‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 41 sur 556 · BULWER-LYTTON · texte numérisé non relu

BULWER-LYTTON

roman qui convient le mieux à son genre de talent. On vit ensuite parattre successivement de lui The Disowned (3 vol. 1829); Devereux (1829); Paul Clifford (1830); Eugène Aram (1831); England and the English (1833); The Pilgrims of the Rhine (1834); The Student (1835); The last Days of Pompeii (1834); Riensi, the last of the tribunes (3 vol., 1835); Athens, ils rise and fall, with views of the arts, literature and social life, essai historique (2 vol. 1837); £rnest Maltravers (1837), avec sa suite Alice, or the mysteries (1838); Leila, or the siege of Grenada (1840); Night and Morning (1841); Zanoni (1842); The Last of the Barons (1843).

Les qualités qui distinguent cet écrivain de tous les autres romanciers anglais, ce sont un style toujours large, harmonieux et pur, une pénétration philosophique de son sujet et une constante tendance à arriver à son but ainsi qu’à complétement épuiser sa matière. On ne saurait lui refuser une remarquable finesse d'observation et un tour d’expression ingénieux ; mais il manque de puissance et de plénitude d'invention; il ne sait pas assez varier ses tons, il trace mal ses caractères, et on ne rencontre jamais chez lui de ces inspirations primesautières qui enlèvent le lecteur malgré qu’il en ait. En ce quitoucheles développements énergiques dela passion, le grandiose du sujet, mais surtout la vérité et Ja vraisemblance dans la conception et la peinture de la vie réelle, il est inférieur aux autres coryphées de la littérature romancière anglaise. C’est un esprit plus refléchi que créateur, plus artiste que poëte; il conserve {oujours son sang-froid, mais il le laisse toujours aussi à son lecteur. Eugène Aram temoigne de son habileté à exciter l'intérêt jusqu’à en faire quelque chese de pénible. Cependant ses caractères sont le plus souvent exagérés ; il lui arrive aussi fréquemment de pousser l'analyse psychologique jusqu'à la minutie, par exemple dans son Maltravers et dans son Alice. On peut remarquer dans l’ensemble comme dans les détails de son œuvre des traces de l'influence allemande, notamment dans ses Pilgrims of the Rhine, ouvrage qu'il eût bien plutôt dû dédier au grand peuple allemand, « à cette nation de penseurs et decritiques », que son Maltravers, et aussi dans son Zanoni, composition , ainsi que le lui a reproché la critique anglaise, dans laquelle l'élément mystique rappelle les Visionnaires de Schiller. Le roman Zes derniers Jours de Pompéi, épisode d’un voyage fait dans l’été de 1834, ainsi que ses Pélerins du Rhin, sont le fruit d’une tournée sur les bords du Rhin, et l’une de ses plus importantes créations,

Comme poëête dramatique, Bulwer s’essaya d’abord dans le New-Monthly-Magazine, revue qu'il rédigea pendant quelques années, et où il fit paraître quelques fragments d’un Eugène Aram dramatisé. Ses œuvres dramatiques postérieures, par exemple The Lady of Lyons, or Love and Pride (1838); Richelieu, la Duchesse de la Vallière, etc., obtinrent moins de succes. Comme drames, ces ouvrages n’ont aucune importance, parce que le poëte y sacrifie sa riche imagination à l’eflet dramatique, élément qu’il est d’ailleurs tout à fait inhabile à manier, Une traduction qu’il donna des poésies de Schiller (Poems and Ballads of Schiller, 2 vol. 1844) ne brille guère par le mérite de la fidélité. En publiant son Dernier des Barons, etc., Bulwer avait annoncé qu'il renonçait pour toujours au roman; cependant il ne tarda pas à manquer à cet engagement, et publia Lucretia, or the children of night (3 vol., 1846), roman qui tourne beaucoup trop au mélodrame, et qui fut l’objet de critiques tellement vives, que l’auteur crut devoir se défendre dans une brochure intitulée : À word to the public (1847). Son Harold, the Last of the Saxon Kings (3 vol. 1848) n'eut pas plus de succès. Malgré un grand nombre de passages vraiment poétiques, on trouva que cet ouvrage contenait beaucoup trop d’érudition pour un roman et beaucoup trop d’embellissements romanesques

