‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 448 sur 556 · CASTELNAU — CASTES · texte numérisé non relu

CASTELNAU — CASTES

le fort Léon, réputé imprenable ; mais il y reçut un coup de mousquet dans le flanc. Le roi, informé de la gravité de sa blessure, lui envoya le bâton de maréchal : Castelnau n'en jouit pas longtemps : il expira le 15 juillet 1658,

CASTELNAU (Hennietre-JULIE DE ), Comtesse DE MURAT, dernier rejeton de l’illustre famille des Castelnau, et connue par quelques publications, naquit à Brest, en 1670, et se fit un nom par ses désordres avant de s’en faire un par ses ouvrages; ce qui ne l’empêcha pas de se marier au comte Nicolas de Murat, d’une ancienne famille d’Auvergne, brigadier des armées du roi. Exilée à Loche pour avoir coopéré à la rédaction d’un libelle où toute la cour de Louis XIV était insultée, elle employa les loisirs de sa retraite à composer des romans, des contes de fées, des chansons et autres poésies fugitives. On regarde comme son meilleur ouvrage Les Lulins du château de Kernosy, roman ingénieux et plein de grâce. En général les écrits de Julie de Castelnau se font remarquer par la pureté du goût, la sagesse des idées et l'honnêteté des tableaux. Ses Hémoires, pour servir de réponse à ceux de Saint-Évremond, ne sont eux-mêmes qu'un roman. Ses vers, en petit nombre, se distinguent par une agréable facilité. C'était elle qui dictait les lettres énergiques de M°° de Parabère au due d'Orléans le roud, Celui-ci fit cesser son exil en 1715; mais elle ne jouit pas longtemps de cette faveur, et mourut à Paris, le 21 septembre 1716.

CASTELNAUDARY, ville de France, chef-lieu d’arrondissement, dans le département de l'Aude, sur le chemin de fer du Midi, avec une population (1866) de 9,075 habitants, Cette ville possède un tribunal de commerce, un collége et une bourse ; elle est bâtie en amphithéâtre, sur une petite éminence; le canal du midf, qui la traverse, y forme un beau bassin appelé le réservoir Saint-Ferréol, qui sert de port, et dont l'enceinte, garnie de quais ombragés par des arbres, est sa plus belle promenade. Les principaux monuments, après l'hôtel de ville, sont l’église de Saint-Michel ct l’hôpital général, fondé il y a quatre cents ans, et doté, en 1774, de 500,000 francs par M. de Langle, évèque de Saint-Papoul. Castelnaudary ne manqne pas d’une certaine activité industrielle ; elle possède quelques manufactures de soieries, de lainages et de grosses draperies, des filatures de coton, des imprimeries sur toile, des tanneries, des fours et inoulins à plâtre et deux typographies : lun des marchés les plus importants du midi pour les grains et les farines, on y trouve de beaux chant'ers pour la construction des bateaux,

Castelnaudary portait dans le principe le nom de Sos{omagus, et-fut ruinée lors de l'invasion des Goths. Plus fard ils la rebâtirent; et comme ils étaient ariens , elle s’appela Castrum Novum Â*ianorum, d'où lui est venu son nom moderne. Elle joua un grand rôle dans la guerre des Albigeois, et ses environs furent, en 1211, le théâtre de la défaite des comtes de Toulouse et de Foix par Simon de Montfort. En 1229 le comte de Toulouse fut obligé de démolir ses fortifications en faisant la paix avec saint Louis, En 1355, le prince Noir s’en empara, et la brûla. Jean, comte d’'Armagnae, Ja rebâlit, et la fortifia l’année suivante. Ce fut sous ses murs que le maréchal de Schomberg, à la tête des troupes de Louis XII, défit, en 1632, celles deGaston d'Orléans, commandées par le duc de Montmorency, qui y fut blessé et fait prisonnier, puis conduit à Toulouse, où il fut décapité, le 30 octobre 1632, par ordre du roi, malgré les instantes supplications de sa famille.

