BUREAUX ARABES — BUREAUX DE PUSY
de la foule par son visage guerrier et la croix d’officier de la Légion-d’Honneur suspendue à son burnous ; ce chef était Si-Chériff-Bel-Arch, qui, sur un ordre du gouvernement français, venait, avec 1,500 hommes des goums, de poursuivre, d'atteindre et de frapper dans le désert des fractions de tribus insoumises dont nous voulions punir les déprédations. Ce fait d'une expédition composée tout entière d’indigènes et agissant cependant avec énergie sous limpulsion de notre autorité est un des faits les plus remarquables et peut-être les plus féconds pour l'avenir qui se soient encore produits en Afrique. A l'endroit où cessent nos postes, nous en sommes venus maintenant à organiser des postes arabes, qui sur les routes les plus lointaines protègent les voyageurs. Les provinces de Constantine et d'Oran sont sillonnées sur plusieurs points par des patrouilles indigènes ; dans la province d'Alger, toute l'entrée de la Ka- - bylie, le voisinage de l’Arbah, la vallée de l’Isser sont maintenus dans un état de sécurité par nos caïds et nos agas. Les services que nous rendent tous les chefs qui ont reçu de nous le burnousd’investiture deviennent chaque jour plus efficaces et plus nombreux.
Ce commandement indigène, si utile, si important, mais si délicat à manier, est surveillé par les officiers des bureaux arabes. Réunis par une même habitude du danger, par un même goût pour le mouvement, par un même entrain dans la guerre, nos officiers et les chefs arabes vivent dans une union d’où sort chaque jour un nouvel avantage pour PAIgérie. Si l'on détruisait les bureaux arabes, on détruirait du même coup toute une organisation qui sans eux est immédiatement privée de vie.
L'organisation des bureaux arabes a été créée en 1848 par ‘les généraux Lamoricière et Marey; elle a été perfectionnée par le général Daumas, Paul DE MOLÈNES.
Un décret du 8 août 1854 régularisa l'institution des bureaux arabes en territoire civil. Il y en eut un dans chaque département, sous la direction du préfet, et composé d’un chef, d'adjoints et d’un personnel indigène; et chacun de ces bureaux put constituer une délégation particulière dans les chefs-lieux d'arrondissement. Celte extension des bureaux arabes, qui a été regardée comme un obstacle au développement de la colonisation civile, a pris fin dans l’année 1871.
. BUREAUX DE PUS * (JEAN-XAvIER ), naquit à Portsur-Saône, en 1750.11 embrassa la profession militaire, et avait obtenu le grade de capitaine du génie lorsqu'il fut nommé, en 1789, député aux états généraux par la noblesse de sa province. L'origine de son mandat et la haute position de sa famille ne l’empêchèrent pas de suivre le parti national, vers lequel l’entraînaient ses sentiments et ses principes libéraux. Mais en se prononçant pour la cause du peuple, Bureaux de Pusy, esprit droit et modéré, se fit toujours remarquer par la sagesse de ses opinions, et il ne craignit pas de lutter plus d’une fois contre le torrent des idées et des passions dominantes pour défendre les prérogatives de la couronne, dont le maintien et le salut lui paraïssaient liés à là conservation de l’ordre et de la liberté. Ses lumières et sa modération lui acquirent un rang élevé parmi les constitutionnels et une grande considération dans toute assemblée. 11 fit partie et fut souvent rapporteur des comités, sur toutes les matières soumises à leur examen, diplomatie, guerre, finances, etc. Il eut spécialement une grande
part à l’immense travail de la division territoriale et à la fon- .
dation de l'unité française. Appelé trois fois aux honneurs de la présidence , iloccupait le fauteuil dans une circonstance difficile, où il s’agissait de répondre à un discours de Louis XVI , de manière à concilier les égards dus à la majesté royale et les ménagements réclamés par la susceptibilité nationale : Bureaux de Pusy remplit cette tâche avec autant d’habileté que de dignité.