pour une histoire. Pendant ce temps-là un poëme satyfique « publié sans nom d'auteur, The new Timon, a romance of « London (1846), dans lequel il dépeignaïit l'état social de là … métropole de l'Angleterre et faisait poser les hommes politiques les plus célèbres de l'époque, avait obtenu un succès franc, décidé et l'avait encouragé à entreprendre une plus grande épopée : King Arthur (1848), qui ne mérite peutêtre pas les éloges exagérés que lui ont décernés certains critiques, mais qui en tout cas occupe une place honorable parmi les productions modernes du parnasse anglais. Bulwer résolut en conséquence de faire paraître sous le voile de l'anonyme son plus prochain roman, afin de désarmer la critique et de tromper le public, devenu très-froid pour un écrivain dont l’exérême fécondité lui était à charge. Les Cazxtons (3 vol.; Londres, 1850 ), qui parurent d’abord par fragments dans le Blackwoods Magazine, furent bien accueillis. L’intrigue ici est assez faible; mais quelques-uns des caractères sont parfaitement tracés, et tout l'ouvrage respire une douce kumour, un esprit de bienveillance, qu'on n'avait point encore observés chez l’auteur. Ce succès l'encouragea à suivre cette voie nouvelle, où il se rapprochaïit beaucoup de la manière de Dickens; adoptant le pseudonyme de Pisistrate Caxton il publia les romans de My novel (1851), son meilleur peut-être; What will he do wilh it? (1858), et a Strange story (1861); puis une suite d'articles humouristiques intitulés Caxloniana, et réimprimés dans ses Miscellaneous prose works (1868, 3 vol.). Dans ces derniers temps il est revenu à la poésie, et a donné, outre une nouvelle édition de ses Poems (1865), dés traductions d’Horace (1869), un recueil de poèmes antiques sous le titre de Last tales of Miletus (1866, in-8).

La mort de sa mère, arrivée en 1843, avait mis Bulwer en possession d’une fortune princière; c’est alors qu'il prit le nom de Bulwer-Lytton. Bulwer sait faire d’ailleurs l’usage le plus honorable de ses richesses, dont il consacre la majeure partie à protéger les arts et les sciences, C’est ainsi que pendant l'hiver de 1850 il a fait exécuter dans sa magnifique résidence de Knebworth-Hall, dans le comté de Hertford, une série de représentations dramatiques auxquelles prirent part quelques-uns des écrivains anglais les plus célèbres.

En ce qui touche la politique, cet écrivain, infidèle aux principes radicaux qu’il professait autrefois, s’est ouvertement déclaré conservateur et protectionniste en 1852; il lui fut alors possible de rentrer dans le parlement, et en 1858-1859 il occupa dans le cabinet Derby le poste de secrétaire d'État pour les colonies. En 1868 il reçut le titre de baron Lytton, et passa dans la chambre des lords.

Les ouvrages de Bulwer ont été traduits en France et en Allemagne.

Sa femme, Rosine WnEëLER, née vers 1808, en Irlande, dont il est juridiquement séparé depuis 1837, est auteur d’un livre passablement scandaleux : Chevaley, or theman of honour (3 vol., 1839), qui piqua la curiosité publique parce qu’il contient les plus odieuses personnalités contre sou mari, The Budget ofthe bubble Family (1840), Bianca Capello (1842), les Memoirs of a Muscovite (1844), the Daughters of a Peer (1846), ont encore moins de valeur. Son Miriam Sedley, a tale from real life (1851) a obtenu plus d'attention.

Leur fils, Robert-Édouard Buuwer, né en 1831, entra dans la diplomatie et fut attaché à Washington, Florence, Paris, consul à Belgrade de 1860 à 1867, et secrétaire d'ambassade à Vienne. 11 s'est fait dans les lettres une répulation distinguée sous le nom d'Owen Meredith, et a publié Clytemnestre (1855) et un recueil de poèmes intitulé Chronicles and characters (1868, 2 vol.).

