CASSE — CASSEL
À fruits très-longs , courbés en faux, comprimés et réticulés transversalement, avec un large sillon sur la suture supérieure, dont la pulpe a une saveur amère, est fournie par le cassia grandis (Lin.) ou cassia brasiliana (Lam.), qui croit aux Antilles et au Brésil : il est probable que la pulpe de cette espèce serait utile dans quelques maladies, à cause de son amertume même, lorsque l’on craint l’affaiblissement du tube intestinal après l’usage des purgatifs, etc.; 3° une troisième espèce , à fruits très-longs, cylindriques et pointus , qui croît à Surinam et dans différents endroits de l’Amérique, est le cassia baccillaris (Lin. fils), dont les bâtons, agités par le vent, se heurtent et produisent du bruit, que le mot baccillus indique; 4° le cassia javanica ( Lin.), qui croit à Java, aux Moluques, etc., dont les fruits sont très-longs, cylindriques , un peu toruleux transversalement, est usité dans les Indes orientales, quoique la pulpe en soit un peu amère ; 5° enfin, le cassia fistuloides (Coll.), qui croit dans les endroits chauds du Mexique, dont les fruits, cylindriques et obtus, sont mis dans le commerce de la drogueriè comme les fruits du cassia fistula.
La casse du commerce donne près du quart de pulpe du poids total des gousses employées. Vauquelin, qui a analysé la pulpe de casse, a trouvé, sur 100 parties : eau, 47,32; parenchyme, 4,38; gluten, 1,74 ; gélatine, 6,96; gomme, 3,45 ; extractif, 0,65; sucre, 32,64. CLARION.
CASSE (Imprimerie), grande caisse en bois à compartiments d’une faible profondeur et dans laquelle sont distribués les caractères destinés à la composition. La casse est placée devant le compositeur sous une inclinaison assez grande. Elle repose sur un léger bâtis à quatre pieds, dont les deux antérieurs sont beaucoup plus courts que les deux du fond. Elle est divisée en deux parties distinctes, divisées chacune en un certain nombre de cassetins. La partie supérieure, qui porte le nom de haut de casse, reçoit une traverse plus forte sur la ligne médiane perpendiculaire au plan d'appui sur la partie inférieure. A gauche de cette traverse , il y a sept rangées de sept cassetins, ensemble quarante-neuf, Ces mêmes nombres et cette distribution se répètent à droite de la cloison ; en sorte que le haut de casse, dans son ensemble, offre quatre-vingt-dix-huit compartiments ou cassetins. Dans les cassetins supérieurs du côté de gauche, on met, selon l’ordre alphabétique, les grandes capitales; et de l’autre côté, sur la droite, on met, dans le même ordre, les petites capitales. Au-dessous des unes et des autres, on met les lettres liées, comme Æ, Œ, etc., plusieurs autres moins courantes, et quelques signes particuliers, comme parenthèses, paragraphes, etc. La deuxième moitié inférieure de la casse, appelée bas de casse , -est composée de cinquante-quatre cassetins de différentes grandeurs; on y met les lettres minuscules pour le discours ordinaire; elles n’y sont point rangées dans l’ordre alphabétique comme le sont les capitales, grandes et petites, dans le haut de casse ; et le plus ou moins de grandeur de ces cassetins est calculé d’après l'emploi plus fréquent que l’on aura à faire dans la composition d’une lettre de l’alphabet plutôt que des autres. Quant à la situation respective des cassetins entre eux, on a fâché de mettre plus immédiatement sous la main du compositeur la lettre dont il fait un plus fréquent usage : c’est ainsi qu’on rapproche de lui et qu’on donne plus d’étendue aux cassetins qui reçoivent Les lettres voyelles : par exemple, le cassetin de la lettre a est immédiatement sous la main droite à côté des espaces ordinaires ; au dessus de ce dernier cassetin est celui aux #, puis au-dessus le cassetin aux e, qui est le plus spacieux; l’o, lu, Vr, le c, le d, l’m, ln, l's, le t, ont descassetins de la même grandeur que celui de la lettre a; les lettres, db , f, g, k, L, P,4,v, x, sont dans des cassetins de moitié moins grands ; les lettres k, y, z, w, sont dans des cassetins encore plus petits. On met aussi dans le bas de casse les chiffres, les signes de ponctuation, les cadrats, cadratins et demi-cadratins,
petits morceaux de plomb plus bas que les types. Telle est la casse française. Celles des autres langues ne sont pas toutes les mêmes dans leur disposition et dans la distribution des cassetins. Quant à ce qu’on appelle en France la casse italique, La disposition et la distribution sont les mêmes ; les caractères seuls diffèrent. Malgré cette confusion apparente, on est bientôt convaincu que l’arrangement des lettres du bas de casse est le résultat d'une combinaison ingénieuse : en effet les lettres qui se combinent le plus souvent ensemble sont le plus près les unes des autres, et le compositeur évite ainsi une grande perte de temps. Les imprimeurs appellent casseaux des casses plus profondes et ordinairement divisées en cassetins égaux, dans lesquelles on met les lettres de deux points, ou qui servent de réserve aux sortes abondantes d’un caractère.
