‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 32 sur 556 · BULBE — BULLA FELIX · texte numérisé non relu

BULBE — BULLA FELIX

a-t-on dit bulbe ou substance bulbeuse des dents : on pourraiten dire autant pour les plumes.

On appelle quelquefois bulbe oculaire le globe de l'œil.

Le renflement de la portion spongieuse du canal excréteur de l'urine a reçu le nom de bulbe de l'urètre. Chaussier a désignésous la dénomination de bulbe rachidien le renflement de l'extrémité supérieure de la moëlle vertébrale. Le bulbe de l'aorte des vertébrés supérieurs, le bulbe de l'artère branchiale des poissons, sont de petits ventricules qu’on observe à l’origine de ces grandes artères. Le premier disparait de bonne beure, le deuxième persiste toute la vie. L. LAURENT.

: BULBILLE,, sorte de bourgeon. Comme la bulbe, elle est tantôt écailleuse , tantôt {uniqueuse, et tantôt {ubéreuse ; mais elle en diffère en ce qu'elle n’a point de plateau ni de traces de fibres radicales. Elle naît ou dans l’enveloppe du fruit, comme dans le crinum asialicum, ou dans la fleur, comme dans l'allium carinatum, où enfin dans l’aisselle des feuilles, comme dans le Lis bulbifère. Les bulbilles ont été aussi appelées soboles. Lorsqu’elles sont mûres , elles se détachent de la plante-mère, s’enfoncent dans la terre, et deviennent de nouveaux individus.

BULGARES,BULGARIE. Voy. BOULGARES, BOULGARIE.

BULGARIN. Voyez BOULGARINE,

BULGARIS. Voyez BourGanis.

BULIME, genre de mollusques gastéropodes univalves, dont les espèces sont presque toutes terrestres. Les bulimes sont des coquilles généralement ornées de couleurs agréables. On trouve ce genre répandu sur toute la surface du globe il vit dans les endroits frais et ombragés, et l’hiver sous les pierres ou dans des trous de rochers; la nourriture des bulimes est toute végétale. C’est l'Amérique méridionale qui en fournit le plus grand nombre d'espèces. A l'état fossile, elles se trouvent dans les terrains tertiaires.

L'animal des bulimes, à collier et sans cuirasse, offre une tête munie de quatre tentacules, les deux plus grands oculés au sommet : il a le pied comme celui des hélices, et ilest dépourvu d’opercule.

La coquille est ovale, oblongue ou turriculée; son ouverture est entière, plus longue que large, à bords inégaux, désunis supérieurement; la columelle est droite, lisse, sans troncature et sans évasement à la base. A l’état adulte, le bord droit de la coquille est revêtu d’un bourrelet quelquefois fort épais ; le dernier tour de spire est toujours plus grand que celui qui le précède,

BULITHE (de Bouc, bœuf, et Aoç, pierre), concrétion qui se forme dans le dernier estomac et les intestins du bœuf, et qui ferait penser qu’Aristote s’est trompé lorsqu’il a avancé que l’homme est le seul animal qui soit sujet à la pierre.

BULL (mot qui en anglais veut dire {aureau), nom que nos voisins donnent en plaisantant à un bon mot dont la pointe consiste en ce qu’il manque de logique. Quelqu'un, par exemple, veut-il faire passer sa laideur en disant qu’il a été très-joli dans son enfance, mais qu’on l’a changé en nourrice, c’est un bull. Les Anglais attribuent aux Jrlandais une foule de balourdises semblables. Cependant un bull n’est pas toujours une stupidité ; il y en a de fort malins et de fort spirituels, comme celui de lord Castlereagh, qui disait qu’en faisant telle ou telle chose, à se tournerail le dos. L'ancien lord-maire de Dublin, Reynolds, s’est rendu fameux par ses bulls lors des débats sur le titlebill, en 1851. Les bulls sont une mine pour les auteurs comiques et les romanciers anglais. On en a publié d’innombrables recueils. Consultez Edgeworth, Essais on irish bulls (Londres, 1803). — A la bourse de Londres, les agioteurs désignent aussi les joueurs à la hausse sous le nom de bulls.

BULL (Joux), surnom du peuple anglais. VoyezJonx Buzz.

