‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 312 sur 556 · CAPSULE · texte numérisé non relu

CAPSULE

CAPSULE (du latin capsula, diminutif de capsa, boite), En chimie on entend par capsule un vase en forme de coupe très-évasée, d’une capacité plus ou moins grande, qui sert à échauffer et à évaporer les liquides. 11 y a des capsules de porcelaine, de verre et de substances métalliques. Celles en verre sont les plus fragiles ; parmi les capsules métalliques, celles en platine, dont le prix est trèsélevé, sont les plus avantageuses ; celles en porcelaine sont les plus employées.

En thérapeutique le mot capsule désigne ces enveloppes, ordinairement en gélatine, destinées à contenir des substances dont la saveur repoussante rendrait aux malades l'ingestion pénible et quelquefois même impossible. Ces capsules, remplies et fermées, n’ont aucun goût, et une fois parvenues dans l'estomac, la gélatine étant dissoute par les sucs gastriques, la substance qu’elle renferme se trouve mise en rapport avec les surfaces absorbantes par lesquelles elle doit agir sur l’économie : telles sont les capsules dites de Mothes, de Raquin, etc.

On appelle aussi capsules certaines amorces, qui après l'invention des fus à percussion ont pris une importance de plus en plus grande. Ces capsules sont formées d’une espèce de petit chapeau en cuivre très-mince, renfermant une cerlaine quantité de poudre fulminante. Uue telle capsule étant placée sur la cheminée d’une arme à percussion, si on laisse échapper le chien, le choc suffit pour enflammer le contenu de la capsule, et par suite la charge qui doit chasser la balle. La fabrication des capsules a bien diminué depais la substitution du chassepot en France au fusil à percussion.

En botanique on donne le nom de capsules aux fruits secs qui s’ouvrent naturellement en un certain nombre de pièces ou par des trous qui se forment sur différents points de leur surface. Les parties qui entrent dans la composition des capsules sont : 1° les battants, panneaux ou valves, qui recouvrent le fruit extérieurement ; 2° les cloisons, qui séparent le fruit en plusieurs loges; 3° le pilier, axe ou columelle, qui réunif les parties internes avec les semences ; 4° les loges, espaces vides occupés par les semences; 5° le réceptacle propre; 6° les semences. En raison du nombre de leurs loges, les capsules ont été distinguées en wniloculaires, biloculaires, triloculaires, multiloculaires Leur distinetion en cavsules bivalves, trivalves, quadrivaives mulfivalves, est aussi fondée sur le nombre de leurs valves. Lorsque l'ouverture ou la déhiscence valvaire des fruits capsulaires se fait par le milieu des loges, c’est-à-dire entre les cloisons, qui répondent alors à la partie moyenne des valves, on dit que la capsule est Zoculicide (éricinées); lorsqu'elle à lieu vis-à-vis les cloisons, qu’elle divise le plus souvent en deux lames, la capsule est seplicide (rhodoracées, antirrhinées); lorsque enfin la déhiscence s'effectue en face des cloisons, qui restent en place au moment où les valves s’en délachent, les capsules sont dites septifrages (bignoniacées, bruyère commune). Les principaux fruits capsulaires sont le follicule (apocynées), la silique et la silicule (crucifères), la gousse ou Zéqume (légumineuses ), la pyxide ou botte à savonnette (le mouron), l’élatérie (euphorbiacées), enfin la capsule proprement dite, qui ne peut être rangée parmi les cinq espèces précédentes ( pavot, tulipe, lis). Quelques botanistes ont cherché à établir parmi les capsules plusieurs espèces de fruits différentes de celles indiquées ci-dessus, mais leurs distinctions n’ont point été adoptées. Les usages de toutes les parties des capsules que nous avons énumérées ci-dessus (valves, cloison, axe, loges) sont évidemment de contenir, de favoriser la formation de la graine, de la protéger et de concourir à sa dissé- Mination. Le tissu des fruits capsulaires est, ainsi que celui des autres fruits secs, moins abreuvé de liquides que celui des fruits charnus.