Après la dissolution de l’Assemblée constituante, il
retourna à la profession des armes, avec son grade de ca pitaine du génie, et continua de manifester son attachement aux doctrines du parti constitutionnel, alors vaincu dans l'arène parlementaire. Cette courageuse persévérance le fit mander à la barre de l'Assemblée législative, Le calme de son attitude et la noble sincérité de ses paroles le justifièrent pleinement aux yeux de la représentation nationale., Mais il était facile de prévoir que la méfiance et l'irri tation du parti républicain ne feraient que s’accroitre en présence des résistances intérieures et des coalitions étrangères, et que de nouveaux orages s’élèveraient bientôt sur la tête des modérés. Bureaux de Pusy le comprit, et voulut passer en Amérique; c'était, pour échapper aux fureurs de la démocratie française, se livrer aux vengeances des monarchies européennes : les premiers constitutionnels, les patriotes de 89, étaient plus odieux aux'rois absolus que les démagogues de 1793. Bureaux de Pusy, La Fayette, Latour-Maubourg et Lameth, l’éprouvèrent. L'histoire gardera le souvenir de la captivite cruelle que ces sages amis de la liberté eurent à subir pendant cinq ans dans les cachots d’Olmütz. Ils ne durent leur délivrance qu’à l'intervention généreuse du jeune conquérant del’Italie, quine voulut accorder la paix à l’Autriche qu'après avoir obtenu d’elle la mise en liberté du compagnon d'armes de Washington et de ses amis. Bureaux de Pusy exécuta alors son projet de voyage transatlantique ; il voulut voir à l’œuvre le peuple libre des États-Unis, au sein duquel il fut accueilli comme un digne compagnon d’infortune du prisonnier d'Olmütz. Revenu en France à l’époque du consulat, il fut nommé préfet de l’Allier. De là il passa à la préfecture de Lyvn, puis à celle de Gènes. 11 mourut en 1806, dans cette dernière ville, des suites des fatigues qu’il avait éprouvées en allant repousser une irruption des Parmesans et en cherchant à apaiser, au retour, les esprits exaltés des campagnes génoises, double mission dunt la réussite complète lui coûta la vie. Laurewnr (de l’Ardèche). BUREAUX DE PUSY ( Maurice-Poivre), fils du précédent, né à Paris, le 22 juin 1799, sortit un des premiers de l'École Polytechnique en 1819, et entra dans le corps du génie militaire, où il fut nommé capitaine en 1821. En 1830, l’'indépendance de son caractère et ses connaissances aussi varices que solides le firent remarquer parmi les hommes les plus
-| propres à concourir à la fondation du nouvel ordre de choses
que la France attendait de la révolution de Juillet. Appelé successivement à la préfecture des Hautes-Pyrénées et à celle de Vaucluse, en 1832, il épousa la fille de Georges Lafayette, et resserra ainsi les liens qui n’avaient pas cessé de unir à cette glorieuse famille. Mais alors les mêmes qualités qui lui avaient valu sa nomination se trouvèrent en opposition avec les nouvelles vues ministérielles, et il fut révoqué. Aussitôt il songea à entrer à la chambre : ses connaissances spéciales en administration publique et la rigide fermeté de ses principes marquaient sa place dans les rangs de sa famille d'adoption. Néanmoins, avant de se présenter comme candidat de la gauche, il jugea à propos de se démettre de son grade de capitaine du génie, incompatible, selon lwi, avec le mandat qu’il sollicitait.
Elu député en 1834, en 1842, et en 1846, il se fit remarquer à la chambre par son esprit lucide. Dans la dernière session, son indignation contre le système du gouvernement de Louis-Philippe éclata plusieurs fois en improvisations énergiques. Néanmoins ses prévisions furent dépassées par le résultat de la révolution de Février ; mais, dévoué dès le lendemain au service d’une république loyale et modérée, il accepta, avec M. Tourret, son ancien collègue à la chambre, les fonctions de commissaire du gouvernement dans le département de lAllier. Cependant survinrent bientôt les circulaires Ledru:Rollin, contre lesquelles il crut devoir protester. M. Mathé ayant été adjoint aux deux commissaires, M. Bureaux de Pusy se retira.
