CARBONARI — CARBONATE
prêts à soutenir, à défendre les principes de lassociation. | reuse du général Berton ne fut que le prélude des autres
L'article 58 dispose : « Pour être prêt à résister à l'oppression, à secourir ses bons cousins , tout carbonaro doit être pourvu, par ses soins et à ses frais, d’un fusil de munition avec sa baionnette, et de 25 cartouches à balles de calibre. Il est tenu de s’instruire dans le maniement de cette arme et dans tous les mouvements que suppose une réunion d'hommes ainsi armés. »
Comme les loges maçonniques, chaque vente particulière avait un nom spécial. Celles de Paris se comptaient par centaines, et.le nombre des carbonari de la capitale s'élevait à plus de 20,000. On citait entre autres, la Washington, la Victorieuse , la Bélisaire, la Sincère, la Réussite, les Amis de La vérité, la Westermann, etc., etc. Chaque récipiendaire payait lors de son admission cinq francs, et la cotisation mensuelle était d’un franc. La caisse de l’association recevait en outre des souscriptions volontaires. La vente suprême imposait quelquefois des cotisations extraordinaires ; elle avait le droit exclusif de convoquer et de suspendre les autres ventes. Les progrès de cette propagande furent si rapides, que trente-cinq préfets dénoncèrent en même temps l’établissement de plusieurs ventes particulières et centrales dans leurs départements. Les troubles de juin, la conspiration du 19 août 1820, furent attribués à la charbonnerie française. On a prétendu que ceux qui furent condamnés dans cette dernière affaire avaient reçu des secours en argent pendant le cours de leur détention. Ce procès et celui de 1822, les condamnations sévères prononcées contreles accusés, ne découragèrent pas leurs bons cousins, et la charbonnerie devint une véritable et imposante puissance. Un congrès national, dont les membres représentaient les départements de la France continua de s’assembler à Paris, et parvintà se soustraire aux investigations de toutes les polices. Les mouvements insurrectionnels qui éclatèrent en 1819, 1820, 1821 et 1822 furent également attribués aux carbonari. On a prétendu qu’une correspondance très-active s’établit, aux mêmes époques, entre les carbonari de France et ceux d’Espagne. La principale réunion de ceux-ci était à la Fontaine d'Or de Madrid. Il est du moins certain que les cinq cents patriotes français qui en 1822 se réunirent sur les bords de la Bidassoa sous le nom de bataillon sacré étaient presque tous carbonari.
Les vœux et les efforts de cette association si nombreuse et si puissante tendaient évidemment au renversement du gouvernement imposé à la France par l'étranger en 1814. Dans un procès fameux , l’avocat général Marchangy dénonca en 1822 un manifeste affiché à Pau, et qui résumait tout le système des carbonari. Il était ainsi conçu: « Devise des Français, Constitution nationale acceptée par le peuple français; Honneur etpatrie! Une constitution nationale est un contrat entre le peuple etle chef de l'état; elle doit être consentie par les deux parties qu’elle oblige, non octroyée par l’une d’elles. De ce principe de la souveraineté des nations découle cette conséquence que la source de tous les pouvoirs de l’organisation sociale émane du peuple, qui les distribue en différentes branches dans la constitution soumise à son acceptation; car sans cette acceptation il n’y aurait pas de constitution, mais bien usurpation sur la souveraineté du peuple. Ainsi pour le redire, la devise des Français est : Constitution nationale acceptée par le peuple, ou Honneur et patrie! Vive la nation française!!! » Les éléments dont se composait le carbonarisme français n’appartenaient pas aux mêmes doctrines politiques. Les militaires, brutalement expulsés des rangs par la Restauration, voulaient Napoléon II, mais avec une constitution basée sur le principe de la souveraineté nationale et toutes ses conséquences, telles qu’elles avaient été formulées dans la déclaration des droits proclamée par la chambre des représentant: de 1815. Les autres, et c’était le plus grand nombre, se prononçÇaient pour le régime républicain. La tentative malheu-
insurrections qui éclatèrent ensuite. Celle qu’on a appelée conspiration de Béfort, plus largement combinée, n'échoua que par une de ces fatalités que la prudence humaine ne peut ni prévoir ni éviter. Le carbonarisme, toujours poursuivi et toujours dévoué, toujours constant dans ses espérances et dans ses efforts, se maintint encore en France sous Louis-Philippe et en Italie jusqu’en 1860, bien qu'il n’ait jamais atteint complétement son but. Il occupera une grande place dans l’histoire contemporaine. Et cependant notre opinion sera constamment la même : Rendez aux peuples toutes leurs libertés, et vous n'aurez à craindre ni le carbonarisme ni aucune autre société secrète quelconque. Durey ( de l’Yonne).
