CASTIGLIONE — CASTILLE
dent, était curé de campagne dans le diocèse d’Aveiro, 11 dut, sous dom Miguel, chercher également un refuge à l'étranger; il est mort en 1841. On a de lui une traduction de Za Pharsale de Lucain, et il a publié, en collaboration avec son frère Antonio-Feliciano, les Quadros Historicos de Portugal (8 livraisons, Lisbonne, 1831-41).
CASTILLE, province qui, sous le rapport physique comme au point de vue politique, constitue le centre de la péninsule hespérique, car c’est la contrée qui porte empreinte, de la manière la plus caractéristique, la plus continue, la configuration propre aux plateaux, et qu’on peut considérer comme formant le noyau de la monarchie espagnole. Au point de vue physique et politique, il est nécessaire de la diviser en Vieille Castille ou Castille Septentrionale et en Nouvelle Castille ou Castille Méridionale.
La Vieinre-Casrice , qui a tout le caractère des steppes les plus élevées, forme un plateau de 800 à 1,000 mètres audessus du niveau de la mer, séparé des Asturies et du pays Basque, au nord, par les hautes masses des monts Cantabriques et de la Nouvelle-Castille; au sud, par les soulèvements les plus prononcés de toute Ja chaîne de la Castille, lesquels séparent à l’est les Sierras d’Oca, d’Urbion et de Moncaya de la vallée de l’Èbre, ainsi que de la Navarre et de l'Aragon ; tandis qu’à l’ouest les limites de la Galice et du Portugal se trouvent sur les hauteurs du plateau boisé de Léon et des Paramos de Tras-os-Montes, Dans l’espèce d'enceinte murée que dessinent ces montagnes, la surface plane et uniformeest rarement interrompue, de loin en loin, par quelques légers exhaussements du sol ; etle Ducro, avecses affluents, n'y forme qu’un système d'irrigation très-insuffisant. En été les rivières manquent d’eau. Dans la partie supérieure de leur cours , elles ont très-peu de largeur et de profondeur; mais quand vient l'hiver, elles débordent facilement pour former de vastes flaques marécageuses et inabordables. Il en résulte que la navigation n’y a qu’une importance très-minime, et l'achèvement du Canal de Castille, qui doit mettre la Pisuerga en communication avec le port de Santander, se fera sans doute encore longtemps attendre, sans qu’on puisse espérer qu’il remédie sensiblement à l’état de choses actuel. Rien de triste comme les conditions physiques dans lesquelles celte plaine se trouve placée. Le sol en est sec et aride, sans forêts, dépourvu presque d'arbres. On n’y trouve ni pâturages ni sources vivifiantes. 11 est tantôt couvert, avec Ja plus fatigante uniformité, d’un gazon à tige extrêmement courte ou bien de broussailles acquérant le développement d’arbustes, tantôt complétement nu et dépourvu de toute espèce de végétation. La culture y est misérable, et on parcourt souvent plusieurs kilomètres sans rencontrer un seul hameau , voire même une seule maison. Les contre-forts des montagnes qui en forment la limite sont abruptes, sauvages, couverts de broussaiiles, où domine le chêne toujours vert, Cependant là où l'habitant a su faire preuve d'industrie, on voit prospérer le pois chiche, la vigne, le fromént et même l'olivier, quand on a eu soin de l'abriter contre les vents froids, qui dès le mois d'octobre soufllent dans cette contrée dénudée, de même que contre la neïge et la glace, qui en hiver couvre le sol. La Sierra de Castille fait face au versant méridional du plateau de la Nouvelle-Castille, Elle se développe dans le bassin de l’Henarès et du Xalon en se détachant des hauts plateaux du sud de l’Aragon, atteignant son point extrême d’élévation sur une base très-rétrécie, an nord de Madrid, avec des versants abruptés au nord et doucement inclinés au sud, dans quelques parties des Altos de Varaona, de Somo-Sierra, et de la Sierra de Guadarama, dont les crètes s'élèvent de 1,500 à 2,000 mètres au-dessus du niveau de la mer, avec des pics de 2,500 à 2,800 mètres. A l’ouest la Sierra de Castille s'élend sur une base plus large, en formant une suite de terrasses, comme celles de Grados, de Francia et de Gata, pour aller aboutir aux côtes de l'Atlantique, là où se trouve l'embouchure du Tage,
