CARLOS
cheva obscurément, ou peut-être fut tranchée par un crime.
CARLOMAN , fils de Pepin, lui succéda en 768 , cônjointement avec son frère Charles, appelé depuis Charlemagne. Il eut pour lui l'Austrasié, ld France germanique et les provinces les plus rapprochiées du Rhône. La mésintélligence ne tarda pas à se mettre entre les deux princes à l'occasion de la révolte de l'Aquitaine. Charlemagne avait compté sur Pappui de sof frère pour la Combättre; mais celui-ci rappela ses troupes au début de là campagne, el le laissa soutenir seul le poids de la guerre. Quelque temps après, Carloman inourut, en 771, à peine âge de vingt ans, au chàtéau de Samoncy, près dé Laon. Aussitôt Charlemagne s'empara de son héritage, au préjudice des fils qu'il laissait. Céux-ci se réfugièrént avec Gerberge , leur mère, d’abord en Bavièré, puis auprès de Didier, roi des Lombards. Charleimagne ayant porté la guerre en Italie en'774, ils furent pris à Vérone, et'rémis au vainqueur. Conduits en France, ils périrent dans l'oubli.
CARLOMAN, second fils dé Louis le Bègue, monta sur le trôneen 879, ét régna conjointement avec son frère Louis III. A la mort de celui-ci, en 882 , il resta seul roi, et périt deux ans après, à là chasse, par Id maladresse d’un de ses officiers.
CARLOMAN, fils dé Louis lé Germanique , partagea les États de son père avec ses frères Lôuis le Saxon, roi de Germanie, et Charles III le Gros. La Bavière fut son lot. 11 y joignit la Pannonië, là Carinthie et les royaumes des Slaves, des Bohëmes ét des Moraves. Un moment roi d’Italie, il essaya vainément de se faire nommer empereur par le pape Jean VIII, qui ne lui donna que des promesses toujours éludées. 11 mourut en 880, ne laissant qu'un bâtard, Arnoul, qui fut empereur. ** SAINT-PROSLER jeûne.
CARLOS (Don), infant‘de Navarre, prince de Viane, naquit en 1420, de Jean 4‘ d’Aragon et de la réine Blanche de Navarre, dé laquëfle il était héritier; mais à l4 mort de cette princesse Féan s’empara du trône de Navarre, au préjudice de“don Cärlos. Celui-ci, victime dé Pambition de son père et des persécutions de sa’ bellé-mère, la reine Jeanne’, qui voulait placer la couronne $ur là tête de’ l'infant don Ferdinand, sou fils, prit les ärmes, excité par le roi de Castille, et se rendit inaître de la Navarre, dont il fut proclamé roi. Une guerre sanglante s’ensuivit entre le père et le fils. Le fils, vaincu à Aïbar , fut enfermé au château de Tafalla, d'où il ne sortit qu'après avoir promis de ne prendre le titre de roi de Navarre qu'à la mort de son père. Mais ses partisans rallument la guerre civile. Poursuivi par son implacable ‘marâtre , ‘déshérité par son père, vaincu de nouveau à Estella, don Carlos se réfugie en France, et de là à Naples ‘auprès de-son oncle Alphonse le Magnanime, roi d'Aragon. Malgré un traité d'amnistie, Jean 1°", poussé par la reine, feint de crdindre pour sa couronne et fait arrêter son fils à Fraga, après l'avoir attiré par d’artificieuses promesses. Des commissaires sont nommés pour juger le prince. A cette nouvellé tout le pays se révolte ; les Catalans , les, Aragorais, les Valenciens' courent aussi aux armes. La reine, craignant d’êtré mise ‘en pièces par le peuple, va tirer don Carlos de sa prison dé Mirella, et le remet aux Catalans, qui le portent en triomphe à Barcelone. Le roi est forcé de le reconnaître par sermént pour son héritier et de consentir à son mariage avec l’infante Isabelie de Castille, que la reine destinait à Son fils ; mais la marätre prévint cette union par un crime: don Carlos mourut empoisonné, en 1461, à quarante-un ans, Les Calalans reprirent les armes pour venger sa inôrt, et'en accusèrent publiquement la reine. | pilote.