BULWER (Sir Henry Lyrron), frère aîné du romancier, né en 1804, d’abord secrétaire de légation à Bruxelles, puis successivement à Constantinople et à Paris, membre de la chambre basse depuis 1830, s’est fait un nom honorable dans

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les lettres par ses ingénieux ouvrages : France social, literary, political (2 vol., 1833), et The Monarchy of the Middle classes (2 vol., 1834). Il a été nommé en 1843 ministre à Madrid, d'où, en 1848, Narvaez le fit partir assez lestement, sous le prétexte qu’il avait manqué à son caractère d'agent diplomatique en se mêlant à des intrigues contre le gouvernement établi. Revenu en Angleterre, il épousa miss Charlotte Wellesley, fille de lord Cowley et nièce du duc de Wellington, et fut envoyé en 1849 aux États-Unis avec le titre d'envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire. Il y signa le 19 avril 1850 avec M. Clayton le traité comme depuis sous le nom de {railé Bulwer- Clayton, et par lequel les deux puissances s’engageaient à ne posséder ni exercer d'autorité quelconqgne sur aucun point de l'Amérique centrale. Transféré en 1852 en Toscane, sir H. Bulwer intercéda auprès du pape en faveur des époux Madiaï. Après avoir fait un nouveau séjour à Washington (1856), il remplaça lord Strafford de Redeliffe à Constantinople en 1858, s’y montra l’ami passionné de la Turquie et fut rappelé en 1865, à la mort de lord Palmerston. Anobli en 1845, il avait quitté en 1837 son siège au parlement.

On a encore de ce diplomate deux ouvrages remarquables : Historical characters (1867, 2 vol.), consacrés à Talleyrand, Cobbett, Mackintosh et Canning; et Life of Palmerston (1870, 2 vol.).

BUMELIE, genre de la famille des sapotées, qui renferme des arbrisseaux du Pérou et des Antilles. Parmi les espèces de ce genre, on distingue la bumélie réclinée, arbuste de 1®,60 à 2 mètres de baut, dont les rameaux épineux. au lieu de s'élever, se recourbent vers la terre, ee qui le rend fort propre à l'usage auquel on le fait servir dans le midi de la France, où on l’emploie à former des haies vives.

BUNDELRUND, contrée montagneuse du sud de l'Inde, dans la présidence d’Allahabad, située au nord des monts Vindhya et ayant pour limites naturelles au nord la rivière appelée Djumnah, à l'oue:t le Betwa, et à l’est le cours supérieur du Sone. Ce pays n'eut jamais de frontières politiques bien précises, parce que de tous temps il fut divisé entre un nombre infini de chefs différents, constamment en guerre les uns contre les autres, de même que contre leurs oppresseurs. Les fleuves qui le traversent, el dont le plus considérable est le Kena, qui coule au centre, le découpent en diverses chaînes parallèles, allant de l'ouest à l’est, s’abaissant insensiblement au nord. La plus grande partie de ce territoire est d’une rare fertilité, notamment au nord. Les champs produisent, sans qu’il soit nécessaire de beaucoup de travail, du froment et du blé pour nourrir la population, du coton pour la vêtir ; les forêts d’arbres nains et les buissons des plaines, du bois pour construire ses habitations ; les montagnes, du fer pour ses armes; et le district de Panna, des diamants pour le commerce avec l'étranger et source de richesses pour les chefs.

Les Bundelahs sont radjepoutes, parlent un dialecte sanscrit, et ont une humeur guerrière et querelleuse, qui les rend plus propres au brigandage qu'aux occupations paisibles. Aussi depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours les défilés fortifiés du Bundelkund ont-ils constamment été le théâtre de l’histoire militaire de l’Inde. Ce furent les fondateurs de la dynastie du grand Mogol, Baber, Homayoun et Akbar, qui parvinrent seuls à soumettre le Bundelkund. Cependant il continua toujours à conserver ses propres chefs hindous, lesquels ne payaient que fort rarement le tribut auquel ils étaient astreints. Quand le fanatisme PA ureng-Zeyb, en détruisant les temples des hindous provoqua des révoltes jusque dans le Bundelkund, il se forma à Panna et à Kalinjer un État fédératif indigène de Radjepoutes-Radjahs, dont l'illustre chef le radjah Choutersat de Panna est le plus connu, sous le titre d'Hindoupati de Bundelkund, Sa descendance se maintint longtemps au pou-

voir, jusqu’à ce que, vers la fin du dix-huitième siècle, elle succomba sous les forces supérieures des Mahrattes.

