CARDIFF — CARDINAL
bientôt de ce titre une dignité particulière. On en revétit les évêques des diocèses les plus rapprochés. De là un troisième ordre, celui des cardinaux-évêéques. Les évêques étrangers, les archevêques mêmes, s’honorèrent de porter le nom de cardinal-prétre de l'Église romaine. Guillaume de Champagne, archevêque de Reims, reçut un des premiers ce titre de Clément III, vers la fin du douzième siècle, Alors le collége des cardinaux ne représenta plus le clergé de Rome, mais les électeurs du souverain pontife, ses conseillers et ses successeurs. Alors aussi les cardinaux prirent rang immédiatement après le pape, avant les archevêques et les évêques. Le chapeau rouge sous Innocent IV, au concile de Lyon, l’habit de pourpre sous Paul II, le titre d'Éminence sous Urbain VIII, devinrent successivement les insignes et les prérogatives du cardinalat.
Le sacré collége se compose au complet de soixantedix cardinaux, dont six évêques, cinquante prêtres et quatorze diacres. Dans le treizième et le quatorzième siècle ce collége contenait un grand nombre de prélats français ; mais la crainte de voir une seconde fois transférer le saint-siége hors de Rome fit restreindre le nombre des cardinaux étrangers. En 1872 on complait 48 cardinaux, dont 40 de la création de Pie IX; quant à leur nationalité il y en avait dans ce nombre 35 Italiens, 5 Français, 3 Allemands, 4 Espagnols, et 1 Anglais.
Le pape crée et proclame les cardinaux en présence du sacré collége; quelques-uns, qu’il ne fait que désigner, sont réservés in petto jusqu’à leur nomination. Ceux qui sont à Rome reçoivent des mains du pape le chapeau avec le titre d’une des églises auxquelles était autrefois attachée la dignité de cardinal. Le pape leur ferme et leur ouvre la bouche dans le consistoire, pour leur rappeler qu'avant d’en faire ses conseillers, il doit compter sur leur prudence et sur leur discrétion. Ceux qui sont absents n’ont que la barette, qui leur est portée par un ablégat, jusqu’à ce qu'ils aillent recevoir à Rome leur chapeau et leur titre.
CARDINAL (Pierre), né au Puy en Velai, d’une fa-
mille de haut parage, et mort presque centenaire, vers la fin du treizième siècle, est un des troubadours dont les compositions méritent une étude particulière de quiconque veut se former une idée exacte des mœurs, des opinions 2 des préjugés du moyen âge. C’est le Juvénal de la poésie romane : sa critique amère et violente, exagérée plutôt qu’injuste, poursuivit sans relâche toutes les classes de la société, dénonçant tour à tour et hautement, dans ses nombreuses sirventes ou satires, les torts et les injustices des princes, les exactions et la cupidité de la noblesse, les désordres de la bourgeoisie, les excès et le fanatisme des moines et des prêtres. Sans cesse et partout le vice allume sa colère, et inspire à sa verve âpre et fougueuse des censures souvent éloquentes, et une hardiesse d'autant plus courageuse que l’inquisition, récemment établie à Toulouse, pouvait à chaque instant lui demander compte de ses attaques contre le clergé, surtout dans un temps où l’Église, remuant tout au nom du ciel, faisait à son gré de la religion l’instrument d’une politique audacieuse ou d’une vengeance arbitraire. La franchise rude et emportée de Pierre Cardinal n'épargna aucun abus, ne fit grâce à aucune faute , et durant plus d’un demi-siècle, ses sirventes furent un cri continuel d’indignation contre tous les vices et tous les excès, Si son zèle l'emporte jusqu'à l'exageration, ses critiques sont généralement exemptes de personnalités. 11 faut toutefois en excepter quelques acteurs du drame sanglant joué dans le Languedoc par les fureurs du fanatisme, et dont le massacre des Albigeois et la ruine des comtes de Toulouse furent le déplorable dénoûment.
