‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 447 sur 556 · CASTELLANE — CASTELNAU · texte numérisé non relu

CASTELLANE — CASTELNAU

Contes de loutes les couleurs (6 volumes, Vienne, 1840)

Les événements de 1848 l’amenèrent à se jeter’ dans lo politique. Quelques-unes des brochures qu’il publia à cette époque, par exemple : Ce qui vient de se passer à Vienne; Bon homme paysan s'en revenant de la diète, se vendirent à plus de 100,000 exemplaires.

Il a réuni dans une édition de luxe (15 vol:, Vienne, 1844; 3e édition, 1861) tout ce qui dans son bagage littéraire lui paraissait devoir trouver grâce devant la postérité. Après avoir terminé les Mémoires de ma vie (Prague, 1861 1862, 3 vol.), Castelli est mort le 5 février 1862, à Lilienfeld. CASTELNAU ( Micugz ne), naquit en 1520, au château de La Mauvissière, près de Tours, et manifesta dès l'enfance des dispositions très-heureuses, Parvenu à l’âge adulte, il voyagea dans quelques contrées de FEurope, et y étudia avec soin les mœurs et le gouvernement; puis, rentré en France, il prit du service dans la marine, si l'on peut donner ce nom à des flottilles de commerce, par aventure armées pour le compte du roi, en quoi consistait alors tout notre état maritime; mais bientôt le crédit du cardinal de Lorraine, à qui il avait su plaire, le fit appeler à la cour, et peu après il fut chargé de diverses négociations dont il s’acquitta avec succès. Ce fut Castelnau qui accompagna en Écosse Marie-Stuart, un moment reine de France, et dont sa sagesse ne put empêcher les fautes et les malheurs sur ce nouveau trône où sa naissance la faisait monter, Cependant des troubles religieux éclatèrent en France, et Castelnau, qui y avait été rappelé, se prononça sans hésiter pour le parti catholique. I1 éfait porté à suivre cette bannière par sa foi, que n’avaient point ébranlée les doctrines des novateurs, non moins que par son attachement à la royauté, qui l'avait également arborée. Une fois engagé, Castelnau ne varia pas; car il était de ces esprits fermes et modérés qui, sans participer aux excès de la cause qu’ils ont embrassée, lui restent pourtant toujours attachés, et il a flétri ces hommes, nombreux dans les troubles civils de toutes les époques, qui n'ont ordinuirement le cœur de se déclarer Jidelles pour un party ny pour un autre. Il servit donc constamment les Valois, tantôt comme homme de guerre, tantôt comme négociateur, et représenta pendant dix ans Henri III, en qualité d’ambassadeur, auprès d'Élisabeth, sur laquelle il eut assez d'influence pour différer longtemps le supplice de son infortunée rivale, Toujours dévoué à la couronne, Castelnau se prononça contre la ligue, et devint à la mort d'Henri IX un des serviteurs dévoués d'Henri IV, qui l'employa comme son prédécesseur, Il mourut en 1592, âgé de soixante-douze ans, dans son château de Joncouft, en Gâtinais. Ce fut pendant son ambassade en Angleterre qu'il écrivit, pour l'instruction de son fils, ses Mémoires, qui comprennent l’histoire de son temps, de 1559 à 1570. Ils furent publiés pour la première fois en 1621, in-4°, et le savant Le Laboureur en a fait plus tard une nouvelle édition, qui, grâce à l’adjonction de nombreux documents, forme deux volumes in folio, Quant à l'ouvrage de Castelnau, il est à bon droit rangé parmi les documents politiques les plus intéressants de cette époque ; l’auteur s'y montre à la fois juge impartialet narrateur habile. Quelques écrivains ont comparé Castelnau à Comines, et c’est assez pour caractériser le mérite de l'écrit qui signale son nom à l'estime de la postérité.

P.-A. Durau.

CASTELNAU (Jacques DE), petit-fils du précédent , né en 1620, entra au service à l’âge de seize ans, et se fit une telle réputation de bravoure, qu'il fut créé maréchal de bataille en 1644. Blessé à plusieurs reprises, il fut nommé lieutenant général, et servit avec éclat sous les maréchaux La Meilleraie, Duplessis et sous Turenne. En 1655 il obtint le commandement général du Hainaut, et remporta plusieurs avantages sur les Espagnols. Placé à l'aile gauche de l'armée à la bataille des Dunes, il rompit la cavalerie des ennemis, retourna au camp devant Dunkerque, et enleva

Page 1