‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 443 sur 556 · CASTELAR · texte numérisé non relu

CASTELAR

gination. Montesquieu, qui l’estimait d’ailleurs et l’honorait de son amitié, l’appelait l’arlequin de la philosophia. L'abbé de La Porte a publié, en 1763, L'esprit, les saillies et singularités du P. Castel (1 vol. in-12). C’est un extrait de ses divers ouvrages. F. DAnsou.

CASTEL ( René-Ricaarp-Louis ), poëte et botaniste, né à Vire, en 1758, avait pour père un brave officier supérieur. À douze ans le jeune Castel fut envoyé à Paris, au collége Louis-le-Grand, où il fit de solides et brillantes études. Il les avait à peine terminées, qu’il composa un poëme sur les fleurs, dont plus tard, lorsqu'il eut trouvé le sujet de son poëme des Plantes, il ne voulut rien conserver, de peur d’être tenté de faire entrer dans ce dernier ouvrage des vers qui n’y seraient pas amenés assez naturellement. La révolution vint le surprendre au milieu de ces douces occupations, qu’il interrompit pour répondre à la confiance de ses concitoyens, qui l’élurent procureur-syndic du district de Vire. Membre de l’Assemblée législative, il fit partie de cette minorité courageuse qui sut braver la proscription pour ne point se rendre complice des violences qui marquèrent les d2rniers moments de sa session. Nommé maire de Vire dans des temps difficiles, il sut préserver cette ville de la famine.

De 1792 à 1797 il s’occupa de son poëme les Plantes, commencé dans les temps les plus orageux de la Révolution. Cette œuvre appartient au genre descriptif. On sait quelle défaveur s'attache à ce genre, dont on a tant abusé. Castel mérite une place à part, à la suite de Delille, parmi ceux qui y ontexcellé. Sans doute on désirerait quelquefois dans cette œuvre plus de fermeté, de vigueur et de précision de style; mais on y rencontre une foule de détails charmants, et fréquemment des vers dignes d’être proposés pour modèles. Les notes qui l’'accompagnent sont pleines de recherches curieuses et savantes sur une des plus importantes parties de la botanique. Lorsque ce poème parut à Paris, en 1797, il obtint un beau succès et les honneurs du prix décennal. Plus tard Castel publia sa Forét de Fontainebleau, autre poëme de peu d’étendue, où il y a d’assez beaux passages, mais peu d'intérêt; un Voyage de Paris à Crévi en Chablais, et une cantate sur Omphale. Ce ne fut pas sans peine qu’on lui fit accepter une chaire de rhétorique dans le collège témoin de ses premiers succès. Il occupa avec distinction cette chaire pendant dix ans, et devint inspecteur général de l’Université. Il mourut à Reims en 1832.

CASTELAR (Eure), né en 1832, est un des orateurs les plus remarquables de l'Espagne moderne et celui dont la parole harmonieuse et colorée rappelle avec le plus d’avantage notre éloquent Lamartine. Il fit de fortes études classiques et oblint au concours la chaire d'histoire à l’université de Madrid. Patriote ardent il collaborait aux journaux démocraliques , dirigea quelque temps la Tribune, et fonda, en 1864, la Discussion. D'accord avec Orense, Rivero, Figueras , il réclamait par des manifestes l'égalité devant la loi, l'abolition de la conscription, les libertés politiques , individuelle, commerciale sur les-bases du suffrage universel. La publication d’un article qui parut injurieux à la reine le fit destituer de sa chaire (20 avril 1865). L'année suivante il prit une pari active au soulèvement du 22 juin à Madrid , et se montra sur les barricades. Condamné à mort par contumace, il réussit à passer la frontière et vint habiter Paris. La révolution de septembre 1868 permit à M. Castelar de rentrer en Espagne. Par ses articles, par ses discours nombreux, il travailla de toutes ses forces à l’avénement de la république. Élu député en 1869, il proposa une amnislie générale, qui fut repoussée, et combaltit le projet de régence ainsi que l'élection d’un roi. Après Orense, c’est le chef du parti républicain. Publiciste dislingué, M. Caslelar a fourni, en 1872, à la Fortnightiy review de Londres des articles très-remarquables sur l'avenir de la démocratie républicaine en Europe.

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