CARBONATE, nom générique des sels neutres résultant de la combinaison de l’acide carbonique avec les bases salifiables. Tous les carbonates jouissent d’une propriété caractéristique qui offre un moyen très-commode de les reconnaître : traités par un acide, ils se décomposent tous avec effervescence, en dégageant leur acide carbonique, à la place duquel se substitue l’acide employé. Les sulfites et les hyposulfites font aussi effervescence avec les acides; mais c'est alors du gaz sulfureux qui se dégage, et il est facile de le reconnaître à son odeur.
Quelques chimistes ont mal à propos donné la qualification de bi-carbonates aux sels neutres de ce genre, et ils ont appelé carbonates des sels dans lesquels les propriétés des bases continuent à se manifester encore d’une manière plus ou moins sensible. Ce point de vue ne semble pas juste; ces derniers sels ne sont que des sous-carbonates, et les bases saturées d'acide carbonique constituent des carbonates neutres. On ne voit pas la nécessité d'introduire la qualification de bi-carbonates pour les désigner. Quoi qu'il en soit, nous ne connaissons dans la nature que bien peu de carbonates neutres, tandis que les sous-carbonates y sont nombreux et très-abondants. Les minéralogistes, qui considèrent l’ordre des carbonates comme l’un des plus naturels des classifications modernes, le partagent, d’après les systèmes cristallins de ses espèces, en trois tribus : la tribu des carbonates rhombocdriques, celle des carbonates rhombiques, et celle des carbonates klinorhombiques'; dans la première se rangent le calcaire, la dolomie, lagiobertite, lasidérose, etc. Dans la seconde, il faut citer l’'arragonite, la witérite (carbonate de baryte), la strontianite (carbonate de strontiane), la céruse. Enfin la tribu des carbonates klinorhombiques se compose de la baryto-calcite (carbonate de baryte et de chaux), le natron, l’urao (sesqui-carbonate de soude), la gay-lussite (carbonate de soude et de chaux hydratée), l'azurite ou bleu de cuivre, et la malachite. Nous ne parlerons pas des espèces encore trop peu connues dont on forme une quatrième tribu, à la suite des précédentes, sous le nom d’adélomorphes (de à privatif, ô%los, apparent, et op, forme).
La sous-carbonate d'ammoniaque est un produit constant de la décomposition de toute matière animale soumise à l’action d’une température assez élevée pour opérer ce qu’on appelle la distillation. La putréfaction des matières animales donne aussi naissance à du sous-carbonate d’ammoniaque, mais en moindre quantité. Dans un cas comme dans l’autre, le sous-carbonate est souillé. Pour l'obtenir à l'état concret et blanc, il faut le soumettre à une purification. Nous ne pouvons décrire tous ces procédés. Qu'il nous suffise de dire qu’on préfère se procurer abondamment et d’une manière plus facile le sous-carbonate d’ammoniaque, en soumettant à la distillation un mélange presque à parties égales de muriate d’ammoniaque purifié et de craie (souscarbonate de chaux) lavée et bien sèche. Le sous-carbonate d’ammoniaque passe à la distillation : il reste dans la cor-
‘ ve du muriate de chaux. Cette opération exige une baute
température et doit être entourée de beaucoup de précauons. Le sous-carbonate d’ammoniaque, fort usité en médecine, surtout dans les temps anciens, a été appelé alcali volatil concret, par opposition à l’ammoniaque caustique, qui portait le nom d’alcali volatil fluor. Ce que l’on connaît encore dans le commerce sous le nom de se volatil d'Angleterre n’est autre choseque du sous-carbonate d’ammoniaque obtenu d’abord par sublimation et soumis ensuite, avec les précautions convenables, à la cristallisation par refroidissement. Aucune substance n’est plus propre que le sous-carbonate d’ammoniaque à développer, à exalter les odeurs : voilà pourquoi on l’allie au muse et on en a fait tant d'usage dans la fabrication du tabac à priser. Il est précieux aussi pour faire disparaître les taches d'acide sur les étoffes ; pour cet objet il vaut beaucoup mieux que les alcalis plus énergiques, qui ordinairement, par leur action propre, substituent une nouvelle tache à celle d'acide qu'ils ont détruite.
