CASSIODORE
grettes. On en connait une dizaine d’espèces, qui croissen dans la Nouvelle-Hollande et la Nouvelle-Zélande.
CASSINOÏDE. Cette courbe est ainsi nommée parce qu’elle fut proposée par Jean-Dominique Cassini comme représentant l'orbite des planètes plus exactement que l'e]lipse. Elle diffère de cette section conique, en ce que dans l’ellipse la somme des rayons vecteurs est constante, tandis que dans la cassinoïde c’est le produit de ces rayons qui ne varie pas. La cassinoïde, quoique étant une courbe du quatrième degré, a beaucoup de ressemblance avec l’ellipse; mais les observations astronomiques n’ont pas permis d'adopter l'hypothèse de Cassini.
CASSIODORE. Macnus-Aureuius CASSIODORUS , auquel quelques auteurs donnent aussi le nom de Senator, né à Squillace, dans le Brutium, vers 470, paraît avoir vécu près de cent ans; car il est certain qu'il vivait en 562. Après avoir été successivement ministre d'Odoacre, de Théodoric et d’Amalasonthe , il se retira en 440, à l’âge de soixantedix ans, dans sa patrie, où il fonda le monastère de Vivarese ( Vivarium), placé sous la règle de saint Benoît.
Historien, philosophe, théologien, rhéteur, publiciste, tels sont encore les titres de Cassiodore à l’estime de la postérité. A l'exemple de Cicéron , il pratiqua les affaires comme si elles eussent absorbé toutes les puissances de son esprif, et il cultiva les lettres comme si leurs doux loisirs eussent été l’unique souci de sa longue carrière. Ses œuvres, qui forment deux volumes in-fol., ont été imprimées dès l’an 1488; l'édition la plus estimée est celle que dom Garet a publiée à Rouen en 1679. Les Zettres de Cassiodore en douze livres sont la partie la plus importante de ses œuvres : trésor unique pour l’histoire de ce temps-là, c'est le recueil des actes et publications officielles du gouvernement italogothique, pour lequel Cassiodore tint la plume pendant tant d'années. Les deux derniers livres appartiennent plus spécialement à celui-ci, en ce qu’ils contiennent ses ordonnances comme préfet du prétoire. L'auteur s’y montre à la fois homme d’État et moraliste; mais le style décèle un goût détestable, tout en offrant d’heureuses réminiscences de la belle antiquité. Il avait composé une Histoire des Goths, en douzelivres , qui ne nous est parvenue que par l’extrait qu’en a fait Jornan dès. Il nous resteune Chronique de Cassiodore, qui va depuis le déluge jusqu'à l'an 519 après J.-C. : on y trouve, vers la fin, des-indications qu’on chercherait vainement ailleurs. Comme grammairien, on a de lui trois ouvrages dont nous ne citerons que le Traité de l’Orthographe, qw’il fit à l’âge de quatre-vingt-treize ans, pour guider les moines du couvent qu'il avait fondé dans la transcription des manuscrits.
Cicéron, au plus fort de sa lutte avec Antoine, avait écrit plusieurs de ses admirables livres de morale : ce fut au milieu du tourbillon des affaires que, dans son Traité de l'Ame ( Liber de Anima), Cassiodore aborda, tant en philosophe qu’en théologien , des questions qui semblaient demander le calme et le recueillement le plus profond. Son Commentaire des Psaumes, son Introduction à la Lecture des saintes Écritures, ses Explications (Complexiones ) des Épitres des Apôtres, de leurs Actes et de l'Apocalypse, lui ont mérité un rang distingué parmi les écrivains ecclésiastiques. Les Complexiones n’ont été découvertes que dans le dix-huitième siècle, à Vérone, par le marquis de Mañfei, qui les a publiées en 1721 : nous n'avons donc pas d'édition complète de Cassiodore. Il est un dernier ouvrage imprimé dans ses œuvres, et qui n’est pas de lui, c’est l'Histoire tripartite, extraite, d’après ses conseils, par Épiphane le scolastique, des histoires ecclésiastiques de Socrate, de Sozomène et de Théodoret, de manière à éviter les redites. D. de Sainte-Marthe a écrit la vie de Cassiodore, en 1694. M. Naudet, dans son Mémoire sur le Gouvernement de Thévdoric (couronné par l’Académie des Inscriptions), à très-bien apprécié les actions et les écrits de ce personnage