‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 286 sur 556 · CAPELLEN -— CAPELUCHE · texte numérisé non relu

CAPELLEN -— CAPELUCHE

siens , il entra en 1803 dans l’administration, et en 1805 sous l'administration de Schimmelpenninck, fut nommé membre du conseil des finances d’Utrecht. En 1806 le roi Louis Bonaparte l’appela aux fonctions d’assesseur du préfet, et plus tard de secrétaire général du département d'Utrecht. En 1808 il fut, avec van Hooff et Bangeman-Huygens, chargé de la prise de possession de la Frise orientale, et il y resta avec le titre de préfet jusqu’en 1809, époque à laquelle il fut nommé conseiller d’État d’abord, puis, quelque temps après, ministre des cultes et de l’intérieur. Lors de la réunion de la Hollande à la France, il refusa d'accepter la moindre fonction publique , et se retira même en Allemagne, où il résida jusqu’en décembre 1813. À ce moment il fut créé commissaire général dans le département du Zuiderzée ( Hollande septentrionale et Utrecht) , et peu de temps après secrétaire d’État pour le commerce et la marine. Il n’exerça cependant pas ces dernières fonctions, parce qu’en mai 1814 il fut envoyé par le roi Guillaume 1°’ à Bruxelles en qualité de commissaire néerlandais près le gouverneur général baron Saint-Vincent, qui avait été chargé d’administrer les provinces belges au nom des cinq puissances , et auprès de qui elles avaient chacune accrédité un commissaire particulier. Au mois d'août suivant, la Belgique ayant été adjugée à la Hollande, le roi Guillaume nomma van der Capellen secrétaire général et gouverneur général des établissements hollandais dans les Indes Orientales. En octobre 1815 il partit pour les Grandes Indes, oùil resta jusqu’en 1826. A son retour en Europe, il repoussa à diverses reprises des offres de missions diplomatiques et même de ministère, tant sous le règne de Guillaume 1‘ que sous celui de Guillaume 11. En 1828 il consentit cependant à accepter les fonctions de curateur de l’université d'Utrecht ; et on le vit en 1838 assister au couronnement de la reine Victoria, en qualité d’ambassadeur extraordinaire. En 1840 il alla avec le même titre à Londres notifier au cabinet de Saint-James l’accession au trône du roi Guillaume II, qui peu de temps après lui conféra le titre de grand-chambellan. Mais à partir de ce moment il vécut complétement retiré dans sa terre de Vollenhoven, près d'Utrecht, où il est mort, le 10 avril 1848.

CAPELLEN (TuÉonorE-FRÉDÉRIC VAN), né à Nimègue, le6 septembre 1762, de parents allemands, entra dès l’âge de dix ans dans la marinedes Provinces-Unies. Le 1°° juin 1781 il se distingua de la manière la plus glorieuse à bord de la frégate De Briel, dans sa rencontre avec le vaisseau anglais The Crescent, et fut promu au grade de capitaine de vaisseau en 1783. En 1792 on plaça sous ses ordres plusieurs chaloupes canonnières, avec lesquelles il repoussa le général Dumouriez quand celui-ci mepaça la Hollande d’une invasion ; mais dans l’hiver de 1794 il tenta vainement d’arrêter dans sa marche l’armée française d'occupation. Après ta révolution qui s’accomplit en Hollande en 1795, il vécut dans la retraite jusqu’en 1799, où il prit le commandement d’une partie de la flotte Hollandaise, avec laquelle il se rendit aux Anglais. Traduit pour ce fait devant un conseil de guerre, et condamné à mort par contumace, il vécut dès lors en Angleterre. Il revint dans sa patrie après les événements dont elle fut le théâtre en 1813, et reçut alors le grade de vice-amiral, En 1815 on lui confia le commandement de la flotte néerlandaise chargée d’agir contre les puissances barbaresques de concert avec la flotte anglaise aux ordres de l'amiral Exmouth. Lors du bombardement d’ Alger ( 27 août 1816) il montra la plus grande intrépidité, et la rare habileté dont il fit preuve contribua puissamment au succès de l’expédition. La faiblesse de sa santé et son âge avancé le déterminèrent alors à prendre sa retraite comme marin. En 1522 il fut nommé maréchal de la cour du prince d’Orange, et mourut à Bruxelles, le 15 avril 1824.

