CASTELBAJAC — CASTELLAN
CASTELBAJAC (Famille pe). Elle est originaire de la province du Bigorre, où elle tenait un rang distingué dès le douzième siècle. Bernard ne CasreLBAJAC, étant à la croisade de Philippe-Auguste, emprunta 40 marcs d'argent à un marchand de Pise, et lui engagea sa bannière en garantie.
Marie-Barthélemy, vicomte ne CasTELBAJAC, né en 1776, fit les campagnes de l’armée des princes, et ne rentra en France qu’en 1814. Élu député l’année suivante, il débuta à la chambre par demander la peine de mort contre ceux qui arboreraient le drapeau tricolore, vota pour les exceptions de la loi d'amnistie, et réclama violemraent en faveur du clergé, qu’on ne pouvait, dit-il, trop enrichir. M. de Villèle le fit élever en 1827 à la pairie, Il avait été nommé
d’abord directeur général des haras et manufactures, puis directeur général des douanes. Révoqué en 1830, il rentra dans la vie privée et mourut, le 12 février 1868, à Pau.
Barthélemy-Dominique-Jacques-Armand, marquis DE CasTELBayAC, ministre plénipotentiaire en Russie, est né à Ricaud (Hautes-Pyrénées), le 12 juin 1787. Entré à l’école militaire en 1806, il passa l’année suivante dans un régiment de cavalerie, et fit les dernières campagnes de l’empire. Louis XVIII le nomma lieutenant-colonel en 1845, puis colonel à son second retour. M. de Castelbajac fit la
campagne d’Espagne à la tête des dragons de la garde royale, puis en 1826 il quitta ce régiment pour exercer les fonctions de maréchal de camp, dont il avait le rang depuis 1821. La révolution de Juillet le trouva en disponibilité. 71 passa d’abord dans la réserve; mais le gouvernement de Louis-Philippe ne tarda pas à lui confier un commandement et des inspections, et le nomma lieutenant général en 1840. À la révolution de Février il commandait la onzième division militaire. Admis à la retraite, il fut chargé l’année suivante de représenter la France à Saint- Pétersbaurg en qualité de ministre plénipotentiaire, et conserva ce poste jusqu’à la déclaration des hostilités- (décembre 1854). Un décret du 12 juin 1856 le fit entrer au sénat. Il est mort le 3 avril 1864, à Pau. Son fils Gaston a été écuyer de Napoléon III.
CASTELCICALA | Don FaBricio RUFFO, prince DE), issu d’une famille napolitaine honorable, débuta par être avocat. S’apercevant qu'il lui serait difficile de faire fortune dans cette carrière, il s’attacha corps et âme au ministre Acton, qui lui confia une mission secrète en Angleterre. A son retour à Naples, en 1793, Acton jeta les yeux sur lui pour le remplacer comme président de la junte d’État, infâme tribunal d’inquisition politique, qu’il présida jusqu’en 1798, époque à laquelle il accompagna la cour de Naples à Palerme. Quand Acton résigna le ministère, ce fut Ruffo qu’on jugea, entre tous, digne de lui succéder. Après la bataïlle d’Aboukir, ses instances décidèrent son maître, le roi de Naples, à déclarer la guerre à la France. Au rétablissement de la paix, Ruffo fut nommé ambassadeur de Naples à Londres; et quand la dynastie des Bourbons fut rétablie sur le trône de France, il passa avec le même titre à Paris. C’est en cette qualité, et par suite d’une négociation extraordinaire dont il avait été chargé, qu’en 1816 il signa avec la Grande-Bretagne un traité de commerce et de navigation qui abolissait ceux de Madrid de 1667 et de 1715, et celui d'Utrecht de 1713; traité d’une haute importance alors pour l'Angleterre, car il ré-
duisait à un simple droit de 10 p. 0/0 les divers droits perçus jusqu’à ce moment sur les marchandises anglaises à leur cntrée dans le royaume de Naples. Après la “révolution de 1820, le roi Ferdinand le nomma ambassadeur à Madrid ; mais Ruf'o n’accepta point ce poste, et, rappelé à Naples par suite de ce:refus, il persista à rester à Paris et à continuer ses fonctions, soutenant que, dans les circonstances où l’ayait placé l'insurrection, le roi son maître n’avait pas pu agir librement; et quand le mouvement révolutionnaire de Naples eut été comprimé, il fut en effet de nouveau confirmé dans son poste d’ambassadeur près le cabinet des Tuileries.
