‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 354 sur 556 · CARLOTTA DE BOURBON — CARLOVINGIENS · texte numérisé non relu

CARLOTTA DE BOURBON — CARLOVINGIENS

lemagne, el qu’on écrirait mieux Xarolings. Cette famille donna à la France la seconde dynastie de ses rois, laquelle régna de 752 à 988, àl’Italie des rois, àl’Allemagne des empereurs.

On connaît la tendance de nos historiens du quinzième au dix-buitième siècle à faire absolument descendre les unes des autres, même de mâle en mâle, les différentes dynasties qui ont régné sur la France, et à donner aux dernières dynasties une origine plus ancienne encore et plus illustre que la première, Au milieu de tous les systèmes éclos dans le cerveau des érudits, on ne voit qu'une chose qui soit certaine, c’est qu’au delà de saint Arnoul, on ne sait rien des auteurs de la race dite carlovingienne. Ce saint Arnoul était un homme riche et puissant, auquel Clolaire II confia son fils Dagobert I*", ainsi qu'à Pepin de Landen dit Ze Vieux, en le faisant roi d’Austrasie. Arnoul, où Arnoulf, était né, dit-on, d’un père aquitain et d’une mère suève. Cet Aquitain, nommé Ansbert, aurait appartenu à la famille de Ferreoli d'Auvergne, et aurait été gendre de Clotaire 1°. Cette généalogie semble avoir été fabriquée pour rattacher les carlovingiens, d’un côté à la dynastie mérovingienne, de l’autre à la maison la plus illustre de Ja Gaule romaine. Quoi qu’il en soit, on croirait aisément , d'après les fréquents mariages des familles austrasiennes et aquitaines, que les carlovingiens ont pu en effet sortir d’un mélanges de ces races. Arnoul, qui avait élé marié avant d’être évêque de Metz, avait eu deux fils, Anségise et Clodulfe.

Clodulfe, évêque de Metz, canonisé comme son père, eut pour fils Martin, maire d'Austrasie, assassiné par Ebroïn. Anségise épousa Begga, fille de Pepin de Landen, et ilen eut Pepin d’Héristal, maire de Neustrie, d’Austrasie et de Bourgogne.

Pepin d’Héristal eut de Plectrude, sa femme, deux fils, Drogon et Grimoald, et de sa concubine Alpaïde : Charles Martel et ce Childebrand, prince inconnu, dont il a plu au sieur de Sainte-Garde, aumônier du roi, de faire le héros d’un poëme épique (publié en 1666), et à quelques généalogistes de faire la tige des capétiens.

Drogon eut deux fils, Hugues et Arnoul, qui ne jouèrent aucun rôle dans l’histoire, Grimoald n'eut qu’un fils, Théodoald, un instant maire d’Austrasie et dépouillé par Charles Martel.

Charles Martel laissa trois héritiers de deux lits différents, Carloman, Pepin et Griffon.

Griffon, dépouillé par ses frères, mourut sans enfants. Carlo man, roi d’Austrasie, se retira volontairement dans un clottre, et ses enfants furent exclus du trône. Pepin le Bref, roi de Neustrie et de toute la France en 752, eut deux fils, C'arloman et Charlemagne.

Carloman mourut bientôt, laissant des enfants qui ne lui succédèrent pas. Charlemagne, seul maître de la domination franque, eut différents fils, parmi lesquels nous ne mentionnerons ici que Pepin et Louis.

Pepin, roi d'Italie, eut pour successeur son fils Bernard, que son oncle Louis fit périr dans les supplices. Le fils de Bernard, nommé Pepin, fut la tige des comes de Vermandois.

Louis I‘ le Débonnaire, emperenr, eut quatre fils : Lothaire 1°", Pepin, Louis le Germanique, Charles le Chauve et une fille, Gisèle,

1° Lothaire 1°", son fils aîné, d'abord roi d'Italie, puis empereur, eut trois fils : Louis 11, Lothaire II et Charles. LouisIlleJeune, roi d'Italie et empereur, n'eut qu'une fille, Hirmengarde, qui épousa Boson, roi de Bourgogne cisjurane, et fut mère de Louis l'Aveugle. Lothaire II, roi de Lorraine, n'eut également qu’une fille, qui épousa Thibaut, comte d'Arles, et fut mère d’Hu gues, roi d'Italie, Quant à Charles, leur plus jeune frère, il n'eut pas d'enfants,

CARLOVINGIENS — CARLOW

2° Pepin I’, roi d'Aquitaine, second fils de Louis le Débonnaire, eut pour successeur son fils, Pepin II, qui mourut sans postérité.

