CASTEL
CASTELFIDARDO, petite ville de l'Ombrie (aujourd'hui province de Pérouse), située en face de Lorette, est devenue célèbre p°r la déroute des troupes pontificales, commandées par le général La Moricière, le 184septembre 1860. Le manque de vivres et d'argent avait réduit à 4,500 environ le nombre de ses soldats, et il ne lui restait que 16 pièces de canon. Ne pouvant dans de telles conditions offrir une bataille à l’armée piémontaise, il résolut de gagner Ancône par un chemin de traverse. Pour masquer ce mouvement il fit faire une démonstration sur la ferme de Castelfidardo pendant qu'il simulait une attaque de front. La brigade Pimodan, composée de Français et de Belges, enleva la position avec une grande bravoure; mais la défection des chasseurs indigènes, qui devait soutenir l'attaque, entraîna celle des bataillons étrangers, et toute cette foule, prise de panique, s'enfuit vers Lorette sans tirer un coup de feu. Les bagages furent pillés, les canons abandonnés; les dragons refusèrent de charger. La lutte héroïque des 250 zouaves pontificaux aux prises avec 2,000 Piémontais se continua jusqu'au moment où M. de Pimodan tomba mortellement blessé. Les 4,000 hommes réfugiés à Lorette se rendirent à discrétion. Quant au général de La Moricière il put gagner Ancône avec une escorte de 80 soldats.
Le gouvernement italien a fait élever un monument sur le champ de bataille de Castelfidardo, que traverse aujourd’hui le chemin de fer d’Ancône à Pescara.
CASTEL-GANDOLFO , bourg situé sur les bords escarpés du romantique lac Albano, non loin de Rome, avec un beau château de plaisance, qui offre la vue la plus ravissante sur la Méditerranée, le Tibre, la campagne, et la ville de Rome même, et où le pape vient d'habitude résider l'été. Le pape Urbain VIII construisit ce château sous la direction de Carlo Moderno, et le destina à lui servir de résidence d'été; Alexandre VII l’agrandit; Clément XIII le restaura, et lui fit donner ses dispositions actuelles.
Dans le voisinage se trouve la villa Barberini, dans les jardins de laquelle on voit les ruines d’une villa de Domitien.
CASTEL-GUELFO, bourg et château près de Parme, sur le Taro, dans une fertile contrée. L'archiduchesse Marie- Louise fit construire, à peu de distance sur le Taro, un pont qui n’a pas moins de vingt-deux arches immenses, quoiqu'en été cette rivière soit presque toujours à sec. Ce grand travail avait pour but d’assurer la régularité des communications avec Plaisance, généralement interrompues pendant la mauvaise saison par les débordements de ce ruisseau. Le 13 avril 1814 le roi de Naples Murat, qui avait fait défection, y battit l’armée française aux ordres du général Maucune.
CASTELLO, bourg du Tyrol, situé à 5 myriamètres à l'est de Trente, sur le Grigno. Il est en possession de fournir au reste de l'Italie, à l'Allemagne, à la France et à d’autres pays les modestes industriels qui parcourent incessamment leurs villes et leurs campagnes en vendant toutes sortes de figures en plâtre.
CASTELLO, bourg d'Italie, à 2 kilomètres de Florence, célèbre par son excellent vin muscat blanc et par la villa Ambrogiana, château de plaisance qui appartenait au grand-duc.
CASTEL-SAN-GIOVANNI, bourg de l’ancien duché de Parme, à 30 kilom. à l’ouest de Plaisance, où les Français et les Polonais aux ordres de Macdonald, de Victor et de Dombrowski, battirent, le 17 juin 1799, les Autrichiens et les Russes, commandés par Mélas et Souvaroff.
CASTEL-SARDO, ville et port de mer de la côte septentrionale de l'ile de Sardaigne, à laquelle sa situation sur un rocher presque à pic donne les avantages d’une place-forte. Bâtie dans une contrée riche en vignes et en céréales, cette ville est le siège d’un évêché, et possède une
de manne. On y trouve aussi des sources d'eaux minérales. ; belle cathédrale. La pêche du corail constitue la principale
Industrie de ses 2,000 habitants. Cette ville fut fondée vers l'an 1200, par les Doria de Gênes, et porta successivement les noms de Castel Genovese et deCastel-Aragonese , jusqu’à ce que le roi Emmanuel JII lui eut donné son nom actuel.