En 1829, l'Italien Galotti ayant été expulsé de France à sa demande, quelques journaux parvinrent à découvrir et s'empressèrent de révéler au public que le prince de Castelcicala n’était autre que le fameux Fabricio Ruffo, président de la junte de terreur de 1795 à 1798. L'ambassadeur les attaqua en calomnie, mais perdit honteusement son procès.
Il mourut à Paris, du choléra, le 13 avril 1839.
CASTELLAMARE, jolie petite ville du royaume de Naples, bâtie sur les ruines de l'antique Stabiæ, et dont le véritable nom est Castello a mare Stabia. Située d’une façon ravissante sur la côte sud-est du golfe de Naples, elle est le siége d’un évêché, et compte environ 18,000 habitants, dont l'industrie consiste principalement dans la fabrication du macaroni, la pêche et le cabotage. Elle est défendue par deux fortins, et a un bon port fermé, avec un môle fortifié, des chantiers de construction et un arsenal, où se trouve un bagne pour les forçats. Cette ville est fréquemment visitée par les riches habitants de Naples, soit à cause de l’air pur qu’on y respire et de la magnifique vue dont on y jouit, soit à cause des eaux minérales et des sources sulfureuses situées dans ses environs. Aussi un chemin de fer, dont la construction est toute récente, la met-il en communication constante avec la capitale, dont elle n'est éloignée que de 2 */; myriamètres. Derrière Castellamare s'élève le Monte-Auro, hauteur couverte de vignes, de châtaigniers et de villas, où se trouve le château de plaisance de Quisisana, appartenant au roi de Naples, et d’où l’on découvre une vue de toute beauté : à ses pieds le magnifique golfe de Naples, à gauche la côte depuis Sorrento jusqu’au promontoire de Campanella, à droite le Vésuve et les ruines de Pompéi. En 1648 Richelieu battit la flotte espagnole en face de Castellamare; et en 1799 le général Macdonald battit aux environs de cette ville les troupes anglaises et napolitaines combinées.
Une autre Castellamare, ville et port de la côte septentrionale de la Sicile, entre Palerme et Frapani, avec une population de 8,000 habitants, qui se livrent avec avantage à la pêche du thon et au commerce des grains, des vins, des huiles et surtout des anchois, est l'Emporium Egestæ des anciens, ou le port de l’ancienne ville de Se geste, dont on voit encore aujourd’hui les ruines dans l’intérieur des terres, vers Alcamo.
CASTELLAN. C'était au moyen âge une dignité dont le point de départ était le commandement d’un château fort, et qui prit des formes diverses suivant les différents pays où elle s'établit. En Flandre et en France, il existait certaines portions de sol à la possession desquelles était attaché le titre de castellan ou châtelain. En Allemagne, les castellans étaient des employés princiers (ministeriales), et ils remplissaient les fonctions analogues à celles des burgraves. Plus tard, alors que déjà de nombreux burgraviats avaient fini par devenir héréditaires, on nomma castellan le commandant d’un château dont ne dépendait point une vaste possession territoriale. Cette dignité cessa d’être une fonction publique quand la chevalerie tomba en décadence. Ce ne fut qu’en Pologne qu’elle continua à se maintenir longtemps, mais sous une autre forme. Ces dignitaires y avaient également à l’origine, notamment en Lithuanie, la surveillance des châteaux (castella grody), tant sous le rapport militaire que sous le rapport judiciaire ; mais par la suite ils ne conservèrent que ieurs fonctions judiciaires ; puis, quand ils les eurent perdues également, il leur resta pour mission principale l'obligation de se mettre à Ja tête du contingent de leur district, lors des levées en masse. A partir du seizième siècle les castellans formèrent, avec les voivodes et les évêques, le sénat, c’est-à-dire la haute chambre législative. On les divisait en castellans supérieurs etinférieurs, les premiers au nembre detrente-trois, et les seconds au nombre de quarante-neuf ; distinction supprimée en 1775. Généralement parlant ils prenaient rang après lee voivodes, qu’on les voit aussi représenter quelquefois. Tou-
tefois le castellan de Cracovie était le premier des sénateurs temparels, et avait la prééminence sur tous les voivodes. Lors de l'établissement du duché de Varsovie, le nouveau sénat polonais fut composé de neuf castellans et d’autant de voïvodes et d’évêques. La constitution de 1815 décida que le sénat du royaume se composerait indépendamment des yoivodes et des évêques, de castellans en nombre illimité.
