‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 334 sur 556 · CARDAMOME — CARDE · texte numérisé non relu

CARDAMOME — CARDE

l’année où il devait cesser d’exister, il voulut ainsi justifier sa prédiction. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’adonné à l'astrologie, il tira souvent son horoscope et ceux d’autres personnes, notamment du roi d'Angleterre Édouard IV. Quand ses prédictions ne seréalisaient point, il en accusait bien plus son ignorance que la vanité de cet art chimérique. Malgré la grande réputation qu’il s'était acquise comme médecin, il vécut la plupart du temps dans un état voisin de la misère, et y fut surtout conduit par ses excès.

Cardan a consigné ses idées sur la physique et la métaphysique dans les deux ouvrages qui ont pour titres : De Sublililate (en 21 livres, 1550) et De Rerum Varietate (en 17 livres, 1557 ), et où il a accumulé des assertions incohérentes, le plus souvent paradoxales et contradictoires, ne pouvant se rattacher à aucun système. Ses travaux dans le domaine des sciences médicales ont plus d'importance; il y fait preuve de beaucoup plus d’originalité, encore bien que les connaïssances anatomiques lui manquassent. En l’entendant dire qu'il ne se produit un grand médecin que tous les mille ans, et qu’il est lui-même le septième qui aït paru depuis la création du monde, on a tout de suite une idée de la confiance excessive qu’il avait dans son savoir médical, de ses prétentions sans bornes et de son immense vanité. Son mérite comme mathématicien fut plus solide. I] fitnotamment faire des progrès à l’algèbre, science dans laquelle son souvenir s’est perpétué grâce à la méthode générale qu’il indiqua pour la résolution des équations du troisième degré, et qu’on continue d’appeler règle ou formule de Cardan, quoiqu'il soit à peu près démontré qu'elle fut imaginée par Tartaglia, et non par Cardan. Il paraît que Cardan, ayant appris que Tartaglia avait trouvé le moyen de résoudre ces équations, obtint de lui la communication de son secret en 1539, par ruse et en prenant l'engagement solennel de nele jamais divulguer. Mais il rendit cette méthode publique dès 1545, dans son ouvrage intitulé : Ars Magna, sive de regulis algebraicis, et prétendit ensuite, quand Tartaglia se plaignit de cet abus de confiance, que ce savant ne lui avait communiqué qu’une formule imaginée d’ailleurs par un tiers ( Scipio Ferreo }, mais que c’était bien lui qui en avait trouvé la démonstration. Personne d’ailleurs ne conteste à Cardan la découverte de quelques cas nouveaux, qui ne paraïissaient pas compris dans la règle de Tartaglia, et entre autres celui qui porte le nom de cas irréductible. 1] est aussi le premier qui ait aperçu la multiplicité des valeurs de l’inconnue dans les équations et leur distinction en positives et négatives, quoiqu'il n'ait pourtant pas reconnu l’usage de ces dernières, qu’ilétait réservé à Viète d'interpréter. En revanche, il échoua complétement dans sa tentative d'appliquer la géométrie à la physique.

Cardan a tracé lui-même un tableau de ses mœurs et de son caractère dans celui de ses ouvrages qui est intitulé : De Vita propria, ete. 1] y fait preuve de beaucoup de franchise, et avoue toutes ses faiblesses, sa passion pour le jeu et les femmes; mais en même temps il y exalte son désintéressement et la fermeté de son caractère. Ses nombreux écrits ont été réunis et publiés par Spon (10 vol., Lyon, 1663); toutefois, il manque à cette édition sa Microscopia 800 faciei humanæ eiconibus complexa (Paris, 1658). Cardanéprouva de vifs chagrins dans le cercle intérieur de sa famille. Son fils aîné, Joseph-Baptiste Canpan, également médecin, eut la tête tranchée, en 1560, à l'âge de vingt-six ans, à Pavie, pour tentative d’empoisonnement commise sur sa femme, coupable d’infidélité,

CARDE ( du latin carduus, chardon ). La laine, le coton, etc., sont composés de fils, qui, frisant naturellement, s’accrochent réciproquement ; il est donc indispensable de les déméler pour en faire des fils tordus, ce à quoi on parvint très-probablement d’abord au moyen de peignes grossiers; plus tard, ces peignes furent formés de plusieurs rangs de pointes, fixées sur une planche, Enfin, à ces pointes,

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