CASAQUE — CASAUBON
pour l’autre les mots casaque et justaucorps , il en faut conelure que justaucorps était uné easaque peu ample et à ceinture. G*! Banni.
Ce mot casaque et le vêtement qu’il désigne n’appartiennent pas seulement à l’art militaire ; c'était un manteau, à longues manches, qui se mettait par-dessus l'habit, surtout pour monter à cheval. Plus tard, ce mot est devenu l'appellation spéciale d'un surtout de campagne, grossièrement fait et d’une étoffe commune. Puis il a donné naissance au casaquin, espèce de robe-de-chambre courte et à manches, qui est devenu le vêtement ordinaire des femmes du peuple et des femmes de la campagne. De là la locution proverbiale donner sur le casaquin à quelqu'un, pour dire Je battre,
Quant à l'expression fourner casaque, signifiant changer de parti, on a prétendu qu’elle venait de l’usage où était le soldat qui voulait passer à l'ennemi, de retourner sa casaque, pour ne pas être reconnu et inquiété dans sa désertion. Mais ne dit-on pas aussi éourner casaque à l'ennemi, dans le sens de fuir, de lâcher pied, et n'est-ce pas plutôt ici une figure employée pour dire {ourner le dos ?
CASAQUIN. Voyez CasAQuE.
CASAS (Las). Voyez Las Casas. .)
CASATI ( Gaerio, comte), l’un des hommes les plus remarquables qui aient figuré dans l'insurrection lombarde de 1848, issu d’une ancienne famille noble dela Lombardie, est né le 2 août 1798, à Milan, et fit ses études à Pavie, où en 1821 il obtint le titre de docteur en droit et en mathématiques. Il ne prit aucune part à l’agitation révolutionnaire dont le nord de l'Italie fut le théâtre en 1821; mais plus tard il s’efforça de favoriser la fuite de quelques-uns de ses compatriotes frappés de condamnation. En 1824 il se rendit à Vienne à l'effet d’obtenir une commutation de peine en faveur de son beau-frère, le comte Verese, gonfalonnier de Milan, qui avait été condamné à mort. Quoique pendant les années qui suivirent il vécut dans la retraite et complétement livré à l'étude, il n’en acquit pas moins le renom d’un patriote distingué. Sur la proposition du conseil muni-
cipal de Milan, il fut, en 1837, nommé podesta (maire) de
cette ville; fonctions importantes, qu’il conserva, en vertu de trois élections successives, jusqu’au moment où éclata la.ré-
volution ; les seules qui eussent un caractère essentiellement
pational, et dont il s’acquitta à la complète satisfaction de ses concitoyens. À diverses reprises il adressa au gouvernement des mémoires et des représentations sur la nécessité d'opérer des réformes dans l'administration; et. en 1844 il fit le voyage de Vienne à l’effet de servir plus efficacement les intérêts de son pays. Sa popularité s’accrut encore lorsque, en 1846,à la mort de l'archevêque de Milan, un Allemand appelé Gaysruck, il obtint du gouvernement autrichien qu’on Jui donnât pour successeur le prélat Romilli. A cette occasion, le comte Casati tira de l’oubli la mémoire de Galdino, qui fut jadis l’âme de la ligue lombarde; et. la population glorifia avec enthousiasme le nom du patriote des anciens jours.
Les solennités en l’honneur de Romilli et de Galdino s'étaient passées dans le plus grand ordre, quand, le 8 septembre 1847, la garnison engagea sans provocation, contre la population désarmée, une sanglante collision. Ces scènes déplorables furent de sa part l’objet d’une protestation qu’il adressa à Vienne, en réclamant du gouvernement l’éloignement de fonctionnaires supérieurs devenus odieux à la population, 11 fit des démarches analogues auprès du. comte de Fiquelmont, qui avait été envoyé à Milan avec mission de comprimer le mouvement national qui se prononçait de plus en plus en Lombardie, A l'occasion des massacres que la soldatesque autrichienne et les agents. dela police commirent le 2et le 3 janvier 1848 au soir dans les rues de Milan, le comte Casati s’exposa: personnellement aux plus grands dangers pour empêcher ces furieux de. continuer à
massacrer sans ordres. les citoyens. Le jour suivant il se
rendit avec l’assésseur municipal Belgiojoso, le eomte Fiquelmont et le gouverneur Spaur auprès de Radetzky, pour le supplier de faire cesser un tel état de choses.
