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le commencement de l'année 1760. Ce travail a été depuis republié avec des corrections, par Hornsby, dans le premier volume de Bradley. A la fin du premier volume des Observations astronomiques faites à l'Observatoire de Greenwich, publié en 1776, Maskeline a donné le catalogue de 34 étoiles en ascension droite et distance du pôle nord pour le commencement del’année 1770. On a tout lieu de croire que ce travail, fruit d'observations répétées avec un soin extrême pendant plusieurs années, est de la plus grande exactitude.
En 1776 parut à Berlin un ouvrage intitulé Recueil de tables astronomiques, contenant un très-nombreux catalogue d'étoiles d’après les observations d'Hevelius, Flamsteed, La Caille et Bradley, avec l'indication de leurs latitudes et de leurs longitudes pour le commencement de l’année 1800, ainsi qu’un catalogue des étoiles australes de La Caille, des étoiles doubles, des étoiles changeantes et des étoiles nébuleuses. Ce livre est évidemment le travail d’un astronome très-exercé. Aux ouvrages que nous venons d'indiquer on peut encore ajouter le catalogue des étoiles doubles de W. Herschel, imprimé dans les ?ransactions Philosophiques pour 1782 et 1783 ; les nébuleuses et les groupes d'étoiles de Messier, publiés dans la Connaissance des Temps de 178%; et le catalogue du même genre de Herschel, publié dans les Transactions philosophiques de 1786.
En 1789 Francis Wollaston publia in-fol. le spécimen d’un catalogue astronomique général arrangé en zones comptées à partir du pôle nord, et calculé pour le 1* janvier 1792. Pour la rédaction de ce catalogue, Wollaston ne s’était servi, à l'exception de celui de Hevelius, et encore fort peu, d'aucun des catalogues qui ont précédé celui de Flamsteed. On y trouve toutes les étoiles indiquées dans le catalogue britannique de 1725, ainsi que celles qu’indiquent les trois catalogues postérieurs de La Caille, celles que Bradley a consignées dans l'almanach nautique de 1773, celles de Meyer, de Maskelyne, les doubles étoiles de Herschel, les nébuleuses de Messier, et toutes celles de Herschel, à l'exception de celles de la seconde et de la troisième classe. Piazzi rédigea pour l’année 1800 un catalogue de 6,748 étoiles ( 1803 ) ; plus tard, en 1814, il porta le nombre des étoiles de ce catalogue à 7,646. Bode, dont nous avons déjà cité le catalogue de 1782, en donna un plus complet que tous les autres ( Berlin, 1801 ), puisqu'il contient 17,240 étoiles, nébuleuses et astérismes. En même temps, lacadémie de Berlin, invitant tous les astronomes à la seconder dans sa tâche, entreprenait le dénombrement de toutes les étoiles comprises dans la région zodiacale du ciel, à 15° de part et d'autre de l’écliptique. Depuis 1843, Rumker, à Hambourg, publie d’après ses observations personnelles un calalogue sous le titre de Lieux moyens de 12,000 étoiles fixes pour le commencement de l'année 1836, dont la première psrtie avait seule encore paru en 1847. La Société Astronomique de Londres a bien mérité de la science en donnant un catalogue plus complet.
CATALPA, arbre de la famille des bignoniacées, que Linné avait réuni au genre bignone, d’où les botanistes l'ont retiré pour en former un genre nouveau. Originaire de l'Amérique septentrionale, le catalpa est un des arbres exotiques les plus remarquables sous le rapport de la beauté de leurs fleurs : les siennes sont nombreuses, grandes, d’un blanc pur, parsemées de pourpre et d'or, et disposées en larges girandoles ; ses feuilles sont en forme de cœur. Le catalpa est réellement magnifique quand il est en fleur, et sa beauté est d'autant plus remarquable qu'il est rare qu'il ne se dispose pas de lui-même en forme de pommier, ce qui produit une sphère immense de fleurs d’un blanc pourpre et or au sommet d’un arbre très-rameux, et qui peut s'élever jusqu’à plus de dix mètres.