Telle fut d’ailleurs la puissance du talent de ce poète et de l’austénté de ses murs, qu'elle sut le rendre respectable au vice même. Loin d’avoir jamais été en butte à aucune persécution, on le voit honorablement reçu dans toutes les
CARDINAL — CARDITE
cours et les châteaux, où il se rendait tour à tour avec son jongleur, qui chantait ses sirventes, recueillant partout l’'estime des rois et des hauts seigneurs, parmi lesquels le biographe de sa vie cite particulièrement le roi d'Aragon, Jacques I°°.
Nous avons peu de détails sur la vie de Pierre Cardinal ; c’est donc dans ses propres compositions, documents beaucoup plus certains que les biographies manuscrits des troubadours , qu’il faut chercher à connaître le caractère, les sentiments et les actions de ce poëte. PELLISSIER.
CARDINALES (Vertus). « La prudence, la justice, la force, la tempérance, dit l'abbé Bergier, sont nommées par les théologiens vertus cardinales ou principales, parce que les philosophes moralistes ont rapporté à ces quatre chefs tous les actes de vertu, et qu’elles sont comme les gonds ou pivots, cardines , sur lesquels roule toute la morale ». La doctrine des vertus cardinales, quoique le nom soit assez moderne , remonte jusqu’à Socrate, qui recommandait à ses disciples quatre vertus : la piété, la modération, le courage et la justice. Aux deux premières Platon substitua la prudence et la tempérance. Les Stoiciens, tout en admettant la doctrine de Platon, la développèrent, mais sans lui donner rien de scientifique.
CARDINALISTES. Voyez BAUSsET.
CARDINAUNX (Points). On appelle ainsi, en géographie aussi bien qu’en astronomie, quatre points fixes, aussi invariables que la nature, et qui sont comme les gonds (cardines) sur lesquels tourne la porte qui ouvre l'entrée de l'édifice. La connaissance de ces points est de la plus haute antiquité : elle a dû naturellement précéder toute découverte dans l'astronomie. En effet, le premier spectacle qui a dû frapper les yeux de ces bergers chaldéens par qui la science des Laplace a reçu la naissance, c’est l’étonnante merveille de l’astre dont la marche régulière mesure les nuits et les jours. Longtemps même avant d’avoir observé avec quelle exactitude il ramenait les saisons dans un ordre fixe, ces agrestes contemplateurs de la nature n'ont-ils pas dû reconnaître un phénomène plus facile à saisir, parce qu'il ne fallait pas une longue suite d’observations, et qu’il venait chaque jour avertir les sens? Parcourant la campagne avec l'aurore , à la suite des troupeaux , la première de leurs remarques, car elle était la plus simple, fut que ce globe radieux paraissait tous ies matins du même côté où il s'était montré la veille; or, sa constance à s’y rallumer devait leur faire penser qu’il y reparaïtrait encore le lendemain, pour terminer sans cesse à l’opposite sa carrière accoutumée.
Ces deux premiers points observés ont pu servir dès lors à désigner les situations relatives. Une contrée gisait-elle du côté où l’astre du matin ouvrait sa course radieuse, elle fut indiquée par cette périphrase : le pays qui voit naître le soleil,
(HorAce.)
Si la région était vers ces lieux où il éteignait son flambeau, ce fut a ferre que le soleil échauffe à son coucher,
Occiduo quæ littora sole tepescunt, (OvinE.)
Le levant et le couchant sont déjà connus : deux autres indicateurs ne tardent pas à l’être. En effet, les yeux, qui suiventavec admiration les pas mesurés du colosse lumineux, ont remarqué bientôt qu’il ne manque jamais à répondre vers le milieu du jour à un point également éloigné de son lever et de son coucher. Ce fut le midi, medius dies, ou plutôt, en brisant le premier mot et remplaçant le d par une lettre plus euphonique, le meridies ; et les rivages subjacents furent dits,
Ad medium conversa dicm....…., Silués sous la partie du ciel où est la moitié du jour.