CASTILLE — CASTILLEJO
La NouveLze-Casrice est, à bien dire, la vraie confrée centrale de toute l'Hespérie, et ses plateaux, comme ceux de la Vieille-Castille, sont entourés de tous côtés, en guise de murailles, par une épaisse ceinture de montagnes. A l’est la Sierra d'Albaracin et le plateau de Cuença la séparent des terrasses et des huertas de Valence; au sud la Sierra de l'Andalousie la sépare des hautes terrasses de Murcie et de Ja vallée de l'Andalousie; et à son extrémité ouest les Sierras de Tolède, etc., forment le point de transition avec le sol montagneux de lEstramadure. Occupant une superficie moindre que la Vieille-Castille, avec une plus grande profondeur, en raison des 600 mètres d’élévation de plus qu'ont ses montagnes , elle n’en présente pas moins au total les mêmes conditions physiques. Le solen est tout aussi pauvre, et le Tage supérieur, avec le Henarès, le Xamara, le Manzanarès et l’Alberche, de même que la Guadania avec le Giguela et le Jabalar , n’y forment également qu'un insuffisant système d'irrigation. Mais ces cours d’eau ont des lits plus profonds, dont les couches argileuses des plateaux favorisent l'alimentation, et forment souvent d’étroites vallées entre des plateaux unis, en forme de tables, où la guerre de guerillas se fait avec avantage dans les pays ouverts. Le ciel, presque constamment sans nuages, ne dégage que des rosées nocturnes insuffisantes pour protéger la végétation souffreteuse contre les rayons incandescents du soleil et pour enlever à la contrée l'apparence d’une steppe poussiéreuse, qu’animent seulement, de loin en loin, la blême verdure de quelques petites plantations d’oliviers, et des champs de blés, de fèves etde safran , aux approches de villages misérables, dont les maisons sont construites en torchis. En raison de la parcimonie avec laquelle la nature a traité cette contrée, et aussi de l'état complétement négligé où y est restée la culture d’un sol capable pourtant de récompenser quelquefois les peines du cultivateur, on ne voit errer dans ces vastes steppes et dans ces plaines immenses que d'innombrables troupeaux, seule richesse agricole qu’on y connaisse. Le commerce y rappelle encore le temps où il ne se faisait qu’au moyen de caravanes ; et les longues files de mulets chargés qu’on y rencontre en ont toute l'apparence. L'industrie y est à peu près bornée à la production de grossières étoffes de laine. Mais l’exploitation des mines de sel situées au sud de la Nouvelle- Castille, celle des mines de mercure d’Almaden, dans la Manche, et celle des mines de fer pour la fabrique d’armes de Tolède, y donnent d’importanis produits. La situation de ce pays est en général des plus misérables, ce qui n'empêche point l’orgueilleux Castillan d’être le véritable représentant de la nationalité hispanique. Sa langue est devenue la langue écrite du peuple espagnol, celle des classes éclairées et polies, et ce sont ses souverains qui ont fait toute l’histoire de à péninsule.
Aujourd’hui que l'Espagne est administrativement divisée en 49 provinces, et, sous le rapport militaire, en 5 capitaiueries générales, subdivisées en intendances, la division de cetle contrée en Vieille et en Nouvelle-Castille ne peut plus avoir qu’un intérêt historique, quoique l’usage s’en doive vraisemblablement conserver longtemps encore dans le peuple. Elle est sillonnée par plusieurs chemins de fer,
La Vieille-Castille, qui relevait de la capitainerie générale de Vieille-Castille et Léon, forme 8 intendances, Burgos, Soria, Ségovie, Avila, Logroño, Palencia, Valladolid, Santander, touche à l'Océan par cette dernière contrée, et compte une population (en 1860) de 1,629,759 habitants sur une superficie de 658 myriamètres carrés.