3° Louis le Germanique, troisième fils de Louis le Débonnaire, roi de Bavière et de Germanie, laissa trois fils : Carloman, Louis le Saxon et Charles le Gros. Carloman, rui de Bavière, eut un fils naturel, Arnoul, qui fut empereur et père de Zwentibold, roi de Lorraine, et de Louis IV l'Enfant, dernier empereur carlovingien. Louis le Saxon et Charles le Gros n’eurent pas de postérité.

4° Charles le Chauve, roi de France et empereur, eut une fille, Judith, qui épousa Baudouin 1° comte de Flandre, et un fils, Louis le Bègue, qui lui succéda sur le trône de France, et dont la descendance continua de l’occuper jusqu’à Louis V le Fainéant, que Hugues Capet fit déposer, en 987. Ce dernier roi carlovingien avait un frère, Arnoul, archevêque de Reims, qui mourut en 1029, et un oncle, Charles, qui reçut en fief d'Othonle Grand le duché de la basse Lorraine; mais le fils qu’il laissa mourut sans postérité.

5° Gisèle, fille de Louis le Débonnaire, épousa le comte Eberhard , et fut mère de Bérenger 1°, roid’Italie.

Par suite de la décadence des Mérovingiens et de l'élévation des maires du palais d’Austrasie, la monarchie des Francs s’en allait en lambeaux ; chaque grand propriétaire aspirait à l'indépendance; la partie de l’Allemagne qui avait été conquise sedivisait en six ou sept principautés, dont les chefs voulaient former autant de royaumes indépendants; et, d’un autre côté, les provinces méridionales de la Gaule, où les Francs n'avaient jamais fait que des expéditions militaires, sans s’établir sur le sol, tendaient de plus en plus à s'affranchir du joug de ces barbares du nord, si antipathiques à leurs habitants, à moitié romains. Il était réservé aux carlovingiens d’arrêter pour quelque temps ce démembrement inévitable.

Cette famille, la première d’Austrasie par ses immenses possessions territoriales, les vaillants guerriers et les habiles politiques qu’elle produisit, se rattachait en outre à l’Église, au pouvoir spirituel, qui allait bientôt devenir si puissant. Plusieurs de ses membres en effet furent archevêques, évêques, abbés, moines; quelques-uns furent canonisés : entre autres, Pepin de Landen, sa femme Itta et sa fille Gertrude. La race royale issue de Mérovée s’était au contraire trop bien souvenue quele clerc, malgré ses services, était de la race des vaincus. Un roi chevelu ne voyait dans la tonsure ecclésiastique qu'unehonteuse dégradation. On conçoit sans peine qu’une maison aussi sainte quecelledes carlovingiens devait avoir l'appui du clergé; il ne lui manqua pas.

Pepin d’Héristal réunit le crédit et les immenses domaines de ses aïeuls Arnoul et Pepin de Landen. Ses descendants, possesseurs en quelque sorte héréditaires de la dignité de maires du palais, soutenus par une grande faveur populaire, étaient de fait souverains en Austrasie. En Neustrie, l'ambition des maires du palais était la même; mais l’aristocratie y était moins serrée et moins belliqueuse. La lutte ne tarda pas à s’engager entre ces deux rivalités de famille à famille, de peuple à peuple ; elle fut sanglante.

L’Austrasie, représentée par la famille de Pepin, l’emporta, et cette victoire des Francs orientaux sur les Francs occidentaux put dès lors être considérée comme le coup de grâce pour la race de Mérovée. En effet Charles Martel 3e fit le centre de l'influence militaire; il consolida tellement son autorité, que son fils Pepin le Bref put reléguer sans crainte dans un couvent le dernier rejeton vrai ou supposé de la race mérovingienne, et se faîre reconnaître et consacrer roi des Francs. Cette révolution ne fut point la conséquence d’intrigues de palais ni un simple changement de dynastie. Ce fut le triomphe des Austrasiens, qui avaient mieux conservé les mœurs nationales, sur les Neustriens, adoucis au contact de la civilisation gallo-romaine : en un mot on

doit considérer l’avénement des carlovingiens comme une nouvelle conquête des Gaules par les tribus germaniques.