Alors, jalouse de compléter ce premier élément d’une science au berceau, la nuit vint ajouter ses instructions à celles du jour, et révéla à des regards attentifs sept étoiles qui, sans jamais descendre sous l'horizon , tournaient autour d’un point céleste directement opposé au point que le soleil visitait à midi, L'imagination, les réunissant par des lignes qui se coupent à angles droits, et dont l’une se prolonge en guise de timon, vit dans ce carré une figure quelque peu ressemblante à celle d’un tombereau, et la constellation fut nommée le chariot des sept étoiles (septemtriones ), ou le septentrion.
Mais l’orient et l’occident, tels qu’on vient d’en observer les phénomènes, en prenant l'astronomie au principe, sont des lignes plutôt que des points : le septentrion même est une partie de la voûte céleste, qui pivote autour d’un point, que nous appellerons nord, quand nous l’aurons déterminé. Donc, il n’y a pas encore là cette précision rigoureuse qui n'appartient qu’à la science. Cependant les siècles coulent et les remarques des générations s'accumulent. Il est enfin reconnu que le soleil ne se lève pas toujours au même poiut de l’horizon oriental ; qu’il reparaît pendant six mois à des points de plus en plus voisins du septentrion; qu’alors il reste huit jours stationnaire; c’est le sol/stice: les termes du lever et du coucher sont l’orient et l'occident d'été ; le cercle qu’il décrit sous la voûte des cieux est appelé le cercle du retour ou le éropique, parce que l’astre des saisons recommence, après l'avoir tracé dans sa révolution diurne, à revenir vers le midi, se levant tous les jours à des points qui s’en rapprochent de plus en plus, durant l’espace de six autres mois. Là il semble faire une nouvelle station ; il est au solstice d'hiver ; il en décrit le {ropique, et revient visiter l'hémisphère boréal, après qu’il a marqué par son lever et son coucher l’orient et l'occident d'hiver. Mais, dans cette révolution de l’année, le soleil, annonçant le printemps et l'automne, a passé deux fois sur l'équateur; deux fois il à donné à la sphère oblique le jour égal à la nuit : le point où il s’est levé ces jours-là et celui où il s’est couché sont l’orient et l'occident vrais, ou justement ceux des points cardinaux marqués sur le globe par une commune intersection de l'équateur etde l'horizon, c’est-à-dire l’est et l’ouest. Les deux points où l'horizon coupe le méridien marquent le nord et le sud.
Tels sont les points appelés cardinaux, dont l’observation antédiluvienne a précédé tous les temps connus, et que l'Égypte semble avoir eu la pensée d’immortaliser en oriertant l’édifice gigantesque de ses pyramides avec une telle précision que chacun des quatre angles répondit à chacun des points cardinaux ou fondamentaux : car ils sont la base de vingt-huit autres, que la nécessité d’une indication moins large obtint, après que la science agrandie eût partagé en trente-deux sections les ares des premiers ou l'intervalle qui les sépare. Voyez ROSE DES VENTS.
Hippolyte FAUCHE.
CARDITE (Pathologie), de xapôtæ, cœur. C'est une inflammation ou phlegmasie du cœur. Cette maladie, dont l'existence n’est point déterminable pendant la vie à l’aide de signes diagnostiques, aurait pour caractères anatomiques : 1° les changements survenus dans la couleur et la consistance des fibres charnues du cœur; 2° du pus interposé entre ces fibres charnues ou quelquefois réuni en petit foyer; 3° des ulcérations, qui ont lieu plutôt à sa surface interne qu’à l’externe. Maïs ces phénomènes ne peuvent être connus qu'après la mort. Les auteurs ont confondu la cardite avec l’inflammation de l'enveloppe du cœur ou péricardite.
CARDITE (Malacologie).Bruguièrea établi souscenom un genre de mollusques de la famille des cardiacées, dont on connait aujourd’hui une cinquantaine d’espèces, la plupart fossiles. Ces coquilles marines, dont quelques-unes s’attachent par un byssus aux corps sous-marins, offrent pour ca-
ractères génériques : Animai suborbiculaire ou transverse, épais, ayant lemanteau ouvert danstoute sa longueur ; anus séparé par une bride transverse postérieure; point de siphons véritables ; pied petit, lancéolé ; ouverture buccale garnie de trois ou quatre paires de tentacules; coquille suborbiculaire ou transverse, équivalve, non bâillante, le plus souvent garnie de côtes ou de stries rayonnant du sommet à la base ; deux dents cardinales ; la postérieure toujours oblique sous le corselet, l’extérieure quelquefois oblique comme la première, quelquefois droite, quelquefois avortée.
