CARABIQUES
— CARACARA
CARABIQUES. Dans sa méthode, Latreille donne | brigands. Nous dirons seulement que, plus cruel que Cali-
ce nom à une vaste et importante tribu d'insectes de l’ordre des coléoptères pentamères et de la famille des carnassiers. Dejean considère les carabiques comme formant une famille,
Plusieurs espèces de carabiques sont communes dans nos campagnes, où elles se font remarquer par la vivacité de leur course ou l'éclat métallique de leurs couleurs. Quelquesunes d'elles jouissent de curieuses propriétés; telles sont celles des genres brachine, carabe, etc.
CARABOBO , province de la république de Vénézuéla dans l'Amérique du sud, qui compte une population de 100,000 âmes, répartie sur une superficie de 298 myriamètres carrés, a pour chef-lieu Valencia, et a reçu le nom d’un village situé à 15 kilomètres au sud-ouest de cette ville, où, le 28 mai 1814, Bolivar battit le général espagnol Salomon, et où, sept ans plus tard, le 24 juin 1821, il gagna une bataille décisive sur les généraux La Torre et Moralès, victoire dont le résultat fut la complète évacuation du pays par les forces espagnoles.
CARABOULARS. Voyez KARABOULARS.
CARACAL ou LYNX des anciens, mammifère Carnivore et digitigrade du genre cat. Voyez Lynx.
CARACALLA (Marcus-AuRELUS), naquit à Lyon, en 188. Son véritable nom était Bassranus. L'empereur Sévère, son père, lui avait donné celui d'Antonin, en commémoration d’Antonin le Pieux, et c’est avec cette qualilication que nous le voyons figurer dans les inscriptions et sur les médailles. Toutefois, linflexible histoire ne laissa d’autre nom à ce tyran que le ridicule sobriquet qu’il s'était attiré par sa prédilection pour un long vêtement gaulois ainsi nommé (voyez CARACALLE). Semblable en cela à beaucoup d’autres monstres de Rome, il eut une enfance douce et aimable, montra les plus heureuses dispositions, et se concilia l’affection du peuple et du sénat. Il était spirituel, obligeant, généreux ; mais tout à coup la férocité se déclara. Elle altéra même les traits de son visage, au point que ceux qui l'avaient autrefois connu ne pouvaient croire que ce fût le même homme. II ne cessait de vanter Alexandre le Grand ; il ambitionnait sa gloire, mais il voulait encore celle deSylla et de Tibère : c’étaient ses modèles, ses héros.
Il avait à peine treize ans quand Sévère l’associa au gouvernement, et à ia mort de celui-ci (en 211) Caracalla arriva à l'empire conjointement avec Géta son frère. D’abord ils avaient voulu le partager entre eux ; mais leur mère, Julia, et les grands de l’empire surent empêcher l’exécution de ce projet. Depuis longtemps Caracalla nourrissait une haine implacable contre Géta ; il feignit que celui-ci lui tendait des embèches, et le fit tuer dans les bras de sa mère, après lui avoir demandé une entrevue pour se réconcilier avec Jui (212). IL rendit ensuite publiquement des actions de grâces aux centurions qui l’avaient massacré, disant que Géta voulait lempoisonner, et qu’il était de plus coupable d’irrévérence envers leur mère. Mais ce crime ne fut pas accueilli avec faveur par les soldats campés près d’Albe; ils fermèrent leurs portes, et ne reçurent Caracalla qu'après en avoir obtenu de riches présents. C’est à l’occasion de ce meurtre que fut prononcée cette belle parole de Papinien, qu'il est plus facile de commettre un parricide que de l'excuser. Ce grand jurisconsulte lui-même fut mis à mort sous les yeux de l’empereur : tel futle prix de sa noble indépendance. Le tyran fit périr les affranchis de Géta et quiconque avait eu quelques relations avec lui. Plus tard, sa rage attaqua aussi les assassins de son frère, et Géta fut élevé au rang des dieux.
