CARLISLE
en 1850, à lord Campbell comme chancelier du duché de Lancastre. Deux fois il fut investi des fonctions de lordieutenant d'Irlande (mars 1845 à févr, 1858, puis juin 1859 à oct 1864), et il les remplit avec la douceur et la modération qui faisaient le fond de son caractère. À peine rendu à la vie privée, il mourut le 5 décembre 1864, à Londres. L comte Carlisle s’est également fait un nom comme ami et protecteur éclairé des sciences et des lettres. Dans sa jeunesse il s’est maintes fois essayé comme poête; et les lectures publiques qu'il a faites sur Pope, en 1850, prouvent que la poésie n’a pas cessé d’être son plus agréable délassement. En 1852 il a fait précéder d’une remarquable préface une édition du roman Uncle Tom's Cabin, de l’Américaine Beecher-Stowe. En 1853 il a publié, sous le titre de Diary in Turkish and Greek waters, une agréable relation de voyage. Après sa mort on a donné un récueil de ses Speeches, lectures and poems (1866, in-8), Son château d'Howard, dans le comté d'York, contient une remarquable collection de tableaux anciens et modernes.
CARLISTES, nom que l’on a donné, en France, après la révolution de Juillet, aux partisans de Ja légitimité, jusqu’à la mort de Charles X,et en Espagne, aux partisans de don Carlos de Bourbon, à CARLOMAN. On rencontre plusieurs personnages de ce nom dans notre histoire. 2 Le premier était fils de Charles Martelet frère de Pe pin le Bref. À la mort de son père, arrivée en 741, Carloman eut en partage l’Austrasie; il'y joignit la Souabe et la Thuringe, qu’il gouyerna en souverain, mais sans prendre le titre de roi. Son premier acte fut de s'associer à Pepin pour dépouiller Griffon, leur frère consanguin, à qui Charles Martel avait laissé quelques principautés. Il repoussa également, de concert avec lui, une invasion d’Odilon, dus de Bavière. Plusieurs victoires remportées sur Théodoric, duc des Saxons , et Théodebald, duc des Allemands, illustrèrent Carloman, et semblaient annoncer un règne glorieux, quand tout à coup il abdiqua pour embrasser la! vie reli-
gieuse. La mort d’une épouse chérie contribua, dit-on, ,
puissamment à cette détermination. C’était d’ailleurs l’esprit du temps, car à la même époque un roi des Lombards et plusieurs monarques anglo-saxons quittèrent aussi le trône pour la retraite. Après avoir confié la tutelle de son fils Drogon et de ses autres enfants à Pepin, ainsi que l’administration de ses États, Carloman se rendit à Rome, où il reçut des mains du pape Zacharie la tonsure et l’habit monacal. Il se retira d’abord dans une abbaye qu’il avait fondée sur le mont Soracte ; mais, troublé dans sa solitude par les fréquentes visites des seigneurs francs, il alla se réfugier dans le célèbre monastère du mont Cassin. Simple moine, il partageait les travaux de ses frères et jusqu'aux plus humbles fonctions domestiques, puisqu'il fut chargé, dit un chroniqueur contemporain, de la garde des oies du couvent. Il arriva même un jour qu’une oie fut prise par un loup, qui, touché ou contraint par les prières du saint, lui rapporta son butin. Cependant l’exarchat de Ravenne venait d’être enlevé à Pempire d'Orient par les Lombards, qui prétendaient même joindre Rome à leurs riches possessions. Le souverain pontife Étienne IL s’était rendu en France auprès de Pepin, pour solliciter son appui. De son côté Astolf, roi de Lombardie par les soins d’Optat, abbé de mont Cassin, mit dans ses intérêts Carloman, qui avait toujours conservé des relations suivies avec son frère, et qui défendit vivement sa cause à l’assemblée de Quercy-sur-Oise, en présence de Pepin et des grands rassemblés pour prononcer entre l’évêque de Rome et son puissant compétiteur, Le pape témoigna son mécontentement à Carloman, en le transférant à Vienne en Dauphiné, où il mourut peu de temps après,.en 754. Quant à ses enfants, Pepin, qui jusque alors les avait élevés pour le trône, les en priva à son profit. Rasés et renfermés dans des cloîtres, l’histoire se tait sur leur destinée , qui s’a-