CASSIODORE — CASSIUS
à l’Ame aussi belle que l’e prit. Boèue ! Cassiodore! l'éclat si pur de ces deux gloires contemporaines fut, en ce siècle de décadence et de barbarie, comme un reflet de l'antique vertu et de la civilisation romaine. Ch. Du Rozom.
CASSIOPÉE, constellation boréale, dont les noms vulgaires sont le trône, la chaise. Outre ces appellations, les Latins lui donnaient encore celle de siliqguastrum ( arbre de Judée ), à cause d'une palme que les poëtes et les peintres mettent dans la main de l'épouse de Céphée, image parmi eux de cet astérisme. L'antiquité lui donna aussi le nom de biche. Cette constellation, composée de cinquante-quatre étoiles principales, d’après le catalogue de Flamstead, est située, par rapport à la Grande-Ourse, de l’autre côté de l'étoile polaire, en ligne directe; de sorte qu’en supposant un grand cercle qui irait du milieu de la Grande-Ourse par l'étoile Polaire, il traverserait Cassiopée de l’autre côté du même pôle. Elle est du nombre des constellations qui ne se couchent jamais pour nous. Cassiopée est facile à distinguer dans le firmament, à l’aide d’un groupe de ses cinq étoiles tertiaires qui l'y dessine en formant un Y, dont la queue est brisée, et qui, à raison de la rotation diurne de la terre, qui pivote sur ce point, prend différents aspects au-dessus de nos têtes, situés que nous sommes sous les climats septentrionaux. Selon les circonstances , elle prend quelquefois à nos yeux la figure d’une chaise renversée. Elle se distingue encore par ses trois étoiles, dont une secondaire, qui font un triangle équilatéral : c’est la tête de l’Y.
En 1572 une étoile nouvelle apparut dans cet astérisme ; elle s’accrut jusqu’à surpasser d’abord Jupiter par sa grandeur et son éclat; puis, sa lumière s’affaiblissant et diminuant insensiblement, elle finit par disparaître tout à fait au bout de dix-huit mois. Tycho-Brahe et Kepler prétendirent que c'était une comète. Quelques astronomes assurèrent que c'était l'étoile qui guida les Mages à Bethléem, qui s'était remontrée, et qu’elle était le signe du second avénement de Jésus-Christ : Tycho-Brahe les réfuta.
Cette biche que figure aussi cette constellation boréale est la biche rapide et aux cornes d’or qu'Hercule fatigua à la course et prit au bord des eaux où elle reposait,
Cassiopée, femme de Céphée, roi d’Éthiopie, célèbre par sa beauté, défia les Néréides d'effacer ses charmes; Neptune, irrité, suscita du fond des flots un monstre cruel qui désola tout le pays, Céphée, chez qui la voix de la patrie criait plus haut que son propre sang, pour apaiser les barbares déesses, dévoua au monstre sa fille Andromède : attachée sur un
rot, elle fut délivrée par Persée, dont elle devint la conquête. Ce héros, dans la suite, pria Jupiter de placer toute
cette famille dans le ciel, ce que fit le maître des dieux. CASSIS, nom vulgaire du groseillier noir. Cette plante est originaire de la Suisse et de la Suède; on a tiré parti de la saveur aromatique de ses baies pour en faire une sorte de ratafia. On a donné quelque extension à la culture du cassis, surtout en Bourgogne, aux environs de Beaune.
Il y a plusieurs manières de préparer la liqueur de cassis : la plus commune consiste à laisser infuser ensemble dans un vase 1 kilogr. de baies de cassis, 2 grammes de girofle et de cannelle, 3 litres d’eau-de-vie et 750 grammes de sucre; l’infusion dure quinze jours en ayant soin de brasser chaque jour le mélange; puis on le filtre et s’il est bien clair on le met en bouteilles. Pour obtenir avec le cassis une liqueur stomachique, on fait macérer dans un litre d’eau-de-vie une poignée de jeunes pousses de cassis; au bout de quinze jours on passe le mélange et l’on y ajoute un demi-litre de vin blanc ét 500 grammes de sucre,
CASSIQUE. Voyez CAUIQUE.
