actuelle exigeant l’emploi de toutes les capacités, celles-ci sont devenues l'instrument universel. Naguère une secte philosophique, le saint-simonisme, ne prétendait à rien moins qu’à la réforme de l’état social d’après le classement et la hiérarchie des capacités individuelles , mais il était évident que nulle mesure certaine ne pouvait déterminer leur degré et leur valeur, soit absolue, soit relative. Chaque profession exige son genre de capacité pour la porter à la perfection qui lui est propre, car un ouvrier mécanicien peut avoir autant de génie qu’un grand général ou un ministre d’État.

Ce n’est ni l'étendue ni la multiplicité des connaissances qui donnent la mesure d’un esprit, bien que le raisonnement puisse y trouver de plus amples développements. On ne connaît point de psychomètre. Chaque homme ayant une capacité de compréhension comme une capacité d’estomac, il ne lui est pas plus convenable de trop apprendre que de trop manger, et il y a des indigestions de science comme il y en a de nourriture. On compare la polymathie, ou le savoir surabondant, à ces excès d’aliments que l’estomac ne peut Supporter : tels sont les pédants, qui, remplis d'ordinaire d’un fatras scientifique. d’érudition, étalent sans raison leur babil ridicule, Tout aporendre à la fois est ne rien savoir;

une étude peut nuire à une autre, et plus on s’instruit plus on devient ignorant; c’est la science raisonnée et digérée qui seule est la vraie. Scientia vera est per causas scire.

Le jugement ou la raison à sa plus haute puissance constitue surtout la capacité. Les imbéciles, les idiots peuvent conserver encore la mémoire des sensations ; les maniaques et autres aliénés montrent pour la plupart beaucoup d’imagination ; les excitants, les spiritueux et d’autres moyens, tels que les passions, lamour, etc., peuvent exalter l’esprit ; toutefois la vraie capacité de la raison est plutôt le fruit d’une profonde réflexion à tête reposée : sedendo fit anima sapientior. C’est donc la prudence, la sagesse et le jugement sûr qui constituent le trésor de la capacité.

Personne jusque ici n’a constaté nettement les caractères anatomiques qui distinguent un cerveau d'homme ordinaire de celui d’un homme de génie. On a bien observé, par exemple, que celui de G. Cu vier était très-vaste et pesait près d’un tiers de plus que celui des autres hommes, mais ce fait n’a point été généralement retrouvé chez tous les hommes d’une vaste intelligence, car il y a même des idiots à cerveau très-volumineux , outre les hydrocéphales, certains apoplectiques, etc. De plus n’observe-t-on pas que dans l’échelle zoologique, à mesure que l’appareil encéphalique s’amoindrit, surtout dans ses lobes antérieurs, fonctionnels de l’intellect, la puissance organisatrice, par une admirable correspondance, diminue dans un degré proportionnel la dextérité des membres exécuteurs des conceptions de la pensée? Ainsi, la main des singes est déjà moins parfaite que celle de l’homme, tout comme leur cerveau est affaibli dans ses facultés. Cette dégradation est ainsi corrélative. Ne serait-il pas en effet aussi superflu qu’inconséquent à la souveraine sagesse créatrice d’avoir attribué au cheval une main industrieuse, mais inutile, en déposant dans son cerveau une intelligence brutale, comme d’avoir donné à l’homme, doué d’un large encéphale et d’une vive capacité spirituelle, une main encroûtée d’un sabot grossier ?

Vers le milieu du dix-huitième siècle, Helvétius prétendit, dans son livre De l’Esprit, établir que tous les hommes bien conformés naissaient égaux pour la capacité de l'intelligence, ou étaient pareillement habiles, mais que la diversité des éducations ou des exercices de l'intelligence auxquels les individus se trouvaient livrés produisaient seuls les différences que nous observons entre eux. Il pouvait jusqu’à certain point se donner en exemple, parce qu’il avait réussi dans toutes les études qu’il avait entreprises. Cependant son témoignage même déposerait contre la vérité de son système. En effet, il est évident , d’après cet axiome vulgaire, que qui trop embrasse mal étreint , et par l’affaiblissement nécessaire des forces intellectuelles , lorsqu'on les dissémine sur une foule de sujets différents , qu'être également propre à tout, c’est souvent n’être bon à rien.