CASTELNAUT (lexn NOMPAR pe CAUMONT, marquis pe), second fils de Jacques Nompar de Caumont, maréchal, duc de La Force, naquit en 1582; Henri de Navarre, qui se trouvait alors chez son père, le porta lui-même an temple, et le tint sur les fonts de baptême; en 1601 le maréchal de Biron, son oncle, lemmena en Suisse, où il äliait comme ambassadeur du roi ; il l'avait encore auprès de lui à ontainebleau lorsqu'il fut arrêté, le 14 juin 1602,

Henri IV prit soin de son filleul, et le confia au comte de Saint-Paul , cousin germain de M. de La Force. Marie de Médicis, régente, donna au marquis de Castelnaut le gouvernement de Bergerac, place de sûreté des protestants, En 1613 il présida l’assemblée de Sainte-Foi, et en 1621 l'assemblée générale de La Rochelle. Cette même année la guerre de religion s'étant allumée en France, il y joua un rôle important : à la défense de Montauban, il était chargé du quartier le plus faible et le plus vivement attaqué, car de ce côté Louis XIII dirigeait en personne, avec le connétable de Luynes, les “efforts des assiégants. Castelnaut repoussa les assaillants avec tant de vigueur, et sut si bien se mettre à couvert par les travaux, qu’il exécuta sous le fev même de leurs batteries, qu’il parvint à se maintenir jusqu’à la fin dans une position que l’on considérait comme im possible à défendre. En 1622 il se jette dans Montflanquin, prend Clairac, défait un corps de royaux près de l’abbaye de Granges , et se signale au secours de Tonneins, en tuant le sieur de Miremont, fils de Castelnau de Chalosse, auquel il fait avaler son épée jusqu’à la garde. Rentré en grâce auprès du roi, Castelnaut suivit presque toujours son père à l'armée. Maréchal de camp en 1638, il fitouvrir la tranchée devant Renty, couvrit le siége de Saint-Omer ,.et contribua à la victoire de Zouafsque, remportée sur Colloredo, Picolomini et le comte Jean de Nassau, par le maréchal de La Force. Dans les guerres de la Fronde, le marquis de Castelnaut leva des troupes en Guyenne, et suivit le parti de Condé; mais après la soumission de Bordeaux il traita avec la cour par l'intermédiaire du duc de Vendôme.

Le marquis de Castelnant a laissé sur la guerre des protestants en 1621 et 1622 des mémoires qui ont été publiés en 1843 avec ceux du maréchal de La Force.

CASTELSARRASIN, chef-lieu d'arrondissement &u département de Tarn-et-Garonne, près du caval et sur le chemin de fer du Midi, compte (1866) 6,835 habitants. Son nom n’a aucun rapport avec les Sarrasins : c’est une corruption de Castel-sur-Azin, petit cours d’eau qui la traverse. D’agréables promenades ont remplacé les remparts, détruits dans le moyen-âge. Elle possède un collége. Son église cathédrale, dédiée à saint Sauveur et bâtie en briques, appartient au style de transition, Cette ville fait un commerce considérable de grains , de safran et d'huiles; on y trouve des tanneries, des bonneteries et des fabriques de serges.

CASTES. Ce mot, d'éfymologie inconnue, nous est venu d’Asie, par les Portugais; il spécifie des rangs sociaux distincts par la qualité ct la naissance, ou par le sang et la différence des races dans une nation. Ainsi, parmi les Européens, la noblesse de race, comme celle des Frances,

conquérants des Gaules, s alliant toujours entre eux, formait une véritable caste, fière de la pureté de son sang et même de la conservation des caractères originels qui lesdistinguaient. Mais l’armée, le clergé, la magistrature, se recrutant dans toutes les classes de la société, ou ne transmettant point à leurs successeurs les mêmes rangs par hérédité, ne constituent point dans notre état social, des castes véritables, comme elles en forment chez plusieurs peuples d'Asie. De plus, la diversité des races et les distinctions qu’elles obtiennent les unes par rapport aux autres, établissent pareil= lement des castes naturelles, c’est-à-dire séparées par leur organisme même. Tels sont, dans les cofonies européennes, les noirs, les hommes de couleur et les blancs. Parmi plusieurs peuplades barbares des îles des mers du Sud ou de l'Océanie, on remarque également deux castes, dont la moins noire est toujours gelle c qui domine, comme éhez toutes les autres nations divisées en castes, Jamais on n’a vu, si ce n’est récemment à Haïti, la race blanche former une caste inférieure chez les peuples de couleur plus ou moins foncée.

