CARDE — CARDIER
on substitua de petites dents de fil de fer enfilées dans des trous percés dans une pièce de cuir, laquelle est attachée sur une petite planche avec des clous. Donnez un manche à cet assemblage, et vous aurez la carde dans toute sa simplicité.
Pour dresser, jusqu’à un certain point, les flls de matières laineuses, on fait usage de deux cardes, dont une est tenue fixe, soit sur le genou avec la main, soit sur un banc : on passe l’autre dessus en tirant à soi. C’est de cette manière qu’on cardait depuis un temps immémorial, quand furent inventées les cardes cylindriques. Le principe de ces machines est fort simple : représentez-vous deux rouleaux recouverts de bandes de cuir, hérissées de petites dents de fil de fer, tournant en sens contraire, l’un doucement, autre plus vite. Si lon garnit le cylindre qui tourne lentement de laine, de coton, les dents de l’autre cylindre enlèveront ces matières en tout ou en partie, et donneront à leurs fils à peu près la même direction. Les cardeurs de matelas font quelquefois usage de ces cardes cylindriques, mais dans les manufactures on emploie des machines à carder beaucoup plus parfaites et plus compliquées. Servies par des enfants, elles font l'ouvrage de vingt hommes avec la plus grande perfection ; des chutes d’eau, des machines à feu, etc., en font marcher plusieurs systèmes à la fois (voyez FILATURE).
CARDÈRE, genre de la famille des dipsacées et de la tétrandrie monogynie, auquel appartient l'espèce dite chardon à foulon ou chardon à carder.
CARDEUR. Encore un métier où la machine s’est substituée à l’homme. Sauf dans quelques petites localités, où on soumet encore la laine et le coton à l’action des cardes à main, les ouvriers cardeurs n’ont guère plus aujourd'hui d'autre travail que le cardage des matelas, qui même se fait souvent au moyen d’une machine que son peu de volume permet de transporter facilement. Les machines à carder offrent l'avantage de soustraire les ouvriers qu’elles remplacent à l’action de la poussière qu’ils étaient obligés d’avaler pendant la durée de l'opération, et qui avait pour résultat plus ou moins éloigné de déterminer chez eux une toux chronique, qui se transformait bientôt en asthme.
Le métier de cardeur est très-ancien. La communauté de ces ouvriers, abolie en 1789, avait eu ses statuts successivement confirmés par Louis XI (24 juin 1467) et par Louis XIV (septembre 1688). Nul, d’après ces statuts, ne pouvait être recu maïtre cardeur à Paris sans avoir fait trois années d'apprentissage et servi les maîtres en qualité de compagnon trois autres années. Trois maîtres jurés étaient à la tête de la communauté pour veiller à la conservation des priviléges, maintenir les statuts et réformer les abus. Il était permis aux cardeurs de faire teindre ou de teindre eux-mêmes dans leurs maisons toutes sortes de laines en noir ; maïs il leur était défendu , par arrêt du conseil du 10 août 1700, d’arracher ou couper aucun poil de lièvre , même d’en avoir des peaux chez eux, parce que ce droit élait réservé aux chapeliers. Il était permis aussi aux cardeurs de faire et monter les cardes dont ils avaient besoin pour l’exercice de leur métier; mais ils ne firent que très-rarement usage de cette faculté. Ils préféraient laisser aux cardiers la confection de ces outils,
CARDI ( Lunovico ). Voyez Cicour.
CARDIA. Ce mot, fait ou plutôt francisé du grec xapta, sert à désigner en anatomie l’orifice supérieur de Festomac, c’est-à-dire l’ouverture par laquelle cet organe communique avec l’æsophage ou canal qui transmet les aliments venant de la bouche. Le cardia livre donc passage aux substances alimentaires qui ont été avalées. Cet orifice de l'estomac n'offre rien de remarquable, sinon que l’épithélium ou épiderme de la muqueuse de l’œsophage y cesse tout à coup, et qu’il n'offre point un rétrécissement ni une disposition valvulaire, comme l’orifice inférieur de l’estomac oupylore,
CARDIACEES , famille de mollusques de l'ordre des conchifères dimyaires, que la plupart des conchyliologistes rejettent aujourd’hui. Elle comprenait les genres bucarde, isocarde, cardite, cypricarde, et hyalette, et avait été établie par Lamarck, qui l'avait placée entre les conques et les aracées.
