CAS DE CONSCIENCE — CASERNE
obligé un homme dans une circonstance donnée. « C’est aux théologiens casuistes, dit l'abbé Bergier, qu’appartient cette décision ; c’est à eux d’en juger selon les lumières de la raison, les lois de la société, les canons de l'Église et les maximes de l'Évangile, quatre grandes autorités qui ne peuent jamais être en contradiction. »
CASÉINE, produit organique qui constitue la partie essentielle des fromages. Il est blanchâtre, très-léger, gras au toucher, spongieux, inodore et insipide. On l’obtient sous forme de flocons agglomérés par l’ébullition du lait écrémé. Sur 100 parties de caséine de lait de vache soumises à l’analyse, M. Dumas a trouvé : carbone, 53,50; hydrogène, 7,05; azote, 15,77 ; oxygène, 23,68.
On trouve aussi de la caséine dans le sang, et on l’obtient en traitant un caillot par de l'alcool faible et bouillant, qui la dissout et la laisse déposer par le refroidissement.
CASELLI (Jean), physicien, né le 25 mai 1815, à Sienne, eut pour principal maître dans l’étude des sciences le célèbre Nobili, dont il écrivit l'éloge, en 1837. IL était entré dans les ordres l’année précédente, mais il ne dépassa point le diaconat. Ses opinions libérales le firent, en 1849, expulser de Parme, où il surveillait l'éducation des fils du comte de San-Vitale. De retour à Florence, il s’adonna entièrement à l'étude du magnétisme et de l'électricité, faisant ses expériences à l’aide d'appareils et de machines qu’il construisait lui-même avec le concours de son frère. Ces travaux le conduisirent en 1856 à la découverte d’un nouveau système de télégraphie aultographique, qui fut expérimenté en France. Une loi du 27 mai 1863 autorisa les changements nécessaires à la mise en pralique des nouveaux appareils et un décret da 14 février 1865 en permit le fonctionnement sur les lignes de Paris à Lyon et de Paris au Havre. Le système de l'abbé Caselli a été également adopté par la Russie. Le même savant a aussi inventé un moteur électrique, qu’il à fait fonctionner en 1865.
CASEMATE. Ce nom est dérivé de l'espagnol casamala, qui veut dire maison cachée. Il ÿ a une distinction à établir entre la casemate à feu et la casemate d'habitalion.
Les casemates à feu, qui passent pour avoir été inventées par San-Micheli, suivant les uns, par Speckle, suivant les autres, paraissent avoir succédé aux barbacanes des anciennes forteresses ; elles formaient un échelonnement de plates-formes, à épaulement, à parapet en ligne droite ou courbe, à embrasure , à ciel ouvert, et placées derrière l’oreillon , dans un renfoncement pratiqué entre les bastions et la courtine; les plates-formes des étages inférieurs s’appelaient places basses ou flancs bas. Ces étages contenaient des canons qui battaient de leurs feux le fossé et la face du bastion correspondant ; on les tirait à cartouches sur les assaillants , s’ils tentaient le passage du fossé. La fortification avait surtout recours à ce genre d'ouvrage s’il s'agissait de défendre des fossés inondés. Il faut, suivant des usages modernes , comprendre le mot casemate à feu ou feu casematé, comme signifiant : renfermant des pièces cachées et à ciel fermé, et contenant des batteries de bouches à feu réservées pour les dernières extrémités. Vauban adapta, en 1684, des casemates à la construction de Landau. Les auteurs qui ont traité de ce genre de défense ne regardent, presque tous, le mot casemate que comme synonyme de casemate à feu, et non de caserne, comme il en a aussi le sens; ce dernier terme, devenu le principal, a presque fait oublier l’autre. On a tenté de nombreux essais dont l’objet était de garantir les casemates voûtées des inconvénients produits par la fumée du canon, qui, en sy refoulant et en s’engorgeant dans les voûtes, y devient insupportable aux artilleurs. Ainsi on a garni de volets ou de sabords les embrasures , afin de les pouvoir fermer, sitôt le coup tiré; ainsi on a pratiqué des cheminées des courants d’air, des baïes, à l’opposite du parapet,
Les casemates d'habitation sont des casemates voûtées, qui répondent à certaines lignes fortifiées des anciens, et aux chambres voûtiez des châteaux du moyen âge. Elles sont à l'épreuve de la bombe ; les officiers du génie les distribuent en cénacles pratiqués dans les pans des bastions d'une forteresse, de manière à n’en pas affaiblir la solidité, et à servir de chambres de caserne à la garnison, en cas de bombardement; on y ménage des fours dont les cheminées sont disposées de manière à n’être d'aucune incommodité pour la place ; on y perce des embrasures dans les flancs des bastions ou dans les oreillons ; on y place des pièces qui, en cas d’assaut livré au corps de la place, tirent à mitraille.