CASTELLANE (Famille de). Elle est issue de ces anciens barons féodaux de Provence qui, après avoir expulsé les Sarrasins, profitèrent de la faiblesse des rois d’Arles pour s'affranchir de leur joug, maïs qui retombèrent ensuite sous la domination des comtes de Provence. Elle a toujours tenu le premier rang parmi la noblesse du pays, et ses goûts et ses prodigalités ont justifié la popularité du vieil adage du roi René : Dissolution des Castellane. Cette famille a formé un grand nombre de branches , entre autres, celles des marquis d’Entrecasteaux , des comtes d’Adhémar et des comtes de Grignan.
Boniface III, baron nE CASTELLANE, sommé de reconnaître la suzeraineté d’Alfonse, roi d'Aragon et comte de Provence, lutta pendant plusieurs années pour maintenir son indépendance. Mais en 1189, après une campagne malheureuse, il fut obligé de rendre hommage à son adversaire. Boniface IV, son arrière-petit-fils, s’acquit une grande célébrité par ses poésies, qu’il dédia à Charles d'Anjou. Il accompagna ce prince à la conquête du royaume de Naples.
Boniface-Louis-André, comte ne CASTELLANE, né en 1758, était colonel de cavalerie, lorsqu'il fut nommé député de la noblesse aux états généraux. La modération de ses principes le fit incarcérer pendant la terreur. Il parvint à s’évader, et sortit de France, où il rentra après le 9 thermidor. Préfet des Basses-Pyrénées et maître des requêtes sous l’Empire, il donna en 1814 son adhésion aux actes du sénat qui rappelaient les Bourbons. Louis XVIII l’éleva à la pairie le 17 août 1815. Il mourut en 1837.
Esprit-Victor-Élisabeth-Boniface, comte DE CasreL- LANE, fils du précédent, né le 21 mars 1788, s’engagea à l’âge de seize ans en qualité de soldat au 5° régiment d’infanterie, et s'éleva rapidement au grade de chef de bataillon. Sa brillante conduite pendant la campagne de Russie le fit nommer par l’empereur colonel-major du 1° régiment des gardes d'honneur. Créé maréchal de camp en 1822, lieutenant général après le siége d'Anvers en 1833, et pair de France le 3 août 1837, il commandait à Rouen lors de la révolution de Février. Mis à la retraite par le gouvernement provisoire, il fut rappelé en 1849 à l’activité et envoyé à Tours. L'énergie qu’il avait montrée dans la répression des troubles de Rouen le fit placer, en 1850, à la tête de l’armée de Lyon. La terreur qu'il inspirait suffit à maintenir l’ordre après les évènements de 1851. Nommé sénateur le 26 janvier 1852, il reçut le 2 décembre suivant le bâton de maréchal. M. de Castellane est mort le 16 septembre 1862, à Lyon. Il poussait jusqu'à l’exagération l’amour de la discipline, et ses excentricités de toutes sortes sont devenues proverbiales.
Il avait eu quatre enfants. Son fils aîné, Henri, né en 1816, fut élu député par le collége de Murat et mourut le 15 octobre 1847. 11 avait épousé la petite-nièce du prince de Talleyrand, de laquelle il eut deux enfants. — Son second fils, Louis-Charles-Pierre, comte DE CASTELLANE, officier de cavalerie, a fait plusieurs campagnes et publié : Souvenirs de la vie militaire en Afrique (1852) et Nouvelles et récits (1856).
Jules , comte ne CASTELLANE , issu d’une autre branche, s’est fait connaître de nos jours par la protection plus bienveillante qu'éclairée qu’il s’est efforcé d'accorder aux arts et aux lettres (voyez l’article suivant). Il est mort en 1861, laissant une fille qui est devenue comtesse d'Estourmel.
CASTELLANE (Hôtel de). C'est la copie de l'hôtel de Rambouillet; mais elle est demeurée si loin de son