CASTEL-VETRANO, ville de Sicile, à environ 6 myriamètres au sud-est de Trapani et à #5 kilomètres de la mer, bâtie sur une hauteur, dans une contrée où l’on cultive surtout l’amandier, la vigne et le riz, et à laquelle ses habitants donnent le nom de Ville des Palmiers. Les rues sont larges, mais non pavées; on y remarque quelques vastes édifices, mais tombant à moitié en ruines. Sa population est d’environ 14,000 âmes; et la pêche du corail forme avec la fabrication d’une foule d’objets en albâtre la principale industrie des habitants. Les voyageurs vont visiter les ruines de Selinonte, situées à 15 kilomètres de là.
Dans la Péninsule pyrénéenne, les localités de ce nom les plus importantes à citer sont :
CASTELLO-BRANCO , ville fortifiée et protégée par une excellente citadelle, dans la province de Beira supérieure ( Portugal), est le siége d’un évêché, d’une école de rhétorique et de philosophie et compte 6,000 habitants.
CASTELLO DE VIDE, ville de la province de l’Alentejo, arrondissement de Portalègre, défendue par un château fort renfermant un arsenal. La fabrication des draps constitue l'industrie principale de sa population, forte de 6,000 âmes.
CASTELLON DE LA PLANA, et mieux Castillo de la Plana, ville maritime et chef-lieu de la province du même nom, faite avec la partie nord du royaume de Valence ( Espagne ), est bien bâtie, entourée de tours et de fossés, et abondamment pourvue d’eau par un aqueduc. On y compte
18,000 habitants, qui se livrent surtout à la fabrication des toiles à voiles et autres, et font aussi un commerce de chanvre fort important. Cette ville est située sur le chemin de fer de Valence à Barcelone.
CASTEL ( Louis-BerrRAND ), jésuite, né à Montpellier, le 11 novembre 1688, s’adonna de bonne heure à l’étude des mathématiques et des belles-lettres, qu’il enseigna à Toulouse chez les jésuites. Vers l’âge de trente ans, il se fit connaître par quelques essais qui passèrent sous les yeux de Fontenelle et du P. Tournemine. Ces deux hommes célèbres engagèrent ses supérieurs à l'envoyer sur un plus grand théâtre, et il vint à Paris peu de temps après. Ce fut en 1720 qu’il jeta le fondement de ses trois systèmes, sur la pesanteur, le développement des mathématiques et l’analogie des sons avec les couleurs.
Une discussion sur le premier point s’engagea entre lui et l'abbé de Saint-Pierre, son ami, et donna lieu à une multitude d’écrits de part et d’autres. Mais c’est principalement dans sa doctrine sur Les couleurs, à laquelle il appliqua un projet de clavecin oculaire, que le père Castel s’est acquis quelque célébrité. Il établissait, entre le blanc et le noir, une série de couleurs, qu’il divisait en autant de demi-tons qu'il y en a sur le clavier du clavecin. Dans les ébauches d'exécution qu’on en a faites, les couleurs variées et combinées savamment au milieu des glaces et d’un brilant luminaire offraient un spectacle extraordinaire. Le P. Castel passa sa vie à essayer de réaliser cette singulière hypothbèse, qu’il chercha aussi à appliquer à un clavecin pour tous les sons. 11 mourut le 11 janvier 1757.
Voici la liste des principaux ouvrages qu'il a publiés : Traité de la Pesanteur universelle ( Paris, 1724; 2 vol. in-12 ); Mathématique universelle ( Paris, 1728; in-4° ) : cet ouvrage lui valut d’être admis dans la Société royale de Londres; Oplique des Couleurs ( Paris, 1740 ). I travailla en outre au Mercure ct au Journal de Trévoux pendant trente ans. On trouve dans le n° volume d'avril 1757 une notice sur les dissertations qu'il y a données. Les écrits du P. Castel sont remplis de pensées quelquefois profondes, plus souvent bizarres. Son style se ressent des écarts de son ima-