Quand au mois de mars 1848, après la révolution de février de Paris et les événements de Vienne, l’orage éclata sérieusement aussi à Milan et dans le reste de la Lombardie, le comte Casati, augurant mal du résultat définitif de la lutte engagée, exhorta les populations à demeurer calmes ; mais son influence était désormais impuissante sur celte ville en proie à la plus vive irritation. Dans la matinée du 18 mars, en suspendant l’exécution des ordres du vice-gouverneur 0’ Donnell, il réussit encore à empêcher la force armée de se ruer sur les citoyens. A la tête de Ja municipalité et suivi d'une foule innombrable, il se rendit au palais du gouvernement, où il obtint d’O ’Donnell la suppression du corps de police et la création d’une garde nationale. Mais à son relour de cette visite, la lutte était déjà engagée entre la force armée et le peuple; elle dura cinq jours, et se termina par la retraite des troupes. Au milieu méme de ce conflit le 20 mars, Casati fut appelé à faire partie du gouvernement provisoire, qu'on composa des conseillers municipaux et de quelques hommes nouveaux qui leur furent adjoints. Confiant dans l'étoile de Charles-Albert, et espérant la réunion de la Lombardie avec le Piémont, le comte Casati se maintint dans ce poste difficile malgré l'opposition des républicains. Appelé à Turin le 11 juin pour affaires financières, il reçut du roi la mission de former avec le général Collegno un nouveau ministère dont il fit partie jusqu’à la bataille de Custozza (25 juillet). £
Après la soumission de Milan et de la Lombardie par
| les Autrichiens (6 août), il invita ses collègues de l’ex-
gouvérnement provisoire à se constituer à Turin en consulta lombarde, ainsi que l’avait décidé la loi dite de fusion ; et cette consulta l’élut pour son président. Au mois de mai 1849, après la perte de la bataille de Novare, il renonça à toute activité officielle. Nommé en 1850 sénateur, il favorisa de toute son influence le développement de l’unité italienne, et fut mis à la tête du sénat. — Son fils est entré dans la diplomatie; il a été question de lui dans plusieurs combinaisons ministérielles. æ
CASAUBON (Isaac pe), naquit le 18 février 1559, à Genève, où sa famille, originaire du Dauphiné, s’était réfugiée après avoir embrassé la réforme. Dès l’âge de neuf ans il parlait latin avec correction et facilité. Isaac Casaubon fut un des plus remarquables esprits de son temps; il brilla surtout de l'éclat propre à ce siècle, où toutes les facultés se portaient vers l’érudition. A cette époque, qui suivit la renaissance dés lettres, l'esprit d'imitation envahit tout ; et les monuments de lantiquité grecque et latine, offrant un type subit de perfection aux esprits, qui déjà revenaient d'eux-mêmes au sentiment du beau, devinrent les objets constants de la contemplation et des efforts de la pensée. Tout effort de l'intelligence devenait de l’érudition. Les idiomes étaient encore informes, les velléités de conceptions se seraient senties honteuses de se produire à côté des chefs-d'œuvre éprouvés de la Grèce et de Rome : on fit de la philologie.