La Nouvelle-Castille, qui formait une capitainerie générale, se subdivise en 5 intendances, Madrid, Tolède, Guadalaxara, Cuenca et Ciudad-Real, ou la Manche. compte 1,495,245 habitants, répartis sur 725 myr. carrés,
La Castille avait jadis pour habitants les4revaci, les Carpetani, une partie des Oretani et des Celtiberi. La célèbre Numance était dans la Vieille-Castille. Ce nom de Castille
ne date que des premières invasions arabes ; il prit naissance au neuvième siècle, lorsque cette contrée était hérissée de châteaux-forts (castillos), construits par les seigneurs chrétiens pour se défendre contre les armes des infidèles. Au commencement du onzième siècle, Sanche le Grand, roi de Navarre, profitant des dissensions qui s'étaient élevées entre les seigneurs de ces châteaux, soumit tout le nord de la contrée, et l'érigea en royaume sous le nom de Castille, en faveur de son fils Ferdinand 1° (1034). Une guerre heureuse (1037) contre Bermude II, roi de Léon, des Asturies et de la Galice, joignit ce nouveau royaume à la Vieille Castille. En 1085 toute la Nouvelle-Castille était soumise. Le trône de Castille avait été occupé par la maison de Navarre pendant près d’un siècle, lorsque le mariage d'Urraque avec Raymond de Bourgogne donna naissance, en 1126, à une nouvelle dynastie, Après plusieurs partages temporaires, qui retardèrent l’accroissement de la puissance castillane, les couronnes de Castille et de Léon se trouvèrent de nouyeau réunies, en 1230, sur la tête de Ferdinand JET. Les brillantes conquêtes de ce prince et de sés successeurs acquirent à la Castille, de 1250 à 1300, l’'Estramadure et l’Andalousie, et resserrèrent les Maures dans le royaume de Grenade; mais les dissensions qui s’élevèrent en 1312 entre les grands vassaux , sous le règne d’Alphonse XI, et la tyrannie de Pierre le Cruel, en 1350, plongèrent le royaume dans une funeste anarchie, dont il ne sortit qu’en 1369, à l’avénement de Henri II de Transtamare, chef de la troisième dynastie des rois de Castille. Les règnes de Jean I‘, Henri HI, Jean IV, furént orageux. Enfin Henri IV se vit déposer par ses vassaux turbulents, qui mirent à sa place, en 1465, Isabelle, sa sœur et son héritière. Le mariage de cette princesse avec Ferdinand, roi d'Aragon, en 1469, et la conquête du royaume de Grenade, qui acheva d’expulser les Maures de la péninsule, la soumirent tout entière au même sceptre. Ici finit l’histoire particulière de la Castille, qui depuis sa confond avec celle du royaume d’Espagne, après une succession de vingt-trois souverains, appartenant à trois maisons : {° celle de Navarre, comprenant : Ferdinand 1°, fils de Sanche le Grand, roi de Navarre, 1034-1065 ; Sanche IT, 1072 ; Alphonse VI, de Léon, 1109; Urraque et Alphonse VII, d'Aragon, 1126; 2° la maison de Bourgogne, comprenant : Alphonse VIII, fils d'Urraque, et de Raymond de Bourgogne, 1126-1157; Sanche III et Ferdinand JE, 1158; Alphonse IX, 1214; Henri 1%, 1217; Ferdinand III, 1252; Alphonse X, 1284 ; Sanche IV, 1295; Ferdinand IV, 1312; Alphonse XI, 1350 ; et Pierre le Cruel, 1369 ; 8° enfin la maison de Transtamare, comprenant; Henrill, 1369-1379 ; Jean 1°, 1390; Henri II, 1406; Jean II, 1453; Henri IV, 1465; Isabelle 1°, 1504; Jeanne la Folle, 1506; et Ferdinand V, 1516. CASTILLEJO ( CrisrovaL ), le représentant de l’ancienne poésie espagnole de cour, naquit, vers 1494, à Ciudad- Rodrigo. A peine âgé de quinze ans, il entra, en qualité de page, au service de l’infant don Fernando, qui devint plus tard empereur romain sous le nom de Ferdinand 1“, Castillejo suivit le grand-père de ce prince, le roi Ferdinand le Catholique, dans les voyages qu'il fit à Cordoue en 1508, et en Estramadure en 1516. Il devint ensuite secrétaire de l’infant, poste qu’il conserva pendant plus de trente ans. En 1531 il accompagna son prince en Allemagne. Quoiqu'il se fût constamment acquitté de ces fonctions de secrétaire, alors fort importantes , à la satisfaction de son maître ( puisque nous voyons que dès 1527 celui-ci s'était entremis avec les plus pressantes instances auprès de son frère, l'empereur Charles V, à l'effet de lui faire accorder Ic revenu d’une prébende située en Espagne ), il paraît que Castillejo ne parvint cependant jamais à être au-dessus du besoin. C’est, du moins, ce qu’autorisent à penser les fréquentes plaintes qu’on rencontre dans ses poèmes, lesquels se distinguent par une vivacité de franchise qui surprend de la part d’un homme vivant à la cour, Il mourat le 12 juin 1556, à Vienne, où l’on à
récemment retrouvé son tombeau, dans l’église de Neukloster.