CARDIA LGIE (de xapôla, orifice supérieur de l’estomac, et &kyos , douleur ). On a donné le nom de cardiaca passio ou de cardialgie à une affection douloureuse de l'estomac, dont le caractère est névralgique. Cette maladie, qu’il convient d'appeler gastr algie, parce qu'elle a son siége dans l’estomac, et non point spécialement à son orifice supérieur ou cardia, est plutôt incommode que dangereuse.
CARDIAQUE (Anatomie), de xapôix, cœur. Toutes les parties qui entrent dans la composition du cœur peuvent être spécifiées par l’adjectif cardiaque. On peut comprendre dans leur énumération : 1° le tissu cellulaire, plus ou moins graisseux, la membrane interne qui forme les valvules, les couches de fibres musculaires, les tendons, les zones tendineuses , les fibro-cartilages , les cartilages ou os, et l’enveloppe fibro-séreuse ou péricarde; 2° les nerfs et les vaisseaux qui vivifient cet organe, savoir les artères cardiaques, qui portent le sang rouge ou nutritif; les veines et les vaisseaux lymphatiques cardiaques, qui ramènent, les premières vers le cœur, les seconds vers leurs ganglions, le sang qui a servi à la nutrition du cœur ; les nerfs cardiaques , au nombre de trois à droite et de deux à gauche, distingués en supérieur, moyen et inférieur, qui, nés des ganglions cervicaux du nerf grand sympathique, se dirigent vers la partie postérieure de l'aorte, et aboutissent au ganglion cardiaque ou au pleæus du même nom, qui le remplace et qui se subdivise en filets antérieurs, postérieurs et inférieurs, lesquels accompagnent les vaisseaux sanguins et se distribuent aux fibres du cœur, pour y distribuer l’agent de la force nerveuse, promotéür de leur contraction.
On a aussi donné le nom de cardiaques aux vaisseaux et aux nerfs qui entourent l’orifice supérieur de l’estomac, si improprement nommé cardia; et cet orifice a été ap pelé lui-même ouverture cardiaque; on pourrait d’ailleurs dénommer ainsi tcutes les ouvertüres de communication des cavités du cœur entre elles.
CARDIAQUE (Botanique), nom vulgaire du leonurus cardiaca. Le genre leonurus, ainsi nommé de }éwv, lion, et oùp&, queue ( par allusion à la prétendue ressemblance de ses fleurs en pelotons avec la hounpe qui termine la queue du lion), et vulgairement appelé agripaume, appartient à la famille des labiées. Le Zeonurus cardiaca en est presque la seule espèce qui soit répandue en Europe, où elle croît le long des haies, dans les décombres et les lieux incultes des contrées tempérées et septentrionales. Elle est d’une odeur désagréable ; sa tige est glabre, rameuse, haute au plus d’un mètre. Ses feuilles sont pétiolées , d’un vert foncé en dessous; les inférieures grandes, presque palmées ; les supérieures divisées en trois lobes principaux , aigus, incisés et dentés. Les fleurs sont petites, purpurines ou blanchâtres, disposées en verticilles axillaires. Le calice est à cinq dents, la corolle à peine plus longue que le calice, l'ovaire surmonté d’une touffe de poils blanchâtres. Ceite plante fleurit en été; elle était autrefois employée contre les palpitations du cœur, ainsi que l'indique son nom de cardiaque. Elle est encore regardée comme tonique et vermifuge.
CARDIATITE. On a appelé cardiatite l'inflammation du cardia ou orifice eardiaque de l’estomac, pour la différencier d’avec la cardite ou inflammation du cœur.
CARDIER. C’est celui qui fabrique les cardes. Cette fabrication consiste dans deux opérations principales : la confection des dents en fil de fer et la préparation des ban-
des de cuir criblées de trous. Ces deux opérations se font à l’aide de machines.
