‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 352 sur 556 · CARLOS DE BOURBON — CARLOTTA DE BOURBON · texte numérisé non relu

CARLOS DE BOURBON — CARLOTTA DE BOURBON

secrète jalousie l'élévation de sa sœur cadette au trône d’Esagné, et ne supporta qu'impatiemment l'infériorité dans äquelle elle se trouva placée dès lors vis-à-vis de Marie- Christine, quoiqu’elle lui fût si supérieure en volonté et'en énergie. La promulgation de la pragmatique sanction de Charles IV, par laquelle l'auto accordado de Philippe V sur la loi de succession au trône était annulé, devait introduire dans la famille royale des germes de profonde dissension. En mettant à néant le changement arbitraire introduit par Philippe V dans l’ordre de succession, Ferdinand VII portait un coup funeste au parti apostolique, ayant pour chef l’infant don Carlos, qui se trouvait exclu dans le cas où la nouvelle reine viendrait à avoir des filles. L’infante doña Carlotla, qui vit là des chances d’avenir pour sa propre famille, embrassa avec ardeur la cause de la pragmatique sanction. Marie-Christine mit deux filles au monde. Cependant la santé de Ferdinand VII semblant se raffermir, l'infante se rendit imprudemment en Andalousie; mais la maladie du roi fit tout à coup des progrès alarmants, et le parti apostolique, dont Calomarde, premier ministre de Ferdinand, était devenu l’agent le plus dévoué, songea à en profiter pour arracher au monarque la révocation de la pragmatique sanction. La scène se passait au château de Ja Granja. Les représentants de l'Autriche, de la Sardaigne, de la Prusse et de Naples étaient entrés dans le complot. L'ambassadeur de Naples, Antonini, chargé d'agir sur l’espril vacillant de Marie-Christine, obtint d’elle, à force d’obsessions, qu’elle donnät son consentement à Ja révocation. Ferdinand , cédant à l'exemple de sa femme et surtout à la peur des châtiments éternels, finit par consentir, lui aussi, à là révocation. Déjà l'acte autlientique venait d’être revêtu de sa signature, quand l’infante doña Carlotta, accourue en toute hâte du fond de l'Andalousie, arriva à la Granja. La première personne qu’elle rencontra en entrant au palais fut Calomarde. Un soufllet, vigoureusement appliqué d'une main toute virile sur Ja joue du ministre, indiqua de Ja part de l’infante la ferme résolution de mettre à néant tout ce qui venait d’être fait. Elle aborde sa sœur, lui reprothe amèrement sa faiblesse ainsi que l'abandon qu’elle vient de faire des intérêts dé ses propres enfants, et l’arrache à sa coupable torpeur en l'appelant Regina di teatro. Puis, sans perdre de temps , elle fait prendre des mesures pour que le décret de révocation ne soit pas publié. En’effet, quand il fut présenté au conseil de Castille, le doyen Puig refusa de l'entériner. Le coup était paré.

Ferdinand VII étant revenu d’un long évanouissement dont il avait été frappé après avoir apposé d’une main défaillante sa signature à l’acte de révocation que lui présentait le comte d’Alcudià l'infante dofa Carlotta réleva le courage de Marie- Christine et du roi, puis décida Ferdinand à chasser Calomarde et à appeler à la tête du ministère M. Zéa, alors ambassadeur à Londres. va» has.

Après un pareil service, il semble que doña Carlotta dût être toute-puissante sur l'esprit de Marie-Christine. 11 n’en fut pourtant pas ainsi. L'infante avait l'ambition de-marier ses deux fils aux deux filles de sa sœur, Mais, soit que Marie- Christine eût dès cetté époque d’autres vuës, soit instinct d'ingratitude , soit encore qu’elle éraignit que le caractère dominateur dé sa sœur aînée ne réussit bientôt, grâce à cette double alhance , à s’émparer de l'esprit de ses filles, et, par suite, de la direction des’ affaires de l'État ; elle se fit une étude constante, dès que Ferdinand eut fermé les yeux, de tenir l'infante à l'écart , et de s'éloigner chaque jour davantage de celle à qui'elle devait tout. Doña Oarlotta n'était pas femme à supporter avec résignation une pareille ingratitude. Justement blessée, elle s'en expliqua durement. 11 eut des scènes violentés entre les deux sœurs ; et bientôt l’infante dut songer à quitter le palais, car ces deux femmes ne pou vaient plus désormais habiter sous le même toit. Elle deinanda à se retirer danselle ville d'Espagne qu'on lui indi- #" .

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