BULL (OLr-Borxmann), violoniste, est né le 5 février 1810, à Bergen, en Norvège, Pour obéir à son père, Bull

étudia d’abord la théologie ; et, afin de l'empêcher de se livrer à son goût pour la musique, on lui enleva jusqu’à son vio. lon. Cette rigueur eut un résultat directement contraire à celui qu’on en attendait. A l’âge de dix-huit ans il fut envoyé à l'université de Christiania. Ayant eu occasion de jouer dans un concert au profit des pauvres, il excita un tel enthousiasme que peu de temps après on lui offrit la place de chef d'orchestre au théâtre, place qu’il accepta, et dont il consacra en partie les émoluments au soulagement de la famille du titulaire, qui était malade, jusqu’à la mort de ce dernier. Le désir de se perfectionner le conduisit, en 1829, à Gussel, dans l'espoir de voir de près Louis Spohr, dont la gloire était alors dans tout son éclat; mais Spohr accueillit trèsfroidement ce jeune homme excentrique, ne lui accorda aucun encouragement, en sorte que Bull, prenant la résolution de renoncer à la musique, partit pour Gættingue dans l'intention d'étudier le droit. Toutefois ce mouvement d’humeur ne dura pas longtemps. L'amour de l’art le ramena dans sa patrie, d’où, après un court séjour, il partit pour Paris, en 1831. 11 y passa les années les plus malheureuses de sa vie, et alla même, dit-on, jusqu’à se jeter dans la Seine, d’où il fut retiré par des blanchisseuses. Relevé d'une grave maladie , il trouva, sur la recommandation du facteur d’instruments Lecour, l’occasion de jouer dans un concert. Les 1500 francs que ce concert lui rapporta lui fournirent les moyens de visiter la Suisse et l'Italie. A cette époque il s’était déjà formé une méthode particulière, analogue dans ses principes à celle de Paganini. 11 mettait sa gloire à se créer des difficultés et à les vaincre; mais il lui fut impossible de suivre dans son essor le démon italien : il se perdait dans de froides bizarreries calculées, qui excitaient l’étonne-

| ment, mais laissaient le cœur froid. Toutefois, il fut accueilli

partout en Italie avec un grand enthousiasme; à Naples, Me Malibran, ravie, l'embrassa en plein théâtre. Il revint ensuite à Paris, parcourut la France en 1835, joua à Londres en 1836, voyagea dans toute l'Angleterre , l'Écosse, l'Irlande, et retourna à Paris. Plus tard, il visita la Belgique, la Hollande, la Russie et l'Allemagne. Après quelques années de repos, il passa en Amérique, d’où il revint en Europe en 1850. Son nom y était presque oublié, son jeu n'ayant pas

| trouvé d’imitateurs et lui-même n’ayant rien publié. Toute

sa vie d'artiste a été celle d’un virtuose, et il ne semble même pas né pour devenir jamais un compositeur. Il retourna en 1852 en Amérique, où il voulut fonder une colonie; mais bientôt il se rembarqua pour l'Europe. BULLA FELIX, brigand fameux , qui eût lutté d’adresse et de subtilité avec Mandrin et Cartouche, et qui, au rapport de Crévier (Histoire des Empereurs), parcourut pendant deux ans l’Italie entière, à la tête de six cents voleurs, bravant toutes les troupes que les empereurs envoyaient à sa poursuite. Il avait des correspondants qui l'instruisaient avec une exactitude scrupuleuse de tous les voyageurs qui sortaient de Rome ou qui arrivaient à Brundusium. 11 savait qui ils étaient, en quel nombre ils marchaient, ce qu'ils portaient avec eux. Il les attendait dans des défilés et les arrètait au passage. Si c’étaient des gens riches, illes déchargeait d'une partie de leur argent et de leurs équipages, et les laissait continuer leur route; si c'és taient des ouvriers, du service desquels il eût besoin, il les gardait le temps qui lui était nécessaire, les faisait travailler, etles renvoyait ensuite, en leur payant leur salaire, On cite de lui des tours d’adresse incroyables. Deux de ses camarades ayant été pris et condamnés à être exposés aux bêtes, il alla trouver le concierge de la prison , et se faisant passer pour le premier magistrat d’une ville voisine, il lui dit qu'ayant à donner un spectacle à ses citoyens, il lui fallait deux misérables qui combattissent contre les bêtes. Par ce stratagème, il retira les deux voleurs des mains du crédule guichetier. Informé qu’un centurion avait élé envoyé avec des soldats pour le prendre, il se présente à lui, dé-

Page 1