CASSARD
jusqu’à cinq, par son valet, son rival, sa fille, sa servante, il se console dans le couplet final, etse dévoue le lendemain avec un zèle infatigable à la même série de tribulations.
Tel était l'emploi obscur et modeste que de temps immémorial Cassandre remplissait dans les pièces du théâtre de la foire et dans les parades du boulevard, lorsque tout à coup , en 1780, commença à Paris la vogue de ce personnage. Le chevalier de Piis travaillait alors, en société avec Barré, pour le Théâtre-Italien. Ces deux auteurs y donnèrent successivement Cassandre oculiste (1780), Cassandre mécanicien (1783), Cassandre astrologue (1784), Cassandre le pleureur (1785 ), ete., etc, et toutes leurs pièces, moitiécomédies, moitié opéras, obtinrent longtemps un assez grand succès, grâceen partie à la musique de Champein. Puis la foule des imitateurs survint; Cassandre redescendit sur des scènes inférieures ; et depuis le Vaudeville jusqu'aux théâtres des marionnettes , on ne put faire un pas sans rencontrer l’infortuné vieillard, véritable Agamemnon de la parade, qui dura moins sans doute que le roi des rois, mais se multiplia davantage. Dans les pièces de Piiset Barré, l'intrigue ne peut se nouer ni se dénouer sans lui. Dans les parades des boulevards , les personnages presque indispensables de toute arlequinade sont, indépendamment de Cassandre, Colombine, Gilles et Arlequin. C'était déjà la décadence de Cassandre. Arlequin et Gilles, ses valets stupides ouintrigants, étaient devenus ses rivaux oules amants de sa fille. Bientôt ce fut pis encore : on oublia entièrement Cassandre. Il agonisait dans quelque coin de foire entre Polichinelle et le commissaire , quand un homme de talent souffla sur son squeletteet le ranima : il reparut aux Funambules pour servir aux plaisirs de Pierrot, queDebureau ressuscitait. C’éfait bien toujours Cassandre décrépit, Cassandre avare, Cassandre amoureux, Cassandre berné par Arlequin , dupé par Colombine, volé par Pierrot. Mais, hélas ! Cassandre n’était plus l’idole du peuple, lidole des poëtes, l’idole des artistes, Cassandre n’avait gagné pour tant de biens perdus que les coups de pied du grand comédien et les coups de batte d’Arlequin. Autrefois, il n’était que dupe, c'était un jouet dont on riait : maintenant il est battu. Pauvre, pauvre Cassandre !…
CASSANO, ville d'Italie (ancienne Calabre citérieure), Siége d’un évêché, compte 6,000 habitants, parmi lesquels se trouvent beaucoup de Grecs et d’Arnautes. Leur industrie principale consiste dans la culture de l'olivier,
Ilexiste encore une autre ville du même nom dans la Terra di Barri (ancien royaume de Naples), avec 3,000 habitants et d'importantes mines de cuivre.
CASSANO DI ADDA, bourg d'Italie, situé sur l’Ad-
da, dans la province de Milan et sur le chemin de fer, est célèbre pour avoir été le théâtre de deux batailles importantes. La première fut livrée le 16 août 1705, entre les Autrichiens, commandés par le prince Eugène, et les Français, commandés par V e n dôme. La seconde eut lieu le 27 avril 1799, entre les Autrichiens et les Russes, ayant à leur tête Souwarof, et les Français, que commandait Moreau. A la suite de ceite afraire, ces derniers furent obligés d’évacuer la Lombardie: et Souwarof entra vain queur à Milan.
* CASSARD (Jacques), né à Nantes, en 1672,se signäla comme corsaire dans les guerres contreles Anglais, Louis XIV voulut le voir, le complimenta, lui donna une gratification de deux mille livres, et le nomma lieutenant de frégate, puis capitaine de vaisseau, après de nouvelles et brillantes actions sur l’Océan et sur la Méditerranée. La paix d'Urecht l’ayant rendu au repos, Cassard ne put se faire payer les sommes considérables que lui devait le commerce de Marseille ; rebuté dans ses justes demandes, il osa se plaindre trop haut du cardinal de Fleury, et fut enfermé au fort ce Ham, où il mourut en 1740, après y avoir languiune vingtaine d’années.