Les rubaniers appellent aussi casse une sorte de peigne en corne, dont ils se servent pour les forts ouvrages, où ils ne pourraient pas employer des dents de canne ou de roseau , qui ne résisteraient pas.
CASSE-BOUTEILLE. En physique on appelle ainsi un récipient de cristal ouvert, auquel on adapte une bouteille clissée que le poids de l’air casse lorqu’on fait le vide sous le récipient.
CASSE-COU, espèce d'échelle double, qui n’a qu’une queue pour la soutenir, au lieu d’une seconde échelle jointe à la première par un boulon. On donne aussi ce nom : 1° à un endroit mauvais pour la marche et où l’on risque de tomber et de se rompre le cou si l’on n’y prend garde; 2° aux jeunes chevaux, ou aux chevaux vicieux, qu’il est dangereux de monter, et tout à la fois aux gens que l’on emploie dans les manéges à les dresser.
Au jeu de colin-maïillard, casse-cou est le cri par lequel on avertit celui qui a les yeux bandés de ne pas approcher d’un endroit où il pourrait se heurter et se blesser; enfin, par analogie, on a transporté cette expression dans le sens figuré : on entend fréquemment , par exemple, parler aujourd’hui de casse-cou politiques, qui sont, dit-on, plus difficiles à éviter que ceux du colin-maillard, soit aveuglement de la part de ceux qui s’y trouvent exposés, soit qu’au lieu de les avertir, ceux qui jouent avec eux les y poussent par malice ou par trahison.
CASSEL, capitale de la Hesse-Électorale, dans la province de la Basse-Hesse , bâtie sur la Fulde, compte, avec ses faubourgs, et y compris les colonies de Philippinenhof et de Momerode, une population de 40,238 habitants, dont 500 juifs. Elle se compose de la vieille ville et de la ville neuve supérieure , situées avec Wilhelmshæhe et le faubourg de Francfort sur la rive gauche de la rivière, et de la ville neuve inférieure, située avec le faubourg de Leipzig sur la rive droite de la Fulde. Sa situation et le caractère général de son architecture en ont fait une des plus belles cités de l'Allemagne. On y distingue surtout la ville neuve supérieure, construite par des réfugiés français à la suite de la révocation de l’édit de Nantes, et remarquable par la régularité de ses rues, toutes tirées au cordeau, par ses grandes et larges places, et par l’élégance de ses constructions. La rue Royale ( Kænigstrasse), qui a 1500 mètres de long, est une des plus belles rues qu’on puisse citer; et de la Bellevuestrasse on jouit d’un des plus beaux points de vue du monde.
La vallée dans laquelle est bâtie Gassel est dominée au nord par les contre-forts de Reinhardswald, à l’ouest par l’Habichtswald et au midi par le Sarewald. A l’est s'étend, au delà du village de Bettenhausen, une vaste plaine, encadrée dans de petites collines, au-dessus desquelles le Meissner élève sa tête au fond de l'horizon bleuâtre. La Fulde, devenue déjà navigable, décrit dans cette vallée les plus capricieuses sinuvsités , dans la direction du sud au nord.
On compte à Cassel dix-neuf places publiques, sept églises réformées, une église protestante et une église catholique.