G*! BaRDIN.
CASERNE. On appelle de ce nom les bâtiments dans lesquels les militaires sont logés, lorsque ces bâtiments appartiennent à l’État et ne servent que de logement. Nous ne pensons pas qu’il soit nécessaire de s'appliquer à démontrer que la méthode de loger les troupes dans des casernes est la meilleure qu’on puisse suivre. Ce n’est qu’en les tenant réunies, et pour ainsi dire sous la main des chefs, qu'il est possible de veiller exactement au maintien de l’ordre et de la discipline. Nous ne pouvons pas douter que dès le moment où il a existé des troupes régulières permanentes, il y a eu des casernes : les mêmes motifs d’ordre et de discipline qui en rendent l’usage nécessaire ont toujours existé.
Chez les Grecs, quoique zélés tacticiens, les armées ne se formaient que de levées faites un peu avant la guerre. 11 est donc probable qu’il n’y avait pas parmi eux de casernes pour les corps combattants. S'il en existait, ce ne pouvait être que pour les troupes chargées de la police intérieure des villes. Si nous possédions une description des villes d’Athènes, de Lacédémone, de Thèbes, comme nous en avons une de Rome antique, il est certain que nous y trouverions, dans l’énumération des bâtiments publics, des pAylakies, ou stations de garde municipale. Les forts avancés, tels que Philé, Decelia, etc., garnisonnés, en tout temps, par les troupes soldées des Athéniens , avaient certainement des casernes. Lorsque Philippe de Macédoine, père d’Alexandre le Grand, eut institué la phalange macédonienne et en eut fait un corps permanent, on peut assurer que ce corps fut logé, en temps de paix, dans des casernes. Mais aucun monument historique n’en fait mention, d’où il résulte que nous ignorons quelle a pu en être l'architecture.
Aucun des écrivains romains dont les ouvrages nous ont été conservés ne fait également mention de casernes. On ne saurait cependant douter que les Romains en aient fait usage. Près de la villa Adriani, non loin de Tivoli, à Civita- Castellana et dans quelques autres lieux de l’Italie, on voit des ruines qui ont appartenu à des casernes , et dont quelques-unes sont assez bien conservées pour qu’on puisse en reconnaître la construction. Elles avaient un seul étage audessus du rez-de-chaussée ; et il régnait sur tout le pourtour de cet étage une galerie extérieure sur laquelle ouvraient les portes des chambres occupées par les soldats, de manière que, sortant de ses chambres, la troupe se trouvait en bataille sur la galerie, toute disposée à faire usage de ses armes de jet. Depuis César les légions restèrent toujours sur pied, et occupèrent des garnisons permanentes, d’où elles ne sortaient que pour faire la guerre, et où elles rentraient à la paix. Ces stations ou garnisons portaient dans les provinces le nom de camps (castra). Mais on ne saurait admettre que les soldats y fussent sous la tente, comme dans les camps passagers. Les vétérans y restaient : ainsi qu’on le voit par les réclamations des troupes de Pannonie soulevées contre Tibère. Les soldats y avaient leurs femmes et leurs familles. C’étaient donc des forteresses, dans la construction intérieure et extérieure desquelles on avait conservé les formes prescrites par la castramétation, C’étaient de grandes casernes divisées en plusieurs corps de bâtiments. Quelques-uns de ces camps sont devenus en ef-
fet des villes assez importantes, commé Arnheim (Castra Herculis ), Coblentz (Confluentes ), Mayence ( Moguntiacum ), Strasbourg (Argentoratum), et sur le Danube, Ratisbonne ( Regina castra) et Vienne (Vindobona). À Rome, le fameux camp des troupes prétoriennes était une
forteresse du même genre, entourée même de murs, au lieu
d’un rempart de terre. Outre le camp des prétoriens, là description de la ville de Rome, recueillie par Panvinio, en mentionne onze autres dans les divers monuments historiques qui nous restent; ce sont: Castra peregrina, Misena= tium II, Tabelliorum, Lecticariorum , Victimariorum, Salgamariorum, Salicariorum, Equitum singulorum , Gyptiana et Vetera, tous en dehors de l’ancienne enceinte et sans doute construits de même que le camp prétorien.
