CARROUSEL — CARTE
fur Napoléon III, qui lui-même avait, durant son exil, figuré de sa personne à une joûte de la noblesse anglaise à Fglington. Depuis les élèves de Saumur exécutent à la fin de chaque année un carrousel qui se compose d’une course de bagues et d’une course de têtes, où concourent 72 sousofficiers pour les prix offerts par le ministre de la guerre.
Mais qu'est-ce que ces fêtes en comparaison des carrousels de nos pères? Le faste et la gloire de ces cérémonies se sont éteints avec la vieille noblesse ; au lieu de mener des pages richement vêtus, des chevaux écumants, des machines {outes brillantes au sein d’une vaste carrière, maintenant on se range deux à deux, à huis clos, avec des femmes parées; et voilà tout ce qui nous reste de l'antique renommée des quadrilles.
La place du Carrousel, située en face du palais des Tuileries à Paris, doit son nom au carrousel que Louis XIV y donna en 1662, à l'occasion de la naissance du dauphin.
CARRUQUE,. C'était une espèce de chariot, chez les anciens Romains, à l’usage des gens de qualité et même des autres classes du peuple. Les premiers l’ornaient d’argent ; il était à quatre roues, et tiré ordinairement par des mules ou mulets. Les carruques communes étaient garnies de cuivre ou d'ivoire. L'empereur Alexandre Sévère ne permitles carruques argentées qu'aux sénateurs ; mais l’empereur Aurélien rendit cette permission générale ; et on en vit de trèshautes, dans lesquelles on se faisait promener en habits riches et somptueux.
CARSTENS ( Asuus-JacoB), l’un des plus remarquables peintres des temps modernes, né en 1754, à Saint- Jürgen, près de Schleswig, était fils d’un meunier, et fut élevé avec le plus grand soin par sa mère, femme excellente et d’une instruction de beaucoup supérieure à sa condition. De bonne heure il témoigna de rares dispositions pour le dessin et la peinture; et les tableaux de Jurian Oven, l’un des plus remarquables élèves de Rembrandt, qui ornent la cathédrale de Schleswig, et dont il put faire une étude toute particulière, lui inspirèrent le désir de marcher sur sestraces. A la mort de sa mère, son tuteur, trouvant déraisonnable la passion qu’il annonçait pour les arts , le plaça en apprentissage dans une maison de commerce. Mais Carstens ne tarda pas à la déserter, et se rendit à Copenhague à l’effetde se perfectionner dans son art, cherchant provisoirement dans la peinture du portrait, genre dans lequel il ne tarda pas à acquérir une remarquable habileté, les moyens de suffire aux besoins matériels de l'existence. L'étude de l'antique, qu’il put faire dans les musées de cette capitale, le ravit d'admiration, et lui inspira le goût de la peinturehistorique. La première grande toile qu’il exécuta avait pour sujet /a mort d'Eschyle. I] y avait sept années déjà qu'il habitait Copenhague lorsqu'il partit en 1783 pour faire son tour d'Italie. Après avoir fait quelque séjour à Milan et à Mantoue, le manque de ressources et l'ignorance de la langue italienne le forcèrent à s’en retourner en Allemagne. En passant par Zurich, il s’y lia d’amitié avec Gessner et Lavater ; puis il se rendit à Lubeck, où il passa encore près de cinq années, subsistant en faisant des portraits. Le poëte Overbeck appela sur lui l'attention d’un riche amateur, qui lui fournit les moyens d’aller s'établir à Berlin. Il y vécut presque inconnu jusqu’au moment où un grand tableau de sa composition, La Chute des Anges, contenant plus de deux cents figures, lui valut la place de professeur à l’académie des beaux-arts. Ce ue fut qu’en 1792 qu’il lui fut enfin donné d’exécuter, avec une pension de 450 thalers, ce voyage de Rome qui avait été constamment l’objet de sa plus vive ambition; et dansla capitale du monde chrétien il se livra à l’étude de Michel-Ange et surtout de Raphael, étude qu'il faisait consister bien moins dans la copie servile des œuvres de ces grands maîtres de l’art que dans leur attentive contemplation. Le premier tableau qu'il exécuta à Rome fut La Visite des Argonautes au cen- Éeure Chiron, toile aussi remarquable par la pureté du
style que par la beauté des formes et l’heureuse distribution de lalumière. Les sujets des nombreux travaux qu’il exécuta postérieurement furent pour la plupartempruntés aux poëtes de l'antiquité classique. Apollonius de Rhodes, Pindare et Orphée lui fournirent le sujet d’une suite de vingt-quatre dessins qui ont été gravés sur cuivre après sa mort par Koch, et publiés à Rome, en 1799 sous le titre de : Les Argonautes. Ossian, Le Dante et Shakspear lui inspirèrent également quelques compositions. Son dernier ouvrage fut un Œdipe d’après Sophocle. Il laissa inachevée une autre grande composition : L'Age d'Or.
Carstens, dont la santé avait toujours été très-chancelante, mourut, à Rome, le 26 mai 1798, et sa dépouille mortelle fut déposée près de la pyramide de Cestius. On peut dire de lui qu’il fut un des artistes qui en se rattachant au style classique, que personne ne développa avec plus de pureté, réagirent le plus heureusement et le plus puissamment contre l’art dégénéré du siècle. Il suivit la direction tracée par les glorieux ouvrages de l’école française, l’école de David et de ses élèves. 11 a une pureté de sentiment, une élévation de style, une noblesse de formes qui le placent à côté des grands maitres. On a dit qu’il manquait d’études complètes, achevées ; il suffit cependant de jeter les yeux sur la collection de ses cartons, qui se trouve à Weimar, et que W. Muller a reproduits par la gravure avec un texte explicatif par Schuchardt, pour se convaincre combien ce reproche est peu fondé, Si son nom n’a pas obtenu cette réputation européenne qui paraît la seule sanction du talent, et à laquelle il avait tant de droits, c’est qu’il mourut précisément au moment où venait de se terminer son éducation artistique, commencée un peu tard. Les travaux de cet artiste consistent pour la plupart en dessins à l’aquarelle et en peintures à fresque, genre dans lequel il eût pu atteindre le dernier degré de la perfection. Il ne s’exerça en effet que rarement à la peinture à l'huile, qui semblait peu convenir à la direction particulière de son talent.
CARTACE (en latin chartaceus et chartacius, fait de charta , papier, c’est-à-dire qui concerne le papier). Ce nom, emprunté par les sciences naturelles au langage usuel, sert à spécifier tantôt un corps organisé qui croft sur le papier humide (sporotrichum chartarium), tantôt un animal rayonné, qui estétalé en feuilles minces (escharachartaria), tantôt enfin les parties des végétaux qu’on a cru devoir comparer, à cause de leur sécheresse, de leur flexibilité et de leur ténacité, au parchemin ou à une carte; c’estainsi qu’on a dit : péricarpe cartacé (anagallis arvensis), noyau et tegmen cartacés (areca Fanfel, pyrus communis).