Le catalpa se multipliait autrefois par boutures et par ses rejetons, mais actuellement qu'il est devenu plus commun, et qu’il produit des semences, on sème ces semences sur
CATALOGUE — CATAMARCA
couche au printemps ou bien en pleine terre quand la terre échauffée par la saison plus avancée fait office de couche. Le bois de cet arbre est d'un gris blanchâtre et fort léger, circonstance qui le fait rechercher en Amérique pour la confection des meubles. En France, Héricart de Thury a eu Ja curiosité d’en faire faire des sabots, qui se sont trouvés trèslégers; mais jusque ici on n’a vu en Europe dans cet arbre qu’un objet d'agrément. Il convient surtout à l’ornementation des grands jardins paysagers. On peut en voir, le long de la pépinière du jardin du Luxembourg à Paris une trèsbelle avenue. C. TorrARD aîné,
CATALYTIQUES ( Phénomènes ), de xaré auprès, et Aüw, je dissous. Berzélius nomme ainsi une série de phénomènes qu'aucune loi de la chimie n’a encore pu expliquer. On sait, par exemple, que l’oxygène et l'hydrogène mis en présence, même dans les proportions nécessaires pour former de l’eau, ne se combineront pas tant qu’on n'aura pas fait agir sur eux, soit la chaleur, soit l'électricité. Cependant, si l'on plonge dans wn tel mélange une petite quantité de platine en éponge, la combinaison des deux gaz s'effectue en donnant lieu à une certaine élévation de température, et sans que le platine employé subisse la moindre modification. Il faut donc reconnaître au platine, dans cette circonstance, une action particulière inconnue, que Gay-Lussac nomma action de présence. On observe des faits analogues dans la décomposition de lammoniaque en présence de certains métaux, dans la décomposition du bioxyde d'hydrogène au contact de l'argent, etc. Dans ces phénomènes dont la cause est encore inconnue, mais qui semblent indiquer une loi générale, Berzélius voyait les effets d'une force catalytique qu'il reste à étudier. E. MERLIEUX.
CATAMARAN ou CATIMARON, espèce de radean léger, formé de troncs de cocotiers, au nombre de cinq à sept, de différentes longueurs, placés à côté les uns de autres et attachés de manière à former un triangle à chaque extrémité, dont les Indiens des côtes de Malabar et de Coromandel, et en général tous les naturels des grandes Indes, se servent pour aller à la pêche et naviguer à peu de disfance du rivage; les plus grands ont 6”50 de longueur, sur 2" à 2M30 de largeur , et sont montés par deux ou trois hommes qui les font voguer avec des pagayes ( espèce de rames à manche court et à pelle fort large). On en a vu quelquefois se hasarder à plusieurs kilomètres en mer sur cette fréle embarcation, lorsqu'il passe quelque navire en vue de terre, pour aller offrir aux passagers les produits de leur chasse ou de leur récolte.
CATAMARCA, celui des quatorze États de la fédération Argentine qui en forme l’extrémité nord-ouest, borné à l’est par le Tucuman, au sud et au sud-ouest par le Rioja, à l'ouest par le Chili et au nord par la Bolivie, compte une population de 105,000 âmes, répartie sur une superficie de 1,800 myriamètres carrés. Son territoire est traversé, sur beaucoup de points, par les contreforts orientaux des Andes, parmi lesquels une chaîne située à l'extrémité occidentale de Catamarca contient, dit-on, du minerai d’or. Catamarca abonde en vallées de toute beauté, qui, favorisées par le plus magnifique climat, présentent les plus riches pâturages et une luxuriante végétation. Parmi les cours d’eau qui ’'arrosent, le Catamarca, où Rio del Valle, dont la source est située dans les pampas du Tucuman et va se perdre dans un lac, mérite une mention toute particulière. Le coton et le poivre y réussissent admirablement; aussi sontils, comme les blés, un objet d'exportation.
