CARTE — CARTELLIER
Espagnols; quand les opérations, enfin, devinrent délicates et épineuses, la servilité et l'incapacité des courtisans transformés en généraux préparèrent la perte des places, amenèrent des affronts sanglants, et obscurcirent la gloire de nos armes. Ce fut pis encore sous Louis XV : il ne donna pas carte blanche à ses généraux, mais à ses maltresses ; on ne. livraitcombat pendant la guerre de 1756 qu’avec leur permis. sion ; elles décidaient du mal à faire à l'ennemi, comme M®° de Maintenon avait décidé du mal à faire à des Français au temps des guerfes de religion. L'influence des femmes de cour, et plus d’une fois même celle des femmes de généraux, ont été de tout temps d’un grand préjudice à la chose militaire. Bonaparte général s’est illustré en prenant carte blanche. Devenu empereur, il ne pouvait ni ne voulait donner entièrement carte blanche : sa sûreté l’exigeait, mais l’honneur des armes en souffrait sur les points où le souverain n’était pas. Il serait curieux d’examiner si sa chute n’a pas uniquement tenu au droit de carte blanche qu’un de ses généraux s’est donné. G*! BaRDIN.
CARTEL (du latin chartella, diminutif de charta, carte), lettre ou billet de défi par lequel on provoque quelqu’un à un combat singulier. L'usage des cartels n’a jamais été plus fréquent qu’au moyen âge et dans les temps de chevalerie, où ils jouaient un rôle important dans les {ournois; mais il remonte plus haut que cette époque, car il était fort commun chez les Grecs et chez les Romains, et l’on en voit plusieurs exemples dans Homère, dans Virgile et dans d’autres poëtes grecs et latins. Plutarque rapporte qu’Antoine, succombant sous le poids de l’infortune, envoya une provocation à Auguste, qui lui fit répondre qu’il avait mille moyens de mourir sans celui-là. De la chevalerie, où l'emploi des défis et des cartels n’était la plupart du temps qu’un appel au courage, à l'adresse et à la vaillance individuelle, à une lutte courtoise enfin, qui devait s’effectuer publiquement et en champ clos, en présence de ses pairs et de la dame de ses pensées, cet usage a passé dans les mœurs générales de la nation, où il sert à provoquer la réparation d’une injure personnelle, et à vider un différend par le sort des armes , transportant ainsi à la force le droit de la
“justice cet de la raison (voyez Due).
Le mot cartel, pris dans un sens plus favorable , s'entend encore d’une espèce d'accord ou de convention qui sefaitentre États pour l’échange des prisonniers, alors que les hostilités n’ont pas encore cessé. C’est, en marine, le bâtiment portant des prisonniers qui doivent être échangés.
C'était autrefois le nom d’une ancienne mesure de grains usitée à Rocroy, Mezières et en quelques autres lieux de France; c'est encore le nom du corps ou de la boîte d’une pendule appendue à un mur. Cartel d'armoiries est synonyme d’écu dans le blason, et cartel synonyme de cartouche en archéologie.
CARTELLIER (Pierre), statuaire, naquit à Paris, le 2 décembre 1757; entré de bonne heure daus l'atelier de Charles Bridan, il s’y distingua bientôt par une grande aptitude pour son art et un travail soutenu. Il demeura néanmoins assez longtemps obseur et oublié; mais La Guerre et La Vigilance, figures en pierre de la façade du Luxembourg, lui ayant été demandées , il ne tarda pas à devenir un des sculpteurs les plus occupés. Successivement on lui confia les statues d’Aristide pour le Palais du Sénat ( 1804 ); Vergniaud; La Gloire distribuant des couronnes, basrelief pour la colonnade du Louvre; La Capitulation d’Ulm, pour l'arc de triomphe du Carrousel (exposé en 1808). En même temps arrivaient les commandes particulières : Joséphine lui demanda une statue de La Pudeur pour la Malmaison, un puste de Napoléon, etc. Cet artiste, à qui il faut reconnaître un certain mérite d'invention, beaucoup de soin, peu de style dans l'exécution, fit encore beaucour d’autres ouvrages, parmi lesquels on distingue : Les Filles de Sparte dansant autour de la statue de Diane (bas: