BULOW
gne. Il épousa dans cette ville la fille cadette de ce célèbre homme d’État, qu’il accompagna en 1817 à Londres, en qualité de secrétaire d’ambassade. Quand plus tu M. de Humboldt fut rappelé à Berlin pour y prendre ur portefeuille, son gendre resta à Londres avec le titre de char
d’affaires. Revenu quelques années après à Berlin, il y fut
attaché comme conseiller intime au ministère des affaires
étrangères, où on lui confia dès lors de préférence les questions commerciales. Nommé en 1827 ministre de Prusse en Angleterre, il prit en cette qualité une part importante aux négociations de la Conférence de Londres, relatives aux affaires hollando-belges, ainsi qu’à la conclusion du fameux treité du 15 juillet 1840, signé à l'insu de la France par les grandes puissances pour la pacification de l'Orient. Ce fut lui aussi qui négocia le traité de commerce conclu entre la Grande-Bretagne et l’Union des douanes allemandes ; traité qui souleva d’ailleurs le plus juste mécontentement en Allemagne.
Nommé, au commencement de 1841, ministre de Prusse à Francfort, il fut appelé le 2 avril 1842 à remplacer le comte de Maltzan, en qualité de ministre d’État et de cabinet, et chargé en cette qualité du portefeuille des affaires étrangères. Cette nomination, qui coincidait avec celle du général de Boyen comme ministre de la guerre, fut favorablement accueillie par l'opinion, parce que ces deux hommes d’État étaient généralement considérés comme sympathiques au progrès. Ils échouèrent cependant dans leurs efforts pour exercer une influence prépondérante sur la direction de la politique du gouvernement prussien; et en signant en 1844 le renouvellement du cartel d'échange avec la Russie, convention généralement désapprouvée par lopinion publique, le comte de Bulow perdit l’auréole de libéralisme qui entourait son nom. En 1845 le mauvais état de sa santé l’obligea à donner sa démission, et il mourut le 6 février 1846, à Berlin.
BULOW (Cuances-ÉvouarD pe), romancier allemand, issu d’une branche de la famille dont nous venons de parler établie en Thuringe, est né en 1803, dans la Saxe Prussienne. Destiné par ses parents au commerce, il travailla longtemps dans différentes maisons de banque, mais finit par renoncer à une carrière pour laquelle il ne se sentait qu’une vocation médiocre. En 1826 il avait cependant tenté de concilier ses goûts particuliers avec la direction qu’on voulait lui voir
- suivre, en achetant à Leipzig une entreprise industrielle et
littéraire à laquelle il ne tarda pas à renoncer. Après avoir suivi pendant plusieurs années les cours de l’université de Leipzig pour se perfectionner dans la connaissance des langues et des littératures anciennes, il se maria et se fixa à Dresde, où il véout dans le cercle intime de Tieck. En 1832 le duc d’Anhalt-Dessau lui conféra le titre de chambellan ; mais il refusa toute fonction publique, pour rester libre de se consacrer entièrement aux lettres. Les événements dont l'Allemagne fut le théâtre en 1849 le décidèrent à aller s’établir dans le canton de Thurgovie, où il acheta le vieux manoir d’Ællishausen. Les débuts littéraires d'Édouard de Bulow furent une traduction allemande des Promessi Sposi de Manzoni (Leipzig, 1828 ). Plus tard il publia son Novellenbuckh (Livre des Nouvelles), contenant cent nouvelles imitées d’anciens conteurs italiens, espagnols, français, anglais, latins et allemands (4 vol. 1834-1836) ; collection à laquelle il a donné une suite intitulée : Neues Novellenbuch (Brunswick, 1841). Encouragé par le succès, il a fait paraître aussi des essais originaux , notamment ses propres Nouvelles (3 vol. Stuttgard 1846), ses Promenades vrintanières dans le Harz (1836), et La plus récente des Melusines (Francfort, 1849). Il a en ouire enrichi de notices un grand nombre d'éditions d'écrivains allemands de l'époque actuelle, 11 est mort le 16 septembre 1853. BULOW CUMMERO VW (ERNEST DE), publiciste prussien, qui s’est fait un nom comme l’un des plus fermes
BULWER-LY'TTON
champions du principe aristocratique et l'adversaire décidé du constitutionnalisme moderne, mort à Berlin, en avril 1851, était né en 1775, dans le pays de Mecklembourg-Sch werin, Devenu en 1802 propriétaire d’une terre située en Pom éranie, il ne cessa plus depuis cette époque de prendre une par! active à toutes les deliperaulons Ges étais de cette nrovince relatives à la réforme à introduire dans la constitution de la Prusse, Ennemi déclaré de la bureaucratie, il l’attaqua constamment dans les nombreux écrits politiques sortis de sa plume, et dont plusieurs produisirent à leur apparition une vive sensation. De la révolution de 1848 date une nouvelle phase dans sa carrière politique. Quand à la suite des événements de mars le nouveau ministère abolit les anciennes assemblées d'états ainsi que les franchises de tout genre dont avaient jusque alors joui les propriétés de la noblesse, Bulow rallia autour de lui les derniers débris du privilége et de l'aristocratie expirants, à l’effet de créer une Association pour la défense de la propriété, que dans les masses populaires on affubla tout aussitôt du sobriquet de Junkerparlament (Parlement des Hobereaux), mais dans laquelle se trouvait en germe la complète réorganisation du parti contre-révolutionnaire en Prusse. Parmi le grand nombre de brochures que Bulow écrivit alors dans les intérêts de son parti nous citerons surtout : La Révolution et ses fruits (1850).
BULWER-LY TTON (EvwarD-GEORGES-EARLE LYT- TON, baron), célèbre romancier anglais, est né à Haydon- Hall, comté de Norfolk, en 1805. 11 est le troisième et le plus jeune des fils du général Buiwer. Sa mère, fille et unique héritière de Richard-Warbenton Lytton, devenue veuve en 1807, dirigea elle-même l'éducation de ses trois enfants; connaissant à fond la littérature anglaise, il paraît qu’elle exerça une influence décisive sur la direction d'idées que suivit le plus jeune de ses ils. A l’université de Cambridge, Bulwer-Lytton remporta le prix de poésie. La scu/pture était le sujet mis au concours. Un camarade d’études, qui avait fait un long séjour en Allemagne, l’initia à la connaissance de la littérature allemande, notamment des poésies de Gæthe. Des voyages d’agrément en Angleterre, en Écosse et en France élargirentle cercle de ses observations. Il s'était déjà fait un nom.comme écrivain lorsqu’en 1831 il fut pour la première fois envoyé à la chambre basse par le bourg de Saint-Yves. Le bill de la réforme ayant enlevé aux habitants de cette localité leurs franchises électorales , ce fut la ville de Lincoln qui lui confia le mandat législatif. Il s’en faut toutefois qu’il ait répondu comme orateur aux espérances qu'on avait conçues de son talent. Il ne prit la parole que dans les discussions générales, et, en dépit de sesétroites liaisons avec le ministère Whig, bien que créé baronnet par la reine à l’occasion de son couronnement, il demeura sans influence dans l’assemblée. Aux élections de 1841 les électeurs lui retirèrent leur mandat.
On peut dire d’ailleurs que sa réputation est bien plus contestée ou moins généralement acceptée en Angleterre que dans le reste de l’Europe. On reproche à cet écrivain fin et recherché de l'obscurité et du décousu. Complétement dépourvu de ces moyens d’agir sur la fibre populaire, que Dickens, par exemple, possède à un haut degré, il s’est singulièrernent aliéné les sympathies de l'aristocratie par les tableaux qu’ila tracés de ce qu’on appelle high lifeou la vie du grand monde. Son talent se developpa de bonne heure au milieu des circonstances si favorables de latmosphère politique et sociale particulière à l'Angleterre. On en a la preuve dans le recueil de poésies qu’il fit paraître sous le titre de Weeds and wild flowers (Londres , 1826), et que suivirent de près la nouvelle poétique O’Neil the rebel (Londres , 1827), ainsi que les romans Falckland (1827), et Pelham, or the adventures of a gentleman (3 vol., 1828). Ces dernières productions attirèrent sur lui l’attention générale; c’est là, en effet, qu’il a rencontré le type de