CARLSBAD -- CARLSRUHE
grès dessouverains allemands, membres de la Saïnte-Alliance, tenu en 1819 à Carlsbad. Ces mesures avaient pour but de combattre les tendances révolutionnaires qui commençaient dès lors à se manifester dans diverses parties de l’Allemagne. Elles portent la date du 20 septembre, et tous les princes de la Confédération germanique s’engagèrent à les exécuter. Elles soumettaient l’enseignement des universités au contrôle sévère de chaque gouvernement, chargé de veiller à ce que les professeurs n’abusassent pas de leur influence sur leurs élèves pour répandre parmi eux de dangereuses doctrines, et à ce qu'aucune société secrète ne fût établie entre les étudiants. Elles astreignaient pendant cinq ans à la censure préalable les journaux et écrits périodiques, de même que les ouvrages de moins de vingt feuilles d'impression, chargeaïent les différents gouvernements de tenir rigoureusement la main à ce qu'aucun délit d’outrage et d’offense à l'égard des puissances étrangères ne fût commis dans leurs États respectifs par la voie de la presse, et les en rendaient responsables. La diète germanique était en outre autorisée à fire saisir et supprimer d'office tout écrit qui lui parattrait de nature à compromettre le maintien de la paix publique en Allemagne. Cependant, elle n’avait en aucun casle droitde poursuivre les auteurs mêmes de ces écrits. Enfin les résolutions de Carlsbadinstituaient une commission centrale d'enquête, composée de représentants de l’Autriche, dela Prusse, de la Bavière, du Hanovre, de Bade, de Hesse-Darmstatd et de Nassau, à l'effet de rechercher et de poursuivretous les individus affiliés à des sociétés secrètes et révolutionnaires dirigées contre le maintien de l’ordre de choses existant et contre la paix publique en Allemagne. L'acte officiel se terminait par la critique de cette tendance de quelques esprits à s’occuper de théories aussi vides que dangereuses, de l’influence fâcheuse exercée par des écrivains désireux de flatter à tout prix les passions populaires, de la manie qui portait certains hommes à vouloir à toute force imposer à leur patrie les lois des autres peuples, etc.
Ces résolutions furent confirmées dans des conférences ministérielles tenues à Vienne en 1819 et en 1834. Mais ce n’est qu’en 1844 que tous les actes et documents relatifs aux conférences tenues en 1819 à Carlsbad furent rendus publies.
CARLSCRONE (Karlskrona), ville très-forte du Læn (cercle du même nom) en Suède, à 48 myriamètres S.-0. de Stockholm, sur les bords du Sund, et un bon port, station d’une partie de la flotte suédoise, avec tous les grands établissements qu’exige la marine militaire, compte une population de plus de 13,000 habitants, et est en outrele centre d’un commerce assez important, notamment en fer, cuivreet potasse. Les docks méritent surtout l’attention des curieux. Elle tire son nom, qui signifie couronne de Charles, du roi Charles XI, son fondateur. En 1790 un incendie la réduisit presque complétement en cendres.
CARLSRUIHIE, capitale du grand-duché de Bade, dans une belle plaine, à 15 kilomètres du Rhin, dans le cercle du Rhin central, au voisinage de la forêt de Hart, fut fondée en 1715, et compte 27,000 habitants. A cette époque, le margrave Charles-Guillaume de Baden-Durlach ayant fait construire en cet endroit un rendez-vous de chasse, plusieurs familles vinrent s'établir aux environs du nouveau château; le nombre s’en accrut successivement, surtout depuis que le margrave eut choisi ce château pour sa résidence habituelle, par suite de l’opiniâtreté avec laquelle les bourgeois de Durlach, pour conserver leurs différents priviléges, s’opposèrent aux constructions que ce prince voulait entreprendre dans leur ville à l'effet de l'embellir et l'agrandir. Le margrave avait fait percer autour de son nouveau château trente-deux allées répondant à ses trente-deux fenêtres. Onze de ces allées, situées au nord de la ville, se couvrirent alors de constructions, de telle sorte que, se prolongeant régulièrement dans leurs directions respectives à une distance égale du