CAPELLO (Braxca), seconde femme de François II de Médicis, grand-duc de Toscane, était issue d’une des premiéres familles de Venise. Encore toute jeune füle, B‘snca

noua avec Pietro BUONAVENTURI, jeune Florentin qui apprenait le commerce dans la maison des Salviati, dont il était le parent, des relations qui ne tardèrent pas à prendre le plus haut degré d'intimité, Dans la crainte d’être découverts, tous deux s’enfuirent de Venise en 1563, emportant avec eux les riches joyaux de la maison Capello. Ce vol excita la fureur des parents de Bianca. Ils prétendirent que toute la noblesse de Venise était outragée dans leurs personnes, et obtinrent du sénat qu’il donnât l’ordre de poursuivre Pietro, et même qu’il mit sa tête à prix. A Florence, où Pietro Buonaventuri s'etait réfugié avec sa maîtresse, régnait alors François de Médicis, prince en faveur duquel Cosme de Médicis, fatigué de régner, avait abdiqué le pouvoir souverain, el qui était sur le point d’épouser l’archiduchesse Jeanne d'Autriche. Mais il était impossible qu’il éprouvât jamais de l’amour pour cette princesse, à cause de son orgueil extrême et de sa glaciale réserve. Buonaventuri, tout aussitôt après son arrivée à Florence, se plaça sous la protection du grand-duc, et ne tarda pas à tolérer que François de Médicis nouât de coupables relations avec Bianca Capello, qu'il venait pourtant d’épouser. Le grand-duc tint ces relations cachées jusqu’à son mariage avec l’archiduchesse, qui fut célébré en 1565 ; mais alors il ne crut plus devoir se contraindre. Il introduisit Bianca dans son palais, et nomma Buonaventuri son intendant ; cependant en 1570 il fit assassiner cet homme, dont les prétentions lui étaient devenues intolérables. Bianca avait l'art d’enchaîner de plus en plus à son char ce prince dont le ravissement fut au comble un jour qu’elle lui présenta un enfant du sexe masculin, en l’assurant qu’il était le fruit de ses œuvres. François II de Médicis en effet n'avait encore eu que des filles de Jeanne d’Autriche. Toutefois, l’archiduchesse, contre toute attente, accoucha, la même année, d’un fils, et mourut, en 1578, en couches d’un autre enfant.

Ébranlé par la mort de sa femme et par les représentations de ses frères, François de Médicis s'était éloigné de Florence, dans l’intention de rompre avec Bianca. Celle-ci eut alors recours à tous les artifices de la séduction ; aussi deux mois à peine s’étaient-ils écoulés depuis la mort de l'archiduchesse qu’elle était devenue en secret l'épouse du grandduc.

Cependant un mariage secret n'était pas plus propre à satisfaire l'ambition de Bianca que les vœux de François II, à qui la mort prématurée du fils qu'il avait eu de Jeanne d'Autriche faisait ardemment désirer d’en avoir de sa nouvelle épouse. Il donna avis au roi d’Espagne, Philippe IF, de l'union qu’il avait contractée; et ce prince l'ayant approuvée, il résolut de la rendre publique. Il fit donc savoir à la république de Venise que son intention éfait de se lier avec elle de la manière la plus étroite en épousant une fille de Saint-Marc; et le même sénat qui avait publiquement couvert Bianca d’opprobre, etmis à prix la tête de son séducteur, l’accabla alors de démonstrations honorifiques. Une proclamation des pregadi la déclara filie de la république; deux ambassadeurs, accompagnés de quatre-vingts gentilshommes, vinrent de Venise à Florence, pour y publier solennellement l'acte d'adoption et assister à la cérémonie nuptiale, qui fut célébrée au mois d’octobre 1579.

Bianca, reconnaissant qu’elle ne pourrait pas plus faire monter sur le trône son prétendu fils que renouveler sans péril la supercherie à laquelle elle avait eu précédemment recours, témoigna le desir de se réconcilier avec le plus proche héritier de son mari, le cardinal Fernand de Médicis. Celui-ci eut donc, en 1587, une entrevue avec elle et son frère le grand-duc. Quelques jours après, ce prince et Bianca tombèrent subitement malades. Tous deux expirèrent le même jour, 19 octobre 1587, et Fernando, renonçant aussitôt à ses titres et à ses fonctions ecclésiastiques, monta sur le trône.