Castillejo occupe dans l’histoire de la poésie espagnole une place importante, car il florissait juste au moment où s’effectuait la transition du vieux style national au style elassique italien, que Boscan et Garcilaso avaient commencé à imiter. Mais Castillejo, toujours Castillan envers et contre tous, combattit de toutes ses forces cette innovation, comme anti-nationale, comme parfaitement inutile, et, suivant lui, comme corruptrice du goût et de la langue; la repoussant non-seulement par sa persistance à observer les antiques formes nationales, mais l’attaquant encore avec les armes de l'esprit et de la plaisanterie.
Rien qu’à ce point de vue les poésies de Castillejo auraient déjà de l'importance, quand bien même elles ne mériteraient pas l’attention des hommes de goût comme produits d’un esprit vraiment poétique. Elles ne témoignent pas seulement d'une grande habileté à manier la langue , d’une adresse rare à vaincre les difficultés de la versification; mais par la facilité de la conception, par le naturel et la vivacité de l'expression, elles annoncent, en outre, un véritable talent poétique, encore bien qu’elles ne consistent, pour la plupart, qu’en vers écrits sur le ton de la cour et de la conversalion. Ses poésies ne furent recueillies qu'après sa mort; et même, dit-on, l’inquisition apporta d'abord quelques obstacles à leur publication. Elles finirent, cependant, par être imprimées à Madrid, en 1573. La dernière édition est celle qui se trouve dans la collection de R. Fernandez (Madrid, 1792).
CASTILLEJOS (Bataille de Los). Les Espagnols ont donné ce nom à une victoire qu’ils ont remportée sur les Marocains le {er janvier 1860. Los Castillejos sont les ruines d’une tour et de quelques édifices qu’on voit près de la mer à 24 kil. de Tétuan. L'armée marocaine, très-nombreuse, était aux ordres de Muley-Abbas, frère de l’empereur. La bataille dura toute la journée. Les Espagnols y eurent près de 2,000 hommes tués ou blessés. Prim, alors général, qui commandait le principal corps, reçut pour sa brillante conduite le titre de marquis de los Castillejos.
CASTILLO (Drieco-ExriQuez DE), chapelain et chroniqueur du roi Henri IV de Castille, naquit à Ségovie, et fut employé par ce prince, auquel il témoigna une fidélité à toute épreuve, dans un grand nombre d'importantes négociations ; de sorte qu'il fut le plus souvent témoin oculaire et même acteur dans les faits dont il nous présente le récit. Après la bataille d’Olmedo , il fut fait prisonnier à Ségovie par les partisans de l'infant Alphonse ; mais son costume ecclésiastique le protégea contre tout acte de violence. On ne lui enleva que le manuscrit de sa chronique, où, tout naturellement, ce parti se trouvait représenté comme hostile et rebelle au souverain légitime; de sorte qu’il fut obligé de la composer de nouveau plus tard. Cette chronique raconte les événements de tout le règne de Henri IV (1454- 1474) d'un style simple et un peu sec, mais orné souvent de réflexions morales largement développées. Elle prend ouvertement le parti du roi, mais ne laisse pas, pourtant, que de beaucoup trop ménager ses ennemis. Cet ouvrage à été publié par Miguel de Flores dans la collection de chroniques espagnoles faite par ordre de l’Académie royale d'Histoire ( Madrid, 1787). On a aussi de Castillo un poëme allégorique, dont le sujet est une vision relative à la mort du roi d'Aragon Alphonse V. Ochoa l'a publié, avec les poëmes du marquis de Santillana (Paris, 1844 ).