A la différence des capétiens, personne encore n’a sérieusement attribué un système politique aux carlovingiens ; au contraire, on leur a reproché de s'être éloignés du système et des errements de Charlemagne, sans penser que les idées de celui-ci paraissent lui avoir été entièrement personnelles, qu’elles étaient comme un phénomène ou une anomalie dans son siècle, et que lui-même, dans ses derniers temps , semblait reconnaître en gémissant qu'après lui elles ne pourraient longtemps prévaloir en ce qu’elles avaient de grand et de noble. Ni les peuples ni les princes n'étaient à sa hauteur. De sa pensée, on ne devait garder que les formes et ce qu’elles pouvaient avoir de mesquin et de rétréci. Ces formes mêmes ne devaient rester qu’en Gérmanie et en Italie. Le fond devait périr partout. £

Ce que l’on ne peut méconnaître, c’est que l’idée dominante de la famille dite carlovingienne , dès le moment où elle paraît sur la scène historique, est celle d’une intime union avec le clergé. Elle s'attache à lui, se rend maîtresse des principaux postes ecclésiastiques, en y plaçant, autant qu'elle le peut, des hommes sortis de son sein ; elle soutient les papes contre les Lombards, fait la guerre aux Aquitains, qui pillent et dépouillent les églises ; fonde réellement le pouvoir temporel des successeurs de saint Pierre; enfin, elle dompte et convertit les Saxons, encore païens, et en Espagne combat les musulmans. Aussi le pape n'est-il pas ingrat : il sanctionne par ses bénédictions et ses vœux les conquêtes de cette maison puissante ; il lui donne tout son appui, lui imprime un caractère en quelque sorte sacré, et ressuscite pour elle la grande ombre de l’empire d'Occident.

Mais cette condescendance pour l’Église, qui servait si bien la politique de Pepin le Brefet de son fils Charles, parce qu'ils avaient du génie, de la vigueur, et ne faisaient pas au fond bon marché de leur indépendance, devait précisément être la principale cause de la perte de leurs descendants, princes faibles, sans talents supérieurs, et, à l'exception de Louis le Débonnaire, doués de peu de bonne volonté; princes usés plus vite encore que ne l’avaient été les mérovingiens. Le clergé, depuis 814 devenu chaque jour plus fort, devient chaque jour plus exigeant ; chaque jour aussi on lui fait de nouvelles concessions.

« Charlemagne, dit M. Guizot, avait tenté de se faire le souverain d’un grand empire : l’état du pays se refusait à cette entreprise, et nul de ses successeurs ne fut capable d’y songer. Sous leur règne, le gouvernement et le peuple allèrent se démembrant, se dissolvant de plus en plus. Bientôt il n’y eut plus ni roi ni nation. Chaque propriétaire libre et fort se fit souverain dans ses domaines; chaque comte, chaque marquis, chaque duc, dans le district où il avait représenté le souverain...; tout devint local. Quand celte grande fermentation des diverses conditions sociales et des divers pouvoirs qui couvraient la France se fut accomplie, la féodalité fut établie. »

En même temps les Normands multiplient leurs invasions , et l'empire, après plusieurs partages, finit par s’écrouler en 888; de ses débris se forment une multitude de royaumes , dont la plupart subsistent encore de nos jours. Le pouvoir de cette famille est détruit depuis longtemps, lorsqu’à la fin du dixième siècle la famille elle-même s'éteint, ou ne laisse plus que des rejetons assez obscurs, dont la descendance est suspecte et violemment contestée.

En résumé, dévotion étroite et mal entendue, ambition que ne soutient pas le génie, esprit haineux contre ceux de leur race, faiblesse inexcusable et incapacité entière à tenir le sceptre et à se servir convenablement du pouvoir, voilà les traits réels qui nous font connaître les indignes descendants d2 Charles le Grand. Aug. SAYAGNER.

CARLOW, en langue erse Catherlough, comté d’Irlande, situé dans la province de Leinster, borné à l’est etau

sud-est par les comtés de Wicklow et de Wexford, au sudouest et à l'ouest par le comté dé Kilkénny , au ford par le Queens county et le comté dé Kildare, d’üné superficie d'environ 16 myriamètres carrés."Le climat en'ést bon et le sol merveilleusement propre à l’agriculture. Ce n’est qu’au sud-est que s'élèvent les montagres de Blacksrait, qui forment la limite du comté vers celui de Wexford. Indépendamment d’un graid nombre ‘de petites rivières et de ruisseaux, le comté de Carlow est arrosé par le Barrow'et la Slaney. La population, forté de 51,472 âmes (1871), S’occupe surtout d'agriculture et d'élève de bétail.

