CASTAING — CASTANOS
tesque apparut aux Perses, qui ravageaïent la Phoctde, et en fit un horrible carnage , aidé d’un autre héros, de nom de Phylacus. Non loin de Castri, l’ancienne Delphes, un couvent grec a remplacé le temple.
Voilà pour cette fontaine célèbre tout ce qui tient à l’hisfoire; voici ce qu’en dit la mythologie : les uns prétendent que Castalie, nommée aussi Thya, fut fille de Castalius, roi des environs du Parnasse , et qu’Apollon, éperdûment épris de ses charmes, finit par la changer en fontaine, en la gratifiant du don d’enthousiasme : ceux qui buvaient de ses eaux devenaient soudainement poëtes ; la Pythie elle-même ne montait sur le trépied qu'après y avoir bu à longs traits. D’autres veulent que Castalie ait été fille d’Achéloüs , s’appuyant sur Pausanias, qui lui-même s’appuie sur un certain versificateur nommé Panyassis. Mais il est bien plus simple de rapporter le nom de cette fontaine au mot Æastal (murmure), dans la langue primitive des Béotiens, Phéniciens d’origine par Cadmus. La nymphe Castalie était d’ailleurs subordonnée aux Muses, auxquelles sa source était consacrée.
La description que nous venons de faire de cette fontaine n’a rien d’imaginaire; nous en avons emprunté les détails à Hérodote, Pausanias, Spon, Malte-Brun, et à des voyageurs dignes de foi. L'école moderne invoque peu cette naïade, qu’elle affecte de méconnaître. Byron seul, dans Childe- Harold, ne put se défendre de la saluer de quelques beaux vers.
Il y avait aussi en Asie, non loin d’Antioche , dans un faubourg de Daphné, une source appelée Casétalie : on voit par ces deux noms helléniques que les barbares avaient imité les Grecs de la Phocide. Cette fontaine possédait, comme celle de Delphes, une vertu prophétique. Suidas dit que dans ses environs il y avait un bois sacré et un temple, où Apollon rendait des oracles. Il ajoute qu’il sortait de ses ondes une vapeur enivrante, qui faisait que ceux qui demeuraient auprès devenaient inspirés et furieux comme des pythies. Sans doute cette prétendue frénésie n’était que l’effet d’un gaz volatil commun à bien des sources. Adrien, n'étant encore que simple citoyen, jeta dans cette fontaine une feuille de laurier, l’en retira, et y lut écrit son avénement à l'empire. On attribue à ce prince, devenu César, une action indigne de sa sagesse accoutumée : il aurait, dit-on, fait boucher avec de gros quartiers de roche cette source, afin qu’à l'avenir le caprice fatidique de ses eaux ne comblât aucun autre d’une aussi insigne faveur. Ces deux faits ne sont peutêtre que des fables. César Gallus fit bâtir une église près de cette fontaine. Partout dans la Grèce et dans l’Asie des églises, des monastères, des chapelles, des oratoires, sont élevés sur les ruines des temples du polythéisme : les voluptueux autels de Vénus sont ceux de la Panagia, de la Vierge sainte , et le tombeau profane d’Adonis est celui du Christ. #3 DENNE-BARON.
CASTANOS (Don FRAncisco-XAVIER DE), duC DE BAYLEN , général espagnol, au nom duquel se rattache le souvenir de la désastreuse capitulation de Baylen, naquit en 1753, d’une famille distinguée de la Biscaye, et s’initia aux règles de l’art de la guerre sous la direction du célèbre général comte O’Reïlly, qu’il accompagna en Allemagne, pour aller étudier la tactique à l’école de Frédéric le Grand. En 1794 il servit avec distinction avec le grade de colonel dans l’armée de Navarre aux ordres du général Caro, et fut nommé lieutenant général en 1798 ; mais à quelque temps de là il se vit bannir de Madrid, avec quelques autres officiers, qui comme lui n'avaient pas craint de désapprouver hautement le système de paix à tout prix suivi alors par le gouvernement espagnol. Lors de l’invasion de l'Espagne par les Français, en 1808, il fut investi du commandement supérieuc d’un corps d'armée réuni sur les frontières de l'Andalousie, où le général Dupont se disposait à pénétrer. À la tête d’une division composée seulement de 9,000 hommes et de