CAPELUCIIE, bourreau de Paris sous le règne de Charles VI, devint le chef de la populace qui massacra lés

Armagnacs après les sèditions des Cabochiens, lorsque la conjuration de Périnet Le Clerc eut livré de nouveau Paris aux Bourguignons. Dans ces sanglantes journées, Capeluche ordonnait les exécutions et commandait le meurtre et le pillage sans rencontrer d'opposition; il se fit livrer les prisonniers de Vincennes en promettant de les conduire au Châtelet, et les fit égorger sous ses yeux. Le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, essaya en vain de fléchir ces hommes altérés de sang; il vint au devant de Capeluche, que peut-être il ne connaissait pas, et tandis qu’ils conféraient ensemble, le bourreau se croyant devenu l’égal du prince, lui frappa dans la main en signe d’entente. Cependant le duc, inquiet de l’issue des troubles qu’il avait exci- {és lui-même, et redoutant l’empire que Capeluche avait pris sur la mullilude, proposa aux massacreurs d’aller combattre les Armagnacs, qui, maîtres de Montlhéri et de Marcoussin, affamaient Paris. Il leur fit ouvrir les portes, et les fit refermer aussitôt qu’ils furent sortis; six mille des plus turbulents se trouvèrent ainsi chassés de la ville. I] fit alors saisir les principaux meneurs. Capeluche fut arrêté, jugé sommairement, et condamné à mort. Le valet du bourreau, devenu son successeur, s’apprêtait à luitrancher la tête : c'était son coup d’essai; Capeluche lui montra froidement comment il devait s’y prendre, et reçut le coup mortel sans avoir faibli un seul instant.

CAPÉTIENS, nom donné à la descendance directe et indirecte de Hugues Capet, c’est-à-dire à la troisième race des rois de France. On a beaucoup discuté sur l’étymologie du surnom donné au chef de cette famille. Estienne Pasquier, dans ses Recherches de la France, « adhère avec le bonhomme Cenalis, évesque d’Avranches, qui en ses Périoques dit que tout ainsi que Charles, fils de Pépin, fut par aucuns appelé Charles le Grand et des autres Charlemagne, d’un mot corrompu du latin, pour la grandeur de ses chevaleries, aussi Hugues pour le grand sens qu’il apporta en la conduite de ses affaires, fut appelé Capet, d’un mot à demy latin, qui signifie le chef : car aussi, à vray parler, vous trouverez en toutes ses actions plus de conseil que de hauts faits d’armes. » Nicolas Gilles, en ses Annales, dit que ce sobriquet avait été donné à Hugues parce qu’étant jeune il avait l'habitude en folâtrant de jeter les chapeaux des jeunes princes et seigneurs qui le suivaient. A ce sujet, Du Cange fait remarquer qu’en Auvergne on désignait par le nom de chapeto l'homme plaisant qui s’amuse à rire d’autrui, D’autres ont cru que le mot de Capet était une injure, et venait de capito, grosse tête : on sait que la grosseur de la tête est souvent un signe d’imbécillité, Une chronique appelle Capet Charles le Simple. Mais il paraît plus probable que Capet est pris pour chapet ou chappatus, l'homme portant chape. Plusieurs chroniques françaises, écrites longtemps après, ont traduit Hue Chappet ou Chapet. Dans ce cas, ce dernier nom viendrait de la chape de Saint-Martin de Tours, que les Hugues, ducs de France et comtes de Paris, portaient comme détenteurs de abbaye de ce nom. Une chronique dit encore que le fils de Hugues, le pieux Robert, chantait les vêpres revêtu d'une chape. L'ancien étendard des rois de France était d’ailleurs la chape de Saint-Martin.

Si l'on a controversé sur l’étymologie du nom de Hugues Capet, on s’est bien plus exercé encore à découvrir l'origine de ce prince. Les historiens même du dixième et du onzième siècle connaissent fort mal la famille du nouveau roi. Le meilleur d’entre eux, un moine de Cluny, mort en 1048, Rodulphus Glaber, qui était né sous les Carlovingiens, se contente de dire, en rendant compte de l'élévation de Hugues Capet, qu’il était fils de Hugues le Grand et petit-fils de Robert, comte de Paris, qui avait été roi : « Mais, ajoute-t-il, j'ai différé de tracer son origine, parce qu'auparavant elle est fort obscure, »

Ce n’est que trois siècles plus tard qu’un moine de Trois-

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