Nous ne ferons pas ici le compte de tous les meurtres de Caracalla ; nous ne parlerons ni de Lætus, contraint d’avaler du poison; ni d’Afer, qui se precipita du haut d’un édifice, ct ne put échapper au fer des assassins; ni de Pompeianus, qu'il fit disparaître comme s’il eût été tué par des
gula et Néron, Caracalla les surpassa encore en extravagances, et qu'il prodigua les mêmes mépris au sénat et au peuple romain. Son avarice vendit le droit de cité romaine à tous les hommes libres, et le premier il reçut dans le sénat des Égyptiens. Le culte d'Achille s’associant dans son esprit à celui du grand Alexandre, il ne manqua pas de faire le voyage d’Ilion pour visiter la tombe de ce héros ; et afin d’avoir comme lui un Patrocle à pleurer, il empoisonna son affranchi Festus. Rien n’est comparable à la forfanterie de ses expéditions militaires. Il vint dans la Gaule pour attaquer les Germains. Son premier soin fut de faire périr le gouverneur de la Narbonnaise, et il eut le talent de blesser tous les intérêts et de heurter tous les droits des cités. Il y fut trèsmalade, et fit plus particulièrement sentir sa cruauté à ceux qui l’entouraient. Les Cattes et les Alemani lui donnèrent une rude leçon, et ilne put se retirer de leurs mains qu’à prix d'argent. Un jour il convoqua la jeunesse des Alemani, dont il se disait désormais l’allié; puis, la faisant cerner, il la massacra : victoire bien digne de lui et qui lui valut le titre dAlemanicus. De là il se rendit par la Thrace en Asie, après avoir remporté quelques avantages sur les Gotls, À Anlioche, il conclut la paix avec le roi des Parthes, Artabane ; mais il fit avec perfidie saisir et charger de chaînes Abgare, roi d'Édesse et ami des Romains, et lui prit ses États. 11 voulut en user de même envers Vologèse, roi d'Arménie, mais ses troupes furent repoussées. Alors il se rendit à Alexandrie, où il visita le tombeau d’Alexandre, et offrit des hécatombes à Sérapis, en consacrant aussi à ce dieu la glaive avec lequel Géta avait été tué.
Tout à coup, pour punir les habitants d'Alexandrie des railleries dont il était l’objet, il livra la ville au pillage et au meurtre ; le sang coula à grands flots pendant plusieurs jours. Bientôt il marcha contre les Parthes, sous prétexte qu’Arlabane lui refusait sa fille. L’ennemi ne s’attendait pas à cette brusque rupture de la paix ; Caracalla put impunément ravager tout le pays. Mais quand il apprit que l’armée des Parthes se formait dans les montagnes, il revint en Mésopotamie et annonça au sénat la soumission de tout l'Orient. Aussi put-il joindre le titre de Parthicus à ceux d’Alemanicus et de Germanicus; ce qui fit dire plaisamment à Helvius Pertinax, en faisant allusion au meurtre de Gééa : « Noubliez pas qu'il est aussi Geticus-Mazxims » ; jeu de mots d’autant plus isste que Caracalla avait vaincu les Gètes, qui ne sont autres que les Goths. Après six ans de règne, et à l’âge de vingt-neuf ans, il fut tué sur la route d'Édesse au temple du dieu Lunus. Macrin, préfet du prétoire, qu’il avait offensé, en débarrassa la terre.
Rome devait néanmoins à Caracalla quelques monument : des bains qui portent son nom, et un arc-de-triomphe en commémoration des actions de Sévère. Les inscriptions de Caracalla et de Géta sont fort communes en Alsace et dans le Brisgau : le nom de Géta y est presque toujours effacé.
P. nE GGOLBÉRY.
CARACALLE, robe que portaient dans les Gaules les Atrebates et les Morini. Il y en avait de deux sortes, l’une simple et grossière, pour le peuple et les soldats, l’autre riche et distinguée, pour les grands; celle-ci descendait jusqu’aux talons et était ouverte comme les simarres; elle avait des manches assez larges pour y passer aisément les bras; la couleur était de garance fine et choisie, qui réunissait l'éclat de la cochenille avec le feu foncé de la pourpre, et forma un ton de couleur mitoyen. Cette robe donnait un certain air de majeste à ceux qui la portaient, et il est probable que ce fut pour relever sa taille que l’empereur Bassian la préféra à toutes les robes romanes, ce qui lui tit donner le surnom de Caracalla.
CARA-CALPARKS. Voyez KARAKALPAKS.