Les bryologistes ont donné le nom de capsule à cette

partie du fruit des mousses dans laquelle se forment et sont contenues les spores. La capsule, qui termine et surmonte le pédoncule en est pour ainsi dire le renflement. Ses formes et ses dimensions sont très-variables.

En anatomie on a prodigué le nom de capsules où parlies capsulaires sans aucun discernement. On les a évidemment confondues avec les vessies ou réservoirs des voies inteslinales, lorsqu'on à considéré les extrémités dilatées des canaux déférents, et même les vésicules séminales comme des capsules. Dans cette acception, la vessie urinairée, l'estomac, les sacs pulmonaires, les cœcums, les matrices, et en général toutes les dilatations des voies intestinales, pourraient être regardés comme autant de capsules. Mais il y aurait confusion dans les termes, et les épithètes de réservoirs ou cystes et vessies doivent être préférées. On a encore à fort donné le nom de capsule de Glisson aux gaines minces et denses que l'enveloppe celluleuse du foie forme en se prolongeant dans son épaisseur autour des brancires et des ramifications de la veine-porte, de l’artère hépatique et du conduit de même nom. Des gaînes ou canaux renfermant des vaisseaux el autres conduits ramifiés ne doivent point être considérés comme des capsules. At-on été plus heureux et plus exact lorsqu'on a été conduit à appeler capsules atrabilaires ou surrénales deux organes parenchymateux situés au-dessus des reins, qui sont creux et ovoides chez l'adulte, prismoïdes et granulés dans le fœtus? Dans l’intérieur de ces organes, d’une couleur brune jaunâtre, nuancée de rouge, on observe une grande cellule ou cavité étroite, triangulaire, lisse, n’ayant aucurs issue à l’extérieur, offrant à sa partie inférieure une crête, et contenant un fluide visqueux, rougeâtre dans le fœtus, brunâtre chez les vieillards, et coagulable par Palcool. Les parois de cette cavité sont épaisses et formées de granulations très-petites, rassemblées en lobules. Les capsules

- surrénales diminuent de volume en raison directe de l’âge,

et disparaissent quelquefois dans la vieillesse très-avancée : leurs usages sont inconnus.

La dénomination de capsule semble avoir été imposé avec plus de justesse lorsqu'on s’en est servi pour désigner des membranes de diverses natures, destinées à enve.opper et à favoriser les fonctions d’autres organes. C’est ainsi qne Paracelse avait cru devoir nommer capsule du cœur la poehe fibreuse dans laquelle cet organe est renfermé (#07;e3 PÉRricarze et Coeur); c’est ainsi que les anatomnistes de nos jours désignentles membranes fibreuses ou fibro-celluleuses qui enveloppent les articulations très-mobiles sous le nom de capsules articulaires. Celles-ei sont des sortes de sacs cylindriques plus ou moins forts, blanchâtres, plus ou moins inextensibles ou d'autant plus làches que les parties sont susceptibles de mouvements plus étendus. Ces membranes fibreuses capsulaires sont fortifiées à l'extérieur par les fibres tendineuses des muscles voisins, et enveloppées de tissu cellulaire. Leurs extrémités se continuent avec le périoste (enveloppe des os) ou avec le périchondre (enveloppe des cartilages), en s’insérant à la circonférence des surfaces ar: ticulaires. Leurs fibres s’écartent quelquefois pour laisser passer les tendons qui traversent la cavité articulaire (articulation du bras avec l’épaule). On ne donne pomt le nom de capsules fibreuses aux enveloppes des articulations gynglimoidales (celles du coude, du genou), parce que les fibres ligamenteuses n’existent que sur les côtés, en avant et en arrière. Les vraies capsules articulaires fibreuses ne sont à la rigueur que les ligaments formant autour de l’articulation une tunique, dans l’intérieur de laquelle les extrémités des 08, pourvues où non de coussinels intermédiaires, glissent les unes sur les autres à l’aide de lasynovie, fluide visqueux qui les lubrifie, et qui est exhalé par une membrane interne qui tapisse toutes les surfaces articulaires. Cette membrane, en raison de sa disposition sacciforme et de son occlusion, a été aussi appelée capsule synoviale. Ces capsules lubri