CARDON. Cette plante bisannuelle, qui, comme l’artichaut, appartient au genre cynara, de la famille des composées , est originaire de Baroarie. On en cultive quatre sortes : la première, le curdon d’Espagne, étant la plus proche de l’état de nature, est par conséquent peu riche en matière alimentaire et bien moins recherchée aujourd’hui qu'elle ne l'était autrefois, c’est-à-dire avant que, transportée dans les terres fécondes et mieux cultivées de la France (en Touraine surtout), elle eût produit le cardon de Tours , qui est plus volumineux dans toutes ses parties el par conséquent plus abondant en matière nutritive. Ce dernier, par une conséquence nécessaire d’une culture perfectionnée , produit deux sous-variétés remarquables, qui sont, l’une, le cardon plein, qui possède toutes les qualités du cardon de Tours, et a en outre l'avantage d’être sans épines. L’antre variété obtenue depuis est le cardon à côtes rouges, également sans épines.
Les cardons se multiplient par graines, qu’on sème en mars et avril, sous cloche, et qu’on plante plus tard dans la terre la plus substantielle du jardin ; on en sème encore, et c’est la méthode la plus usitée, en pleine terre, en mai et juin , qu’on plante peu de temps après. En semant sur couche, on mange des cardons au commencement de l'été, et en semant en pleine terre on les mange en automne et en hiver. On les plante ordinairement à un mètre de distance ; Duhamel conseille de les planter à 1", 60 dans la meilleure terre, parce qu’alors ils deviennent très-gros. Le cardon, végétant avec force, abandonné à lui-même, donnerait des feuilles dont la côte ou nervure moyenne ( partie qu’on mange ) aurait une couleur verte, une consistance dure , et une saveur acerbe, effets nécessaires de l’action de la lumière sur cette plante; il faut donc, lorsque le cardon a acquis sa force, en rassembler et lier les feuilles avec des liens de paille, butter les pieds et jeter de l’eau de temps en temps au centre des feuilles liées, pour les faire devenir tendres. Privées ainsi de la lumière, les feuilles les plus intérieures blanchissent en trois semaines et sont bonnes à manger. Cette opération se fait sur le carré, de temps à autre, et dans le cours de l’été et de l’automne, pour avoir successivement ce légume. Quand les froids approchent, on couvre les cardons ainsi liés avec de la grande paille, ou on les arrache pour les conserver à la cave, le pied enterré dans lesable.
Le cardon est un des légumes les plus nourrissants et les plus alimentaires ; c’est un des mets les plus agréables lorsqu’il est bien préparé. On se sert des fleurs de cardon pour coaguler le lait. C. ToLLanp aîné,
CARD WELL (Énouarn), homme politique anglais, né en 1813, à Liverpool, est le fils d’un riche négociant de cette ville. Après avoir terminé son éducation classique à l’université d'Oxford, il étudia le droit et fut admis au barreau. Mais sur le conseil de Robert Peel dont il partageait les opinions conservatrices il quitta la robe d'avocat pour se consacrer à la vie politique, Élu député en 1842 il n'a cessé d’être réélu jusqu’à présent, et depuis 1853 il jouit de l’honneur très-recherché de représenter l’université d'Oxford. Homme d’affaires avant tout et excellent administrateur, M. Cardwell est d’un esprit prudent et calme, qui apporte dans son libéralisme beaucoup de modération, Aussi at-il été appelé à plusieurs reprises à prêter son concours aux différents chefs du pouvoir : d’abord secrétaire de la tréso-
CARDITE — CARÈME
rerie avec Robert Peel, il présida ensuite le bureau de commerce (1852-1855), devint secrétaire général pour l'Irlande (1859-1861), puis chancelier du duché de Lancaster (1861- 1864), remplaça le duc de Newcastle comme secrétaire d’État des colonies (1864-1866), et entra dans le cabinet Gladstone (9 décembre 1868) avec les mêmes fonctions au département de la gucrre.