CARACARA , genre d'oiseaux de prore d'Amérique, de la famille des talconidées. Les caracaras ont de grands rap-
ports de formes et de mœurs avec les vautours. Comme eux, ils recherchent les charognes et les immondices.
CARACAS ou SAN-IAGO DE LEON DE CARACCAS, capitale de la république de Vénézuéla, dans l'Amérique du sud, est située à une distance de 25 kilomètres de l'Océan et du port appelé Za Guayra, dont le sépare une chaine de montagnes d’une élévation de 1,720 mètres, sur les rives de la Guayra, à 980 mètres au-dessus du niveau de la mer, au pied du mont Silla, haut de 2,877, dans la charmante et fertile vallée d'Aragon. Détruite en 1812 par un tremblement de terre qui fit périr près de 10,000 habitants, cette ville fut reconstruite sur un plan régulier. Les rues en sont droites et bien pavées. Elle possède plusieurs places publiques, et entre autres églises une cathédrale magnifique de 83 mètres de long sur 25 de large, qui a été considérablement endommagée par un nouveau tremblement de terre, survenu en 1826. Caracas est le siége des autorités supérieures de la république, d’un archevêque qui a pour suffragants les évêques de Mérida et de Guayana, et d’une université dont la fondation remonte à 1778. On y trouve plusieurs couvents, un collége, un séminaire et divers autres établissements d’instruction publique. Ses habitants, au nombre de plus de 50,000, s'occupent d'industrie manufacturière, notamment d’ébénisterie et de sellerie. Cette ville est aussi le centre d’un grand commerce d'exportation, dont les agents, établis à La Guayra, font d'importantes affaires en cacao, tabac, indigo, coton, bois de teinture, quinquina, cuirs, etc. ainsi que d’un commerce intérieur des plus actifs avec les provinces d’Apure, de Varinas, de Barquisimeto et de Carabobo. Un canal établit une communication directe entre Caracas et La Guayra.
Caracas fut fondée en 1567, par Diego Losada à l'endroit même où, sept ans auparavant, Francisco Fajardo avait créé un petit établissement sous le nom de Valle de San Francisco. Grâce à sa position avantageuse, cette ville fit de rapides progrès, quoiqu’en 1766 elle ait été ravagée, comme toute la province, par de cruelles épidémies. A l’époque de la domination espagnole, elle était le siége de la capitainerie générale du même nom.
La province de Caracas, ainsi appelée de son chef-lieu, l’une des treize dont se compose la république, compte une population de 363,868 âmes, répartie sur une superficie de 1244 myriamètres carrés. Elle est bornée au nord, sur une étendue d’environ 200 kilomètres, par la mer des Antilles, à l’est par la province de Barcelona, au sud en grande partie par l'Orénoque, vers les provinces d’Apure et de Guayana, et à l’ouest par la province de Carabobo. Les chaînes de montagnes très-élevées qui traversent la contrée donnent naissance à divers cours d’eau plus ou moins considérables, et dont les plus importants sont le Guarico, l’Orituco et le Manapire. La province est arrosée, en outre, par dix-sept lagunes, dont la plus remarquable, à cause de son étendue et de l'immense quantité de poissons qu’elle renferme, est celle de Tacarigua, Le climat est très-sain, à l'exception de quelques points des côtes où des inondations périodiques engendrent des fièvres. La végétation y est des plus riches, et la canne à sucre surtout y donne d’abondants produits. Le cacao qu’on y récolte est de la meilleure qualité. Le café, lindigo, le riz, le coton n'y prospèrent pas moins. L'élève des bêtes à cornes et des hêtes à laine y prend chaque année de nouveaux développements ; il en est de même de l’agriculture. Cependant les luttes pour la conquête de la liberté y ont longtemps entravé le progrès du bien-être général.
Cette province, qui envoie au congrès deux sénateurs et douze représentants, est partagée en seize cantons. A partir de l’année 1526 elle appartint en toute propriété à une famille de patriciens d'Augsbourg, la famille des Welser; mais dès 1546 ceux-ci y renoncèrent, par la raison que les soldats allemands qu’on y avait envoyés ruinaient la colonie
CARACARA — CARACCIOLI
par leurs cruautés et leurs rapines. Alors l'Espagne en reprit possession. Caracas fut ensuite jusqu’en 1820 le théâtre de lalutte insurrectionnelle sous les ordres de Miranda d’abord, puis sous ceux de Bolivar, contre les troupes espagnoles, commandées par Murillo. Dès 1821 elle faisait partie de la république de Colombie; mais le 17 novembre 1831 elle fut appelée à constituer une des fractions les plus importantes de la république de Vénézuéla.
