CATALANI
dont tout le monde était indigné. Elle quitta Paris, où son talent avait perdu presque tout son pouvoir et son crédit, et se rendit en Angleterre, où elle trouva des admirateurs passionnés. Le public parisien était fatigué des airs de bravoure écrits pour madame Catalani par des compositeurs obscurs qu’elle tenait à sa solde, Ce genre, le seul qui convint à la prima donna, réussit complétement chez les Anglais, tout aussi barbares qu’ils le sont à présent en musique, et c’est chez eux que la cantatrice fit une grande fortune, que des voyages en Russie, en Prusse, en Suède, augmentèrent encore. Elle se fit entendre de nouveau en 1825 dans la salle Cléry, et n’eut aucun succès : le prestige s'était évanoui. On admira encore sa belle voix; mais ses tours de force, que l’on avait tant applaudis vingt ans auparavant, semblèrent de mauvais goût et dune exécution imparfaite. On avait entendu depuis M** Mainvielle-Fodor et Pasta:le public était devenu connaisseur.
La voix de M®° Catalani était un soprane d’une étendue immense, possédant le la au grave et s’élevant au mi, au fa sur-aigu , voix forte, brillante, vibrante, d’une grande agilité, exécutant des difficultés surprenantes avec un brio qui agissait vivement sur le public. Comme elle avait paru sur la scène avant de connaître l’art du chant, sa voix n’était point posée et ne réussissait point dans les morceaux Jents et soutenus. C’est M"® Cätalani qui mit à la mode les variations; elle chanta celles que Rode avait écrites pour le violon ; elle en composasur l'air de Paisiello, Nel cor più non mi sento, et sur le petit chœur de La Flûte enchantée : O dolce concento. Tel était son répertoire, qu’elle chantait sans cesse, en y ajoutant des airs de ténor et même des airs de basse, tels que Non più andrai, des Nozze di Figaro, qu’elle variait de la manière la plus burlesque. La voix de M€ Catalani était un prodige, et lui fit un nom; son talent, bien que médiocre, fit sa fortune, dont elle alla jouir paisiblement à Florence, puis à Sinigaglia, où elle mourut, le 11 décembre 1843. Son mari était mort en 1828. Elle laissait trois enfants et un héritage évalué à 1,500,000 écus romains (environ 8 millions de francs ). CasriL-BLAZE.
CATALAUNIQUES (Champs), Campi Catalaunici.
On appelle ainsi la vaste plaine au milieu de laquelle s'élève, en Champagne, la ville de Châlons-sur-Marne, et qui est restée célèbre dans l’histoire par la victoire décisive que les Visigoths, commandés par Aétius, y remportèrent sur Attila, en l'an 451.
Aélius, chef de l’armée romaine, avait réussi à décider Théodorice 1°", roi des Visigoths, à s'unir à lui pour combattre l'ennemi commun. D’autres peuples, d’origine celtique ou germaine , et habitant les Gaules, comme lies Bourguignons, les Saxons ( venus de Normandie ), une partie des Francs, et les Alains, accoururent grossir les rangs de son armée. Attila leva brusquement le siége d'Orléans, et se retira en Champagne, pays bien plus avantageux pour sa cavalerie, à cause des vastes plaines qu’on y rencontre. Aétius et Théodoric l'y suivirent, et une bataille devint iuévitable. Attila, placé au centre de son armée, commandait les Huns en personne, les Ostrogoths, dirigés par deux frères de la race royale des Amales, formaient sa gauche ; les Gépides, ayant à leur tête Ardarich, formaient la partie la plus forte de sa droïte, où se trouvaient d’ailleurs, ainsi qu’à l’aile gauche, encore d’autres peuplades sarmates ou germaines, soumises à la domination d’Attila, telles que les Rugiens, les Hérules, les Thuringiens, et aussi des Francs et des Bourguignons. Dans l’autre armée, Aétius commandait la gauche et Théodoric la droite; Sangipan, roi des Alains, dont on croyait devoir se défier, avait été placé au centre. Ce fut précisément sur ce point que se porta toute la force de l'ennemi. Les Huns ne tardèrent pas à l’enfoncer, et se jetèrent sur les Visigoths, qui eurent alors à lutter à la fois contre eux et contre les Ostrogoths. Théodoric ayant été fué, son armée démoralisée, commençait à lâcher pied,