CARDIFF, ou CÆRDIFF, et encore CÆRDID, ville du comté de Clamorgan, au sud du pays de Galles, est située sur la rive est de la Taff, qui se jette à peu de distance de là dans la Severn, et qu’on y traverse sur un beau pont à cinq arches. Au nombre de ses édifices publics on distingue surtout l’église Saint-Jean , qui est ornée de belles tours. Les habitants, dont le nombre n’était en 1801 que de 1,870 et avait atteint, en 1871, 39,675, se livrent au commerce. Le canal du Clamorganshire et trois voies ferrées meltent cette ville en communication avec les districts environnants peuplés de plus de 60,000 âmes. Le marquis de Bute y construisit à ses propres frais, de 1834 à 1839, un canal conduisant au port de Pennarth, situé beaucoup plus bas, et qui aboutit à un bassin pouvant contenir 200 bâtiments. C’est encore à lui qu’on doit les immenses docks pourvus de machines spéciales pour le chargement de la houille, et qui ont coûté 25 millions de francs. Les expor- {ations annuelles de Cardiff en fer et en houille sont trèsconsidérables, et se composaient, en 1859, de 195,961 tonnes anglaises (de 1,016 kilogr.) pour le premier de ces produits, et de 1,490,312 tonnes pour le second; mais dans ces derniers temps le total des exportations de ce port a doublé.
CARDIGAN, comté situé au sud de la principauté de -Galles, limité à l’ouest par la mer d'Irlande, dont les eaux se confondent avec celles d’un golfe portant aussi le nom -de Cardigan. A l’exception du Tivy ou Teify, qui coule au sud , il n’est arrosé que par des cours d’eau insignifiants, qui forment les belles vallées de Tivy, de Rheïdiol et d’Ystwith. À l’est, il offre de nombreuses élévations couvertes de forêts, parmi lesquelles on cite le Plinlimmon, haut de 951 mètres au-dessus du niveau de la mer, et le Tregaron-Down, haut de 558 mètres; tous deux recélant des mines argent, de cuivre et de plomb. A l’ouest, son sol est plat et favorable à la culture du blé, tandis qu’il s’y refuse à l’est; mais les habitants savent s’en dédommager par l'éducation du bétail, qu’ils pratiquent sur une large échelle. Le climat est âpre, mais salubre. On évalue la superficie de ce comté à 1,794 kilom. carrés, et sa population (1871) à 73,488 âmes.
Le comté de Cardiguan a pour chef-lieu Cardigan, ville bâtie sur la rive septentrionale du Tivy, non loin de son embouchure, et à laquelle on arrive par un pont de sept arches. On y trouve une église dont la construction remonte à une haute antiquité; une grande école nationale ouverte en 1848 ; un château célèbre dans l’histoire du pays de Galles, construit en 1160 par Robert de Clare, mais dont il ne reste plus aujourd’hui que deux tours rondes; et un port petit, mais sûr, qui ne possède pas moins de 300 navires. Les 3,500 habilants environ que compte Cardigan font un commerce de cabotage assez actif, et se livrent avec succès à la péche, surtout à celle du saumon. Leurs exportations consistent en blés, avoines, beurre et surtout en ardoises, bien qu’elles soient inférieures en qualité à celles du nord du pays de Galles. Ce comté fut le théâtre de troubles assez graves en 1843 et 1844.
CARDINAL (de cardinalis, principal). Ce nom servait dans l’origine à désigner les titulaires des paroisses de Rome, et même des autres églises : il ne signifiait que principal prétre ou curé. Les papes, comme les autres évéques, n'avaient alors d'autre conseil que le clergé de leur résidence, ce clergé, comme celui des autres diocèses, étant en possession d’élire son évêque. Les cardinaux-prétres, curés de paroisses, les cardinaux-diacres, desservants des hospices ou diaconies, concouraient tous à l'élection du souverain pontife. Les élus n'étaient pas toujours du nombre des électeurs. Ce ne fut qu’en 769, sous Étienne IV, qu'il fat décidé, dans un concile de Rome, que le pape serait toujours choisi parmi les cardinaux, Cette décision et l'importance des attributions réservées aux cardinaux firent