Mais les hommes d’ailleurs ne naissent point aussi indifférents pour les divers emplois et carrières que le suppose Helvétius. Indépendamment des preuves incontestables données par Gall de nos dispositions innées, ou même organiques (bien qu’on n’admette pas son système sur les protubérances cérébrales ), il est manifeste que nous avons des propensions plus ou moins vives , ou une capacité pour un objet plutôt que pour tel autre. On remarque à l’hôpital des enfants trouvés, à Paris, que fous ces enfants soumis au même régime, à un pareil genre d'éducation, développent spontanément chacun leur caractère spécial ; il y a parmi eux de très-inégales capacités , soit d’intellect, soit de diverses propensions, car ils ont aussi des tempéraments et des organisations fort variées. Il n’est donc pas douteux que si les cerveaux et les corps sont si modifiés originairement dans cette population reçue au hasard et soumise aux mêmes lois d'institution, malgré le mélange si multiplié des parents de ces bâtards, il faut bien admettre des capacités diverses. Les inclinations et les passions innées peuvent même cons-

tituer, soit des vocations vers tel état, soit une prédestination au bien comme au mal. Sans admettre la fatalité et la nécessité de nos actions, ni de nos penchants, qui ne resonnaît pas dans la société humaine une foule d’individus plus aptes que d’autres, soit à la guerre, soit à l'étude, soit à l'exercice de tel ou tel art? N’est-on pas étonné de voir souvent tel homme du peuple, un berger, un paysan, sans éducation , s’élancer par ses propres efforts vers une carrière d'industrie ou de talent dans laquelle il surpassera de bien haut le citadin, même soutenu par l’opulence et par l’éducation la plus soignée ? Les phrénologistes présentent une multitude de ces traits à l'appui de leur opinion de nos diverses capacités ; il en résulte aussi qu’on ne doit point trop blâmer celui qui ne trouve nullement en soi l'élément de succès dans ses études, ni trop louer celui dont la facilité extrême le fait atteindre d’abord aux premiers rangs ; mais il convient de tenir compte de ce que peut la seule nature et de ce qu’on doit aux efforts du travail et de l'habitude. à J.-J. Virey.

CAPACITE (Jurisprudence). Ce mot s’entend de l’aptitude des personnes à la jouissance ou à l'exercice des droits reconnus par la société. La capacité constitue l’un des éléments essentiels à la validité de tout contrat. Manquet-elle, les actes et conventions émanés de l’incapable pourront être déclarés nuls. Dans le droit privé, comme dans le droit politique , la capacité est de droit commun, et Yincapacité, l'exception.

Les lois qui concernent la capacité des personnes sont comprises dans ce qu’on appelle le statut personnel, et régissent les Français même lorsqu'ils voyagent ou résident à l'étranger.

CAPACITES ( Droit politique). Dans un sens restreint ce mot fut employé sous la monarchie constitutionnelle pour désigner les qualités spéciales qui devaient assurer à ceux qui les possédaient le droit électoral et celui d’éhgibilité en dehors du cens exigé par la loi. La loi communale et départementale et la loi du jury admirent en effet une classe particulière de citoyens à jouir des droits qu’elles consacraient. Cette faveur résultait d’une qualité, de l'exercice d’une profession qui semblaient annoncer une éducation complète. Du nombre de ces professions ou qualités étaient celles d'avocat, de médecin, juge, notaire, de membres de certaines sociétés savantes, etc. C’est là ce qu’on appela les capacités électorales. Lorsque la France s’émut pour demander une réforme dans le système électif, quelques-uns pensèrent que l’adjonction des capacités à la liste électorale suffirait pour tirer le gouvernement de la corruption dans laquelle on le disait plongé; mais leurs adversaires répondaient que les propriétaires de biens fonciers etaient les seuls vraiment intéressés à l’ordre public, et que celui qui, avec des capacités, n'avait pas su s'enrichir, était peu propre à bien gérer les affaires du pays. Il répugnait en outre de créer des électeurs inamovibles. M. Pagès (de l’Ariége) faisait d’ailleurs remarquer que les professions dénommées ne devaient fournir qu'une partie des capacités, car toutes, disait-il, ne sont pas munies de diplômes et de brevets. Chacun put faire alors sa catégorie de capacités, et l’on proposa même d’y faire entrer les officiers de la garde nationale. Le gouvernement de Louis-Philippe, on le sait, se refusa constamment à l’adjonction des capacités. Cette résistance amena la révolution de février.

CAPANÉE, fils d'Hipponoüs et d’Astynome, ou de Laodice, fille d’Iphis, l'époux d'Evadné ou Janeira, et le père de Sthénélos, fut un des sept chets de l’armée argienne qui allèrent mettre le siége devant Thèbes pour rétablir Polynice sur le trône de cette ville, 11 s'était vanté de prendre Thèbes d’assaut, en dépit des dieux eux-mêmes. Effectivement il escalada le premier les murailles, mais à peine en eut-il atteint le sommet que Jupiter l'y tua d’un coup de sa foudre,

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