Le chef-lieu de ce pays est San-Fernando do Catamarca, ou, par abréviation, Catamarea, dans la fertile vallée du même nom, avee 4,500 habitants et un fort pour les protéger contre les Indiens. 11 avait été, à bien dire, établi en 1558 dans la Valle de Conando ; puis, après avoir subi diverses transformations de nom, il fut définitivement transféré dans l'endroit qu'il occupe aujourd’hai,
CATANE — CATAPHRACTE
CATANE (Catania où Catanea), jolie ville de Sicile, régulièrement et élégamment construite, la troisième de l’île en ce qui est de l’importance et de la population, et en même temps chef-lieu de la province ({ntendanza) du même nom, est située à l’embouchure du Giaretta, dans la mer lonienne, dans une contrée fertile et admirablement cultivée, qu’on appelle grenier de la Sicile, et qui a valu à la ville de Catane le surnom de Za Bella, au sud-est et au pied de l'Etna, Elle fut presque entièrement détruite à diverses reprises, notamment dans les années 1160, 1180, 1669 et 1693 par les éruptions de ce volcan, par les {torrents de lave qui s’en échappèrent et par des tremblements de terre; mais chaque fois ses habitants la reconstruisirent d’après un plan plus beau et plus régulier.
Son port, jadis excellent, a fini par se trouver encombré par la lave, et le môle a été détruit en partie; aussi Catane ne possède-t-elle plus aujourd’hui qu'une rade ouverte, protégée par un fort, et servant de lieu de débarquement. La vaste place de l'Éléphant, ainsi appelée d’un éléphant en lave sculptée qui la décore, est une des plus belles places qu’on puisse voir. En fait d’édifices dignes d’être visités, on peut citer le couvent des Bénédictins de San-Nicolo avec un grand escalier en marbre, une chapelle où se trouvent un orgue magnifique et de bons tableaux , une bibliothèque et un musée de morceaux de lave ; la cathédrale, d’une blancheur éblouissante, l'hôtel de ville et le palais Biscari avec ses riches collections. On y compte en outre un grand nombre d’églises et de couvents. Elle est le siége d’un archevèché, d’un tribunal d'appel et d’un tribunal de commerce, ainsi que d’un grand prieuré de l’ordre de Malte. On y trouve une université et une académie des beauxarts, un collége noble, et plusieurs institutions scientifiques ou de bienfaisance.
Sa population, réduite de nos jours à 68,810 âmes, se fait remarquer par son industrieuse activité. On y fabrique des étoffes en fil et en soie, des objets en ambre, en lave, en marbre, et en bois, des cires blanchies , de lhuile d'olive, du sirop de réglisse ; et elle est le centre d’un commerce des plus actifs en grains, fruits du sud , vins, huiles, savons, bois, soude et produits de l’industrie locale, Quelques monuments épargnés par les tremblements de terre des siècles passés, un amphithéâtre, un temple de Cérès, des Thermes, un aqueduc et une naumachie y rappellent encore aujourd’hui l’époque de la domination romaine. C'est aux généreux sacrifices du prince Biscari, qui consacra une grande partie de son immense fortune à ce noble but, que Catane est redevable de la résurrection de ces divers monuments restés pendant de longs siècles enfouis sous une épaisse couche de lave et de cendres. Il faut encore mentionner comme dignes d’être vues les collections d’histoire naturelle de l’Academia Giojéna. — Un chémin de fer unit Catane à Messine.