.CASSITERIDES ( Iles ). Par la position que les anciens leur donnaient, par la quantité d’étain que les Phéniciens, les Carthaginois et ensuite les Romains en tiraient , on peul assurer que ce sont les Sorlingues. C’est un groupe de rochers, au nombre de cent quarante-cinq, semés
en rond entre la France, l'Irlande et l'Angleterre, à laquelle elles appartiennent, à environ quarante kilomètres à l’ouest du cap de Lands-End, province du comté de Cornwall, dont elles font partie. Leur situation entre la Manche et le canal de Saint-Georges les rend très-dangereuses, aussi ne sontelles pas moins célèbres par la multitude de vaisseaux qu’elles ont vus périr, que par leurs mines d’étain. Les Anglais les appellent Silly, de Sillinæ, ancien nom qu’elles partageaient sans doute avec celui de Kaz-i-ter-i, mots bretons ou celtes qui signifient : elles sont presque séparées, périphrase qui convenait à leur isolement de la terre de Cornwall et à leur disposition. Leurs mines d’étain, inépuisables, étaient une source immense de richesses pour les Phéniciens. Ils étaient si jaloux de ce commerce, que lorsque leurs pilotes se croyaient suivis et observés en mer par quelques navires étrangers, ils s’'échouaient sur la côte voisine, afin de cacher à jamais le secret de leur route. Cette seule nation avait chez tous les autres peuples alors connus 16 monopole de ce métal si utile. On doit donc fortement présumer que les marchands cananéens donnèrent à ce métal le nom de kaziteri, des îles dont ils le tiraient, et que les Grecs l'hellénisèrent par xacoutépos, sans même se douter de l'existence de ces îles. Donc les Cassitérides n’auraient point emprunté leur dénomination à la langue grecque; c’est, au contraire, la langue celtique qui aurait enrichi lidiome des Hellènes d’un mot nouveau. L'empire romain disséminait ses criminels sur ces rochers pour y travailler aux mines. Le costume des anciens habitants de ces cent quarante-cinq roches était sinistre comme elles; ils portaient de longs habits noirs qui traînaient à terre, semblant ainsi porter le deuil des naufragés que les flots poussaient à travers tant de courants. Leur vie était errante ; ils allaient de rescif en rescif, d'île en île; la pêche, le lait, la laine de leurs troupeaux, fournissaient à tous leurs besoins; ils dédaignaient l'or et l'argent, et se contentaient d'échanger leur plomb, leur étain et des peaux contre de la vaisselle de terre, du sel et de petits ustensiles de bronze. Strabon place ces îles au Nord de l'Espagne. Pline en considère l’existence comme très-problématique, si ce n’est entièrement fabuleuse. L DENNE-BARON.
CASSITERIDES ( de xacowrépos, étain ). Ampère donne ce nom à un genre de corps simples dont l’étain est le type. È
CASSITERITE ( de xacorrépoc, étain ). M. d’'Omalius d’Halloy nomme ainsi un minéral connu sous les dénominations scientifiques ou vulgaires d'oxyde d’étain, d’étain oxydé, de pierre d’étain ou mine d’élain. La cassitérite à été rangée par MM. Beudant et d'Omalius d’Halloy dans le genre des stannides oxydés, famille des stannides. Les caractères de ce minéral sont : Pesanteur spécifique, 6,7; composition en volume : 4 atomes d'oxygène et { atome d’étain, ou en poids : oxygène 21, étain 79; le tout plus ou moins mélangé et coloré par des oxydes de fer et de manganèse, quelquefois d'oxyde de tantale, d’arsenic, etc. La cassitérite raye le verre; elle est rayée par la topaze. Sa couleur est ordinairement brune, quelquefois jaunâtre ou blanchâtre. Elle est aussi quelquefois rubanée, ce qui donne l’idée de morceaux de bois. On la trouve dans des filons qui traversent les terrains granitiques, porphyriques et talqueux, et dans des dépôts de transport, dont on n’a point encore bien déterminé la position géognostique. On exploite la cassitérile ou mine d’étain dans le comté de Cornouailles ; à Zinnwald, à Geyer, à Schlackenwald en Bohême; à Actenberg en Saxe, aux Indes, au Mexique. On en trouve aussi à Fahlun en Suède, à Saint-Léonard en Limousin, à Piriac en Bretagne. Tout l’étain employé dans les arts est retiré de la cassitérite. L. LAURENT.
CASSIUS, nom d’une illustre famille romaine : elle se divisait en deux branches, dont lune portait le surnom de Viscellinus et l'autre celui de Longinus.