fiantes différent des précédentés, que nous avons dit être dés sacs cylindriques, continus avéc le périoste, non-serilement pär la nature de leur tissu, qui est moins dense, Mais encore par des formes qui varient beaucoup en raison de la multiplicité de celles des articulations et des parties qui y sont quelquefois contenues. Ce sont toujours des poches sans ouverturés, transparentes, déployées sur toutes les parties articulaires, sans en renfermer aucune dans leur intérieur. Le nombre de ces sortes de capsules exhalant la synovie est très-considérable; on en observe partout où s’exécutent des mouvements plus ou moins rapides et étendus, entre des parties dures ou tendant à la dureté.

CAPTAL, mot gascon dérivé du latin capitalis, qui signifie chef militaire, seigneur, et qui fut le titre du seigneur de Traine et du seigneur de Buch. Jean de Grailly à rendu ce dernier nom fameux au quatorzième siècle. Le duc d'Épernon fut aussi captal de Buch, petit pays des landes de Bordeaux ( voyez TESTE DE Bucu ).

CAPTATION. On appelle de ce nom tout moyen qui est employé dans des vues d'intérêt personnel pour obtenir des libéralités, en étéignant dans le cœur de l’homme les sentiments d'affection dont il est animé envers ceux qui sont naturellement appelés à lui succéder, en y faisant naître des sentiments de haine et d’animosité; et toute action, toute conduite obséquicuse, toutes complaisances et caresses affectées, tous services rendus dans le dessein de s’attirer spécialement uné institution lestamentaire, un legs, une donation. Le Code Napoléon n’a point voulu comprendre d’une manière expresse et formelle la captation au nombre ” des causes de nullité des actes qui contiennent directement ou indirectement des libéralités, soit entre vifs, soit à cause de mort. 11 s’est contenté d’en admettre la présomption dans certains cas ; et il a laissé en général à la conscience du juge la faculté d'apprécier les circonstances qui auraient pu gêner la liberté d'esprit de l’auteur de la libéralité, et lui faire témoigner une volonté autre que celle qu’il eût exprimée s’il n’eñt été soumis à une influence étrangère. Ces circonstances sont de la naturé de celles dont la preuve testimoniale est permise, et que les tribunaux ordonnent lorsqu'elles leur paraissent propres à établir avec un certain degré d'évidence, d’une part, que les dispositions écrites dont l'exécution est réclamée sont contraires à celles que leur auteur avait précédeminent manifestées; et qu’elles indiquent , d’autre part, que ces dispositions sont le fruit des manœuvres pratiquées pour les obtenir par ceux au profit de qui elles sont faites.

Mais la présomption est légale, et elle entraîne toujours la nullité de la donation ou du testament, lorsque les dispositions qui y sont contenues sont faites par une personne malade en faveur du médecin, de l'officier de santé ou du pharmacien qui l'aurait traitée pendant la maladie dont elle ést morte; ou en faveur du ministre du culte qui lui aurait donné les secours spirituels dans le cours de cette maladie,

La captation n’est pas un délit qualifié, elle n’est par conséquent pas susceptible d’une peine caractérisée; elle n'offre qu’une sorte de violence morale, répréhensible dans sa causé comme dans ses résultats, et dont se trouve suflisamiment puni celui qui l'aurait pratiquée, par la privation du fruit qu'il espérait en retirer. J.-L. CRIVELLI.

CAPTIVITÉ, l'état de celui qui a été fait captif ou prisonnier, qui est retenu par force et contre sa volonté ou dans les fers, ou sur une {erre étrangère, ou simplement sous la puissance d’un autre. Les amants seuls, dans leur langage métaphorique et tout de passion, reconnaissent une captivité volontaire et des chaînes qu’ils sont heureux, disentils, de recevoir et de porter; mais souvent les plus légères leur paraissent lourdes, et ils trouvent bientôt le moyen de s'y soustraire quand la cause qui les leur faisait rechercher avec tant d'ardeur a cessé, Toutes les ressources de la beauté sont alors impuissantes pour retenir le captif qui leur a été

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