Catane fut fondée vers l'an 728 avant notre ere, par des Grecs de Chalcédoine , et suivant d’autres, de Naxos. Dès les premières années du cinquième siècle avant J.-C., elle était l’une des plus florissantes cités de toute l’île. Elle prit parti pour Syracuse dans la guerre contre les Athéniens. Alcibiade y vint, et sut s'emparer de la ville par ruse. Plus tard, une trahison remit Catane aux troupes de Denys le tyran, qui la livra à tous les excês du pillage, et fit vendre les Catanéens à Syracuse. Sous Auguste elle devint colonie romaine, et parvint à une grande prospérité. Au inoyen âge elle déchut singülièrement, en partie à la süite des invasions réitérées d’abord des Goths, ensuite dés Vandales, et enfin des Sarrasins, qui la possédèrent pendant longtemps, mais bien plus encore à cause des horribles dévastations qu’y exerça en l’année 1669 le plus redoutable ct le plus constant de ses ennemis , le mont Etna. Mais la beaute de £a siluation, ses environs ravissants et l'extrême fertilité de æon territoire la firent constamment relever de ses ruines.
Il est exact de dire que cette ville a été complétement reb4tie à quatre reprises différentes au moins, Ainsi s'explique l'apparence toute moderne de Catane, en dépit de sa haut£ antiquité. La campagna de Catane n’est pas seulement l& plus riche, mais aussi la plus peuplée de toute la Sicile.
CATANEO ou CATANNO (Danse), sculpteur distingué de Carrare, élève de Sansovino. Il existe des ouvrages de lui à Padoue, à Venise, et à Vérone. Parmi ses plus remarquables productions on cite, le monument du doge Loredano, qui se trouve dans la capella maggiore de l'église Saint-Jean et Saint-Paul à Venise, On voit de lui à Vérone, dans l’église de Santa-Anastasia, un autel remarquablement sculpté et le mausolée de Giano Fregoso. Il a aussi laissé un nom comme architecte. Enfin, il s’est montré poëte dans un ouvrage à part publié sous le titre de Z’Amor di Marfisa. 11 mourut à Padoue en 1537.
CATANZARO, ville d'Italie, chef-lieu de la province de ce nom, dite avant 1860 Calabre ullérieure II. Cette ille est située sur une hauteur, d’où on jouit de la plus belle vue qu’on puisse imaginer, sur le golfe de Squillace et la mer Ionienne. Elle est le siége d’un évêché, d’une cour d'appel et de tribunaux provinciaux, On y trouve un château fort, dix églises, un lycée, un collége noble et 13,600 habitants, qui possèdent d'importantes filatures de soie et font un grand commerce en produits du sol. Les femmes de Catanzaro jouissent dans toute la Calabre d’une grande réputation de beauté.
CATAPAN , président, gouverneur d’une province ou d’une ville, titre donné principalement par les empereurs grecs du Bas-Empire à l’otficier qu’ils chargeaient d’administrer et de défendre leurs possessions dans l'Italie méridionale. Ducange a inséré’ dans son Glossaire la liste de ces catapans, commençant au règne de Basile le Macédonien et finissant à l’an 1071, vers le temps où les Grecs furent chassés par les Normands de la Pouille et de la Calabre. On appelait encore à Naples cafapan un officier public préposé aux vivres, aux poids et aux mesures.
CATAPHONIQUE. Voyez CATAGOUSTIQUE.