Plus tard, en 1804, après le complet anéantissement des Mabhrattes, tout le Bundelkund reçut des magistrats et de administrateurs anglais. Depuis la mort du dernier préten dant légitime de la race d'Hindoupati, tous les autres propriétaires de terres d’origine princière ont été dédommagés au moyen de territoires et d'apanages ; et le Bundelkund a eu alors avec les contrées voisines des relations d’une nature plus amicale. La tranquillité intérieure y a cependant été troublée à diverses reprises, et notamment en 1842 d’une manière très-grave par une vaste insurrection. IL semble toutefois que ce mouvement était bien plutôt dirigé contre la tyrannie des princes indigènes que contre les Anglais, qui pour rétablir la paix durent employer un corps de troupes considérahie. En 1857 ce pays s’associa à la grande ré bellion des cipayes. La superficie du Bundelkund est de 2,629 myriam, carrés, aveG 2,500,000 âmes. L’Angleterre ne tient sous son autorité immédiate que 550 myriamn. Carr rés. Mais elle s’est réservé le droit d'intervention dans le reste du territoire; elle y institue et dépose donc quand bon lui semble les princes indigènes, suivant que l'exige son intérêt particulier ou le bien des populations.

BUNDSCHUH (prononcez Boundchou), mot allemand dont la signification littérale est soulier à cordons. C’est le nom qu’on donnait autrefois en Allemagne à une espèce de grands souliers qui montaient jusqu’à la cheville, et que l’on nouait au moyen de courroies de cuir, C'était alors le signe distinctif des paysans, comme les bottes étaient celui auquel on reconnaissait tout de suite le gentil-hormme. Aussi, lors des troubles du seizième sièele, les paysans allemands adoptèrent-ils le bundschuh, comme l'emblème de leur cause et comme l’étendard autour duquel se rallièrent leurs bandes insurgées. Il paraît que cet emblème fut pour la première fois arboré en 1502, à l’occasion des troubles qui éclatèrent à Untergrünbach , dans l'évêché de Spire, et que c’est de la sorte que ce surnom fut donné aux diverses insurrections de la guerre des Paysans. Au reste, on ne s'accorde pas sur la forme et la nature de cet emblème, Suivant quelques avis, les paysans portaient comme étendard un soulier à cordons suspendu au bout d’une perche ; suivant d’autres, ils avaient un drappeau bleu et blanc, au milieu duquel était répresentée l’image de Jésus-Christ sur la croix, tel qu’il apparut à saint Georges. D’un côté de la croix on apercevait un soulier à cordons (bundschuh), et de l'autre un paysan agenouillé, au-dessus de la tête duquel étaient écrits ces mots : Rien que la justice de Dieu!

BUNIADE, genre de plantes de la famille des crucifères, qui comprend dix espèces, dont la plupart viennent des parties méridionales de l'Europe. La seule qui mérite de fixernotreattention est la buniade d'Orient (bunias orientalis, Linné). Cette plante vivace, d’une végétation très-hâtive, a été proposée par Arthur Young, célèbre agronome anglais, comme propre à la production d’un fourrage frais et abondant dès la sortie de l'hiver, alors que les nourritures vertes sont encore rares et pourtant si nécesaires à la santé des animaux. Mais des essais répétés par Pictet de Genève n’ont pas entièrement justifié les promesses faites au nom de la buniade d'Orient , qui est certainement moins productive que la chicorée sauvage. Cependant, comme la buniade et la chicorée à fourrage ont une action différente sur l’estomac des animaux, et sont alimentaires à des degrés différents, il conviendrait de se livrer à de nouveaux essais sur la buniade , qui, étant de la famille des crucifères, a des propriétés ammoniacales, toniques , antiscorbutiques et stimulantes, tandis que la chicorée est, au contraire, légèrement laxative. ToLLARD ainé.

BUNRERSHILL, hauteur dominant la ville de Boston, et restée célèbre dans les fastes de la guerre de lPindépendance. C'est là en effet qu’eut lieu entre les troupes

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anglaises et les Américains le premier engagement dans lequel les insurgés obtinrent l’avantage.