Les plus remarquables parmi ses places, sont : 1° la Place de Frédéric, ornée de la statue colossale en marbre du landgrave Frédéric IL : elle a 310 mètres de longueur sur 140 de largeur; 2° la Place du Roi, circulaire, d’un diamètre de 141 mètres : quand on se place au centre, on y a un écho qui répète sept fois les sons qu’on lui confie; 3° la Place du Château ou Place de la Parade; elle a 295 mètres de long sur 109 de large; 4° la Place de Charles, décorée d’une statue en marbre du landgrave Charles; 5° l'hexagone de la Porte de Wilhemshæhe ; 6° la Place des Casernes; et 7° enfin, la Place des Gardes-du-Corps. Sur la Place du Roi, dite Place Napoléon au temps du royaume de Westphalie, on voyait alors une statue en marbre de Napoléon et un jet d’eau. Le premier soin du gouvernement légitime, lors de son rétablissement à la fin de 1813, fut de combler ce bassin et de briser cette statue. Sur la Place de la Parade s'élevait autrefois la résidence des électeurs, qu’un incendie des plus violents détruisit en grande partie en 1811, et qu’on acheva de démolir en 1817. Sur ses ruines on commença à peu de temps de là à jeter les fondements d’un nouveau château dit Kattenburg; mais le plan grandiose qu’on avait adopté pour cet édifice fut cause, en raison des dépenses immenses qu’en eût exigé la réalisation, qu’on renonça complétement plus tard à l’idée de le continuer.
Les plus beaux édifices publics de Cassel sont : Le Museum Friedericianum, où se trouvent une bibliothèque riche de 100,000 volumes et contenant de précieux manuscrits, un cabinet d’antiques, un cabinet de beaux-arts, un cabinet d'histoire naturelle et une collection de modèles en liége ; la galerie de tableaux, qui contient une collection de 1400 tableaux des premiers maîtres, et y fut rapportée de Paris en 1815; le château de Bellevue, habité autrefois par le roi Jérôme; le palais du prince électoral ; l’Arsenal; les écuries, les casernes, surtout celles qui furent construites, à l’époque du royaume de Westphalie, en dehors de la ville, et qui servent aujourd’hui de dépôt de mendicité ; la maison des Princes; l'observatoire; la salle d'Opéra; le châteaufort, prison d’État ; l’École d’artillerie, bâtie pendant la domination westphalienne, où se trouve aujourd’hui une école de cadets, et la Charité, en avant de la porte de Leipzig. En fait d’églises, les plus remarquables sont la grande église Saint-Martin, où l’on voit les tombeaux des électeurs, et la belle chapelle catholique neuve. Tout près de la ville, et communiquantavec les bâtiments de l’Orangerie, où avaient lieu souvent des bals masqués et de grandes fêtes, à l’époque du royaume de Westphalie, on trouve la belle promenade appelée Auegarten avec les Bains de marbre construits par le landgrave Guillaume, mort en 1730.
Cassel, siége de toutes les administrations supérieures de la Hesse-Électorale, a une académie de peinture, de sculpture et d’architecture, une société d’archéologie et d'économie agricole, un séminaire pédagogique, un lycée, une société musicale sous la direction de Spobr, une école militaire et une école polytechnique, Cassel est relié par plusieurs chemins de fer à Francfort, Gotha, Paderborn et Gaættingue. On y trouve aussi d'importantes manufactures . mais le commerce y est assez insignifiant,
De 1807 à 1814 Cassel fut, aux termes de la paix de Tilsitt, le chef-lieu de ce royaume éphémère de Westphalie improvisé par Napoléon aux dépens du Hanovre, du Brunswick et de la Hesse, au profit de son frère bien aimé Jérôme. Dans les derniers jours de septembre 1813, le général russe Tchernichef se rendit maître de Cassel après une légère canonnade, à la suite de laquelle la cour de Westphalie dut aller se réfugier au château de Meudon près Paris. De la domination du roi Jérôme à Cassel il ne reste plus guère aujourd’hui, à part le magnifique mobilier dont il avait orné chacune de ses demeures royales, et dont la dynastie légitime, lors de la restauration, fitsans scrupule son