CARA-CATHAIENS. Voyez Kara-KATHAÏENS.
CARACCI. Voyez CARRACHE.
CARACCIOLI, l’une des plus célèbres familles de Naples, originaire de Grèce, et qui était en possession de richesses et de domaines immenses. Parmi ses membres nous citerons Gianni CaraccIoLt, qui en 1415 devint le secréfaire de la reine de Naples Jeanne II, et dut à sa faveur les dignités de connétable et de grand-sénéchal, ainsi que les titres de duc de Vicence, de comte d’Avellino et de seigneur de Capoue. Son orgueil et ses prétentions sans bornes déterminèrent la reine à signer contre lui un ordre d’arrestation, dont la mise à exécution en 1432 amena son assassinat.
Marino Caracciou se fit connaître pendant la tenue du concile de Milan par le pape Léon X, qui le nomma son protonotaire et l’envoya en Allemagne en 1518, pour obtenir de l'électeur de Saxe l’extradition de Luther, Frappé de ses talents, Charles-Quint le prit à son service. Comme ambassadeur de ce prince, il conclut en 1520, avecleduc de Milan, un traité de paix qui lui valut de ce dernier letitre de comte de Galera. En 1524 l’empereur lui fit obtenir l'évêché de Catane; plus tard Paul V lui conféra le chapeau de cardinal; et à la mort du dernier des Sforces, l’empereur le nomma gouverneur de Milan. Il mourut dans cette ville, en 1538.
Il y eut vers le milieu du dix-huitième siècle à Londres ct à Paris un ambassadeur de Naples appelé le marquis Dominique ne CaArAccIoLI, que sa liaison avec Marmontel et d’Alembert a rendu célèbre. Il étaitné en 1711. Dans l’une et l’autre de ces capitales, le marquis passa pour un des beaux esprits du temps, et il fut longtemps l’un des ornements de la société parisienne. I brillait avec un égal succès dans les petits appartements de Versailles, les réunions philosophiques de la capitale, dans les salons de madame du Deffand et de madame Geoffrin. Il était l’ami de Diderot, d’Helvétius, de Garat et de l’abbé Galiani. Il est question de lui dans la plupart des mémoires de cette époque. Plus tard, il fut nommé vice-roi de Sicile, et mourut à Palerme, en 1789.
Un cardinal Philippe-Giudice Canacciour, de la maison des ducs de Gesso, est mort archevêque de Naples, en 1844. Il était né dans cette ville, en 1785, et avait été revêtu de la pourpre romaine en 1833.
CARACCIOLI ( Louis-ANTOINE DE ), issu de la famille des Caraccioli, né à Paris, en 1721, trouva en Italie, où il ne vint qu'après avoir terminé ses études, l’accueil le plus empressé, notamment à la cour des papes Benoît XIV et Clément XIII, à cause du charme fout particulier de sa s0ciété. 11 se rendit ensuite en Allemagne et en Pologne. Le prince Rewski, grand-maréchal et premier sénateur polonais, lui confia l'éducation de ses fils. Cette éducation terminée, il revint en France avec le grade de colonel et une forte pension ; et se consacra tout entier à la littérature. Par ses Lettres intéressantes du Pape Clément XIV (4 vol. Paris, 1777 ), qui trahissent une douce philosophie, des idées très-sages sur un grand nombre de rapports sociaux et un goût des plus fins, il mystilia non-seulement la France, mais toute l’Europe, parce qu’elles passèrent longtemps pour authentiques, et excitèrent le plus vif intérêt. La révolution française lui enleva toutes ses ressources; mais en 1795 la Convention lui accorda une pension de 2,000 fr , qui le mit à l’abri du besoin jusqu’à sa mort, arrivée à Paris, le 29 mai 1803. Les plus importants de ses autres ouvrages ( dont une partie furent réunis en collection [ 10 vol., Paris, 1761 ]) sont : Le Livre à la Mode (1760), imprimé d’'aberd en