CASTES — CASTIGLIONE
On appelle enfin, dans les Indes orientales, cas/es cerfains restes de nations, tels que les Guèbres ou Parsis, les anciens Perses, adorateurs du feu et des astres, échappés aux conquêtes des Musulmans ; tels sont aussi les banians et gentous, sectes idolâtres de l’Inde, comme on peut dire que les Bohémiens (Zingari) forment une caste errante en quelques régions de l'Europe. 11 semble que le ferme de caste se prenne surtout en mauvaise part, ou désigne un ordre de personnes mues par l'intérêt particulier de leur corporation. Celui-ci ne manque presque jamais à toute société particulière qui se trouve séparée de la grande, surtout si elle vit aux dépens de cette dernière.
J.-J. Viney.
CASTI (Gramgarmisra), poëte italien, né en 1721, à Prato, près de Florence, fit ses études au séminaire de Montefascone, où il devint plus tard professeur et obtint une prébende. Sur l'invitation du prince de Rosenberg, qu'il avait connu à Florence, il fit plus tard le voyage de Vienne, où il fut présenté à Joseph II. Sa vanité le porta à saisir toutes les occasions possibles de se faire voir dans des cours ; aussi sollicita-t-il la faveur d’être attaché, même sans fonctions ni titre, à diverses ambassades. Il visita Saint-Pétersbourg, où Catherine II laccueillit de la manière la plus bien- Yéillante, puis Berlin et quelques autres capitales de PAIlemagne. A son retour à Vienne, le prince de Rosenberg, qui était directeur du théâtre de la cour, le nomma poela cesareo (poète de la cour), après la mort de Métastase. Mais lorsque Joseph IT vint à mourir, Casti donna sa démission, et se retira à Florence, où il continua de séjourner jusqu'en 1783, époque où il vint à Paris. Malgré son âge déjà avancé, il avait encore toute la force et l’activité premières de son esprit. Il mourut le 6 février 1803.
Il est redevable de la durable réputation qui est restée attachée à son nom, à ses MNovelle galanti (Paris, 1793, nouvelle édition, 3.volumes), d’une morale relâchée pour la plupart, mais attrayantes par la vivacité et l’originalité d’esprit dont il y fait preuve, ainsi que par l’élégance du style ; mais surtout à son grand poëme didactique et satirique Gi Animali parlanti (Milan, 1802, 5 volumes; traduit en français par Paganel; Liège, 1818), qu’il écrivit à l’âge de soixante-dix ans, de 1792 à 1799. Ce n’est toutefois que dans ces derniers temps qu'il a vivement excité l'attention publique, peut-être bien parce qu’avant lui personne n'avait osé dire ouvertement les vérités amères contenues dans cet ouvrage. Ses Rime anacreontiche sont fort agréables, et ses opéras comiques La Grotta di Trofonio, IL re Teodoro in Venezia , tous deux mis en musique par Paisiello, et le premier aussi par Salieri, sont pleins de gaieté et d’originalité. Ses Zi Giulj Tre sont deux cents sonnets plaisants sur un créancier importun, qui ne cessait de lui réclamer trois giulj (environ 75 centimes). A l'égard du soin et de la pureté de la versification, on peut dire que c’est. le meilleur ouvrage de Casti.
CASTIGLIONE DELLE STIVIERE, petite ville de la province de Mantoue, dans le royaume d'Italie, avec un ancien château et 5,500 habitants, était autrefois la résidence d’un prince souverain. C’est sous les murs de cette ville que, le 5 août 1796, Bonaparte remporta une victoire complète sur Wurmser, lequel, avec ses Autrichiens, avait tenté de lui faire lever le siége de Mantoue. En récompense desa conduite dans cette journée, Augereau reçut, lors de l'établissement de l’empire, le titre de duc de Castiglione.
Il y a encore plusieurs autres lieux du nom de Castiglione dans le royaume de Naples , en Sicile et en Toscane.
Le 12 octobre 1835, un affreux tremblement de terre détruisit de fond en comble la petite ville de Castiglione en Calabre, laquelle, sur une population totale de 1,000 habitants, en perdit environ 100 dans cette catastrophe.
