‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 429 sur 556 · CASSEL · texte numérisé non relu

CASSEL

profit, il ne reste plus guère, disons-nous, que le souvenir des inutiles efforts tentés par une administration composée presque exclusivement de Français pour dénationaliser des populations qui se refusèrent toujours à comprendre les inappréciables bienfaits de la conscription et des droits réunis (voyez WEesSTPHALIE [royaume de]).

En 1850 une agitation légale contraignit l'électeur à quitter sa capitale; mais bientôt les baïonnettes fédérales vinrent le rétablir dans ses droits absolus.

A une lieue de Cassel on trouve le beau château de plaisance Wilhelmshækhe; et à deux lieues, dans une charmante vallée, Wilhelmsthal, autre château de plaisance appartenant au landgrave.

CASSEL. Cette ville de France, peuplée de 4,242 âmes, appartenait autrefois à la Flandre, et fait aujourd’hui par tie du département du Nord, dont elle domine l’extrême frontière entre Hazebrouck et Bergues, sur le chemin de fer d’Hazebrouck à Dunkerque. Un élégant hôtel-de-ville, restauré en 1870, et l’ancien hôtel de la cour de Cassel, servant de mairie, sont les principaux édifices. On y fabrique de la dentelle, des bas de fil et de laine, des savons, de l'huile, des poteries, et on y fait le commerce des bestiaux : c’est le Castellum Morinorum de l’Itinéraire d’Antonin ; elle est située sur une montagne, d’où vient que les historiens lui donnent souvent le nom de Mont-Cassel.

CASSEL (Batailles de). En 1071, Philippe I°*° combattit sous les murs de Cassel Robert le Frison , qui repoussa les Français jusqu’à Saint - Omer. C’étaient les premières armes de ce roi, qui avait à peine dix-neuf ans, et qui sortait de la tutelle de Baudouin de Flandre.

Philippe de Valois y fut plus heureux, le 24 août 1398, en soutenant Louis de Crécy et de Nevers contre les Flamands, qui avaient pris parti pour ses oncles ; le peuple avait même porté la main sur ce jeune seigneur, et l'avait mis en prison. Philippe de Valois, son suzerain, évoqua l'affaire à sa cour, et le parlement de Paris adjugea le comté de Flandre au neveu. Louis parut comme vassal et pair de France au sacre de Philippe; il y arriva escorté de quatrevingt-six seigneurs, porta l'épée royale dans la cérémonie, et fut armé chevalier par le nouveau roi de France. Ce faste n'ayant servi qu’à redoubler les impôts, le peuple flamand saisit ce prétexte pour recommencer la guerre civile. Louis, chassé de nouveau, en appela à son suzerain, qui, au sortir des fêtes du sacre, résolut d’aller étouffer une rébellion qui pouvait devenir contagieuse. Ses barons n'étaient point de cet avis. Ce ramas de pêcheurs, de marchands, d'artisans et de paysans, leur faisait honte à combattre. L’épée d’un chevalier allait se souiller en frappant sur ces vilains. Mais le roi tint bon, et pour que personne ne restât en arrière, il alla prendre l’oriflamme sur le corps de saint Louis, dont on avait apporté la châsse sur l’autel de Saint-Denys, à côté de celle du martyr. Elle fut remise aux mains de Miles-Desnoyers, qui prit le commandement des cinq bannières dont se composait la garde royale; et comme on murmurait aux oreilles du roi que la saison était déjà trop avancée, il se tourna vers le vieux Gaucher de Châtillon, son connétable, en lui demandant s’il croyait qu’il fallût attendre un temps plus favorable pour entreprendre cette guerre. — « Qui a bon cœur a toujours temps à propos, répondit Châtillon, — Eh bien! s’écria Philippe de Valois, qui m'aime me suive! » Et il se mit en marche avec sa garde et vingt-cinq mille hommes de pied, que lui amenèrent les communes de Picardie, de Normandie et de Champagne; les vassaux de la couronne y joignirent leurs contingents; dix-sept mille hommes d'armes appuyèrent ces gros bataillons , et vers le milieu d’août cette armée vint camper dans un vallon, en face du mont où est située la ville de Cassel,

Ce grand armement n’avait point effrayé les communes de Flandre ; il avait , au contraire, redoublé leur enthousiasme; et le marchand de poissons qu’elles avaient accepté pour gé-

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