CATAPHRACTE ou CATAPHRACTAIRE, du grec zaTHgpaxTtTos , Sigmfiant couvert de toutes parts, ou de la tête aux pieds. C’étaient des soldats des milices grecques et asiatiques portant l’armure nommee cataphracta. Ce mot dans quelques auteurs signifie cuirasse. Justin, parlant des Partues, dit que leurs cuirasses ou cataphractes étaient disposées à la manière des plumes des oiseaux; mais en général on entend par cataphracte plus qu’une cuirasse. Des commentateurs y ont vu l’ensemble du cavalier et du cheval couverts de fer; c’esten prenant le mot dans ce sens qu’Ammien et Salluste le mentionnent , et que le poëte Claudien en fait une description détaillée et pittoresque. En ne l’envisageant que comme applicable aux cavaliers, on a dit que les chars à faux étaient guidés par des cataphractes. Les Latins ont nommé cataphractarius ou clibanarius (mot également dérivé du grec) tout homme de la milice romaine qui y servait comme cataphracte, et ils appelaient chevau cataphractes ,equi catapñracti,les chevaux bardés. On voit figurer des cataphractes et régner l’usage de ce mot depuis Lucullus jusqu'à Ammien-Marcellin. Tacite nomme crupellaires les cataphractes gaulois, et Lydius, s’écartant de l'opinion commune, regarde comme cataphractes les férentaires. Nos anciens chevaliers, nos gens d’armes cachés sous une armure complète, ou, comme on disait, fervestis, étaient nne imitation des cataphractes; mais les cataphractes de l’antiquité étaient bien imparfaitement armés, si on les compare aux chevaliers du moyen âge ; parce qu’alors en Europe l’art de l'armurier, ou, comme on disait, du heaumicr, était la seule industrie, la seule profession encouragée, florissante, habilement exercée. Paul Jove est un des derniers auteurs qui se soient servis de l'expression da cataphracte, G*! Bar,
Les Grecs et les Romains avaient donné aussi le nom de cataphractes à des vaisseaux de guerre, du nombre de ceux qu’on appelait alors vaisseaux longs, et qui avaient des ponts; les vaisseaux sans pont étaient nommés aphractes.
C'était encore le nom d’un bandage dont parle Galien, et qui se composait d'une bande longue de quatre aunes, roulée à un ou deux chefs, avec laquelle on faisait des croisés sur le sternum, derrière le dos, sur les épaules, et ensuite des doloires autour de la poitrine, en finissant par des circulaires.
Aujourd’hui on donne ce nom, en ichthyologie, à un genre de poissons de la famille des oplophores, dont les espèces viennent des rivières de l’Inde et de l'Amérique , et dont le corps est couvert de lames larges, dures, et la chair assez estimée.
CATAPHRYGIENS. C’étaient des hérétiques phrygiens, qui avaient adopté, au deuxième siècle, l’hérésie de Montanus et des prétendues prophétesses Priscille et Manimille. 11s pensaient, en outre, que le Saint-Esprit avait abandonné l’Église.
CATAPLASME. On appelle ainsi une composition pharmaceutique préparée sous la forme d’une pâte peu consistante, et qu’on applique sur diverses parties du corps : ce mot tiré du grec (de la préposition xar&, dessus, et du verbe xéoow, enduire), indique en général une application extérieure. On compose les cataplasmes en délayant des farines ou des poudres végétales avec différents liquides. Ces topiques forment une sorte de bain local, qu’on peut modifier très-diversement, comme les bains généraux, sous les rapports de la température et de la composition; aussi en fait-on un usage fréquent dans la pratique de la chirurgie; et depuis que les progrès en France de l’art de guérir ont fait réfléchir sur les inconvénients de l'emploi des drogues pharmaceutiques à l’intérieur, les cataplasmes sont autant usités par les médecins que par les chirurgiens.
Le cataplasme le plus simple et le plus usité est celui composé de mie de pain ou de farine de graine de lin, qu’on détrempe dans de l’eau commune avec Pintermédiaire du feu; on étend la bouillie épaisse qu’on obtient amsi sur un linge dont on relève les bords pour former un encadrement, et on l’applique immédiatement sur la partie malade , ou bien on enferme le cataplasme entre deux linges. On peut employer, au lieu de mie de pain ou de graine de lin en poudre, les diverses farines des plantes céréales et légumineuses, ainsi que des feuilles de mauve, de guimauve, pulvérisées : on en forme une pâte à l’aide de différents liquides, le lait, le bouillon de veau , les décoctions de graine de lin, de racines de guimauve , etc.
