CAPITAUX — CAPITOLI
Incendié à l’époque des guerres civiles de Marius et de Sylla, le Capitole éprouva le même désastre encore une fois plus tard. A l’exemple de Vespasien , Domitien le fit reconstruire avec une magnificence extrême, et y fit célébrer les jeux capitolins. D’après les données des anciens auteurs, le temple du Capitole se trouvait situé sur le côté occidental de la montagne, qui faisait face au Forum, et porfait le nom de Roche Tarpéienne. On y montait par cent degrés, selon Juste Lipse, y compris ceux qui faeilitaient l’abord de cette roche. Suivant la description de Denys d’'Halicarnasse , le temple avait, avec les colonnes extérieures, 62° de long sur 57" 35 de large. A proprement parler, le bâtiment dans son ensemble se composait de trois temples consacrés à Jupiter, à Junon et à Minerve, et qui étaient séparés par des murailles. C’est sous le vaste portique du Capitole qu’avaient lieu les banquets et jeux triomphaux qu’on donnait au peuple, La statue de Jupiter, armée d’un foudre d’or, était assise sur un siége d’oret d'ivoire, qui remplaça sous le règne de Trajan le siége primitif, en argile rouge. Le toit du temple était en airain ; Q. Catulus le fit dorer. La porte était de même métal. En général, tout l’édifice était orné avec une grande magnificence. La dorure avait coûté, dit-on, quarante-cinq millions de notre monnaie; c’est pourquoi les Romains lui donnaient habituellement l’épithète de doré. Sur le faîte était un guadrige (char attelé de 4 chevaux), d’abord en argile, et plus tard en airain doré. Le temple proprement dit était orné d’offrandes et de dépouilles magnifiques. Il servait de dépôt aux actes les plus importants de l’État; les livres sybillins et les ançiles y étaient conservés. C'était encore dans ce même temple que l’on faisait les vœux et les serments solennels, que les citoyens prêtaient serment de fidélité, et qu’enfin les magistrats et ceux qui obtenaient les honneurs du triomphe venaient rendre grâces aux dieux des victoires qu’ils avaient remportées. Les quelques débris qui s’en sont conservés jusqu’à nos jours consistent : 1° en un embasement en pierres de pépérine (Area Capilolina) ; 2° en un mur énorme, construit avec les mêmes matériaux, et quelques restes des salles ; 4° enfin en une partie du fronton qui faisait face au sud, avec une portion du grand escalier. Ces ruines produisent toujours l'effet le plus grandiose.
D'autres temples existaient en outre sur le mont Capitolin ; le plus important était celui de Jupiter tonnans, qu’Auguste avait fait construire tout auprès du grand temple, On voyait autrefois à son extrémité orientale l'immense Tabularium, ou bâtiment des archives publiques, qui communiquait avec l'Ærarium (trésor de l'État), et renfermait également une bibliothèque publique et de vastes salles où l’on faisait des cours et des leçons de toutes sortes.
Le Capitole moderne (Campidoglio), qui est situé sur l'emplacement et en partie sur les fondations de l’ancien, est un vaste édifice, bâti sur les plans de Michel-Ange. L’'entrée principale présente un coup d'œil magnifique ; mais quant à l'architecture, au jugement des connaisseurs, ce monument passe pour un des ouvrages les moins recommandables de cet artiste. Il est formé de trois bâtiments principaux qui ne couvrent pas en entier le mont Capitolin.
A l’imitation de Rome, diverses villes, et surtout les colonies romaines, eurent leur capitole, soit temple, soit forteresse. Constantinople, Milan, Ravenne, Vérone, Trèves, Cologne, Nimes et Toulouse imitèrent sous ce rapport la capitale de l'empire. Les juges-consuls de Toulouse doivent même leur nom de Capitouls à son Capitole.
CAPITOLI ( mot italien qui veut dire chapitres ), sorte de pièce de poésie qui fut fort en vogue dans le seizième siècle, Les capitoli étaient des espèces de discours ou d’épitres dans le genre badin, satirique ou burlesque, adressés le plus souvent à des êtres imaginaires ou à des anonymes, en ferze rime, c'est-à-dire en rimes croisées, et en vers de dix, onze ou douze syllabes. Les sujets les plus