BUNSEN (CariSTrAN-CHARLES-Josras, baron pe), l’un des hommes d'Etat et des savants les plus distingués de l’Allemagne, aujourd’hui ambassadeur de Prusse à Londres, est né à Korbach, dans la principauté de Waldeck, le 25 août 1791. Après avoir fait d'excellentes études philologiques à l'Université de Gættingue, sous la direction du célèbre Heyne, il publia une savante dissertation : De Jure Atheniensium Ræreditario, travail fort estimé, qui plus tard devait lui servir de recommandation auprès de Niebuhr et être le premier échelon de sa briliante fortune. Nommé professeur au gymnase de Gœættingue, M. Bunsen quitta bientôt cette place, animé qu'il était ‘du désir de connaître l'Orient, et vint à Paris pour préalablement s’y livrer à l'étude du sanscrit sous la direction de Sylvestre de Sacy et autres orientalistes célèbres. Sur le point de partir pour l’Inde avec un Américain, notre jeune savant se rendit à Florence, où son compagnon de voyage devait le rejoindre. Mais celui-ci lui ayant manqué de parole, M. Bunsen résolut d'aller à Rome, où il avait des amis et où il se maria. Présenté à Niebubr, alors ministre de Prusse près le saint-siége, il eut le honheur de se faire du grand historien un protecteur. Charmé de l'esprit brillant etde l’érudition aussi vaste que choisie de M. Bunsen, Niebuhr le prit d’abord pour secrétaire particulier, et peu après lui fit obtenir la place de secrétaire d'ambassade.

Le séjour que le feu roi de Prusse fit à Rome en 1822 exerça aussi une grande influence sur l'avenir du savant diplomate. Protestant dévot, il sut par son mysticisme et son zèle religieux gagner la confiance de son souverain; et il n'est pas douteux qu’il eut une très-large part aux réformes religieuses , en grande partie datées de la capitale du monde catholique, qui vinrent alors envahir et renover le protestantisme prussien.

Après le départ de Niebuhr de Rome, M. Bunsen l'y remplaça, d’abord en qualité de chargé d’affaires, puis comme ministre résident ; et à l'exemple de son prédécesseur, exemple qui d’ailleurs allait si bien à ses propres goûts, tous ceux de ses moments que n’absorbèrent pas les affaires furent consacrés à l’étude de l’antiquité classique. C’est ainsi qu’il coopéra activement à l'exécution du magnifique travail sur les antiquités de Rome publié par le baron Cotta, et qu’il devint un des principaux et des plus puissants appuis de l’Institut archéologique fondé par Gerhard, dans lequel il accepta les fonctions de secrétaire général.

En 1838, l'état de plus en plus embrouillé des affaires de Cologne, la tournure fâcheuse qu'avait prise cette question, envenimée par le fanatisme, décidèrent le gouvernement prussien à rappeler son représentant. De Rome M. Bunsen se rendit à Munich, et de là en Angleterre, pays de sa femme. En 1839 il fut nommé miuistre près la confédération helvétique, fonctions qu'il échangea en 1841 contre celles d'ambassadeur à la cour de Londres, C’est surtout à M. Bunsen que l’on doit l’idée de l'érection d’un évêché protestant à Jérusalem ; idée dont la politique anglaise s’est emparée, et dont la mise à exécution fut une des conséquences immédiates du traité du 15 juillet, mais dont i! ne paraît pas que jusqu’à présent on aitretiré tous les avanlages qu’on s’en était promis. H. HoerreL,

Sous le règne de Frédéric-Guillaume IV, M. Bunsen a été à plusieurs reprises appelé de Londres à Berlin par son souverain, désireux d’avoir son avis sur diverses questions importantes. Dans un de ces voyages, fait en 1844 , il adressa au roi un projet de constitution reproduisant autant que possible les formes de la constitution anglaise,