CARÉBARIE (du terme médical xdpn, têle, et 6dpos, poids). C’est la douleur gravative de tête, citée par Hippocrate et Galien, d'où vient évidemment notre vieux mot charivari. En effet, la carébarie, accompagnée du tintouin d'oreille, résulte soit d’un grand tintamarre, soit de lexposition à un soleil ardent, soit de l'ivresse ou de tout ce qui peut accumuler le sang au cerveau; de là l’expression populaire, at{raper un coup de soleil.
Les bruits discordants et prolongés causent sur l'oreille le même effet que l'éclat de la lumière sur l'œil ; ils persistent longtemps après la cessation de la cause. Les sons du cor, les tambours, les trompettes , les canons , exaltent, à la guerre, la furie belliqueuse des hornmes et des chevaux, en produisant une sorte de vertige et cette tumultueuse carébarie qui transporte les courages hors du sens ordinaire en leur déguisant les périls.
CARÉLIE. Voyez KARÉLIE.
CAREÈME,. On a écrit jadis quaresme, puis caresme, qui se rapprochait davantage de l’étymologie, quadragesima, quarante. Ce mot est très-ancien, puisqu'on le trouve dans les actes du concile de Nicée, TECOAPAXÉEN, OU QUa-
rantaine. On appelle ainsi le jeûne annuel en usage dans !
l'Église catholique, lequel commence le mercredi des cendres et finit à Pâques, hors dans l’Église de Milan, où il ne part que du dimanche de la quadragésime, et chez les Grecs, qui, le commençant le même jour, s’abstiennent de viande le lundi d’après la quinquagésime jusqu’au dimanche suivant, sans jeûner toutefois, mais en observant un carème plus rigoureux puisqu'ils se privent non-seulement de laitage et d'œufs, mais encore de poisson et d’huile. Néanmoins, en commençant plus tôt, ils ne jeûnent pas au delà de quarante jours, puisqu'ils ne jeûnent pas les samedis.
Les docteurs de l’Église ne sont point daccord sur l’époque où le carème fut institué. La plupart en attribuent l'établissement aux apôtres. Les protestants lui accordent une origine moins ancienne et moins respectable : ils l’attribuent à la dévotion, pius vive qu’éclairée, de quelques fidèles, qui les premiers s’imposèrent cette abstinence de quarante jours en imitation du jeûne de Jésus-Christ dans le désert. Il.est facile, au reste, de faire concorder, à cet égard, les pratiques actuelles des diverses églises, et il y a maintenant très-peu de divergence entre elles. Il est moins aisé de fixer l'époque précise d’où part cette uniformité : les écrivains ecclésiastiques des premiers siècles ne s'accordent pas sur la durée du jeûne. Il est assez vraisemblable que cette durée ne dépassait pas trente-six jours aux quatrième et cinquième siècles et même plus tard, en en retranchant les dimanches. La difficulté devient plus grande quand il s’agit de découvrir les fondateurs du carème ; et les écrivains ecclésiastiques sont ici fort peu d'accord. Un des principaux griefs des Églises orientales contre l'Église romaine est san peu de sévérité dans l'observation des pratiques quadragésimales. 11 n’est rien de plus commun dans les écrits des Grecs, des Maronites, des Arméniens que les plaintes les plus amères contre les Latins ne pratiquant pas
une abstinence de viande assez rigoureuse, usant de poisson, j
d'œufs, d'huile, de laitage, de vin. Peu s’en faut qu’ils ne leur
refusent le titre de chrétien. Ils trouvent qu'on s’est fort -
éloigné de la piété des premiers fidèles, qui ne faisaient qu'un sul repas après le coucher du soleil, Mais l'Église s’est depuis montrée moins exigeante. La privation d'aliments pendant vingt-quatre heures eñt été insupportable pour des hommes assujettis à un travail pénible,