CARRIÈRE — CARRON
docteur J. de Carro publie l'A/manach de Carlsbad, où il consigne ses observations thérapeutiques. I] a terminé ses écrits sur les eaux de cette ville par un livre intitulé Vingthuit ans d'observations et d'expériences à Carlsbad (1853). M. de Carro y est mort le 12 mars 1857,
CARROBALISTE , baliste moyenne ou scorpion dont parle Végèce. C'était une arme névrobalistique qui était portée sur un train à quatre roues que tiraient deux bêtes detrait : cesanimaux étaient garantis par un caparaçon de mailles. Gal Bain.
CARROCCIO, ou CARROUZE, char sacré et porteétendard des armées chrétiennes au moyen âge. C'était un immense chariot à quatre roues recouvertes de fer, au milieu duquel s’élevait quelquefois une tour , plus communément un grand mât surmonté d’une croix et d’un étendard. Vers le milieu était placé un Christ de grandeur naturelle ; au pied s’appuyait un autel sur lequel un prêtre célébrait les saints mystères. La plate-forme du carroccio présentait assez d’étendue pour que cinquante personnes pussent y trouver place , entre autres dix à douze chevaliers, qui en avaient la garde , et pareil nombre de trompettes, qui faisaient retentir l'air de fanfares pendant la marche ou la bataille, Cette vaste machine, couverte d’étoffes précieuses, était tirée par des bœufs richement caparaconnés. Une voile, placée vers la partie supérieure du mât, concourail à alléger le fardeau et à accélérer la marche, lorsque le vent était favorable.
On attribwe l'invention de ce char de ralliement aux peuples de la Lombardie. Elle a dù précéder les querelles sanglantes des guelfes et des gibekns, puisque dès le commencement du douzième siècle il était déjà en usage en France et en Angleterre. Dans une bataille que les Anglais gagnèrent en 1138, sur David, roi d'Écosse, ils avaient au centre de leur armée un carroccio portant un mât de navire, au bont duquel flottaient trois bannières d'église autour d’un crucifx d'argent. Cette journée mémorable dans les fastes britanniques est désignée sous le nom de bataille de l'Étendard. C’est aussi le nom de s{andard que Gautier Vinisauf et l’Arabe Boha-Eddin, témoins oculaires, donnent à ce char de guerre en usage parmi les croisés. Chaque peuple avait fait de ce char sacré une sorte de palladium, en y plaçant ce qu'il avait de plus cher, le symbole de sa croyance et le signe de sa nationalité. Mais les avantages qu'il présentait comme point central de défense étaient loin de compenser les inconvénients qui résultaient de la lenteur de sa marche lors de l'attaque et de la poursuite de l'ennemi en retraite. Aussi cette invention ne paraît-elle pas avoir duré plus de deux siècles. Un dernier exemple qu’on cite du carroccio est celui que les croisés élevèrent au siége de Damiette, en 1219. LAINÉ.
CARRON, bourg d'Écosse, situé sur la rivière du même nom, dans le comté de Stirling, est célèbre depuis l'année 1760 par la vaste fonderie de fer qu'y établirent les frères Carron, et qui occupe constamment plus de deux mille ouvriers. On y fabrique des pièces de gros calibre, des boulets, des bombes, des barres de fer, des ponts en fer, etc. C’est de cette usine que sont sorties les premières caronades.
A l'epoque de la domination romaine la rivière Carron formait la ligne de démarcation entre l’empire et les Calédoniens indépendants. Son cours décrivait une ligne parallèle à la muraille d'Antonin. Aussi la contrée voisine fut-elle, dès l'époque la plus reculée, le théâtre de luttes sanglantes. C'est ainsi que dans les premières années du cinquième siècle il s’y livra une sanglante bataille entre les Romains et l’armée des Pictes et des Scots confédérés, qui franchirent la Muir, A un quart de lieue du Carron, et à peu de distance de la ville de Falkirk, on trouve le champ de bataille où, en 1298, William Wallace fut défait par les Romains, et où périt son ami le brave John Graham, souche des dues de Montrose, d’où lui est demeuré le nom de Graham's Muir.