CASTOR — CASTOR ET POLLUX
en France, et il y a lieu de croire qu'ils ont également disparu de toutes les autres parties de l’Europe où l'homme a porté ses pas.
En examinant les travaux du castor, on y remarque un système d’idées que l’on est tenté au premier abord d’attribuer à un être doué de réflexion et de raisonnement; mais en y regardant de plus près, on reconnaît que ses travaux sont commandés par les nécessités de son organisation physique, que dans tous les temps comme dans tous les lieux ils s’exécutent d’une manière uniforme, que leur perfection n’augmente ni ne diminue, malgré la marche de années, que pour y arriver le castor n’a besoin ni d'enseignement ni d’expérience, et alors on a peine à voir dans l'intelligence de Panimal autre chose que cet instinct (beaucoup plus développé, il est vrai) que la nature a départi à toutes les brutes, et dont elles suivent aveuglément les inspirations sans Jamais étendre sa portée primitive. Frédéric Cuvier a fait, sur deux castors envoyés assez jeunes à Paris pour n’avoir pu conserver la mémoire des ‘leçons de leurs parents, des observations qui viennent à l'appui de cetteopinion. Ces deux jeunes animaux, malgréleur réclusion, cherchaient sans cesse à exercer leur génie pour l'architecture, ou à se livrer aux habitudes particulières à leur race. Des matériaux de construction leur furent donnés, et ils les employèrent à des travaux qui pour être imparfaits n’en décelaient pas moiïns leur
.penchant natif. Mainte et mainte fois, on les vit s’efforcer
d’enfoncer en terre par des coups redoublés un bâton placé en travers de leur gueule; leur jetait-on des branches de saule, ils commençaient par en manger l'écorce, puis, réduisant en fragments menus ce qu'ils ne pouvaient consommer, ils en formaient un petit magasin derrière la grille de leur cage. Se croyaient-ils menacés de quelque danger, ils faisaient entendre un bruit sourd et frappaient de leur queue avec force, Leur propreté était d’ailleurs extrême, et ils mangeaient toujours assis dans l’eau. Paul Ti.
CASTOR et POLLUX. La fable est remplie des métamorphoses de ses dieux, qui pour se délasser des ennuis de la grandeur suprême, et oublier la monotonie de lOlympe, venaient chercher des aventures sur la terre. Presque tous les héros ou demi-dieux de la Grèce devaient leur naissance aux rapports clandestins des dieux avec des beautés mortelles. Jupiter, que la naïve Zliade nous représente fréquemment en querelle avec une épouse altière, difficile et jalouse, était souvent tenté d'échapper aux tourments de sor ménage céleste. Amoureux de Léda, fille de Thestius ç. femme de Tyndare, il la surprit un jour sur les bords de l'Eurotas, et recourut pour triompher d’elle à une double métamorphose : par son ordre, la trop complaisante Vénus se changea en aigle, tandis que prenant lui-même Ja forme d’un cygne poursuivi par cet aigle, il courut se jeter entre les bras de Léda. La princesse, trompée par le dieu, devint mère, et accoucha de deux œufs : l’un, de son mari Tyndare, produisit Castor et Clytemnestre, tous deux mortels; l’autre, de Jupiter, produisit Hélène et Pollux, tous deux marqués du sceau de l’immortalité.
A peine les deux frères jumeaux eurent-ils vu le jour que Mercure les transporta dans les murs de Pallène, pour y être nourris avec soin, et formés par une noble et brillante éducation. Également adroits à manier la lance et le javelot, savants dans l’art de dompter les coursiers, athlètes presque toujours victorieux , expérimentés dans la guerre, habiles à toucher de la lyre, chantres mélodieux , unis par la plus tendre amitié, ces deux frères réunissaient toutes les qualités et toutes les vertus des temps héroïques. Leur premier exploit fut de purger l'archipel grec des pirates qui l'infestaient, C'est sans doute à cause de ce service que la reconnaissance publique les fit mettre au rang des dieux marins qu’il fallait invoquer dans les tempêtes. Ils suivirent Jason dans la Colchide,set prirent une grande part à la conquête de la toison d'or (Voyez AnconaurTes), Dans