La ville de Carlow, son chef-lieu, située à son extrémité septentrionale, dans une belle contrée, avec 9,000 habitants, est bâtie sur le Barrow ; position qui contribue beaucoup à l'importance de son commerce. Les hoüilles descendent ce fleuve depuis Kilkénny jusqu’à Carlow. L’exportation consiste surtout en cotonnades. Cette ville est le siégé d’un évêque catholique. On y trouve un séminaire, une‘vieille abbaye, une antique église ét un château qui tombe en ruines.

CARLOW/ITZ(Arserr DE), homme d'État allemand, dont le nom se trouve mêlé à l’histoire des évériements politiques dont sôn pays fut le théâtre à la süite dé la révolu: tion de février 1848 , est né le 1°* avril 1802, à Freiberg: en Saxe, et éntra dans la carrière administrative ‘en 1826. II en parcourut rapidement les divérs échelons, puis abändonna en 1832 le service du roi de-Saxé pourpasser à celui du duc de Saxe-Gothia. L'ânñée ‘suivante’ il ‘fut nornmé député à la première’ diète Constitutionnelle convoquée en Saxe, et y fit partie de la fraction aristocratique.-En' 1834 il rentra au service du roi dé Saxe.'En 1845 il fat appelé à! faire partie de la premièré chambre, dont Je roi le nomina président en 1846; et:dans l’automne de H méme année ce prince lui confia le portefeuille de la justice, vacant par suite de la démission donnée par M. de Kœnneritz à l’occas sion d’un voté émis par les chiambrés sur la éonveñance d'introduire le régime dé la publicité et dé là discussion orale en matièré judiciaire. ‘Après la clôture dé la diète extraordinaire de ‘1847, dans laquéllé il prit rarement la parole , il se livra à l’étude’ approfondié d’un système de procédure ayant pour basé la publicité des débats, ‘ét rédigea sur cette matière un projet de loi qu’il soümit à Péxamen préalable d’une commission, spéciale. Lés événements de mars 1848 empêchèrent qu'il y fût donné suite. A ve moment il donna sa démission en même ternps que tous'ses collègues, et sé retira complétement pendantquelque temps de l’arène politique. Pérsuadé.que la régénération dé l’A1magne ne pouvait plus venir que de la Prusse, il résolut de renoncer désormais à tous rapports avec la’ Saxei) eten conséquence il alla s'établir au mois d’août dans ‘uné terre qu’il possède en Prusse. Cependant en 1849 la wvillé ‘de Dresde le choisit pour député à la diète convoquée sur les bases de la nouvelle-loi électorale. Quoique ses principes, strictement constitutionnels, ne lui permissent pas de se: rattacher dans cette assemblée à la gauché ; ik ne sè séntait pas non plus disposé à soutenir le gouvernement, attendu que celui-ei s'était détaché dutraité du'26 mai 1849% qui suivant lui pouvait seul préserver l'Allemagne d’un boulevérsément complet. La diète ayant repoussé'son avis, à Ja suite d’une discussion des plus vives, et le gouvernement ayant refusé dé-se prononcer sur cette question; M. de Carlowitz donna sa démission, Mais, contre toute attente , il fut alors chargé, conjointement avec M. de Radowitz, de représenter le gouvernement prussien dans le conseil d’administration de l’union prussienne, lequel lui déléguarles pou: voirs de commissaire des gouvernements: alliés à. la: diète d’Erfurt, Quand M. de Carlowitz commença à douter que l'intention sincère de la Prusse fût. de reconstituer PAllemagne suivant le programme annoncé, cette position lui devint intolérable, et dès que la diète fut close il sé retira dans la vie privée,

