CAPITOLINUS — CAPITULAIRES
cherché avec empressement les honneurs du capitoulat, à cause des nombreux priviléges qui y étaient attachés. Les capitouls se qualifiaient de chefs des nobles et gouverneurs de La ville de Toulouse. A l'exemple des patriciens de Rome, ils avaient le droit d'image (jus imaginum ); leurs portraits étaient conservés au Capitole avec les registres de leurs délibérations. Ils portaient le chaperon rouge, comme insigne de leur puissance; après leur nomination et la formalité de la prestation du serment, qui se faisait dans les derniers temps entre les mains du gouverneur de ja province, on les promenait à cheval par la ville, escortés de troupes et au bruit des fanfares. Enfin, les capitouls devenaient nobles de droit, et la noblesse restait désormais acquise à leurs familles. Un arrêté du conseil d’État, en date du 25 mars 1727, déclare que « même dans le temps que Toulouse était alliée au peuple romain elle jouissait déjà de la noblesse, qu’elle communiquait à ses magistrats par l'exercice du capitoulat. » C’est là ce qui explique le nombre prodigieux de nobles qui se trouvent encore aujourd’hui dans cette ville.
CAPITULAIRES. Le nom de capitulaires a été donné à certains règlements rendus par les rois francs des deux premières races. Il vient du latin capitulum (capitule, petit chapitre), parce qu’en effet ces règlements, où l’ordre ne brille pas, étaient divisés en petits chapitres, traitant souvent d'objets contradictoires entre eux. On ne devrait appeler de ce nom que les règlements promulgués par les princes de la race carlovingienne ; cependant il est appliqué par quelques auteurs à certains actes émanés des rois mérovingiens, constitutions, décrets, pactes, conventions. Le premier acte qui porte réellement le titre de Capitulaire est le capitulare triplex de Dagobert, de l'an 630 environ, et qui contient une promulgation nouvelle des lois des Allemands, des Ripuaires et des Bavaroïs. On a ensuite quelques capitulaires assez curieux de Carloman et de Pépin le Bref. Quant aux capitulaires de Charlemagne, les seuls véritablement importants , nous laisserons le soin de les faire connaître à l’illustre auteur du Cours d'Histoire Moderne.
On a conservé à peine quelques capitulaires des successeurs de Charlemagne; ils sont émanés de Pépin, roi d'Italie, de Louis le Débonnaire, de Charles le Chauve, de Louis II, de Carloman, de Charles le Simple, et ne présentent qu’un intérêt très-médiocre. Le capitulaire donné par Carloman en 742 est exclusivement relatif aux affaires de l’Église. Il défend aux clercs de prendre les armes, soit pour aller à la guerre, soit pour se livrer aux plaisirs de la chasse. Tout clerc convaincu de luxure sera battu de verges, mis en prison au pain et à l’eau, pour faire pénitence. Il est interdit aux prêtres eaux diacres d’avoir des femmes iogées chez eux. Du reste ce qui prouve bien quelle était alors l’autorité des princes sur l'Église, c'est un capitulaire de l’année 743, dans lequel Carloman ordonne, qu’attendu les besoins de la guerre, l'argent de l’Église viendra en aide à son armée. Le roi, ilest vrai, a soin d’avertir qu’il a pris conseil des serviteurs de Dieu et du peuple chrétien. La disposition finale d’un capitulaire en date de 744 est fort remarquable, Le prince y recommande la stricte observation de ce qui avait éte décrété par vingt-trois évêques, assistés de plusieurs autres serviteurs de Dieu, du consentement du roi et de l’avis des premiers des Francs. Mais de tous les actes législatifs de ce prince, celui qui est incontestablement le plus curieux est un capitulaire synodal, ainsi nommé parce qu’il avait été rendu en plein synode. L'article 3 de ce capitulaire rappelle que les prètres pouvaient se marier, el les articles suivants déterminent plusieurs causes de divorce assez singulières. Le mari forcé de fuir dans une autre province peuf, si sa femme refuse de le suivre, prendre une épouse nouvelle, sauf à faire la pénitence ecclésiastique ; la femme au contraire ne peut pas se remarier. L’impuissance du mari est une cause de divorce, et l'épreuve de cette im-