Casaubon épousa à Genève la fille du célèbre Henri Étienne, qui lui-même avait corrigé et imprimé presque tous les grands auteurs anciens. « C’était une femme fort instruite, qu’il aima toujours passionnément, dit M. de Sacy, sans préjudice du grec. » Notre savant professa cette langue et les belles-lettres à Montpellier, de là à Paris, où l’appela Henri IV. Il quitta cette dernière chaire pour occuper les
| fonctions de bibliothécaire de ce prince; et après sa mort
Casaubon suivit en Angleterre: le chevalier Wotton, ambassadeur extraordinaire de Jacques 1°. 11 se fixa dans cette contrée, y mourut, le premier juillet 1614, et fut enterré à Westminster,
M. de Sacy appelle Casaubon l’honnête homme par excellence. « Aussi, dit-il, fut-il persécuté par tout le monde. Les protestants (il était de leur communion) le traitaient d’apostat. Casaubon était trop instruit pour partager tous leurs préjugés, trop doux pour applaudir à leurs fureurs. Les catholiques, et à leur tête Henri IV, trop facile peutêtre en matière de conversion, s’étonnaient et s’irritaient de ne pouvoir pas achever celle de Casaubon, qui leur paraissait déjà à moitié faite. On essaya, pour faire opérer la grâce, de la grande ressource, celle des pamphlets ; l'inceste et le parricide y étaient les plus douces des accusations adressées au plus timoré des hommes. Le pauvre Casaubon se réfugia en Angleterre. »
Il s'était exercé, comme traducteur et comme critique, sur plusieurs auteurs grecs et latins, sur Diogène de Laerte, sur les S/ratagèmes de Polyen, sur Aristote, Théophraste, Polybe, Strabon, Théocrite, Athénée, etc. Ses investigations se portèrent sur presque tous les grands ouvrages anciens ; et son merveilleux instinct du génie de la langue et du génie particulier de chaque écrivain, ses immenses lectures, qui Vavaient familiarisé avec les fautes et les transformations habituelles aux copistes, et surtout un don naturel, véritable intuition du critique, concoururent à en faire l’un des hommes les plus doctes, les plus judicieux, les plus féconds dont on puisse honorer l’érudition depuis la renaissance. Casaubon a composé aussi quelques écrits
théologiques, espèce de tribut payé à la réforme et à l'es-
prit du temps, mais où il ne mettait pas la sève de ses facultés, et qui n’obtinrent jamais la célébrité de ses travaux philologiques.
11 laissa un fils, Marie CasauBow, né à Genève, le 14 août 1599, et mort le 14 juillet 1671, qui suivit son père en Angleterre. Il se consacra aussi à l'érudition classique avec succès, mais beaucoup plus à la théologie. François Gaiz.
CASBAH ou CASAUBA, nom que l'on donne dans les villes barbaresques à certaines forteresses, renfermant ordinairement la demeure et le trésor du chef du pays. La casbah d'Alger est le château situé au sommet du triangle que forme la ville, dont elle est la citadelle. Sa fondation ne remonte guère sans doute à plus d’un siècle, puisque Laugier, dans son Histoire d'Alger, n’en fait aucune mention parmi les forts qu’il cite. Ce château fut affecté à recéler les trésors accumulés par les deys d'Alger. Le dernier, Husséin- Pacha, redoutant le sort tragique qui avait terminé les jours de la plupart de ses prédécesseurs, abandonna le palais où ils avaient résidé, et se constitua prisonnier volontaire dans la Casbab. Il en fit une forteresse hérissée de canons, dont il ne permettait l'approche même à la milice turque qu'avec les plus grandes précautions. A l'abri de toute surprise dans cette citadelle, en raison de sa situation avantageuse, il y était gardé par une troupe dévouée, dont il avait seul les moyens de payer la fidélité. 11 n’en sortit qu’une seule fois pendant un règne de douze ans (dans l’année 1821). Il voulut se promener dans la basse ville pour inspecter les fortifications qui avaient été construites sur le bord de la mer, depuis le bombardement de 1816. Mais les soldats turcs, avides de révolutions , et surtout des profits que leur procuraient les fréquentes mutations de dey, résolurent d’assassiner celui dont l'extrême prudence les frustrait des avantages qui les dédommageaient de la modicité de leur solde. Informé à temps du complot, Husséin se hâta de rentrer dans sa prison , et n’en sortit que le 4 juillet 1830, pour aller habiter jusqu’à son départ la maïson où il demeurait avant de monter sur le trône. La Casbah fut occupée le lendemain par les Français, qui venaient de conquérir Alger, et le général Bourmont y fut visité par Pex-dey. Les clefs des portes qui renfermaient les trésors furent remises par le khasnadar ou ministre des finances à une commission, qui en fit l’inventaire et y mit les scellés. Mais, soit que l'évaluation de es Lresors ait été fort exagérée, soit qu'il y ait eu, comme