CARLOW — CARELS3AD

CARLSBAD, ville ducercle d’Ellbogen, danse royaume de Bolième, avec une population de: 3,000 âmes ét des ‘eatrx thermales à bon droit célèbres, à 118 kilomètres de Prague et à 444 de Vienne, au fond d’une vallée étroite et profonde, pittoresquement entremélée de boïs et de rochers dé granit, au pied et sur le penchant desquels là ville est bâtie, sur

| les bords de la Téple’, qui la traversé dans’ sa longueur, Or

Y arrive du côté de Prague, par une magnifique chaussée, qui descend eu serpentant du haut des collines jusqu’au seuil de là porte de ce sanctuaire d’Hygie. Toutes les maisons de la ville sont à loüer pendant la saison des eaux,

les propriétaires n’en habitant que le rez-de-chaussée, Elles diffèrent beaucoup par leur grandeur, mais là propreté règne dans toutes ; celles du Marché et du Wiese sent les plus recherchées. Les loyers varient beaucoup, suivant la saison et le choix de la rue. La saison des eaux ‘dure depuis le 1° mai jusqu’à la fin.de septembre; lintervalle-entre la mi-juin et la mi-août est l’époque la plus coûteuse et la plus bruyante. Chaque année le nombre des baigñeurs s’accroit, et il dépasse aujourd’hui 5000. Les auberges'et les restaurateurs abondent ; on'y est servi à la carte ou à prix’ fixe. Les jeux de hasard sont sévèrement prohibés !à Carlsbad ; mais on y trouveun théâtre , des bals, des concerts , des sérénades , des voitures, des chevaux de selle, des ânes bâtés, des livres, des pianos à wuer etun salon de lecture pour les gazettes nâtionalès et etrangères. Les magasins sont bien

: fournis , surtout en ouvrages d’acier, en objets decoutellerie

et en armes à feu ; on y vend les: plus beaux verres de Bohème.

Carlsbad a, comme tous les lieux ‘anciens et célèbres , sa fable et son histoire. La première fait remonter la découverte de ses eaux chaudes à un chien de chasse qui,-en poursuivant vivement un cerf, tomba du haut de la colliné, qu’on nomme encore le Saut du Cerf (Hirschensprung), dans une

. source chaude, se brûla, ét hurla tellement que les chasseurs

accoururent, et l’en tirèrent. Témoin du fait, l'empéreur Charles IV examina avec une vive curiosité, ce phénomène de la nature, et les médecins lui conseillèrent-de se baïgner dans ces eaüx pour leur dernander la guérison d’un mal qu'il avait à la cuisse; ce bain lui ayant été salutaire, il ordonna aux paysans des villages voisins de venir s'établir près de la source et d'y bâtir une ville, qui depuis a porté son nom, Cärsibad ( Bain de Charles). Cette tradition ne repose sur aucun document; la vérité historique est que Charles IV se baigna dans ces eaux en 1347, un an’après la bataille de Crécy, où il ‘avait reçu deux blessures, en com= battant sous Philippe VI, roi de France, contre Édouard II}, roi d’Anglétérre, à côté de son intrépide père, Jean l'A: veugle, qui y périt. Mäis Carlsbad , que les habitants nom: maient auparavant Warmbab (bain chaud), fut connue sans doute de tout temps des populations voisines de ses thermes. Charles IV, en lui donnant son nom et en y bâ= tissant un château, dont il ne reste plus aucun vestige aujourd’hui, fit acquérir à cette ville la réputation immense qu’elle possède. Ce ne fut cependant qu'en 1370 que ce monarque accorda à la ville des priviléges que confirmèrent Marie-Thérèse en 1747, et Joseph II en 1780. Ayant eu à souffrir de plusieurs incendies, de nombreuses inondations et des ravages des guerres, Carlsbad est. très-pauvre en anciens documents historiques. En 1554 les ‘habitants adhérèrent à la doctrine de Luther; mais ils :y renons cèrent en 1627.

Les eaux de Carlsbad ne jaillissent pas d'un seul point ni d’une seule fontaine : chacune à son nom, son local et sa température, qui varie dé 40 à 60° R. Ce sont le Sprudel, là source d'Hygie, le Mühlbrunn, le Bernardsbrunn, le Neubrunn, le Theresienbrunn , le Schlossbrunnet le Spitalbrunn. Cette dernière source est à l'usage des pauvres étrangers; de toute nation et de toute religion, qu'on admet dans l’hôpital Saint-Bernard. Le Neubrunn a 50° R. +: cest, à tous égards, le juste milieu, Quoique le publie médical