Le sous-carbonate de chaux est dans la nature le géant de cette classe de sels. A lui seul il constitue une grande partie de la charpente du globe : tantôt il nous apparaît sous forme pulvérulente, avec une consistance mollasse, plus ou moins souillé par d’autres matières ; tantôt il nous offre tous les caractères désirables de pureté, d’homogénéité, de solidité, un tissu fin, serré, nuancé des couleurs les plus aimables, les plus variées, susceptible du plus éclatant poli; et toutes les sortes intermédiaires se rencontrent entre ces extrêmes. On voit que nous avons voulu parler ici des farines fossiles, des craies, des marnes, des pierres à bâtir, desmarbres si variés. Le sous-carbonate de chaux a la propriété de se dissoudre dans l’acide carbonique en excès : il résulte de ceci que partout où il y a simultanément présence de pierre calcaire et formation d’acide carbonique, il doit se dissoudre d’abord du sous-carbonate de chaux; mais comme l’acide de la dissolution ne tient que très-faiblement au sel dissous, et qu’il est susceptible de s’en dégager par l'élévation de la température, ou peut-être même par d’autres causes jusque ici peu appréciées, il en résulte qu’assez fréquemment il doit se déposer des masses calcaires qui d’abord étaient en dissolution dans les eaux. Ces dépôts, qui ont lieu ordinairement dans des cavernes, dans des anfractuosités de rochers, etc., sont connus sous le nom de stalagmites lorsqu'ils sont formés de masses peu considérables composées de lames stratifiées et presque parallèles ou ondoyantes ; ils sont souvent de couleurs variées. Les stalactites se forment par l’eau qui transsude au travers des masses calcaires, et vient s’égoutter dans les grandes cavités. A mesure que les gouttes tombent, elles abandonnent le carbonate de chaux qu’elles contenaient, et forment les cylindroïdes qu’on voit suspendus aux voûtes des cavernes. On a mis à profit cette propriété incrustante de certaines sources pour imiter des pétrifications ou mouler des bas-reliefs ; il suffit en effet de plonger les objets dans l'eau et deles y laisser plus ou moins de temps, suivant l'épaisseur qu’on veut donner à ’incrustation.
Le sous-carbonate de magnésie est à peine connu dans la nature, et n’a jamais été trouvé qu'à l’état de grande impureté : tel est celui de Piémont et d'Irlande. Pour l'emploi assez considérable que la médecine fait de ce sel, il a donc fallu recourir à une formation artificielle , et jusque ici les Anglais sont les seuls qui aient complétement réussi dans cette fabrication. Le sulfate de magnésie, soumis à la décomposition double par le sous-carbonate de soude ou de potasse, est l'ingrédient nécessaire de la fabrication du sous-carbonate de magnésie.
Le sous-carbonate de cuivre existe dans la nature sous deux aspects différents. Dans certaines circonstances, on le trouve en masses d’un vert chatoyant magnifique, formées de zones concentriques irrégulières : à cet état, il prend le nom de malachite, et les joailliers en font un assez grand