DICT. DE LA ÉDNYENS. — T
cassé, y fut établi en 1589. Deux ans plus tard, les ligueurs s’en rendirent maîtres ; et ce ne fut qu’en 1596 que l'autorité de Henri IV y fut reconnue. Cette ville était avant la révolution le siége d’un présidial, d’une sénéchaussée de robe courte et d’une maréchaussée. Elle dépendait du parlement et de la généralité de Toulouse, et de l'intendance du Languedoc. |,
CARCEÈRES. C’étaient chez les anciens des espèces de loges ou de remises, qui servaient à renfermer les chars, les chevaux et les bêtes féroces destinés au cirque. Ils étaient sur le côté du cirque où il n’y avait pas de siéges pour les spectateurs. L'édifice qui contenait les carcères était de forme circulaire et avait du côté de l’area une position tellement oblique que le centre du cercle était placé dans le milieu du côté droit de Parea. Deux tours terminaient cet édifice, et leurs parties supérieures étaient occupées par les musiciens, qui faisaient de la musique pendantles jeux. Les parties inférieures contenaient les machines qui servaient à ouvrir les grilles des carcères. L'apparence de fortifications que ces tours donnaient aux carcères les fit aussi appeler quelquefois oppidum. Le cirque de Caracalla avait douze careères, et c'était au milieu d’eux que l'entrée du cirque avait été pratiquée. Chaque carcère était voûté et assez spacieux pour qu’un quadrige pût y être placé commodément. Du nombre de ces carcères résulta la nécessité de leur donner une forme oblique afin de mettre tous les chars en état de pouvoir entrer en même temps dans la véritable carrière, ce qui n’aurait pas été possible si la ligne des carcères avait été dans une direction droite, car dans ce cas les chars des carcères du côté gauche du cirque auraient été plus éloignés de la véritable carrière que les autres. Les cirques plus petits que celui de Caracalla ne pouvaient avoir douze carcères, car on n’aurait pu y donner l'étendue nécessaire pour y loger un quadrige. Le mur de séparation entre chaque carcère était orné d’Hermès du côté de l’area.…. Chaque carcère portait son numéro, pour indiquer aux concurrents la place qui leur était échue par le sort. Les carcères étaient ouverts du côté de l’area du cirque et du côté extérieur ; par celui-ci, les chars entraient dans les carcères, que l’on fermait des deux côtés au moyen d’une grille de bois.
On trouve dans les monuments inédits de Guattani, dans la mosaïque d’JZfalica, publiée par M. de Laborde, et dans la mosaïque de Lyon, par M. Artaud, la véritable figure des carcères. CHAMPOLLION-FIGEAC.
CARCINOME. Voyez Cancer ( Pathologie ).
CARDA. Voyez CARNA.
CARDAMINE, genre de la famille des crucifères et de: la tétradynamie siliqueuse, dont les feuilles sont tantôt simples, tantôt ternées et tantôt ailées, et qui comprend
| soixante-quinze espèces, répandues dans toutes les contrées
de la terre, mais principalement dans le nord de l’ancien continent.