Les travaux diplomatiques de M. Bunsen n’ont pas tellement absorbé tous ses instants, qu'ils l'aient empêché de s'occuper en même temps de littérature, d'archéologie et aussi, en raison de la direction particulière de son esprit, de

théologie. Nous citerons parmi les productions qu'il a fait paraître au milieu de ses préoccupations officielles : Zgnace d'Antioche et son époque, et les Trois Lettres vraies et les quatre Lettres apocryphes d’Ignace d'Antioche (Hambourg, 1847). C'est à Londres qu'il commença la publication de Ægypten’s Stelle in der Weltgeschichte (la Place de l'Égypte dans l’histoire du monde; Hambourg, 1845- 1857, 5 vol. in-8), ouvrage historique et philosophique, qui fait époque dans l’histoire de l'archéologie, et dont la traduction anglaise peut être considérée comme une seconde édition. Rappelons encore ici, comme un des fruits de son long séjour à Rome, sa Lifurgie de la semaine sainte (Hambourg, 1841) et les Basiliques de la Rome chrétienne (Munich, 1843).

Au mois d'avril 1854 il fut remplacé dans son poste d’ambassadeur à Londres par M, de Bernstorf, à cause des sympathies qu'iltémoignait aux puissances alliées dans la guerre d'Orient ; toutefois le roi lui conféra, en 1857, le titre de baron comme une récompense de ses longs services. M. de Bunsen alla s'établir sur les bords du Rhin, tout entier au soin de terminer ses savants ouvrages, et mourut à Bonn, le 28 novembre 1860. Depuis un an il était correspondant de l’Institut de France. Nous citerons encore de lui : l’Église de l'avenir (Die Verfassung der Kirche der Zukunft; Hambourg, 1845); Memoir on the constitutional rights of the duchies of Steswig and Holstein (Londres, 1848), Hippolytus und seine Zeit (Ibid., 1851, 4 vol.), réimprimé avec des additions considérables sous le titre : Le Christianisme et l'humanité (1854, 7 vol. in-8); les divisions de ce recueil comprennent Hippolyte et son siècle, un Essai de philosophie universelle appliquée au langage et à la religion, et des Analecta ante-niceana. Les derniers travaux de Bunsen sont: Dieu dans l'histoire (1857-58, 2 vol. in-8), et la Bible (1859), traduction commentée que l’auteur n’a pas eu le temps d'achever.

BUNSEN (Rosert-GuILLAUME-ÉBrakD), chimiste allemand, né le 13 mars 1811, à Gœttingue, s’adonna à l'étude des sciences naturelles, et succéda en 1836 à Wæhler comme professeur de chimie dans l'institut de Cassel. Depuis il a occupé la même chaire à l’université de Marbourg, à celle de Breslau (1851), et à celle d'Heidelberg (1852), où il se trouve encore. Ce savant s’est fait un nom dans la chimie par des découvertes importantes, entre autres celle de l'analyse spectrale en 1861, faite avec Kirchoffet quiies amena à trouver le r'ubidium et le cæsium, Une grande pile électrique au charbon, de son invention, est très-répandue dans les lahoratoires sous le nom de pile de Bunsen. 11 est depuis 1853 correspondant de notre Académie des sciences. On a de lui : ’Hydrate de fer, contre-poison de l'arsenic(1837), et Méthodes gazométriques (1858).

BUNYAN (Jon), fils d’un chaudronnier, homme de génie, le dernier représentant de la poésie symbolique du moyen âge transportée dans un siècle philosophique, naquit à Astow, près de Bedford, en 1628. Il apprit à lireet à écrire dans la pauvre boutique de son père, dont il exerça pendant quelque temps la profession. La guerre civile éclata quand il avait vingt ans, Calviniste enthousiaste, il s'enrôla sous les drapeaux du parlement, et assista au siége de Leicester en 1645. Sa jeunesse avait été ardente et passionnée; son repentir fut violent et sa conversion éclatante. Il raconte lui-même les progrès de sa foi, ses tentations, ses doutes, ses étranges perplexités. Il devint en 1653 membre de l'Église baptiste de Bedford, et prêcha le peuple avec une éloquence populaire, violente, fougueuse, inspirée. Les sermons du chaudronnier devinrent célèbres. Il commença aussi vers la même époque à écrire sur différents sujets de piété, Doué d’un génie puissant, d’une imaginatien forte, il atteignit bientôt la pureté du style par l'énergie de la pensée,

Quand la restauration remplaga la république, les puri-

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