‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 424 sur 556 · CASSANDRE · texte numérisé non relu

CASSANDRE

par la fondation d’une ville nommée Thessalonique, en l'honneur de la princesse, et qui subsiste encore de nos jours. Battu à Mégalopolis, Polysperchon n’en avait pas moins conservé encore assez de ressources pour en appeler de nouveau au sort des armes : la lutte entre lui et Cassandre recommença donc dès que celui-ci fut revenu dans le Péloponnèse. Mais par un brusque revirement tous deux se réunirent pour combattre Antigone, naguère l’allié de Cassandre, et qui réussit à soustraire la plus grande partie de la Grèce à son autorité, en y faisant appel aux souvenirs démocratiques. Une paix incertaine, conclue en lan 311, mit momentanément un terme à ces sanglants conflits. Il fut convenu que Cassandre conserverait le pouvoir suprême en Macédoine et en Grèce jusqu’à la majorité d'Alexandre Agus ; mais comme il se débarrassa de ce prince et de Roxane, sa mère, en les faisant périr, la lutte recommença entre lui et Polysperchon, qui opposa alors à Cassandre Hercule, autre fils d'Alexandre le Grand, qui l'avait eu de Barsine. La sifuation de Cassandre devint assez critique; il se vit réduit à la possession des seules places d'Athènes, de Corinthe et de Sicyone; ce qui ne l'empêcha point, lorsque Lysimaque, Ptolémée et Antigone eurent pris le titre de roi (307), d’en faire autant de son côté; et c’est de la sorte qu’il succéda à Alexandre sur le trône de Macédoine. Il s’y maintint en se liguant avec Ptolémée Séleucus et Lysimaque, contre Antigone et Démétrius. La bataille d’Ipsus (an 301) eut pour résultat l’anéantissement de l'empire d’Antigone et en même temps de confirmer à Cassandre la possession de la Macédoine et de la Grèce. La mort le surprit au moment où il se mélait à de nouvelles intrigues, ayant peur but de compléter l’asservissement de la Grèce, où survivait toujours l'esprit démocratique, en dépit de l’oppression anarchique à laquelle elle était en proie.

CASSANDRE,, personnage de l’ancienne comédie italienne, d’une origine beaucoup plus récente qu’Arlequin.Pantalon et le Docteur eurent d’abord sur cette scène lemonopole des pères, des tuteurs, des vieux amoureux ridicules et dupés. Cassandre n’y figura que plus tard, comme personnage secondaire, et ce n’est que dans les derniers temps de l'existence de ce théâtre qu’il y devint à son tour le type des vieillards imbéciles et baffoués, de ce que l’on a nommé, en langage vulgaire, pères dindons. C’est tantôt un marchand, de mœurs simples et antiques; tantôt un vieillard, grondeur, bourru, avare ; tantôt un bourgeois , à la façon de cenx de Molière, se piquant de sagesse et de prudence, sermonant, moralisant sans cesse, et très-partisan des mariages de raison. Il est rare qu’il n’ait pas un ami aussi vieux, aussi ridé, aussi moraliste que lui, souvent plus riche, auquel il a promis sa fille, sans songer à ses quinze ans, à sa soubrette, au seigneur Lélio et à Arlequin. Il est plus rare encore que le seigneur Lélio, aidé d’Arlequin, de la soubrette, et surtout de la jolie fille, ne parvienne point à supplanter.le vieux prétendant. S’il en était autrement, la comédie tourneraitau drame. Souvent encore Cassandre, autre Bartholo , possède une nièce ou une pupille qu’il cache à tous les yeux sous triple serrure. C’est un trésor qu’il conserve pour ses vieux jours : il n’est aucun moyen qu’il ne mette en œuvre pour arriver à son cœur : altentions, soins, prévenances , coquetterie, cadeaux, pourvu toutefois qu’il en coûte peu d’argent ; car il n’est pas prodigue, et l'héritage de sa captive lui sourit autant que ses beaux yeux. Mais, hélas ! si bien gardée que soit une pubpille, n’y a-t-il pas toujours quelque sérénade sous la fenêtre, quelque promenade du soir sur le balcon? et la rue n’est-elle pas de temps immémorial toujours pleine de Lindors et de Figaros ? Aussi toutes les précautions du bonhomme sont-elles vaines, il se prend à ses propres piéges : s’il est avare, on le voie; s’il est amoureux, on luienlève l’objet de son amour ; s’il a promis la main de sa fille, on le force à violer sa parole; enfin, après avoir été joué, berné, dupé , depuis un acte

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