Ce prince s'était fait chérir par son courage, sa douceur, son goût pour les lettres. On lui doit une élégante traduction en langue castillane de la Morale d'aristôte 'qu'i dédia à son oncle Alphonse le Magnähine, et ne Chronique inédite des Rois de Navarre, conservée dans les archives de Pampelune, ses ,
CARLOS (Don), infant d'Espagne, fils de PhilippelIl et de Marie de Portugal, naquit à Valladolid, le 3 juillet 1545. Sa mère mourut quatre jours après lavoir mis au monde. Ce prince était d’une constitution débile, et avait une jambe plus courte que l’autre. L’extrème indulgence avec laquelle il fut élevé par Jeanne, sœur du roi, ne fit qu’accroître son opiniâtreté naturelle. En 1560 Philippe le fit reconnaître pour héritier de sa couronne par les états assemblés à Tolède, et l’envoya en 1562 à université d’AIcala de Hénarès, dans l’espérance que l'étude des sciences dompterait l’Apreté de son caractère. A la suite d'un accident il fut pris d’une fièvre chaude, qui ne laissa bientôt plus aucun espoir aux médecins. Le roi, effrayé, accourut en toute hâte auprès de son fils; on se rappela que le prince avait une vénération toute particulière pour saint Didacius, qui à cette époque n’était pas encore canonisé; et Philippe ordonna d'apporter processionnellement le corps du saint auprès de son fils moribond. On l’étendit sur le lit du malade, dont on recouvrit le visage brûlant avec le froid linceul qui l’enveloppait. Le prince s’endormit ; à son réveil, la fièvre était considérablement diminuée ; il demanda à manger, et guérit. Tout le monde crut au miracle, et Philippe sollicita vivement en cour de Rome la canonisation de Didacius.
Les historiens contemporains ne sont guère d’accord dans le portrait qu’ils tracent de don Carlos. Selon les uns, ce prince joignait à l'amour de la gloire un grand courage, une noble fierté et un impérieux désir de dominer. Selon les autres , il aimait tout ce qui était extraordinaire ou imprévu; le moindre contre-temps, la plus légère résistance, le mettaient en fureur; mais on parvenait aisément à l’apaiser avec un peu de souplesse et en lui témoignant de la déférence. On le représente aussi comme ayant sympathisé avec les révoltés des Pays-Bas, et comme un ennemi déclaré de l'inquisition; on va même jusqu’à supposer qu'il avait vu avec plaisir la grande révolution religieuse opérée dans une partie de l'Europe par Luther, et que devenu roi il en eût facilité et même appelé la propagation en Espagne. Cependant il n’avait n1 assez de connaissances, ni assez de principes, ni même assez d'intelligence pour être capable de concevoir des idées libérales ; tout était chez lui l'effet d’une impulsion passionnée , que la résistance pouvait pousser jusqu’à la fureur. Liorente, qui en écrivant son ouvrage sur l’inquisition puisait à des sources sûres, a rétabli les faits au sujet du caractère de ce prince. Selon lui, don Carlos était violent, brutal, ignorant et mal élevé. On a prétendu qu’au congrès de Câteau-Cambrésis, en 1559, il fut un moment question du mariage de ce prince avec Élisabeth, fille de Henri JL, mais que Philippe, veuf alors de Marie d'Angleterre, s’offrit à la place de son fils. Don Carlos aimait, a-t-on dit, Élisabeth, et ne pardonna jamais à son père de la lui avoir enlevée. Llorente prouve qu’il n’a jamais été amoureux d’Élisabeth, et qu'aucun commerce criminel n’a existé entre lui et la reine, demeurée pure : c’est donc là tout simplement une fiction, qui, en fournissant à plusieurs poètes le prétexte de magnifiques développements, a beaucoup contribué à égarer l'opinion au sujet du véritable motif de la catastrophe qui termina les jours de ce prince.
En 1563, Philippe, qui n'avait d'autre héritier direct que don Carlos, reconnaissant l'inutilité de ses efforts pour modifier le caractère de son fils, et le jugeant incapable de régner, fit venir en Espagne ses deux neveux, les archiducs Rodolphe et Ernest d'Autriche, pour leur assurer à sa mort la réversibilité de ses États. Don Carlos, qui vivait toujours en mésintelligence avec son père, résolut en 1565 de quitter PEspagne. Il allait partir, lorsqu'il en fut détourné par Ruyÿ- Gomez de Silva, confident de Philippe, et dont il avait néanmoins fait son intime, Quand l'insurrection des Pays- Bas vint à éclater en 1567, don Carlos écrivit à plusieurs grands du royaume qu’il avait l'intention de se rendre en