CASSAS (Louis-François), peintre de paysages et architecte, né le 3 juin 1756, à Azay-le-Ferron, département de l'Indre, élève de Lagrene le jeune et de Leprince, passa sa jeunesse en Italie, où il dessina une foule de vues de Sicile, d’Istrie et de Dalmatie. En 1772, il accompagna le somte de Choiseul-Gouffier dans son voyage en Asie Mineure, en Palestine, en Syrie et dans une partie de l'Égypte, dont il compara la topographie avec les récits des anciens , prenant partout la mesure des plus belles ruines, et dessinant avec autant de goût que d’exactitude les lieux les plus importants. 11 parcourut encore de nouveau l'Asie Mineure avec le savant Lechevallier, dessinant et mesurant cette fois les monuments de Baalbek et de Palmyre. En 1816 il fut nommé inspecteur et professeur à la manufacture des Gobelins, et mourut à Versailles, le 1°° novembre 1837. Sa collection de modèles en liége des plus beaux édifices existant chez les différents peuples, achetée par ordre de Napoléon moyennant une pension annuelle, fut placée à l’école des Beaux-Arts de Paris. Les matériaux qu’il avait réunis dans ses divers voyages ont servi à la publication des ouvrages à planches dont les titres suivent : Voyage pittoresque de la Syrie, de la Phénicie, de la Palestine et de la Basse-
gypte (30 livr., Paris, 1799, in-fol.); Voyage pittoresque de L'Istrie et de la Dalmatie (Paris, 1802, in-fol. ), et Vues pittoresques des principaux sites el monuments de la Grèce, de La Sicile et des sept collines de Rome (Paris, in-fol.). Les dessins originaux du premier de ces ouvrages se trouvent à la Bibliothèque nationale,
CASSATION. En jurisprudence, ce mot signifie l’annulation prononcée par l'autorité supérieure d’un arrêt ou d’un jugement rendu en dernier ressort.
Dans les temps anciens on ne connaissait pas d’autres moyens, outre la requête civile, d’attaquer les décisions rendues en dernier ressort, que d’obtenir du roi la permission de proposer les erreurs qu’on reprochait à ces décisions. Dès l’année 1331 Philippe de Valois ordonna que l’on ne pourrait à l'avenir se pourvoir contre les arrêts du parlement autrement qu’en impétrant du roi des lettres pour pouvoir proposer des erreurs contre ces arrêts. JL voulut que celui qui demanderait ces lettres indiquât par écrit les erreurs dont il croyait pouvoir se plaindre aux maîtres des requêtes de l'hôtel ou aux autres officiers du roi qui avaient coutume d’expédier de pareilles lettres, et ces officiers devaient juger sur la simple vue s’il y avait ou s’il n'y avait pas lieu à les accorder. Si ces lettres étaient octroyées, les propositions d'erreur, signées du plaignant et contresignées du scel royal, devaient être envoyées avec les lettres mêmes aux gens du parlement, qui en présence des parties étaient tenus de corriger leur arrêt, supposé qu'il y eût lieu de l'amender. Le roi décida en même temps que ces propositions d'erreur ne suspendraient pas l'exécution des arrêts; que cependant, s’il y avait apparence qu'après la correction de l'arrêt la partie en faveur de laquelle il avait été rendu ne fût pas en état de restituer ce dont elle jouissait en conséquence, le parlement pourrait y aviser. Ceux à qui le roi permettait de se pourvoir par propositions d’erreur contre un arrêt du parlement devaient, avant d’être admis à proposer l’erreur, donner caution de payer les dépens, les dommages-intérêts et une double amende, dans le cas où ils viendraient à succomber.
L'ordonnance de 1539, ajoutant à ces dispositions, décida que les propositions d'erreur ne seraient reçues qu'après que ies maîtres des requêtes auraient vu les faits et les inventaires des parties. Elle voulut de plus que pour les propositions d'erreur on fût tenu de consigner 240 livres parisis, Cela s’est ainsi pratiqué, sauf quelques modifications, jusqu'à la promulgation de l'ordonnance de 1667, qui, par l’article 42 du titre 45, a abrogé les propositions d'erreur, et depuis lors leconseil des parties ou grand conseil put seul casser les arrêls des cours souveraines.