CARABINIER
pagnie par régiment de cavalerie; ces compagnies, qui étaient au nombre de cent, furent incorporées en 1693 : formèrent le régiment de carabiniers, qui équivalait au moins à einq régiments ordinaires. Depuis la régence jusqu’au milieu du siècle passé, il reparut des carabiniers dans les régiments de cavalerie; c’étaient des hommes d'élite placés, au nombre de quatre, dans chaque compagnie, à peu près comme au temps de Henri IV. Cette institution n’eut pas de suite, et un régiment de carabiniers prit la tête de la cavalerie française, La loi du 93 fructidor an vus reconnaissait deux régiments de carabiniers; la restauration n’en mit qu’un sur pied. Le ministre Clermont-Tonnerre en forma un second, quoiqu'il fût reconnu difficile de fournir d'hommes et de chevaux le régiment qui existait, et quoique les corps privilégiés, genre d'institution en tout temps blâmable, fussent alors hors de proportion avec le reste de l’armée.
Les régiments actuels de carabiniers diffèrent des anciens parce qu’ils n'ont plus de carabines, c’est-à-dire de mousquetons; que leur uniforme n’y ressemble plus; qu’ils portent une cuirasse et un casque; que leurs officiers ont l’épaulette à petites torsades, etc. Leur nom de carabiniers est une désignation qui n’a rien de rationnel. L’ordonnance du 19 février 1831 a rangé dans la cavalerie de réserve les deux régiments de carabiniers.
Dans quelques milices étrangères et dans l’armée antrichienne le nom de carabiniers à cheval a une tout autre acception, et rappelle les primitifs carabiniers de France; le mot y signifie tirailleur.
Passant maintenant à ce qui concerne les troupes à pied, nous aurons d’abord à faire observer que les carabiniers d'infanterie sont considérés tantôt comme des soldats porteurs de carabines rayées, tantôt comme formant des compagnies armées ou du moins censées armées comme leur nom le donne à entendre; mais dans nos usages leurs carabines sont des fusils. En France la création des bataillons de chasseurs a amené l'institution des carabiniers d'infanterie, institution qui était déjà ancienne dans les troupes du Nord. En 1788 six chasseurs carabiniers sonf institués dans chaque compagnie de chasseurs de nos bataillons d'infanterie légère; ils faisaient partie des files de la compagnie; mais c’étaient des hommes d'élite, exercés conformément an genre de l’arme qu'ils portaient. Ils furent abolis en 1792. A cette époque, des compagnies de carabiniers français ont été créées à l’imitation de celles des corps hollandais, flamands et liégeois; leur uniforme s’est décoré de la grenade; leur haute paye est devenue celle des grenadiers. Les carabiniers français ont été de peu d'utilité dans la guerre de la révolution. Rien n’avait été fait pour leur instruction spéciale; aussi nos compagnies de carabiniers, fusiliers par le fait, et grenadiers par le courage, l’aigrette, les attributs, ont presque toujours porté un nom ridicule, comme les grenadiers, depuis qu'ils n’ont plus de grenades en main. La milice anglaise, agissant avec plus de logique , a conservé sur pied de véritables tireurs de carabine. Dans cette milice la qualification de carabinier est synonyme de tirailleur à pied. Ces carabiniers chargent à volonté, tenant le canon de leur carabine entre les deux cuisses et bourrant des deux mains ; ils commencent et cessent le feu au son du clairon. Leur feu de peloton n’est autre chose que l’ancien feu de file exécuté avec locomotion, c’està-dire exécuté par deux files qui débottent en même temps, se déploient sur un rang en avant du front, font feu et se remboilent ; le retour de la file est le signal du départ d'une autre file : ce feu a lieu, soit par la droite des sections, soit par celle des pelotons. Le carabinier tire en chasseur, c'est-à-dire en avançant le pied gauche de quarante-cinq on de quarante-six centimètres, pliant le genou et portant le corps en avant; on l’exerce aussi à tirer droit et debout, 11 y a dans la milice prussienne des compagnies de chasseurs et de oarabimers, G Banni,