‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 306 sur 556 · CAPOUE — CAPPADOCE · texte numérisé non relu

CAPOUE — CAPPADOCE

grenier de Rome, ils ne permirent qu’à des laboureurs de s'y établir, Capoue perdit alors la splendeur qui l'avait fait surnommer la seconde Rome. Elle resta longtemps dans cet état de misère et de pauvreté, et ce ne fut que sous Jules-César, vers l'an de Rome 693, qu’elle se releva de ses ruines, et qu’elle reprit un peu de son ancienne prospérité. On y envoya, en vertu de la loi Julia, une nombreuse colonie de Romains, qui se partagèrent une partie des terres de la Campanie, et qui rebâtirent les quartiers de Capoue qui avaient été dévastés.

Genséric, roi des Vandales, appelé en Italie par l’impératrice Eudo xie pour la venger de l’insulte qu’elle avait reçue de Maxime, ayant passé avec son armée par Capoue avant de se rendre à Rome, la pilla et la ruina encore une fois. Plus tard, Narsès, l’un des généraux de Justinien, après avoir chassé Genséric de l'Italie, y ramena un peu de vie ; mais elle ne tarda point à être de nouveau détruite, et cette fois pour toujours, par les Lombards. Ainsi disparul cette ville, dont il ne reste plus que d’imposantes ruines:

Jules SAINT-AMOUR, ancien membre de l’Assemblée nationale,

CAPPADOCE, province de l’ancienne Asie Mineure, qui fait aujourd’hui partie de la Karamanie, était située dans l’intérieur des terres, tout à fait à lorient, et bornée au nord par le royaume de Pont, aa sud par la Cilicie, à l’ouest par la Galatie et la Phrygie, à l’est par l’Arménie. La partie orientale de la Cappadoce s’appela même Petite Arménie. 11 y eut une époque où le Pont fit partie de la Cappadoce; de là vient que les Perses et leurs vainqueurs les Macédoniens distinguèrent la Cappadoce Pontique (ou le Pont). et la Cappadoce proprement dite, ou Grande Cappadoce. La chaîne du mont Taurus séparait de l'ouest à Pest la Cappadoce de la Cilicie, et, sous le nom d'Anti-Taurus, sillonnait cette contrée méditerranée dans la direction générale du sud-ouest au nord-est, Les fleuves principaux qui l'arrosaient étaient l’Halys, l'Iris et le Mélas ; elle comptait pour villes principales : Mazaca ou Eusebia, sur le mont Argæos , sa capitale, qui plus tard prit le nom de Césarée, aujourd'hui Kaisarieh, dont larchevêché , illustré par saint Basile, est le premier siége de l’Église grecque après le patriarcat de Constantinople; Nyssa, où fut évêque saint Grégoire, frère de saint Basilé; Nazianze, patrie de saint Grégoire de Nazianze, et Tyane, où naquit ApolloniusdeTyane.

Les Cappadociens étaient de race syrienne ; leur caractère a passé pour être superstitieux et pervers : Anne Comnène rapporte une épigramme dont voici le sens : Un serpent mordit un Cappadocien, ce fut le serpent qui mourut. Voici cette épigramme imitée del’Anfhologie :

Un gros serpent mordit Aurèle :

Que croyez-vous qu’il arriva ?

Qu’Aurèle en mourut? Bagatelle!

Ce fut le serpent qui creva,

Le discrédit dans lequel tomba cette nation doit sans doute être attribué aux habitudes qu’on contracte dans la servilité, qui détruisent presque toutes les vertus et propagent la débauche et le mensonge. François Gaz.

La Cappadoce fit d’abord partie de l'empire perse. Les satrapes perses de la Cappadoce reçurent plus tard le titre de rois, et gouvernèrent souvent d’une manière indépendante, Quand Xénophon opéra sa célèbre retraite des dix mille, il paraît que les deux Cappadoces obéissaient à un souverain du nom de Mithridate, qui avait pris parti pour le jeune Cyrus, mais qui après la défaite de ce prince n'en réussit pas moins à se rendre indépendant des Perses. Par suite de cette séparation, les habitants de la partie de la Cappadoce voisine du Pont-Euxin reçurent le nom de Leucosyriens ou Syriens blancs, en raison de la teinte plus blanche de leur peau, tandis qu’on continua à,

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