La cardamine des prés ( cardamine pratensis), autrement nommée cresson élégant, est une plante commune des prairies humides et ombragées, qui passe pour antiscorbutique, mais qui l’est à un moindre degré que le cochléaria et le cresson de fontaine. Sa hauteur est de trente centimètres ; sa tige est verticale, feuillée et surmontée de fleurs purpurines assez grandes , disposées en corymbe, portées par un long pédoncule. Les moutons et les chèvres sont assez friands de ses jeunes pousses, mais les vaches n’y touchent que rarement. j
CARDAMOME , mot fait de xäpôauov, nom que les Grecs donnaient au cresson alénois. Cette plante, qui appartient au genre amome, et qui porte aussi le nom d’amome de Madagascar, croît naturellement sur la côte du. Malabar et à Java. Dans l’état de culture elle ne fleurit pasavant l’âge de quatre ans. Elle s’élève jusqu’à quatre mètres. Sa racine est oblongue, articulée, torse, de couleur blan-
châtre, poussant des fibres nombreuses; ses tiges, qui partent de la racine, sont des chaumes simples comme les roseaux; elles sont arrondies, lisses, et de la grosseur du pouce; ses feuilles sont alternes et engainantes, d’environ 1”, 30 de long, larges, vertes, et striées de veines parallèles ; elles ont une odeur et une saveur fortes, un peu âcre et aromatique ; la nervure moyenne de la feuille, sur la surface supérieure, est d’un vert pâle; sur la face inférieure, la couleur verte en est beaucoup plus foncée. Ses fleurs naissent en grappes, qui partent de la racine et rampent sur le sol; elles sont munies de longues folioles, qui simulent des capsules; le calice est monophylle, inférieur, petit et divisé en trois parties obtuses en leur bord; la corolle, monopétale, tubulaire, est à quatre divisions ; les trois segments extérieurs sont longs, étroits et de couleur paille sèche, et le segment du centre est grand, large, concave et irrégulièrement ovale ; le filament est large, légèrement canaliculé; il soutient une grande anthère double, émarginée et sans crête, offrant une fissure profonde entre ses lobes pour recevoir le style, qui est grêle, avec un stigmate infundibuliforme, cilié ; la capsule est triloculaire.
Le fruit mûr est récolté en novembre, et les capsules, que Pon fait sécher sur un feu lent et doux, changent, en stchant, du vert à la couleur paille blanchâtre ; leur écorce s’amincit beaucoup, et le calice, permanent, ainsi que le pétiole, se détachent par le frottement entre les doigts. Ces fruils, qui ont une odeur aromatique agréable et une saveur chaude et épicée, portent aussi le nom de cardamomes. Les Indiens s’en servent pour assaisonner leurs aliments. On les employait autrefois dans un grand nombre de préparations pharmaceutiques; elles sont maintenant assez négligées. Le commerce en distingue plusieurs variétés, sous les noms de cardamome rond ou en grappe, pelit cardamome, moyen cardamome et grand cardamome ; mais elles ne diffèrent pas beaucoup entre elles quant à leurs propriétés.
PELOUZE père.
CARDAN (Jérôme), célèbre mathématicien, médecin, naturaliste et philosophe, né le 24 septembre 1501, à Pavie, appartenait à l’une des familles les plus considérées de Milan, où son père, Facius Carpanus, exerçait la profession de jurisconsulte et n’était pas moins en renom pour sa sévère loyauté que par son savoir, même en mathématiques et en médecine. Élevé avec le plus grand soin dans la maison paternelle, Jérôme Cardan, quand il eut achevé ses études, alla les compléter en 1521 à Pavie, et en 1524 à Padoue, où il fut reçu docteur en médecine, et vécut ensuite, alors que Pavie était en proie à la peste et à la famine, pendant plusieurs années à Saccho, petite ville voisine, En 1534 il fut nommé professeur de mathématiques à Milan, et plus tard il y enseigna et pratiqua aussi la médecine après avoir été reçu en 1539 membre du Collegii Medici de cette ville. I1 refusa l’offre que lui fit faire le roi de Danemark d'une chaire à l’université de Copenhague, en alléguant la différence de climat et de religion, bien qu’au fond il ne pût pas passer pour un croyant très-orthodoxe, et qu’on l'accusât même d’impiété et d’athéisme. Mais en 1552 ilse rendit en Écosse, sur l'invitation d'Hamilton, archevêque de Saint-Andrew, primat de ce pays et frère du régent, qui souffrait depuis longtemps d’un asthme, et avait déjà consulté inutilement les médecins les plus distingués de la France et de l’Allemagne. Cardan fut plus heureux. Dix mois après, richement récompensé, il s’en revenait par les Pays-Bas et l'Allemagne à Milan, où il séjourna jusqu’en octobre 1559. Il fut appelé alors à une chaire de médecine à Pavie, puis à Bologne, où il enseigna jusqu’en 1570. Il eut cette année-là le malheur d'être arrêté par suite d’une accusation mal fondée, et ne recouvra complétement sa liberté qu'en 1571. 11 se rendit alors à Rome, où il obtint une pension du Pape, et où il mourut, le 2 septembre 1576, d'inanition volontaire, à ce que prétondirent quelques-uns, parce qu'ayant prédit lui-même