‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 360 sur 556 · CARMIN — CARMONTELLE · texte numérisé non relu

CARMIN — CARMONTELLE

ci est toujours d'autant plus vif à l'œil qu’il contient plu de carmine. Pour isoler la carmine pure ou presque pure, on fait d’abord macérer la cochenille dans l’éther, Cette macération préalable semble indispensable pour enlever à la cochenille une espèce de substance sébacée, qu'elle contient toujours en plus ou moins grande quantité et qui enveloppe la carmine. Ensuite on prend la cochenille ainsi dégraissée pour la traiter à plusieurs reprises par l'alcool bouillant, À chaque traitement par l'alcool, on obtient par le refroidissement complet un dépôt de matière grenue, d’une couleur rouge intense. Si au lieu d'opérer par voie d’ébullition et de refroidissement subit, on procède par évaporation lente, le dépôt n’est pas grenu, il affecte des formes cristallines assez bien prononcées. Mais la carmine, même dans cet état, est encore bien loin d’être pure : il s’agit de la débarrasser des dernières portions de substance grasse qui la souillent. On y parvient en répétant sur elle le traitement par l'alcool à 40°. A la dissolution qui en résulte il faut ajouter partie égale d’éther. D’abord la liqueur se trouble, puis elle finit par s’éclaircir. Un repos de quelques jours, dans un lieu un peu frais, permet un nouveau dépôt de carmine, sinon absolument pure, du moins dégagée de la majeure partie de la substance sébacée : les parois du vase se sont fapissées d’une incrustation d’un rouge magnifique. Dans cet état, approchant de celui de pureté, la carmine reste inaltérable à lair, à la tempés rature ordinaire; mais l’action de la chaleur la décompose, Elle contient 49,33 de carbone, 6,66 d'hydrogène, 40,45 d'oxygène et 3,56 d’azote.

La carmine est très-soluble dans l’eau, et la dissolution aqueuse ne produit plus de cristaux. L'alcool bouillant la redissout, mais l’éther n’a pas d’action sur elle.

CARMONA, ville d'Espagne, à 32 kilom. nord-est de Séville, avec 16,000 habitants, est située sur une éminence et domine une fertile plaine d’oliviers ; ses vieux remparts mauresques et son château-fort en ruines lui donnent un aspect pittoresque. Elle existait du temps des Romains, et César lui accorda les privilèges de cité. Deux de ses anciennes portes subsistent encore; celle de Cordoue est un beau monument d'architecture. Carmona possède des fabriques de draps , de chapeaux et de cuir; ses moulins à huile sont nombreux et son vignoble a de la réputation. Un chemin de fer l’unit à Cordoue et à Séville.

CARMONTELLE,, né à Paris, le 25 août 1717, ÿ mourut, à l’âge de quatre-vingt neuf ans, le 26 décembre 1806. D'abord lecteur du due d'Orléans, il fut ensuite ordonnateur des fêtes que donnait ce prince. Il doit sa place dans ja littérature à ses Proverbes dramatiques, petites pièces dont l’action se rapportait à quelque maxime populaire, dont elle démontrait la justesse. Sa facilité était aussi étonnante que sa fécondité; une matinée lui suffisait pour la composition d’une pièce en un ou deux actes. Quoique son dialogue soit en général fort commun , ses petites comédies forment un assez joli répertoire pour les théâtres de société.

Après la grande crise de la révolution française, lorsque chacun , lassé du drame de la rue, ne demandait qu’à s’étourdir sur un passé qu’il avait hâte de répudier, une passion, que l'on pourrait qualifier de fureur dramatique, vint s’emparer à Paris de toutes les classes. Chaque quartier, chaque rue eut son théâtre de societé. Cette fureur dramatique contribua, plus que leur mérite, à donner une espèce de vogue aux Proverbes de Carmontelle , faciles à monter et à jouer. Saisissant &ssez heureusement les travers et les tics de tous les genres de société, rendant avec fidélité les conversations fastidieuses des salons et les rabâchages des bourgeois, il fut goûté et applaudi, Ce n'est pas cependant que ses petites comédies, en quelque sorte improvisées , offrent de grands développements dramatiques : on n’y doit point chercher d'intrigue , de nœud, ni de dénouement

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