CARISBAD

et non médieal attache au Sprudel, cette magnifique source jafllissante, une suprématie d’antiquité, de célébrité, d’énergie d'efficacité et de haute température, elle ne diffère en rien des autres sources par ses parties constituantes et la proportion de:ces parties. La première bonne analyse en fut faite en 1770, par le docteur David Becher, de Carlsbad. L'analyse faite par Klaproth en 1789 confirma celle de Becher, et Berzélius en 1822 y trouva non-seulement ce qu'y avaient découvert ses deux prédécesseurs, mais plusieurs autres parties constituantes. Le résultat sommaire des recherches analytiques de l’illustre Suédois fut : dans 1,000 parties du poids de l’eau du Sprudel, du Mühlbrunn, du Neubrunn et. du Theresienbrunn :

Sulfate de soude, , , .,.,, .. A ends NS PNG, 5 2,58713 GCarbonatede:soude. {ns eee quote element; le je s.. 126237 Hydrochlorate de soude. . , . . PORTO NEO ET E 1,08852 DEDDOTRENUMUTEUR see <o.4s ue nee en os + es e +? à 0,30860 Fluaté/de Chaux. «8.04 4 0 ue de ee Le 5 Antec 0,00022 Carbonate. de strontlane. 3, , .., « » 0 © ele oeir sie +: +: « 0,00096 Carbonate de magnésie. . ,,,. .., sun et n Te prelcars 0,17834 S.-phosphate d’alumine, . .. 1. ... .... Den me nuls CARRE

Carbonate defer.r." . 4, : 4... 0 ue ose ee +'0,00362

Carbonate de manganèse, . 5 à nn mat dète die œêlsieite :e 0,008

SMDR fus Daniele dla ain qiacr os. +», 0,07515

On boit en général les eaux de six à huitheures du matin, et quelquefois deux ou trois gobelets le soir. Un gobelet contient de 150 à 180 grammes de liquide. La capacité de boire varie infiniment suivant les malades : huit à dix gobelets sont une dose moyenne ; mais on rencontre parfois des individus qui en prennent un nombre prodigieux, et même jusqu’à quarante et cinquante par jour.

Les environs des fontaines sont fort élégants. Les nouveaux embellissements du Theresienbrunn sont charmants : un excellent orchestre, digne de la Bohème, y délecte les buveurs mélomanes, ainsi qu'au Sprudel.

D'innombrables savants ont tenté d'expliquer la thermalité de ces eaux, mais le célèbre Berzelius « en croit l'explication d'autant plus difficile que, ne pouvant pénétrer. jusqu’au foyer qui leur donne la chaleur, on ne saura! jamais précisément le procédé qu’emploie Ja nature pour la produire, ni comment elle imprègne cette: eau de substances dont les montagnes de Carlsbad, autant qu’on peut en juger.par les recherches déjà faites, ne contiennent pas une quantité suffisante pour expliquer l'énorme quantité de sulfate.et de carbonate de soude qui sort de ces sources dans le courant d’une seule année ». 11 pense « que la chaleuret la nature des substances qui minéralisent cette eau sont si étroitement liées entre elles que l’explication de la cause de cette chaleur ne peut se séparer de la connaissance du lieu dont elles proviennent ».

Depuis un siècle on recueille Le seZ de Carlsbad (sulfate de soude }) par un procédé fort simple d’évaporation, c’està-dire dans des chaudières pleines d’eau minérale, placées dans cette eau même comme au bain-marie, On l’ajoute souvent à l’eau qu’on boit lorsqu'elle n’agit pas assez, et les malades, en quittant Carlsbad, s’en procurent pour en prendre pendant la route en cas de constipation. L’eau elle-même west pas transportable : enfermée dans un vase quelconque, elle y forme un sédiment, se couvre d’une pellicule, et y contracte une odeur et un goût désagréables, qu’elle n’a pas à la source. Cependant on a trouvé moyen dans ces dernières années d’expédier l’eau du Scklossbrunn. |

Ce ne fut qu’en 1521, que Wenzel-Bayer ou Payer, d’Ellbogen, le plus ancien auteur qui aït écrit sur ces thermes, en conseilla l'usage interne. Maintenant on boit les eaux, on s’y baigne, et on y a fondé depuis 1827 un utile établissement de bains et de douches de vapeur. Outre quelques maisons bourgeoises et l’hôpital, où l’on peut se baigner, Carlsbad possède deux établissements publics destinés à cet usage, au Mühlbrunn et au Sprudel; plus, les bains de vapeur alimentés par la Source d’'Hygie, et qui furent organisés par l’auteur de cet article.

