‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 463 sur 556 · CATALANE — CATALANI · texte numérisé non relu

CATALANE — CATALANI

envoya d’abord un de ses chevaliers et ensuite un de ses fils naturels, pour les gouverner au mom de son second fils, Mainfroi, âgé alors de dix ans, auquel il conféra le titre de due d'Athènes. À la mort de Mainfroi, son frère Guillaume reçut le titre de duc d’Athènes, et à la mort de Guillaume, Jean, leur quatrième frère, reçut le même titre de duc d’Athènes, auqüel il ajouta celui de duc de Neopatras, car à cette époque la grande compagnie catalane avait étendu ses conquêtes sur la Thessalie, et s'était emparée de la ville de Neopatras. Jean mourut en 1368, sans avoir, plus que ses deux frères, visité le duché dont il portait le titre, et il le laissa à son fils Frédéric, à la mort duquel ce titre rentra dans le protocole royal des rois d’Aragon-Sicile, et prit place ensuite dans le protocole des rois d’Espagne, qui ont continué jusque dans ces derniers temps à s'appeler ducs d'Athènes et de Neopatras. Quant aux aventuriers composant la grande compagnie catalane, ne pouvant se grossir par de nouvelles recrues, et se livrant à tous les désordres qui abrègent la vie de l’homme, ils ne purent transmettre une longue domination à leurs descendants énervés et diminués, et finirent par disparaître, sur la fin du quatorzième siècle.

Le récit de l’expédition des Catalans a fait la gloire de l'historien Moncada, dont le petit volume a pris place au rang des meilleures productions de la langue espagnole; mais tout ce que son récit a de vif, de chaud, de vrai, est puisé dans la chronique catalane de Ramon Muntaner.

Bucuox.

CATALANI (ANGÉLIQUE), cantatrice célèbre, née à Sinigaglia, en 1784, était entrée dans un couvent de cette ville, où on l’avait admise, à eause de sa belle voix. Elle chantait aux offices, etle monastère sechargeait de son entretien et des soins de son éducation. Elle avait quinze ans lorsque Caros, directeur du théâtre de La Fenice à Venise, se trouva dans un cruel embarras; il venait d'ouvrir son spectacle pour le carnaval avec beaucoup de succès quand sa prima donna mourut, Comme il était impossible de la remplacer à l'instant, Caros se voyait forcé de fermer le théâtre. Zamboni, copiste de La Fenice, lui dit qu'il connaïssait une jeune personne qui donnait les plus grandes espérances, et dont la voix le sauverait du péril de sa position si l’on parvenait à la faire passer du couvent sur la scène. Caros et son compagnon Zamboni partirent pour Sinigaglia, entendirent la virtuose à l’église, et revinrent enchantés de leur découverte. On fit de belles propositions à Catalani, son père, ouvrier orfèvre, qui jouait du cor au thé4tre, et la jeune musicienne quitta le couvent. Marchesi, qui chantait alors à Venise et restait dans l’inaction faute de prima donna, s’'empressa d'endoctriner un peu la débutante, lui apprit deux rôles et parut avec elle dans la Zodoïska de Mayer. La beauté de l'organe de la nouvelle venue, la hardiesse de son intonation, firent excuser son inexpérience dans l'art du chant; elle réussit complétement. M!° Catalani fut engagée à Venise pour l’année d’après, et partit ensuite pour Lisbonne, où les mêmes succès l’attendaient. Sa réputation s'était répandue en Europe quand, venue à Paris en 1806, elle chanta dans deux concerts à Saint-Cloud, le4 et le 11 mai Elle fut largement rémunérée : 5,000 fr, comptant , une pension de 1,200 fr. et la salle de l'Opéra prêtée, tous frais payés, pour deux concerts, dont la recette s'éleva à 49,000 fr., telest le prix que l’empereur offrit à cette virtuose pour avoir chanté deux fois à la cour de Saint-Cloud,

Me Catalani avait épousé M. Valabrègue, sans quitter son nom de famille, qu’elle avait illustré, et qu’elle garda toujours. En 1815 elle obtint le privilége de l’Opéra-Italien de Paris, et dirigea assez longtemps cette entreprise pour la ruiner et s'enrichir aux dépens des artistes. Elle s’entourait d'acteurs sans talents, de virtuoses à bon marché, croyant que son mérite seul devait satisfaire le public. Elle réduisit à la plus simple expression les appointements des symphonistes ; la directrice chantante profitait de ces diminutions

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