Élu représentant du peuple dans l'Allier, M. Bureaux da
Pusy devint questeur de la nouvelle assemblée. 11 y était un des plus chauds partisans du général Cavaignac, et y votait souvent contre l'administration du 20 décembre. Il ne fut pas réélu à la Législative ; mais cette assemblée Pappela, au premier tour de scrutin, à faire partie du conseil d État, où il siégea dans la section de législation jusqu'au coup d'État du 2 décembre 1851, époque où il est rentré dans la retraite. I! est mort le 12 mars 1564. E
BURELLE, BURELÉ, termes de blason et d'armoiies. Les burelles sont des fasces diminuées en nombre pair, de huit pièces ou plus; quand elles sont en nombre impair, on les appelle trangles. Un écu burelé est composé de diverses fasces d’émail différent ; quand il y en a plus de dix, il faut en faire l'expression en blasonnant ; quand il y en a moins, on dit seulement fascé. La maison La Rochefoucauld porte burelé d'argent et d’azur à trois chevrons de gueules brochant sur le tout. .
BUREN (Maxmiuiex D'EGMOND , comte pe ). Ce grand capitaine, descendant des ducs de Gueldre, commanda plusieurs fois les armées del’emperenr Charles-Quint, qui le décora de la Toison-d’Or. En 1536 il eut sous ses ordres trente mille hommes de pied et huit mille chevaux, avec lesquels il tint tête aux forces de François 1°. On l’a accusé d’avoir aggravé par des excès les malheurs inséparables de la guerre. 11 est vrai qu’il saccagea et livra aux flammes la ville de Saint-Paul ; mais il l'avait prise d'assaut, et les habitants avaient pendu un héraut de l’empereur qui était venu les sommer de se rendre. Suivant les idées du temps, une telle vengeance, qui aujourd'hui ferait horreur, était légitime. Le comte de Buren mourut d’une esquinancie à Bruxelles, le 23 ou 24 décembre 1548, et ji, dit Brantôme, la plus belle mort de laquelle on ouyt jamais parler au monde. Le célèbre chirurgien André Vésale lui ayant annoncé qu’il n'avait plus que cinq à six heures à vivre, il profita de ce temps pour convoquer ses amis, dicter son testament, se confesser ; puis il se leva, vêtit ses plus riches habits, se fit armer de pied en cap, et mit son collier, son grand manteau d'ordre, son magnifique bonnet à la polacre, qui était sa coiffure de prédilection. Dans cet équipage, ayant devant lui son casque, ombragé de plumes , il ordonna d’introduire tous les officiers qui avaient servi sous lui, et leur dit adieu ainsi qu’à ses gens, qu’il recommanda, chacun suivant son mérite, à l’évêque d’Arras, depuis cardinal de Granvelle, qu’il appelait son frère d’alliance. Puis il prononça plusieurs belles paroles, vida, à la santé de l'empereur, son grand verre de fête, rendit le collier de la Toisond'Or au comte d’Aremberg, son frère d’armes, pour le porter au grand maître, bu le vin de l'étrier et de la mort, et se fit porter sur son lit, où il rendit le dernier soupir. Il ne laissa de sa femme, Marie de Lannoy, qu’une fille unique, qui épousa Guillaume de Nassau, prince d'Orange, surnommé le Taciturne. De là le fils aîné de ce prince, que le duc d’Albe fit enlever de l’université de Louvain en 1568, avait reçu en naissant le titre de comte de Buren. DE REIFFENRERG.
BUREN ( Martin Van ), président des États-Unis de l'Amérique du Nord de 1837 à 1841, issu d’une ancienne faruille de colons hollandais , aussi pauvre que dénuée d’influence, naquit le 5 décembre 1782, à Kinderhook, dans le comté de Columbia, État de New-York, et reçut une éducation très-incomplète dans la petite école de son endroit natal. Dès l’âge de quatorze ans il se consacrait à l'étude du droit, etsurtout de la politique. A dix-huit ans il fut nommé délégué de son comté à une convention démocratique de l'État de New-York, et en 1803 il fut admis à plaider à la barre comme avocat. Il y acquit promptement par son ardeur au travail et par son économie une petite fortune, ct en 1809 il vint s'établir à Hudson, chef-lieu du comté, où il s'adonna tout autant à la plaidoirie qu'à la politique, prenant rang parmi les meneurs les plus actifs du parti démocratique.