« Carlsbad, dit Hufeland, est une preuve frappante que le mérite réel résiste à toutes les vicissitudes des temps, des modes et des systèmes. Peu agréable au goût, différente de ces eaux gazeuses dont le piquant ranime momentanément le buveur, promettant peu à l’analyse, purgative, dénuée de tout ce qui flatte les sens, n’offrant dans sa composition que des parties insignifiantes en apparence, plus contraires que favorables aux idées médicales du jour (1815 ), l’eau de Carlsbad., fade et alcaline, n’en a pas moins invariablement conservé sa haute renommée, par la simple raison qu’elle guérit des maux rebelles à tout autre moyen curalif. » La soude en est cependant l’ingrédient prédominant, et c’est à cet alkali, allié à plusieurs acides, qu’on doit attribuer les principaux effets de ces eaux, quelque rôle auxiliaire qu’y jouent:les autres parties constituantes, dont certaines d’entre elles ne s’y trouvent qu’en:très-petite quantité. La soude par elle-même agit énergiquement sur l’économie animale; elle exerce unê funeste influence sur le système artériel, dispose aux hémorrhagies, au scorbut, et dérange la digestion. L’eau de Carlsbad au contraire ranime et vivifie, excite l’appétit, favorise la digestion, et, jointe à un régime convenable, ramène le bien-être. Cette différence dans les effets de la soude pure et ceux que produit cette ean n’est due qu’à ses combinaisons avec des parties plus subtiles, telles que l’oxyde de fer, le gaz acide carbonique et les nouveaux ingrédients découverts par Berzélius ( sans parler de ceux qu’an y découvrira peut-être encore ), et surtout à cette température plus ou moins haute, qui, en volatilisant toutes ces parties, si merveilleusement unies et combinées, les fait arriver par les ramifications les plus ténues aux dernières extrémités de l’organisme, leur donne cette propriété ranimante et leur enlève lé pouvoir d’affaiblir. On a vérifié que le sel de Carlsbad se retrouve jusque dans l'urine de ceux qui en boivent les eaux. Ces eaux agissent en général d’une manière excitante sur l'estomac, le canal intestinal, les reins, le foie et les viscères du bas-ventre, dont elles augmentent les sécrétions. et excrétions, surtout celles des intestins, jusqu’à effet purgatif. Elles excitent particulièrement les vaisseaux sanguins, causent souvent de l’orgasme, des palpitations, et portent le sang à la tête; elles augmentent indirectement l’activité du système lymphatique, et ce n’est qu'après avoir produit leurs effets excitants, sécrétoires et excrétoires, qu’elles agissent comme toniques, et par conséquent d'une manière différente de celles dés eaux ferrugineuses et gazeuses, dont Paction est plus directe. La purgation n’est pas indispensable à la cure, et quelque désirable qu’elle soit en général, on voit souvent les plus heureuses crises opérées par l'abondance des urines ou de la transpiration, et fréquemment par la réunion de ces divers effets. Dans tous les cas, il faut empêcher que le malade soit constipé, ce qu’on obtient ordinairement par l'addition de quelques drachmes de sel de Carlsbad dans un ou deux gobelets de ses eaux, ou par des lavements d’eau minérale attiédie. Ces

. diverses manières d’agir ont de tout temps déterminé et réglé

l'usage des eaux de Carlsbad , et les ont mises au premier rang parmi les remèdes nommés communément désobstruants et altérants, dans les innombrables maux provenant de stagnation, d’obstruction des vaisseaux ou des organes qui en sont si ahondamment pourvus, et d’où résulte une variété d’affections du bas-ventre, faiblesses d’estomac, aigreurs, gonflements, éructations, constipations, qui, eom-

. pliquées avec les dérangements du système nerveux, forment

toutes ces obstructions du foie, de la rate, du mésentère, de l’épiploon, ces concrétions biliaires, la jaunisse et sesnuances, l'hypochondrie et ses visions, les hémorrhoïdes fluentes et sèches, les maux de tête, les vertiges, diverses affections arthritiques; herpétiques, scrofuleuses et urinaires.

