‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 370 sur 556 · CAROLINE — CAROLINE-MARIE · texte numérisé non relu

CAROLINE — CAROLINE-MARIE

envahie qu’à la fin de la lutte et se soumit sans résistance aux troupes de Sherman (février 1865). Voyez CHARLESTON. L'esclavage y fut immédiatement aboli.

CAROLINE-MARIE, épouse de Ferdinand er, roi des Deux-Siciles, fille de l’empereur François I°r et de l’impératrice Marie-Thérèse, naquit le 13 août 1752. Aussi attrayante que spirituelle, mais manquant de fermeté de caractère, elle se maria le 12 août 1768. Aux termes de son contrat de mariage, la jeune reine devait siéger au conseil d'Étatimmédiatement après la naissance d’un héritier mâle du trône; mais, impatiente de se mêler du gouvernement, elle réussit en 1777, avant même que la condition du contrat fût accomplie, à faire congédier le vieux ministre Tannucci, qui possédait la confiance du roi et le dévouement des Napolitains, afin d'exercer, sous Sambuca, qu’elle lui fit donner pour successeur, une plus grande influence sur la marche des affaires et sur l'esprit de son mari. Sambuca ayant donné sa démission en 1784, elle le fit remplacer par Acton, Irlandais né en France. Les gaspillages et les profusions de ce favori sans mérite lui attirèrent bientôt la haine de toutes les classes de la société; une explosion populaire était imminente. En 1798, le roi, complétement dominé par la reine et espérant donner ainsi le change au mécontentement publie, se décida à déclarer de nouveau la guerre à la république française, avec laquelle il venait tout récemment de conclure la paix. Mais la défaite essuyée par Mack eut pour résultat d'amener bientôt après l’armée française sous les murs de Naples, et de contraindre Ja famille royale à demander asile à la flotte britannique.

Une insurrection habilement fomentée en Calabre contre la domination française et le parti républicain par le cardinal Ruffo, rouvrit dès 1799 les portes de Naples au roi Ferdinand 1°", Mais la reine Caroline-Marie n’y revint qu’accompagnée de la trop fameuse lady Hamilton, de cette prostituée dont Nelson n’avait pas rougi de faire sa maitresse, et qui, à la honte de ce gouvernement de muets et d’eunuques protégés par le bourreau , exerça alors sur la marche des affaires une influence encore plus funeste que n'avait pu l'être celle d’Acton et de Vanini.

La capitulation aux termes de laquelle le roi avait pu rentrer dans sa capitale fut indignement violée; et on institua une junte d’État chargée, sous la présidence de l’odieux Speziale, de rechercher activement et de punir sévèrement tous les fauteurs, partisans et employés du gouvernement intérimaire. La réaction la plus impitoyable promena alors la terreur et les supplices dans toutes les parties du royaume, et la victoire de Marengo, par ses immenses et glorieuses conséquences, put seule mettre un terme à ce régime de sang et de boue. Le gouvernement de Caroline- Marie fut alors condamné à laisser momentanément le bourreau chômer de besogne. Mais en 1805, ayant été assez imprudent pour se jeter tête baissée dans la nouvelle coalition contre la France, une armée française envahit le royaume de Naples, et contraignit encore une fois la reine et son débonnaire époux à fuir en Sicile. Napoléon disposa du trône resté vacant en faveur de son frère Joseph, qui, appelé plus tard à remplacer en Espagne l’autre branche, non moins caduque et épuisée, de la maison de Bourbon, dut le céder à son beau-frère Murat. Dès lors tous les efforts de la dynastie détrônée et réfugiée à Palerme tendirent à amener une contrerévolution à Naples, à l'instar de celle qu’elle avait réussi à y provoquer en 1799. Vers 1809, Caroline-Marie, estimant que la coalition n’apportait pas assez d'empressement et d’activité à opérer la conquête des États de son royal époux sur la terre ferme, se brouilla complétement avec son représentant à Palerme, lord Bentinck, général en chef des forces britanniques cantonnées en Sicile, qui d'ailleurs s'était toujours efforcé de mettre obstacle à son influence sur les affaires. En 1811 la promulgation d’une constitution libérale accordée aux Siciliens sous la médiation de l'Angle-

Page 1