Quoique, sur toute la terre, les hommes ne soient point au même niveau les uns des autres dans l’état de société; quoi-

que l’organisation même d’une nation exige qu’elle élève des chefs, que les uns commandent et que les autres exécutent des ordres, cependant chacun pourrait rester égal en droits devant la loi, et devenir capable de tous les emplois, suivant ses aptitudes et ses moyens. Les peuples nouveaux, les États républicains, comme les despotiques, les institutions constitutionnelles, offrent des exemples de ce genre, soit en Europe, soit en Amérique, soit même en Chine. Mais d’autres nations anciennes ou asservies par la conquête ont subi le joug de la division en castes. Ainsi, partout les conquérants se sont naturellement attribué le droit d'obtenir seuls le pouvoir, legouvernement et les hauts emplois dans les armées , le clergé, la magistrature : telle fut l’ancienne noblesse autrefois en France et en d’autres contrées de l’Europe. La valeur et la supériorité d'esprit semblaient être l'apanage de cette élévation de la fortune et du rang. Ainsi, les roturiers , les vilains (villani ), les esclaves, les gens de main-morte , formaient la classe la plus nombreuse, mais réduite, faute d'instruction et de propriétés territoriales, comme les mougiks russes, les serfs de Pologne et de Hongrie, etc., à un triste état d’ignorance, de superstition et de misère; cette caste, si profondément humiliée , se soumet aux magnats, aux boyards, aux nobles, pasteurs de ces troupeaux humains, les dénombrant par têtes, les vendant, les partageant entre eux, les parquant dans leurs domaines pour en tirer une redevance annuelle, et leur commandant les corvées ou la prestation de tous les services corporels dus à tout seigneur et maître.

La plus ancienne division de peuple en castes différentes est celle des Hindous, au Malabar et dans toute la partie en deçà du Gange. Selon les lois de Manou, leur législateur, Brahma inventa leurs lois et leurs usages; son fils Crishna, Ja Divinité elle-même, distingua le peuple en quatre castes principales : lesbrahmes, vrais enfants de Brahma; les chatrias, négociants, artisans, soldats, etc.; les sudras, laboureurs, hommes de peine, etc.; lesparias, la plus misérable, sans moyens d'existence, réprouvée et impure. D’après ces lois, aucun individu né dans l’une de ces castes ne peut en sortir, soit pour s'élever, soit même pour descendre, bien qu’il y ait des nuances en chacune d'elles. Les priviléges sont inhérents à chacune, soit pour les vêtements, la nourriture, les préséances ou autres droits et prérogatives ; de telle sorte qu’on ne peut les transgresser sans crime. Ainsi la langue sanscrite et sacrée est réservée aux brahmes. Les seuls parias osent se permettre l'usage de la viande, Les brahmes ne se vêtiraient pas de soie, attendu que c’est une matière animale comme la laine; il leur faut des tissus tout végétaux, considérés seuls comme purs, etc.

L'Égypte antique eut pareillement son peuple partagé en castes : celle des prêtres ou choens, celle des guerriers, celle des artisans et celle des cultivateurs. On se ménageait par ce moyen des états tout faits de père en fils, car il n’éfait pas loisible à chacun de choisir un métier, un art, selon ses goûts; l'enfant d’un agriculteur succédait à son père, devait remplir les mêmes fonctions ; l'artiste ne devait faire ni plus mal ni même mieux ses travaux ; il y avait des patrons tout taillés pour fabriquer les statues, les hiéroglyphes, sur un modèle inaltérable ; tout perfectionnement était défenda comme un crime, et aujourd’hui encore, dans la Chine, la grande raison pour ne rien innover est que les ancêtres (dont l’autorité et la sagesse sont incontestables ) n'ont rien fait de mieux.

La division d’un peuple en castes immuables est donc un obstacle à tout perfectionnement, à tout progrès dans la civilisation, les arts ou l’industrie, 11 n’est pas étonnant que la Chine et l'Inde restent à jamais sfationnaires : ce seul fait prouve l'inutilité et le désavantage de la division d'un peuple en castes. D'ailleurs, sous les gouvernements despotiques, rapaces, violateurs de tout droit civil, un ouvrier

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