Sous la république, lorsque les Romains, ayant étendu leurs conquêtes, furent obligés de laisser des troupes pour contenir les peuples les plus indocilés , ils les établirent dans des camps permanents , ou casernés, de la mème espèce que ceux que Drusus fit bâtir le long du Rhin. Mais même pendant le temps où ils conservèrent l’usage de licencier leurs légions à la fin de chaque guerre, il y eut des troupes permanentes, qui durent être casernées. La villé de Rome ne resta jamais sans troupes pour la défendre et y maintenir le bon. ordre, Les anciens monuments font mention de deux espèces de troupes qui ont toujours existé, ainsi qu'il est facile de s’en convaincre par la nature de leurs services; 1° les cohortes urbaines, chargées de la garde et de la défense des portes et des remparts : elles étaient ordinairement au nombre de six; mais dans quelques occasions urgentes, comme dans la seconde guerre punique, elles s’élevèrent jusqu’à vingt, c'est-à-dire à deux légions; elles restèrent à ce nombre sous les empereurs, et furent divisées en deux classes : les cohortes urbanzæ, au nombre de six, pour la garde intérieure, et les excubitoriæ, au nombre de quatorze, pour la garde extérieure; 2° les cohortes qu’on pourrait appeler de garde municipale ( cohortes vigilum ), qui étaient également au nombre de six, et qui servaient à la police intérieure. Les unes et les autres devaient certainement être réparties dans des quartiers ou casernes, vers les remparts pour les premières, et dans la ville pour les autres. La description de Rome que nous avons citée fait mention, en général, des campsdessix cohortesurbaines et des quatorze excubitoriæ ou de garde extérieure, et indique leurs quartiers (stationes ). Elle mentionne aussi les cohortes de police ( cohortes vigilum ) dans sept régions de Rome, savoir : les deuxième, cinquième, sixième, septième, huitième, douzième et quatorzième.
Quoiqu'il y ait eu des quartiers de troupes avant Vauban, ce savant ingénieur est le premier qui ait assujetti leur construction à des règles d'architecture uniforme. Dans les forteresses, il les plaçait près des remparts et le long des courtines; ce qui est en effet le meilleur emplacement qu’on puisse leur donner. Mais les casernes à la Vauban ne peuvent plus aujourd’hui remplir leur objet, qui était de contenir un nombre exact de bataillons ou d’escadrons. L'organisation des troupes n’est plus la même; elle a changé dix fois depuis, et changera probablement encore. On croirait, à voir ces fréquents changements, que la science de la guerre a changé elle-même plusieurs fois de principes et de moyens d'exécution; car il est incontestable que l’organisation intérieure de l’armée doit être en relation directe avec les règles de la guerre, puisque c’est cette organisation qui est destinée à préparer les éléments d’action que la stratégie emploie, et qui sont tenus de correspondre à ses principes de mouvement. Mais il n’en est rien. L'organisation des armées n'a jamais eu pour guides que le caprice des ministres. Il serait cependant temps que cette organisation, établie sur les véritables principes de la ‘science de la
guerre, fût fixée par une loi immuable, et mise ainsi à-
V'abri de la versatilité et des caprices des faiseurs de projets,