Ces eaux ne s'accordent jamais avec un état inflammatoire quelconque, ni avec des symptômes d’orgasme, de congestion ou de vertige. Si ces états existent , il faut, à l’arrivée

du malade, travailler à les faire disparaître avant de commencer la cure, et s’ils surviennent pendant sa durée, il faut interrompre l’usage des eaux ou en modérer la quantité. Elles sont manifestement nuisibles dans la phthisie pulmonaire et ses divers degrés, dans les affections syphilitiques, et elles accélèrent souvent la désorganisation des viscères squirrheux trop avancés. Elles occasionnent souvent une légère enflure des pieds, principalement chez les femmes; mais ce symptôme disparaît en général quand les sécrétions augmentent et surtout en quittant Carlsbad. Elles font beaucoup plus de mal que de bien dans l’hydropisie provenant d’un endurcissement déjà ancien ou dégénéré de quelque organe du bas-ventre; mais leur effet diurétique peut être quelquefois utile dans certaines hydropisies où les viscères abdominanx ne sont pas encore compromis. Dans les affections chlorotiques et dans l’aménorrhée, ce n'est pas tant sur la petite quantité d'oxyde de fer que contiennent ces eaux qu’on peut baser l'espoir d’un bon effet que sur leur qualité désobstruante, et sur leur propriété manifeste d’accélérer la circulation et de vivifier le teint. Il en est de même des flueurs blanches, dans le traitement desquelles il faut toujours distinguer celles qui proviennent d’engorgement des organes du bas-ventre et de la matrice, de celles qui sont causées par une simple débilité : les premières seules sont du ressort de Carlsbad. 11 n'est pas inutile de dire qu’elles accélèrent beaucoup la croissance et la fin funeste des anévrismes; mais il est faux qu’elles disjoignent les os réunis par un ancien calus. Leur effet sur l'expulsion des caleuls biliaires est quelquefois prodigieux, et j'en ai déjà vu deux fois de couleur bleu de ciel parmi une infinité d’autres de couleur ordinaire. Cet effet est marquant dans la gravelle. Les maux arthritiques, si fréquents et si cruels, y trouvent le remède le plus efficace , ainsi que les tremblements de tout le corps ou de quelques membres, causés par l’usage des préparations de mercure.

On se tromperait fort si l’on croyait des facultés différentes aux diverses sources de Carlsbad; mais on ne peut nier certaines individualités qui font reconnaître certaine attraction ou certaine répulsion entre tel individu et telle source, et c’est employer un langage très-fautif que de parler de sources fortes et de sources faibles , tandis qu’on ne doit parler que de sources plus ou moins chaudes. Leur quantité de gaz acide carbonique est toujours en raison inverse de leur chaleur : les plus chaudes en contiennent le moins, les moins chaudes le plus. Elles n’attaquent pas l'émail des dents, mais elles agacent et irritent celles dont le nerf est à découvert et sensible, Ces eaux exigent un régime que le médecin doit en général régler d'après lindividualité du malade ; le travail de Pesprit est nuisible, J1 faut en suspendre l'usage pendant la grossesse et la menstruation; toutefois on peut le permettre quand celle-ci est insuflisante.

Le nombre des ouvrages qui ont traité de Carlsbad est immense: parmi ceux qui datent de ce siècle on lira avec intérêt Hufeland, en 1815 ; Kreysig, de Dresde, en 1825; Ryba, en 1828, et, s’il m’est permis d'indiquer mes propres écrits, celui qui a pour titre : Carlsbad, ses eaux minérales et ses nouveaux bains à vapeur, 1829, et mon Almanach de Carlsbad. Pour la chimie de Carlsbad, on peut consulter Berzélius; pour ses conferves thermales, C.-A. Agardh, de Lund en Suède, en 1827 ; pour sa Flore, Antoine Ortemann ; pour sa minéralogie et sa géologie, l’illustre Gœthe, en 1807, et de Hoff en 1825 et 1826. Les poëtes qui ont chanté Carlsbad sont innombrables : les plus celèbres sont Bohuslas de Lobkowitz, mort en 1510; Tralles, en 1756, et de nos jours Neudek, Théodore Kærner, Swobode, Marsano, Kannegiesser, À. Dumas et Léon Lafont. Les rochers de la vallée de Carlsbad sont tapissés de poésies, bonnes et mauvaises, sur les vertus de ses Thermes. Ch" J, pe Carxo (de Prague).

CARLSBAD (Résolutions de), On connaît sous ce nom, dans l’histoire eontemporaine, les mesures arrètées au con-

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