Toutes ces substances concourent à former des topiques émollients qui sont la ressource banale contre plusieurs affections extérieures; cette application chaude et humide sur un des points de la surface du corps dans l’état de santé atténue la contractilité et la sensibilité de la partie; aussi elle procure du soulagement dans les maladies inflammatoires, et suffit quelquefois pour les éteindre ; le topique en ce cas agit comme résolutif, et fait obtenir la terminaison la plus désirable de l'inflammation. Le cataplasme chaud fait souvent gonfler la partie malade, favorise et hâte la suppuration , qui est aussi une issue fayorable de l'inflammation, comparativement à d’autres, et c'est un moyen puissant pour la provoquer ; mais il est des cas où il est nécessaire de prévenir autant que possible la formation du pus au lieu de l’exciter : tels sont , par exemple, des engorgements scrofuleux et certaines tuméfactions des articulations : cette distinction relativement à l'opportunité des cataplasmes est de la plus grande importance; et on voit trop souvent ces {umeurs s’abcéder à la suite d’apphcations irrationnelles de cataplasmes. 11 est donc prudent de ne les employer que pour les affections légères, qu’on voit survenir en ‘peu de jours, telles que les clous ou furoncles, le tourni ou
CATAPHRACTE -- CATAPULTE
mal d'aventure, des inflammations causées par l'introduction de corps étrangers dans les chairs.
Ces topiques, quoique composés de substances non irritantes, déterminent par la chaleur et l'humidité qu’ils entretiennent un afflux de fluides lympathiques, et produisent en définitive une avulsion très-profitable dans des inflammations intérieures, mais qui à l’extérieur favorise la suppuration , comme nous l’avons fait remarquer. Faute d’indications précises sur ce sujet dans l’état actuel de Part, on attise ainsi quelquefois, sur la foi de nos prédécesseurs, une inflammation qu’on aurait pu éteindre par des applications réfrigérantes ou des sangsues, ou par la compression. Cette action révulsive des cataplasmes fait qu’on peut les employer au lieu de pédiluves; à cet effet, on entoure les pieds et même les jambes avec des cataplasmes qu’on recouvre avec du taffetas gommé, et qu’on assujeftit avec des bandes ; ce moyen fatigue moins que le bain de pieds ordinaire, et il a une action d’une durée plus longue; il nous a été souvent fort utile dans le cours de maladies graves ; il nous a même suffi quelquefois pour dissiper de légères incommodités ou pour procurer du sommeil pendant la nuit à ceux qui en étaient privés. C’est une épreuve qu'on peut tenter sans danger. Les cataplasmes appliqués chaque soir avec assiduité sur les cors des pieds ont quelquefois suffi pour guérir radicalement ces indurations, ou du moins pour les ramollir et en faciliter l’excision. Les cataplasmes émollients et chauds sont très-utiles dans les inflammations de la poitrine et du ventre. En les appliquant sur la partie supérieure de Ja poitrine, on procure souvent du repos durant Ja nuit aux personnes affectées d’un rhume qui cause une toux harassante ; en ce cas, il faut les maintenir par un bandage solide, afin qu’ils ne se détachent pas de la peau et ne se refroïdissent point ; ils sont également utiles dans les affections de la gorge. Appliqués sur le ventre , ils amendent aussi les inflammations de lestomac, des intestins et des autres organes contenus dans cette cavité. Dans tous ces cas, l'emploi des cataplasmes émollients ne peut entraîner d’accidents redoutables, comme sur certaines tumeurs.
Ces mêmes cataplasmes appliqués froids sont plus convenables que les chauds pour favoriser la résolution des inflammations extérieures ; mais c’est alors comme réfrigérants qu'ils agissent, et ils cessent d’avoir la même propriété si on ne les renouvelle pas souvent, afin qu’ils ne contractent pas la température du corps. On forme aussi facilement un cataplasme avec de l’amidon, qui est l'empois commun ; il a l'avantage d’être plus léger que tout autre. Les carottes, les pommes de terre râpées , fournissent aussi des topiques de cette espèce, ainsi que les pulpes de différents fruits. L’addition de diverses substances pharmaceutiques commu nique aux cataplasmes des propriétés très-variées, celles d’être narcotiques , toniques, irritants , etc.