CASTIGLIONE ( BaLDasarE, comte ne), l’un des plus charmants écrivains qu’ait eus l'Italie au seizième siècle, né
en 1478, à Casatico, dans le Mantouan, fit ses études à Milan , et entra ensuite au service du due Lodovico Sforza ; puis, quand son protecteur eut été fait prisonnier par les Français, le marquis de Gonzague le recueillit à Mantoue. Quelques années plus tard il passa au service du duc d'Urbino, Guidobaldo della Rovera, qui le nomma commandant d’une compagnie de cinquante hommes d'armes. Castiglione ne tarda pas à être l’ornement de cette cour élégante et polie. Ses brillantes qualités, son savoir, ses talents et scs mœurs aimables engagèrent le duc d'Urbino à l'envoyer, en 1505, comme ambassadeur, auprès de Henri VIT, roi d'Angleterre, et à lui confier en 1507 une mission semblable auprès de Louis XII, qui se trouvait alors à Milan. Francesco Maria, successeur de Guidobaldo, l’éleva à la dignité de comte, et lui donna à titre de fief le château de Ruvillara, près Pesaro. Quand, en 1513, Léon X fut élu pape, Castiglione vint représenter son maître à la cour de ce souverain pontife, et il s’y lia avec les artistes et les gens de lettres les plus célèbres de l’époque. Il revint encore à Rome, en 1523, en la même qualité, à l’occasion de l’exaltation de Clément VII. Chargé de négocier la paix entre Charles-Quint et le saint-siége, il échoua dans ses efforts, et ne put jamais se consoler du sac de Rome, arrivé en 1527, tant cet événement avait profondément contristé son âme. L'empereur, redoublant pour lui de prévenances et d’attentions, le naturalisa espagnol, en lui accordant le riche évêché d'Avila; mais Castiglione refusa de l’accepter, tant que Charles-Quint ne se serait pas complétement réconcilié avec le souverain pontife. 11 mourut le 8 février 1529, à Tolède.
Celui de ses ouvrages qui est demeuré le plus célèbre, à cause de la perfection de style dont il y a fait preuve, a pour titre : IL Libro del Cortegiano (Venise, 1528); c’est une espèce de manuel à l’usage de la jeunesse des cours. Ses poésies italiennes et latines, fort peu nombreuses d’ailleurs, sont aussi des modèles d'élégance. Ses Zeltere (2 vol. in-12, Padoue, 1769-1771), ne sont pas moins importantes pour l’histoire de la politique que pour celle de la littérature. Le Tasse célébra la mort de Castiglione dans un sonnet, et Jules Romain Jui éleva un monument à Mantoue.
CASTIGLIONE (CarLo-Orravio, comte DE), l'un des plus célèbres linguistes de l’Italie moderne, né vers 1795, à Milan, d’une riche et ancienne famille de cette ville, s’appliqua de bonne heure à un genre d’études qui jusque alors avait été bien négligé dans son pays. La description qu’il publia des monnaies cufiques existant dans le cabinet de la Brera, à Milan, Monete Cufiche dell I. R. Museo di Milano, prouve de sa part une connaissance approfondie des langues et de l’histoire de l'Orient. Schiepati, dans sa Descrizione di alcune Monete Cufiche del Museo di Stephano Mainocci (Milan, 1820), s'étant rendu coupable de plagiat à l'égard de Castiglione, celui-ci en fit justice dans ses Osservazioni sur cet ouvrage (Milan, 1831). Le principal ouvrage de Castiglione dans le domaine de la littérature orientale est son Memoire géographique et numismatique sur la partie orientale de la Berberie, appelée Afrikiah par les Arabes, suivi de recherches sur les Berbères atlantiques (Milan, 1826), où il recherche avec la plus scrupuleuse exactitude l’origine et l’histoire des villes de Ja Berberie, dont on trouve les noms inscrits sur des monnaies arabes.
Le travail qui a le plus contribué à populariser son nom chez nos voisins d’outre-Rhin est la publication qu'il a faite de fragments de la traduction de la Bible en la langue des Goths par Ulfilas, découverte en 1817 par Maï dans les palimpsestes de la Bibliothèque ambrosienne. 11 donna d’abord, en collaboration avec Maï, des fragments de l'Ancien Testament (Esdras et Néhémie) sous le titre de : Ulphilæ Partium inedilarum in Ambrosianis palimpsestis repertarum Editio (Milan, 1819), et de quelques épîtres de sain$
Paul, de même que des fragments d’un calendrier goth et dune homélie. Castiglione fit ensuite paraître tout seul : Ulphila gothica versio Epislolæ Pauli ad Corinthios secundæ (Milan, 1819); Gofhicæ versionis Epistolarum divi Pauli ad Romanos, ad Corinthios primæ, ad Ephesios quæ supersunt (Milan, 1834); Gofhicæ versionis Lpislolæ Pauli ad Galatas, ad Philippenses, ad Colossenses, ad Thessalonicenses primæ quæ supersunt (Mi-
lan, 1835); Gofhicæ versionis Epistolarum Pauli, etc.
