CASERNE — CASERTE
Alors on pourrait assujettir les règles du casernement à des principes fixes, bâtir des casernes uniformes, et les voir constamment remplir leur objet; au lieu que dans l'état actuel on est presque toujours obligé de morceler les troupes, de couper les bataillons, parce que les casernes! existantes sont trop grandes ou trop petites pour contenir exactement un bataillon ou un régiment. En attendant qu'il en soit ainsi, si jamais nous pouvons y arriver, nous nous contenterons d’exposer les principes généraux qui doivent diriger le casernement des troupes.
D'abord il faudrait que les officiers de tous grades fussent toujours logés avec les troupes auxquelles ils appartiennent, et dans le même corps de caserne. Non-seulement cette disposition est nécessaire pour le maintien de la meilleure discipline, parce qu’elle rend la surveillance des chefs plus facile et plus efficace, mais elle est surtout avantageuse dans les villes non fortifiées et exposées à une invasion imprévue , parce qu'elle évite les surprises totales, ou en modifie au moins les effets. I1 est arrivé un jour à l’auteur du présent article de surprendre un régiment et de l'enlever en entier, quoiqu'il n'eût pas de forcés supérieures, mais parce que les officiers étaient séparés des soldats. Les premiers étaient daïis une petite ville, logés chez l’habitant, et les autres étaient enfermés dans un grand bâtiment situé à l'extrémité de la ville, et qui en éfait presque séparé. L'auteur arriva au point du jour sur les communications de la ville au bâtiment servant de caserne ; quelques patrouilles saisirent les officiers, au sortir de leurs logements. et les soldats, privés de chefs, capitulèrent sans résistance. On n’alléguera sans doute pas, contre la mesure générale que nous proposons , que l’aisance et les commodités des officiers justifient l’habitude de leur permettre de se loger dispersés dans les villes. Ces égards ne peuvent entrer en:ligne de compte dans la discipline. L'homme qui veut, même en temps de paix, jouir de toutes ses aises, ne doit pas se livrer à la vie militaire, moins encore comme officier dans un régiment. Quoique les casernes actuelles soient la plupart privées de pavillons, il serait possible d’y en àjouter dans bien des endroits. J1 serait nécessaire que chaque bâtiment détaché ou corps de caserne contint, au moins, un bataillon pour l'infanterie et deux escadrons pour-la cavalerie. Ce sont les moindres fractions à la tête desquelles: soit placé un officier supérieur, qui, comme de raison, devrait loger, ainsi que les officiers des compagnies, dans le même corps de caserne. Une des dispositions les plus avantageuses pour les casernes est celle qui les distribuerait par régiment, chaque petit corps de caserne, correspondant à un bataillon ou à deux escadrons, placé sur un des côtés d'un carré, dont les côtés qui resteraient vides pourraient être fermés par des grilles. L'intérieur de ces grandes cours serait fort utile pour l'exercice des recrues, et même dans l'infanterie pour l’école de bataillon, Dans les casernes de cavalerie, le manége pourrait être placé sur un des côtés vides. Les casernes disposées de cette manière réuniraient de grands avantages : il serait plus facile d'y contenir les soldats et de les empêcher de sortir; en fermant les portes des grilles qui uniraient les corps de caserne de chaque régiment, on en ferait une espèce de forteresse à l'abri d'une surprise, dans les villes ouvertes et voisines des frontières. Un des inconvénients qui se font le plus sentir dans les ca+ sernes existantes aujourd’hui est le manque d’un local couvert pour exercer les recrues pendant la mauvaise saison ; il scrait facile d'y remédier en disposant pour cet usage en portiques ouverts la moitié du rez-de-chaussée qui regarde la façade de chaque corps de caserne.
GA G. pe VaunoNcourT,
CASERTE , en italien CASERTA-NUOVA , ainsi appelée du vieux château casa erta (la maison escarpée) chef-lieu de la province de ce nom (ancienne Terre de Labour), dans une situation admirable, et surtout célèbre