CASTILLO (ALonzo SALORZANO DE ), écrivain espagnol de mérite, qui florissait entre les années 1626 et 1649, est auteur d'une foule de nouvelles et de comédies. Ses romans de mœurs, £ bachiller Trapaza et la Garduña de Sevilla, oblinrent un succès tel, que tout récemment encore on en a publié des éditions 1llustrées à Madrid ( 1846-1848), et qu'ils ont été traduits dans diverses langues étrangères. Parmises nouvelles proprement dites, les plus célèbres sont
CASTILEEJO — CASTLEREAGH
celles qui ont para sous le titre de Quinta de Laura (1625 et de Alivios de Casandra (1640 ). Dans ce dernier recueil on trouve aussi quelques comédies, entre autres, £Z Mayorazgo, qui obtint un assez beau succès. Il ne faut pas le confondre avec André del CasricLo, autre romancier, qui fut presque son contemporain, et qui fit paraître six nouvelles sous ce titre : la Mogiganga del Guslo (Saragosse, 1641; Madrid, 1734).
CASTILLON ou CASTELHON (JEAN), né à Toulonse, en 1718, mort dans la même ville, en 1800, fut de 1779 à 1793 l’un des rédacteurs du Journal encyclopédique, et de 1774 à 1778 l’un de ceux du Journal de Trévoux. On a de lui un grand nombre d'ouvrages publiés sous le voile de l’anonyme, entre autres : Amusements philosophiques et littéraires de deux amis (2 vol. ; Paris, 1756); Bibliothèque bleue (4 vol., 1770); Anecdotes chinoises, japonaises, siamoises (1774); etc.
CASTINELLI (JEAN), né à Pise en 1788, mort en 1826, habita la France avec ses parents à partir de l’année 1799, époque où les troubles politiques auxquels étaient en proie l'Italie la forcèrent d’aller chercher un asile au delà des monts. Il ne revint dans sa patrie qu’en 1806, après avoir fait de bonnes études au collége de Sorèze. On a de lui divers articles insérés dans l’Anthologie, un Essai sur les lois des Romains relatives au commerce, et un Eloge du général Spanochi, qui prouvent qu’il y avait en lui l’étoffe d’un littérateur distingué et d’un jurisconsulte de mérite. On doit dès lors regretter d'autant plus vivement qu’une mort prématurée l’ait empêché de terminer nn grand ouvrage qu’il avait entrepris sur les origines et ledéveloppement du droit commercial et maritime, matière qui avait été desa part l’objet de laborieuses investigations.
CASTLEREAGEH (Henry-RoBerr STEWART, marquis de LONDONDERRY, vicomte ), homme d’État anglais, fameux par l’acharnement tout particulier et tout personnel qu’il apporta dans la lutte engagée par PAngleterre contre les principes de la révolution française , appartenait à une famille distinguée d'Écosse qui était allée s'établir en Irlande au temps du roi Jacques 1°", et était né le 18 jum 1769, à Mount-Slewart, domaine hérédisire de sa famille, situé dans le comté de Down en Irlande. Après avoir terminé ses études à Cambridge , et avoir fait quelques voyages sur le continent, il obtint enfin de son père, à l’âge de vingtquatre ans, qu’il consentit à le laisser obéir au penchant irrésistible qui lentraînait vers la politique. Grâce à linfluence de sa famille, il fut élu membre du parlement irlandais par le comté de Down. Castlereagh avait dû promettre à ses commettants d’agir dans l'intérêt du peuple; mais il ne tarda pas à déserter les rangs de l'opposition, pour consacrer désormais à la défense de la politique de Pitt et des intérêts de la cour son talent oratoire et la capacité pour les affaires qui s'était rapidement développée en lui. Son parent, lord Cambden, ayant été nommé vice-roi d'Irlande , Castlereagh fut appelé en 1797 aux fonctions de premier secrétaire de l’administration irlandaise ; et dès lors un vaste champ d'activité s'ouvrit pour son zèle, son ambition et ses principes anti-démocratiques. A cemoment l'Irlande était déchirée par d’effroyables luttes de partis. Les catholiques et les démocrates avaient fondé contre les actes de violence des orangistes une association secrète; et au mois d'août 1797 le général français Humbert ayant opéré un débarquement sur les côtes d'Irlande, on en vint bientôt des deux côtés à com mettre les actes du plus sauvage fanatisme politique. Pour comprimer l'insurrection, Castlereagh ne se contenta pas d'employer les moyens que la loi mettait à sa disposition, il exerça de sanglantes vengeances sur ses malheureux concitoyens, s’empara des chefs de la conspiration en leur promettant une amnistie, puis leur arracha, par l'emploi de la torture, l'aveu de leur culpabilité; excès déplorables, qu en 1817 donnaient encore lieu à une accusation formell