Parmi les personnages qui portèrent le nom de Cassius, voici les plus célèbres :
Spurius Cassius VISCELLINUS, trois fois consul (ans 252, 261 et 268 de Rome ), fut en divers combats vainqueur des Samnites, et reçut deux fois les honneurs du triomphe. L'an 268 de Rome, 486 ans avant J.-C., Spurius Cassius, quoique patricien, proposa pour la première fois une loi agraire. Le sénat l’accusa d’aspirer à la tyrannie, et il fut précipité de la roche Tarpéienne, l’an 485 avant J.-C.
Quintus Cassius, tribun des soldats en l’an de Rome 502 (an 262 av. J.-C.), nous offre un curieux exemple de la sévérité avec laquelle les généraux romains savaient au besoin appliquer les lois de la discipline , sans avoir égard au grade des prévenus. Cassius, chargé de bloquer Lipari en Sicile, occupée par les Carthaginoïis, avait ordre d’éviter toute affaire où force lui serait d'engager tout son monde, Soït désir de se distinguer par une action d'éclat, soit nécessité, le tribun se laissa entraîner à livrer une bataille rangée et la perdit. Or, non-seulement le consul le dépouilla de son commandement, mais il l’enrôla comme simple soldat dans une de ses légions, après l’avoir fait battre de verges.
Lucius Longinus Cassius RAvILLA, étant tribun du peuple, l’an de Rome 617, fit rendre une loi pour que les suffrages dans les jugements fussent donnés par écrit, et non plus à haute voix. Cette loi fut adoptée, malgré la vive opposition que lui fit le consul Emilius Lepidus. Cassius avait acquis une telle réputation d'équité, qu’il fut nommé préteur extraordipaire pour instruire à nouveau l’affaire de plusieurs vestales accusées d’inceste. Une seule avait précédemment été condamnée; et des prodiges effrayants n’avaient pas cessé de troubler les esprits. Deux autres durent également payer leur crimede leur vie; les présages sinistres s’arrêtèrent alors, et le peuple romain en sut gré à Cassius. Il passe pour l’auteur de la fameuse maxime cui bono? dont le sens est qu’on necommet jamais un crime sans avoir quelque profit en vue. Il étaittellement inflexible, qu’on appelait son tribunal l’écueil des accusés ; Cicéron nous apprend qu’on surnommait cassiani les juges sévères.
Quintus Cassrus Loncnus, d’abord préteur de Pompée en Espagne, où il se fit détester pour son administration, embrassa ensuite le parti de César. Tribun du peuple avec Antoine, il s’opposade concert avec lui à l'exécution du décret du sénat qui ordonnait à César de licencier ses troupes. Tous deux s’enfuirent alors de Rome, et gagnèrent, sous des habits d'esclaves, le camp de César. L'armée du vainqueur des Gaules fut indignée en voyant l'aspect misérable des tribuns, dont on avait osé violer le caractère sacré : elle n’hésita plus à commencer la guerre civile. Quand César fut le maître, il nomma Quintus Cassius propréteur de l'Espagne, malgré les fâcheux souvenirs qu’il y avait laissés. La fausse nouvelle de sa mort, que l’on répandit au moment où il se préparait à marcher contre Juba, roi de Mauritanie, souleva l'Espagne, qui le haïssait, et qui était toujours au fond attachée au parti de Pompée. Quintus Cassius se trouva bientôt dans la situation la plus critique, et il ne dut son salut qu’à l'élection d’un nouveau propréteur, Caïus Trebonius. Cassius, ayant ramassé les trésors qu'il devait à son inique administration, s’embarqua au milieu de l'hiver ; mais il ne devait pas jouir du fruit de ses rapines; car une tempête qui vint ’assaillir à l'embouchure de l'Ebre, l’ensevelit avec ses richesses au milieu des flots.
Caïus Cassius Loncinus fut l’un des meurtriers de César; Brutus l’appelait Ze dernier des Romains. Dans sa plus grande jeunesse, il donna un soufllet à son camarade d'école Faustus, fils de Sylla, qui s’enorgueillissait devant lui de la puissance de son père, et le menaça de le frapper encore s’il recommençait. Il suivit Crassus dans son expédition contre les Parthes, en qualité de questeur, sut échapper aux dangers qui accablèrent Crassus, et parvintensuite à chasser de la Syrie l'ennemi, qui avait envahi cette