Fhessalontcenses quæ supersunt (Milan, 1839). Les commenñtaires, annotations et glossaires ajoutés à ces différents ouvrages ont un prix tout particulier. Le comte Castiglione est mort, en 1854, à Milan,
CASTIGLIONE (Giovanni-BENEDETTO), appelé en Italie ZE Grechelto et en France Le Bénédelle, naquit à Gênes, en 1616. Le goût qu’il annonçait pour le dessin en crayonnant sur ses livres toutes sortes de figures d'arbres et d'animaux décida son père à le faire étudier sous la direction de G-B. Paggi, chez qui le jeune Bénédette demeura jusqu’à Ja mort de cet artiste, époque à laquelle il entra dans l’atelier de A. Ferrari. Il ne demeura que peu de temps chez ce dernier, qu’il abandonna pour Van Dyck, qui visitait alors l'Italie. Bénédette reçut des leçons de ce grand artiste, et en profita si bien qu’on lui demanda deux tableaux pour la galerie Pilti : Circé entourée d'animaux etun Paysage accompagné de brebis et d'agneaux. Dès ce moment Ja réputation du peintre fut faite, et ses voyages à Rome, à Naples, à Bologne, à Venise, ne servirent qu'à la confirmer, Bénédette peignit le portrait avec goût, et grava à l’eau forte dans la manière de Rembrandt; maïs les sujets qu’il affectionna, ét dans lesquels il réussit le mieux, sont les Campagnes remplies d'ouvriers, Les Vendanges, Les Bergers et leurs troupeaux, Noé dans l'Arche, etc. Notre Louvre possède huit tableaux de ce maître, dont les principaux sont : Melchisédech, roi de Salem, offrant du pain et du vin à Abraham; L'Adoration des Bergers ; Les Vendeurs chassés du Temple; etc. Is se distinguent, comme toutes ses productions, par une admirable vivacité de couleur, une grâce et un naturel rares. Castiglione mourut à Mantoue, en 1670.
B. pe Concy.
CASTIGLIONE (Duc ne), Voyez AuGEnEAu.
CASTILHO (Anrowro-FrLicrano ), l’un des poëtes portugais modernes les plus remarquables, naquit à Lisbonne, le 26 novembre 1800, et eut le malheur, à l’âge de six ans, de perdre un œil des suites de la rougeole, tandis que l’autre restait tellement affaibli qu’on fut bien des années sans oser lui faire apprendre à lire et à écrire. Obéissant au vœu de son père, qui était professeur de médecine à l’université de Coïmbre, il étudia le droit et se fit recevoir avocat. Mais, au lieu d'exercer son état, il préféra passer une existence toute champêtre et toute poétique auprès de son frère Auguslo Federigo. I] s’essaya, d’ailleurs, de bonne heure au métier de poête, et il n’était encore qu’étudiant lorsqu'il publia ses premiers essais de poésie bucolique : Cartas de Echo e Narciso (nouvelle édition, Paris, 1836), et À Primavera, (Lisbonne, 1822; deuxième édition, 1837). La première de ces productions lui valut l'amour passionné d’une jeune fille, aussi belle que spirituelle, mais qu'il ne connut personnellement qu’en 1834; et peu de temps après l'avoir épousée, il eut la douleur de se la voir enlever par une mort prématurée, Indépendamment d’une traduction en vers des Métamorphoses et des Amours d'Ovide (1841), et des Paroles d'un croyant (1836), il a donné encore Amor e Melancolia (1828), A Noite do Castello (1836), Excavaçocs poelicos (1844), Camoes (1849), étude historique; et Tratado de metrificaçao porlugueza (1851).
Obligé de quitter sa patrie sous dom Miguel, il alla vivre aux Acores avec sa seconde femme et revint en 1849 à Lisbonne,
CASTILHO (Aucusro-FeperiGo), deuxième frère du précé-